Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 20:55

Aux courses

 

A midi, toute la famille était réunie chez Baptiste, autour d’une belle table . Les grands- parents étaient souriants et le cousin Florian était un grand blagueur, qui aimait amuser tout le monde. Les deux cousins s’appréciaient beaucoup, c’était deux bons copains. Ils bavardaient en mangeant mais on ne traînait pas car les courses commençaient à 14h et c’était à 30 kilomètres. Le plat de saumon préparé par Marie fut apprécié :

- C’est extra Mademoiselle ! dit le grand-père

- C’est un joli plat et c’est délicieux ! ajouta la grand-mère

Baptiste arriva en souriant avec ses cailles  :

- Vous allez déguster mon plat :" cailles aux raisins, haricots verts et pommes dauphines !" Préparé avec amour !

Florian éclata de rire et assura :

- Tu peux changer de métier et ouvrir un restaurant !

Triomphant, Baptiste confessa :

- J’ai enfin trouvé un bon traiteur !

Toute la tablée rit aux éclats et savoura les cailles puis la salade et le fromage . Florian jeta un œil intéressé sur le dessert

- Un tiramisu ! s’exclama-t-il, j’adore !

- Moi aussi, c’est mon dessert préféré ! ajouta Baptiste De plus,  mon cher cousin, je peux affirmer que ce délicieux gâteau est l’œuvre de Blanche !

- Bien sûr, répondit Florian ! Elle ne peut que te faire plaisir !

On servit le café et on se prépara pour le départ aux courses . Blanche et Marie étaient excitée à l’idée de découvrir le monde des chevaux de courses. Les deux voitures filèrent vers l’hippodrome , ils entrèrent par la porte des propriétaires, grâce au grand-père et pénétrèrent dans les tribunes gratuitement . Puis, les courses se succédèrent, les Demoiselles s'amusaient beaucoup.

- Comment joue-t-on ? demanda Marie

- Il faut aller au guichet et donner les numéros de chevaux choisis, expliqua Baptiste

- Oui ! dit le grand-père, mais je vous conseille de choisir un cheval et de le jouer

« placé » ! Vous serez sûre de ne pas trop perdre et vous pourrez même gagner quelques euros !

- Ecoute mon Papi dit Florian, il s’y connaît !

- Il peut même te donner les bons numéros ! assura Baptiste

Marie écoutait attentivement le Papi, il donnait ses avis sur les chevaux :

- Regardez Marie, celui-ci boîte du devant droit ! celui-ci, à gauche, est nerveux ! Ce grand alezan me paraît en forme ! Il devrait bien se placer !

Les courses se succédaient et Marie mourait d’envie d’aller jouer les chevaux choisis par le papi, il faisait souvent le bon choix ! Mais elle ne se décida pas , elle avait peur de perdre ! Pendant ce temps, Blanche s’extasiait devant les trotteurs :

- On dirait des courses de chars comme dans l’antiquité ! s’exclama-t-elle comme dans Ben-hur ! Au fait, comment appelle-t-on les conducteurs ?

- Les drivers , mademoiselle Blanche dit le Papi

- Ce sont des champions, comme les pilotes de Formules 1 ! s'exclama-t-elle

- Tu as raison et les drivers sont des Prost, des Schuhmacher ou des Alonso ! rétorqua  Baptiste

- Mais oui, affirma le grand-père, les drivers sont des as ! Les trotteurs, ce sont mes chouchoux !

- L’amour des chevaux, c’est un sentiment qui se transmet ! assura Florian, maman et ma sœur en sont mordues !

La journée passa vite, trop vite de l’avis de tous. Personne ne risqua son argent au jeu. Le spectacle des courses suffit à les enthousiasmer. Le retour fut joyeux et les Demoiselles convièrent tout le monde à venir prendre une boisson chez elles . Les grands- parents furent intéressés par le rayon presse de la librairie et donnèrent leur avis sur cette activité :

- C’est beaucoup de travail ! Votre magasin est magnifique ! Vous devez passer énormément de temps dans votre boutique !

- Vous avez raison ! Elles triment sans arrêt ! Toujours sur le pied de guerre ! dit Baptiste

- On sait ce que c’est ! affirma la grand-mère, c’est agréable mais on n’a pas le temps de s’amuser !

Les grands-parents constatèrent que les deux jeunes filles avaient passé une bonne journée et qu’elles avaient apprécié le spectacle des Courses. Ils proposèrent de renouveler cette sortie dès que l’occasion se présenterait. Florian reprit la route avec ses grands-parents, Baptiste , Blanche et Marie terminèrent la journée par une longue promenade à travers les rues.. Ils passèrent près du vieil immeuble désaffecté , rien ne bougeait . Ils pénétrèrent dans les longs couloirs déserts et remarquèrent trois portes fermées avec des cadenas . Il faisait encore jour et Marie voulut revoir le placard où elles avaient trouvé refuge. Blanche le trouva petit et se demanda comment elles avaient pu s’enfiler dans ce réduit ?

- Avec la peur, on se serait fourrée dans un trou de souris dit Marie en riant.

Ils passèrent par la ruelle près du cinéma et Blanche fit remarquer qu’il n’y avait plus de grands cartons pour abriter les clochards. Elle demanda à Baptiste :

- Tu as logé Monsieur Quentin au Foyer des Travailleurs mais où est passé son copain ? 

- Il a refusé de nous suivre mais je ne sais pas où il est allé ! Je crois me souvenir qu’il a dit qu’il préférait squatter que de suivre les flics !

La nuit commençait à tomber, les lampadaires s’allumèrent et ils marchaient vers la Librairie quand ils virent un vieux bonhomme, à longue barbe blanche, vêtu comme un lutin, chaussé de grandes galoches et trottinant sous les arcades. Marie crut s’étrangler, puis elle finit par articuler :

- Quel étrange bonhomme ! D’où sort-il ?

- Il me semble l’avoir déjà vu près du vieil immeuble répondit Baptiste,  C’est un vieil original, on n’a jamais eu rien à lui dire ! Je crois qu’il était pilote

d’hélicoptère !

Ces renseignements intéressèrent  les Demoiselles, elles se regardèrent en souriant. Désormais, elles savaient où le chercher et se disaient que leur intuition les avait mises sur la bonne voie. Marie fit un clin d’œil à sa sœur et s’exclama :

-« Qu’est ce qu’on est bonne ! »

- Vous êtes bonnes en quelle matière ? demanda Baptiste

- En tout, bien sûr ! S’empressèrent de répondre les deux sœurs.

Blanche détourna la conversation vers un autre sujet :

- Ne penses-tu pas que le vieil immeuble désaffecté pourrait être remis en état ?

- C’est vrai, les murs sont solides ! Il n’y a qu’un bout de toiture de l’aile gauche qui s’est effondré !

- Ah, oui ! s’écria Marie on était …

- Non, on n’a rien entendu le jour du sauvetage du jeune homme ! coupa Blanche.

Marie se reprit :

- Justement, je voulais savoir si c’était récent !

Les questions insidieuses de Baptiste continuaient à pleuvoir. Blanche et Marie avaient intérêt à répondre prudemment pour ne pas se trahir. Avec habileté, il remit le sujet de la conversation sur le vieil immeuble, parce qu’il avait bien compris que ses amies s’intéressaient beaucoup à ce quartier de la ville.

- Vous saviez que le vieil immeuble est squatté par une population pas toujours très recommandable ?

- Cependant, tu nous a dit que le vieil original aux grandes galoches devait loger là-bas, remarqua Blanche

- Et même qu’il ne se faisait  pas remarquer ! continua Marie.

- Ce vieux bonhomme semble vous attirer ! constata Baptiste

Le téléphone de Baptiste sonna , les Demoiselles soupirèrent, il était temps ! Baptiste était appelé, il y avait du grabuge au commissariat ! Elles étaient fatiguées et elles commençaient à donner des réponses troubles que Baptiste , le malin, savaient interpréter avec justesse . Il se leva, enfila sa veste et plaisanta :

- Dormez bien les filles ! Ne passez pas votre nuit avec le vieux bonhomme ! Attention Blanche ! Laisse Marie y aller seule ! Je suis un grand jaloux !

- Ne crains rien ! Ce vieil homme, ce n’est pas mon type ! dit Blanche en riant

- Et le mien non plus ! Et puis, nous, on ne sait pas  qui t’appelle à ton boulot ! C’est peut-être une collègue ! chantonna Marie. N’est-ce pas Blanche ?

De grands éclats de rire résonnèrent dans les escaliers, la porte claqua et Blanche remonta .

- Il a un drôle de métier ton copain ! Crois-tu pouvoir vivre avec un homme qu’on appelle n’importe quand ?

- C’est toujours pour la bonne cause ! protesta Blanche . Et puis, avoue-le, cet appel a sauvé provisoirement notre secret ! Il est tard, c’est le moment d’aller au lit,  demain, on ne fait pas grève !

- Tu as raison ! D’autant plus que je suis fourbue, fourbue comme un vieux cheval !

- Alors, fais de beaux rêves, Marie !

Repost 0
6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 20:25

Arrestations

 

Blanche et Marie avaient hâte d'avoir des nouvelles de l'adolescent.

  • - Baptiste doit passer à l’hôpital dit Blanche, j’espère qu’il aura de bonnes nouvelles du jeune homme !
  • - Je n’osais pas t’en parler répondit Marie, mais ce matin, j’ai téléphoné à l’hôpital, on m’a dit que son état était stationnaire et n’avait pas évolué depuis hier soir !
  • - Tu sais, après une journée, son état peut avoir évolué !

La nuit se passa calmement. Une bonne odeur de café réveilla Marie qui sauta du lit et se précipita à la cuisine :

- J'ai faim ! Cette bonne odeur m'ouvre l'appétit !

- Alors, installe-toi ! dit Blanche., encore quelques minutes et Baptiste arrive avec des croissants !

Ce matin là, le petit- déjeuner se transforma en festin. La joie des trois convives fut à son comble quand ils apprirent par un collègue de Baptiste que le jeune homme était sorti du coma et qu’il allait se remettre rapidement. Marie explosa de bonheur quand un nouveau coup de téléphone confirma que les hommes arrêtés la nuit dernière étaient les racketteurs et les agresseurs du jeune homme, que toutes les preuves les accablaient et qu’ils avaient avoué .

- C'est formidable, ces malfaisants ne pourront plus nuire !

- D'autant plus que nous avons toute la bande, soit dix personnes ! ajouta Baptiste

- Victoire ! Grâce à nous , vous avez bien travaillé ! s'écria Marie

La journée s’annonçait bien . En ce milieu d’hiver, le soleil était aussi de la partie ! Le givre étincelait sous la lumière naissante, un rouge-gorge picorait des graines sur le bord de la fenêtre, Marie chantait sous la douche, Blanche était rayonnante et Baptiste descendait les escaliers quatre à quatre. Il filait vers le Commissariat pour terminer l’inculpation des dix prévenus et les mettre sous les verrous.

Les Demoiselles mettaient tout en rayon et à huit heures tapant, un coup de sonnette les surpris, c’était Monsieur Quentin qui venait travailler au grenier. Blanche lui proposa un petit-déjeuner mais il répondit d’une voix enjouée :

- J'ai déjà bien mangé Mesdemoiselles, votre ami m'a gâté ! Je crois que je suis réconcilié avec les policiers !

Il monta sur son chantier . Dans la matinée une camionnette livra des planches et autres matériaux pour l’agencement du grenier. A midi, Marie appela Quentin pour le repas. Il descendit, se lava les mains et elles remarquèrent qu’il était rasé et portait des vêtements propres ; quelle métamorphose en si peu de temps ! Elles n’osaient pas lui demander où il avait passé la nuit. Ce fut Quentin lui-même qui en parla :

- Votre ami m'a trouvé une place dans un foyer de travailleurs, mon copain n'a pas voulu venir avec moi, il préfère rester dans la rue !

- Vous arriverez peut-être à le faire changer d'avis !

- Oh Mademoiselle Blanche, je le voudrais bien, mais c'est un têtu !

- Ce froid qui semble s'installer lui fera regretter de ne pas être à l'abri !

- Peut-être Mademoiselle Marie ! Mais il faudrait qu'il accepte ausssi de travailler !

- Quel est son métier ?

- Jardinier paysagiste !

En arrivant, Baptiste entendit et remarqua :

- C'est un métier porteur, je connais des entreprises qui entretiennent des propriétés et qui cherchent du personnel ! Tailler les haies, tondre le gazon, désherber les massifs de fleurs etc... je pense que c'est dans ses cordes !

- Il est costaud, il peut faire ça ! Mais ce sera difficile de le convaincre, il est encore plus poivrot que moi !

- Demain, c'est dimanche, que pensez-vous faire ? demanda Marie

- J'inviterai mon copain à la cantine du foyer ! Pour manger, je crois qu'il acceptera !

Monsieur Quentin se leva , remercia chaleureusement les Demoiselles pour le bon repas  et remonta à son travail.

- Et vous les filles, comment désirez-vous occuper votre

dimanche ?...Si vous n’avez pas d’idée moi, j' en ai une ! 

- Dis toujours ! chantonna Blanche, on verra !

- Vous savez que le "dada" de mon grand-père , c'est le cheval ! Il y a des courses demain, donc j' invite mes grands-parents avec mon cousin Florian,  je cuisine, on mange et l'après-midi, on va aux courses !

- Super ! s'écria Marie

- Intéressant, c'est nouveau pour nous ! Ce sera même la première fois ! affirma Blanche. Puis elle proposa : on fera le dessert !

- Et l'entrée ! ajouta Marie

- Et moi, je cours chez le traiteur, ce sera plus sûr ! dit en riant Baptiste

La journée se termina dans la joie et la bonne humeur. Quentin quitta son chantier en saluant les Demoiselles :

- A lundi !

Le sourire aux lèvres, il sortit sur le trottoir en sifflotant . Il était vingt heures, Marie baissa le rideau. Leur étrange visiteur n’avait toujours pas reparu et elles n’avaient pas osé en parler à Monsieur Quentin comme Blanche l’avait suggéré.

- Allez ! Allez ! dépêchons-nous ! s'écria Marie, il faut préparer l'entrée et le dessert !

- Il faut épater les grands-parents et le cousin Florian ! minauda Blanche

- Et surtout le grand-père Michel ! accentua Marie, j'espère qu'il apprécie le poisson, c'est ce j'ai choisi pour l'entrée ! et toi, quel dessert ?

- Un tiramisu, c'est le dessert préféré de Baptiste !

Elles burent leur soupe quotidienne, croquèrent leur pomme et s’activèrent à la cuisine. Quand elles se couchèrent, tout était prêt, bien au frais, dans le réfrigérateur.

Repost 0
5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 20:08

Monsieur Quentin

 

Après une nuit agitée, Blanche et Marie se préparait à ouvrir la boutique quand le brave clochard arriva :

- Bonjour Mesdemoiselles ! Je vois que vous avez déballé un tas  de colis, avez-vous besoin d'aide pour débarasser tout cela  ?

- C'est toujours moi qui m'en charge mais j'accepte votre aide ! répondit Marie

Ils plièrent les cartons , les papiers et l'homme les ficela pour les donner aux éboueurs. Il était très adroit et n'avait pas besoin de directives pour remettre tout en ordre. Toujours curieuse Marie le questionnait sur ses goûts, sa famille puis elle demanda :

  • - Aimeriez-vous avoir un boulot ?
  • - Oui ! Mais vous connaissez des gens qui embaucheraient un type comme moi ?

Blanche réagit aussitôt :

  • - On peut vous faire travailler quelques jours si vous acceptez de ranger notre grenier !

- Ranger votre grenier ? Pourquoi pas ! Je suis prêt Mademoiselle, appelez-moi Quentin, ça me rajeunira !

Blanche et Baptiste l’accompagnèrent dans le grenier. Il était rempli de malles, de caisses pleines  de souvenirs, de jouets, de bibelots, une vraie caverne d’Ali Baba ! Monsieur Quentin observa l’ensemble et expliqua :

- Il faudra dresser quelques étagères, agencer ce coin et le fermer avec des portes ! Vous serez surprises Mesdemoiselles, du coin à trésors que je vais vous arranger !

- Vous me donnerez la liste des matériaux dont vous aurez besoin ! dit Baptiste

Monsieur Quentin se mit aussitôt au travail . Il fallait déjà déblayer et aspirer la poussière avant d’agencer le grenier ! Il travailla sans arrêt jusqu’au soir et vers 19 heures salua les Demoiselles par ces mots : « A demain Mesdemoiselles ! » et sortit. Baptiste était de service, mais il ne manqua pas de passer plusieurs fois dans la soirée, histoire de surveiller ses amies !

- Ne t'inquiète pas ! dit Marie, aujourd'hui, c'est relâche, on ne sort pas !

Elles avaient besoin de prendre un vrai repos après tous les évènements de ces derniers jours. Mais elles étaient un peu tourmentées en pensant que Monsieur Quentin était parti dormir sous les cartons près du cinéma ! Le lendemain matin,  Blanche se confia à Baptiste :

- Connais-tu un endroit où on accueille les sans-logis comme Quentin ?

- Le poste de Police ! répondit-il en plaisantant.

- Pauvre homme ! soupira Blanche

- Où est-ce que ton protégé a posé son sac ?

- Dans la ruelle du vieux cinéma ! Et ils sont deux !

Baptiste termina son café et rassura Blanche :

-Soit tranquille, je m'occupe de ton protégé et de son copain !

- T'es un amour ! lui murmura-t-elle à l'oreille

Les Demoiselles se retrouvèrent seules et se mirent à imaginer de nouvelles stratégies pour retrouver le vieil homme, amateur d’OVNIS .

- J'ai pensé que Monsieur Quentin, qui est toujours dans la rue,  connaît notre vieux bonhomme, amateur d'OVNIS ! dit Blanche

- Ta pensée est logique ! On peut toujours essayer de lui

demander !  Mais, si on en parlait à Baptiste, ne crois-tu pas qu'il pourrait aussi le connaître ?

- Oh, certainement ! Mais si on en parle à Baptiste, notre vieux ne sera plus un extraterrestre ! Voyons Marie, aurais -tu perdu le goût de l'aventure ?

- Après la grande frousse d'hier, je ne sais plus ce que j'aime Blanche ! Et toi qu'en penses-tu ? On l'a échappé belle ! N'oublie pas que c'est en  cherchant notre vieil  original qu'on a déclenché ce cataclysme qui aurait pu mal finir !

- C'est vrai que Baptiste pense  qu'on lui cache la véritable raison de nos escapades nocturnes ! murmura Blanche

- Faudra-t-il lui raconter toute notre histoire ? gémit Marie

Repost 0
4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 17:08

Liquider les témoins !

 

L’arrivée du balafré figea Marie sur son escabeau mais elle reprit rapidement ses esprits, «  je dois avoir un comportement normal, comme avec n’importe quel client » se dit-elle

- Bonjour Monsieur ! claironna- t-elle

Il ne répondit pas, son visage semblait figé, il se dirigea vers les rayons de presse et fit mine de chercher une revue

Marie aperçut la grande voiture noire garée en face tandis que le boiteux faisait les cents pas devant la librairie. Tout en époussetant les rayonnages de livres, elle se dirigea vers l’arrière boutique, elle poussa la porte , fit tomber un bouquin pour attirer l’attention de Blanche, plongée dans son travail de bureau  et murmura : « ils sont là ! » puis à haute voix, elle ajouta :

- N’oublie pas de commander un réassort de bandes dessinées !    Surtout les Tintins ! 

  Blanche avait compris , elle appelait Baptiste sur son portable quand Marie hurla de terreur, elle lâcha le combiné qui tomba et se précipita au magasin, là, elle vit l’homme qui avait ceinturé Marie et qui la menaçait d’un revolver.

- Que voulez-vous ? s'écria -t-elle, si c'est de l'argent, prenez la caisse, c'est tout ce qu'on possède et laissez ma soeur tranquille !

- Pétasse ! grommela-t-il, on n'a rien à faire de ton fric et pourquoi que je lâcherais cette petite garce ?

- Parce qu'elle ne vous a rien fait !

- Vous n'avez rien fait, alors qu'est-ce que vous faisiez dans l'immeuble désaffecté ? Qu'est- ce que vous avez entendu ?

- Mais rien ! Rien ! hurla Blanche

- Et toi la Belle ? grogna-t-il en secouant Marie comme un prunier

- Absolument rien Monsieur ! Je ne comprends pas pourquoi vous vous énervez à ce point !

- Ah, voyez ça ! Mademoiselle veut faire sa maligne ! Ferme ton bec!  s'écria-t-il, en brandissant  son arme au-dessus de la tête de Marie.

Le petit boiteux entra , tira la barre qui ferme  la porte et dit :

- On sera plus tranquilles pour bavarder, n'est-ce pas Mesdemoiselles ?

Puis s’adressant au balafré :

- Du calme mon ami, ce sont des demoiselles bien élevées !

- Dites donc à votre copain de me lâcher, je ne veux pas me sauver ! implora Marie.

- Desserre cet étau ! ordonna le boiteux.

Il lâcha Marie qui se précipita vers Blanche. Elles se tenaient toutes les deux, debout devant la porte de l’arrière boutique où le téléphone était toujours décroché .

Quatre heures sonnaient au clocher, un client essaya d’ouvrir la porte, insista puis s’éloigna.

- Quittez notre magasin messieurs ! dit Marie, nous ne fermons jamais notre boutique, les clients vont s'inquiéter !

- Mais, vous êtes des témoins gênants ! En général, on les liquide !

D’autres clients vinrent taper à la porte et certains appelaient :

- Marie ! Blanche ! Où êtes-vous ?

Un petit groupe discuta quelques instants devant la porte puis se dispersa.

Le balafré posa le canon de son revolver sur la tempe de Marie qui se mit à hurler de toutes ses forces. Le petit lui attacha les mains et dit froidement :

- Avec çà, tu vas te taire !

Et il lui mit une large bande de scotch sur la bouche. Blanche en profita pour allumer discrètement son portable programmé sur celui de Baptiste  puis,  cria :

- Au secours ! Au secours !

Espérant que le portable ou le combiné décroché transmettrait ses cris aux  oreilles de quelqu’un.  Elle slaloma entre les rayons et réussit à courir jusqu’à la porte et à lever la barre . Le clochard au bonnet rouge était là, une bouteille vide à la main, il poussa la porte, aperçut Marie ligotée, il comprit que les demoiselles avaient besoin d’aide.  Les sirènes d’une voiture de police résonnait dans la rue, le clochard n’hésita pas, il asséna un coup de bouteille sur la tête du grand balafré tandis que Baptiste maîtrisait le boiteux qui s'enfuyait sur le trottoir.

Alerté par les appels au secours de Blanche, la rue se remplissait de véhicules de police. Les deux bandits quittèrent les lieux, menottés et sous bonne garde

Blanche et Marie étaient tremblantes et épuisées . Baptiste rassura ses amies et  remercia le brave clochard pour son efficacité. Il serra Blanche dans ses bras et murmura :

- C'est fini, tout va bien ! Je reviendrai ce soir, mais, tout de suite, je dois aller au poste pour l'interrogatoire !

- Oh oui, j'ai tellement besoin de toi ! dit-elle timidement

puis elle ajouta à voix basse :

- Pardonne - nous, mais on a vu ces deux gangsters quand l'adolescent a été blessé !

Baptiste secoua la tête, ferma les yeux en étreignant Blanche et fila vers sa voiture en s’écriant :

                        - Ah, les filles !

Repost 0
2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 20:20

Inquiétante journée

 

Blanche et Marie levèrent le rideau de la boutique à huit heures, comme tous les jours. Les habitués arrivèrent pour acheter leur quotidien. La vieille Anna plaisanta gentiment en feuilletant un magazine de mode , un voisin fit remarquer à Blanche qu’elle avait une petite mine et qu’elle avait dû passer une mauvaise nuit ou une trop bonne , lança le boucher en riant bruyamment. Pour quelques instants, le sourire revint illuminer les visages inquiets des deux sœurs. Elles ne pouvaient chasser de leur esprit, le visage ensanglanté  du jeune adolescent. Elles attendaient de ses nouvelles et chaque sonnerie du téléphone les faisait sursauter. La matinée s’écoulait dans une ambiance étrange où se mêlait la peur et l’espoir. Vers dix heures, une légère bruine se mit à tomber, Anna qui revenait de faire son marché passa la tête dans l’entrebâillement de la porte en criant :

  • - Les filles, le présentoir mouille !
  • - Merci Anna, répondit Marie en se précipitant à l’extérieur pour rentrer les revues exposer sur le trottoir.

En face, elle remarqua une grande limousine noire, très voyante, garée devant la vitrine du tapissier décorateur. Il n’y avait personne à l’intérieur, elle en profita pour aller relever le numéro de la plaque minéralogique. Baptiste avait l’habitude de leur dire : «  Si vous voyez un véhicule suspect, regardez bien les plaques ! »

Marie s’apprêtait à regagner la librairie quand elle vit arriver  les deux hommes qui menaçaient  et frappaient le jeune homme. Elle resta immobile et fixa son regard sur l’image des hommes qui se reflétait dans la vitrine. Ils regardaient la librairie avec insistance avant de s’installer dans leur véhicule  et s’éloignèrent lentement. Marie traversa la rue en courant et se précipita derrière le comptoir. Sa blancheur et son air stressé alarma Blanche :

  • - Que t’arrive-t-il ? demanda-t-elle, on dirait que tu as rencontré un fantôme !
  • - Crois-moi, ce n’étaient pas un fantôme mais  deux mecs bien en chair et en os !
  • - Où sont-ils ?
  • - Repartis dans leur grande voiture de bandits !
  • - Cette fois, il faut tout raconter à Baptiste ! dit Blanche

Elle décrochait le combiné quand un homme coiffé d’un bonnet rouge à pompon noir, affublé d’un long manteau gris et portant une musette en bandoulière entra dans la boutique. Il se mit à humer l’air et déclara :

- Il est bientôt midi , je crois,  et ça sent le bon frichti  ici !

Marie leva les yeux et reconnut un des deux clochards du cinéma, le plus grand, celui qui les avait poursuivies le plus longtemps . Elle explosa :

- Ah, Il ne manquait plus que celui-là !

Blanche reposa le téléphone et s’adressa à l’homme :

- Que désirez-vous Monsieur ?

- Rien, juste un peu de chaleur avant mon repas de midi !

Intriguées, Blanche et Marie se regardèrent. Marie décida d’engager la conversation :

- Où logez-vous ?

- Un peu partout, où je rouve un peu de calme !

- Aujourd'hui, que mangez-vous ?

- Un quignon de pain et un litron de rouge ! Voilà mon menu ! Chez vous, ça hume bon !

Midi sonnait à l’église voisine et Baptiste garait sa voiture le long du trottoir d’en face. Il venait déguster la tête de veau annoncée la veille. En passant le seuil de la porte, il remarqua le clochard assis sur le tabouret , près du comptoir . Il lança un coup d’œil vers l’homme et s’écria joyeusement :

- Quelle bonne odeur ! On va se régaler !

Marie, qui a le cœur sur la main,  se disait :  « Le pauvre homme ! On a bien à manger pour quatre ! » elle continua à penser à haute voix  et dit à Blanche :

- Et si on l'invitait à partager notre repas ?

Blanche haussa les épaules et Baptiste qui avait entendu acquiesça :

 - Bien sûr ! Il y a assez pour quatre !

Marie ne perdit pas une seconde et invita l’homme qui s’empressa d’accepter. Blanche se dit : « Quelle idée ! » Tout en se régalant en compagnie du clochard, Baptiste sut habilement diriger ses questions pour connaître cet homme :

- Cher ami, quel est votre métier ?

- Menuisier, mais je n'ai plus de travail !

- Où travailliez-vous ?

- A Liffol-le-Grand, la capitale du siège ! Les fauteuils, si vous voulez !

- Votre boîte a fermé ?

- Oui, faillite ! Et j'ai tout perdu ! Mon boulot, ma femme, mes enfants.!...Mais j'ai gagné la bouteille, trop de bouteille ! Maintenant, je suis clochard !

A mi-voix, Blanche demanda à Baptiste :

- Comment va le jeune homme ?

- Etat stationnaire ! répondit-il

- Sais-tu pourquoi il en est arrivé là ?

- Grâce à la collaboration des parents, on avance !

En la présence du clochard, elles ne purent se confier à Baptiste Rassasié, le clochard retrouva la rue et Baptiste reprit le chemin du commissariat. En milieu d’après-midi, il y a toujours moins de clients, c’est le moment où Marie met de l’ordre dans les rayonnages tandis que Banche passe les commandes et s’occupe du courrier dans l’arrière-boutique. La cloche de la porte tinta, Marie leva la tête et vit le grand rouquin balafré s’encadrer dans l’entrée .

Repost 0
31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 20:52

 

  • . - Imagine le savon qu’il va nous passer ! gémit Marie

 

  • - Je sais ! Mais ce jeune homme a besoin de soins ! On ne peut pas le laisser là !

En entendant cela, le jeune homme fit l’effort de se lever . Il fit quelques pas et les supplia de ne pas appeler la police . Il se cramponna à la rampe et à Blanche tandis que Marie éclairait leur marche . Arrivé dans la rue, l’air frais lui redonna des forces, mais ce ne fut que provisoirement car, à peine quelques  mètres  franchis qu’ils s’effondra sur le trottoir.

-  Cette fois dit Blanche, il n’y a pas une minute à perdre !

Tout se passa très vite. Les secours arrivèrent, emmenèrent le jeune homme à l’hôpital et les Demoiselles se retrouvèrent au poste de Police , « sous les feux de la rampe ! »  Imperturbable, Baptiste , l’inquisiteur, questionna :

  • - Enfin Blanche , que faisiez-vous à 22 h 30 dans ce quartier ?
  • - On marchait et on a voulu voir dans quel état était cet immeuble désaffecté ! On pensait même qu’il pouvait être rénové !
  • - Blanche, je t’en prie, ne te moque pas de moi ! Je ne comprends pas votre promenade nocturne ! C’est irresponsable !
  • - On t’a déjà dit qu’ on avait besoin de décompresser après le boulot ! affirma Marie

Elles furent obligés de lui raconter leur visite du vieil l’immeuble , de la dispute des trois hommes, leur conversation …. Mais à la question :

  • - Pourquoi êtes-vous allés dans ce quartier ?

Elles donnaient toujours la même réponse :

  • - Notre marche nous a conduit dans ce quartier par hasard ! Assuraient-elles invariablement.

Baptiste dût se contenter de cette réponse et les ramena chez elles . Pendant le trajet, il ne leur adressa pas la parole. Marie osa briser le silence :

  • - Alors, tu nous boudes ? Tu oublies qu’on a peut- être sauvé une vie !

- Pour ça, oui ! Vous avez sauvé une vie, il est arrivé aux urgences dans un état comateux ! Ses parents vous remercieront, s’il s’en remet  !

  • - Un état comateux ! s’exclama Blanche. J’espère qu’il va s’en sortir !
  • - Il faut attendre demain ! C’est la réponse du médecin ! Vous pourriez tout de même me dire ce que vous cherchiez les filles ! Faites-moi confiance !
  • - On te l’a déjà expliqué ! On se promenait et notre curiosité nous a emmenées dans cet immeuble !

A aucun moment, elles ne firent allusion au vieil homme , l’unique objet de leurs escapades ! Baptiste sentait qu’elles lui cachaient quelque chose mais quoi ? Il cherchera et trouvera, c’est un fin limier ! Découvrira-t-il ce qui motive ses deux amies et qui les conduit à explorer la ville dans ses recoins les plus délabrés et les plus dangereux ? Pourront-elles continuer leur recherche avec discrétion sans qu’une voiture de police ne file sur leurs talons ?

Elles se sentaient agitées et fatiguées. Leur séjour dans le placard, sans bouger, en retenant leur respiration et l’interrogatoire de Baptiste,  avaient été des épreuves difficiles à supporter nerveusement. Après une bonne douche, elles s’ allongèrent . Blanche appela :

  • - Marie, arriveras-tu à trouver le sommeil ?

Aucune réponse ne vint de la chambre de sa sœur, elle regarda par la porte ouverte et s’exclama :

  • - Quelle chance ,  elle dort déjà !

Blanche se coucha, se couvrit bien et ferma les yeux . Bientôt, elle partit rejoindre Marie au milieu d’une nuit agitée et peuplée d’êtres surréalistes .

Le vieux visiteur du soir hantait tellement leurs pensées qu’elles voyagèrent avec lui  dans des mondes inconnus où les oiseaux ont des têtes d’hommes, où les fleurs ne fanent jamais et servent de maisons aux araignées  tandis que les chauve-souris géantes sillonnent le ciel en tous sens !  Marie fit plusieurs cauchemars, elle se bagarrait avec les araignées et chassait les hiboux qui avaient envahi la cave ! Blanche courut très vite pour échapper à une foule de gens en loques, qui criaient et gesticulaient sans jamais la rattraper ! Elle se retrouva même sur un grand toit pentu d’où elle glissait sans pouvoir s’ arrêter mais sans jamais atteindre le sol !  C’était infernal ! Le visage du jeune homme ensanglanté les tourmentait et les voix des deux hommes résonnaient dans leur tête ! Marie se retrouva assise au pied de son lit , des grosses gouttes de sueur perlant sur son front et les mains tremblantes ! Des questions se bousculaient dans sa tête :

 « Ces hommes nous ont-ils aperçu ? Etaient-ils encore dans la rue quand on a sorti le jeune homme ?  Ont-ils vu les policiers ? L’ambulance ?…  Si oui, nous sommes en danger ! se disait-elle. »

 Elle alla se rafraîchir le visage , sentit le calme revenir et

s' endormit en se persuadant qu’elle devait faire part de ses craintes à Baptiste. Elle sombra dans un  profond sommeil mais au réveil, l'angoisse revint au galop. Marie arriva en courant , elle était surexcitée et ne cessait de répéter :

-  Ces sales mecs doivent payer pour avoir tabassé le jeune gars, il le faut ! D'autant plus que je les ai bien vus, je suis capable de les reconnaître !

- C'est bien ce qui me fait peur ! Es-tu sûre de les identifier ? demanda Blanche

- Oui, le grand avait une cicatrice au menton et des cheveux roux quant au plus petit, il avait le crâne rasé et j'ai remarqué qu'il boîtait, comme s'il avait une jambe plus courte que l'autre !

Un silence pesant s'installa, elles avaient du mal à avaler leur petit-déjeuner, leurs pensées étaient pour le jeune homme  hospitalisé , elles avaient hâte de savoir si son état s’était amélioré.

Cependant, une question restait sans réponse :

<< Que faisait cet adolescent avec ces bandits ?>>

Repost 0
30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 14:02

Une recherche dangereuse

 

- Ecoute Blanche ! dit Marie

Elles se plaquèrent contre le mur et entendirent des bruits de pas venant du long couloir qu’elles venaient d’éclairer . Une jeune femme et un homme qui se cramponnait à elle, sortirent. Ils passèrent devant les Demoiselles, sans les regarder .

  • - Celui-la n’a plus soif ! Il a bu un coup de trop ! ricana Blanche
  •  - Il a peut-être fumé ! Ou pire  ! Il valait mieux qu’ils ne nous remarquent pas ! continua Marie
  • - Entrons franchement, comme  si on venait chercher  refuge  ! Les gens croiront qu’on loge ici !
  • - Bonne idée, Blanche ! Mais tu ne crains pas que tous les occupants  se connaissent et refoulent les intruses que nous sommes ?  Est-ce qu'on a le look ?
  • - Tais-toi et viens !

Le couloir était très long, il traversait le bâtiment de part en part . Tout au long, des portes s’ouvraient sur des appartements plus ou moins grands  Elles progressaient à pas de loup, en retenant leur souffle ! Le plancher grinçait et il fallait éviter les lames cassées et les nombreux trous qui le parsemaient. Une porte était entrouverte, elles pénétrèrent dans la pièce. Marie alluma sa torche et balaya l’ensemble de la chambre.

  • - Il n’y a personne  pour l’instant ! Regarde ces trois paillasses ! Elles attendent leurs propriétaires !
  • - Sortons Marie ! Ils peuvent revenir d’un instant à l’autre !

Elles s’aventurèrent dans une grande montée d’escaliers qui

qui était relativement en bon état . L’étage sembla plus accueillant, toutes les portes étaient ouvertes , ça facilitait  la visite ! Les Demoiselles regardaient avec curiosité ces grands logements vides et désaffectés quand des éclats de voix arrivèrent jusqu’à elles . Les pas résonnaient et  montaient les escaliers, il y avait plusieurs hommes . Torches éteintes, elles se planquèrent dans ce qui avait été un placard contenant l’installation électrique . Trois hommes passèrent devant leur cachette et pénétrèrent dans une pièce du fond du couloir. Ils discutaient sérieusement. Blanche et Marie furent témoins d’une sévère dispute .

  • - Le fric.. Tu nous dois du fric ! Ton père a du fric ! hurlait un gars
  • - Vous l’aurez ! Je vous le jure, vous l’aurez ! répondait une voix plus jeune
  • - Quand ? A la saint « glainglain » ? On a toutes sortes de moyens pour te faire payer ! Fais attention ! Notre patience a des limites !

Puis s’en suivit un remue-ménage terrible, ils se battaient ou plutôt, le plus jeune se faisait taper dessus .

  • - Blanche, qu’est-ce qu’on fait ?
  • - Rien !
  • - Mais ils vont le tuer ! On ne peut pas laisser faire une chose pareille !
  • - Si Marie ! On ne peut rien faire ! On ne doit pas se faire remarquer si on ne veut pas se faire massacrer !

Le jeune homme se mit à les supplier :

  • - Arrêtez ! Je vous en supplie ! Vous aurez votre argent !
  • - Bon ! s’écria un homme.
  • - Vingt-quatre heures et pas une minute de plus ! T’as compris ? Si non …
  • - Si non… quoi ? demanda le jeune homme.
  • - On connaît ta sœur ! On sait quel chemin elle prend pour aller au bahut !  Un enlèvement, c’est facile !
  • - Non ! Oh non ! Ne touchez pas à ma sœur ! gémit le jeune homme

Deux hommes repassèrent devant le placard et l’un d’eux referma violemment la porte entrouverte ! Blanche et Marie s’aplatirent comme des galettes en retenant leur souffle . Un des hommes rassura son comparse par ces mots :

  • - On lui a donné une bonne correction ! Il va payer le ptit con !
  • - J’espère qu’on n’a pas cogné trop fort ! Ajouta l’autre

Elles attendirent que les hommes se soient bien éloignés et avec mille précautions,  sortirent de leur cachette .

  • - Et maintenant ? souffla Marie
  • - On va voir le jeune homme !

Sur la pointe des pieds, elles arrivèrent à la porte et allumèrent leur torche . Une masse sombre sanglotait dans un coin de la pièce. Un filet de sang coulait le long de son visage. Il était jeune et dévisagea les deux sœurs avec un regard effrayé.

  • - N’ayez pas peur ! On va vous aider ! dit Marie
  • - Vous pouvez vous lever ? demanda Blanche

Il ne répondit pas, mais elles virent qu’il allait perdre connaissance. Marie commença à s’affoler :

  • - Il faut l’emmener ! Mais comment ! Il ne tient pas debout !
  • - Tais-toi ! J’ai mon portable ! J’appelle Baptiste !
  • - Tu crois ! susurra Marie . Imagine le savon qu’il va nous passer !
  • - Dépêche-toi, il va mal !
Repost 0
29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 13:15

En quête du vieil extra-terrestre

 

. Le vieil homme ne s’était pas montré de la journée , les Demoiselles ne l’avaient pas oublié.

  • - Alors Blanche ! Es-tu prête pour l’expédition de ce soir ?
  • - Plus que jamais ! Il faut qu’on découvre où habite notre fantôme !
  • - Il faut surtout qu’on le cherche pendant que ton cher Baptiste est de service ! Il se moquerait de nous s’il apprenait notre histoire !

Blanche sourit à sa sœur et continua à compter les invendus de la presse. Marie chantonnait en remettant de l’ordre sur tous les rayonnages. La nuit était bien installée quand on frappa à la vitrine. Elles reconnurent Baptiste , Marie protesta :

  • - Oh, non ! Non !Non !

Blanche ouvrit la porte :

  • - Je te croyais de service ! lui dit-elle
  • - Je le suis ! Mais je venais contrôler que les Demoiselles ne vagabondaient pas sur les trottoirs , dans la nuit noire !
  • - Ne te moque pas de nous ! riposta Blanche.

Enfin, il parla sérieusement :

  • - Blanche ! Marie ! Je ne voudrais pas qu’il vous arrive malheur ! Ne riez pas ! Je vous assure qu’il y a des bandes dangereuses qui sévissent un peu partout en ville ! Ces gars profitent d’une rue déserte, d’un coin sombre pour attaquer les promeneurs solitaires ! Ils n'hésitraient pas à malmener deux demoiselles !

Les deux jeunes filles se mirent à rire, mais Baptiste éleva la voix :

  • - C’est sérieux les filles ! Je vous dis la vérité , je ne veux pas vous effrayer mais simplement, vous protéger !

Blanche et Marie le rassurèrent :

  • - On te croit ! On a confiance  ! Tu es notre ange gardien !

Il les regarda quelques instants et pensa : « Ce n’est pas possible, elles triment sans arrêt ces filles ! » Il ordonna en riant , sachant très bien qu' elles continueraient à n'en faire qu'à leur tête :

  • - Assez travaillé les filles ! Reposez-vous ! Bonne nuit les petites !
  • - Bonne nuit le grand Policier ! Travaille bien !

La voiture s’éloigna, Blanche et Marie avalèrent leur assiette de soupe et croquèrent une pomme. L’horloge indiquait vingt et une  heures . Elles s’habillèrent chaudement et fermèrent la porte à double tour . L’aventure commençait, elles avaient complètement oublié les mises en garde de Baptiste et fonçaient droit vers l’inconnu !

La nuit était sombre et calme ! Pas un chat dans la rue ! Les lampadaires diffusaient un faible halot  ! Blanche et Marie prirent la direction des anciens bâtiments désaffectés et squattés par  toutes sortes de gens : des jeunes sans travail, des personnes âgées à très petits revenus et des SDF qui s’ en servaient comme refuge en période de mauvais temps ! Les Demoiselles longeaient les murs en silence. Arrivées au carrefour, elles tournèrent  à droite, vers le cinéma ! Mais cette fois, elles se gardèrent bien de prendre le raccourci par la petite ruelle ! Les trottoirs n’étaient qu’une suite de trous . Blanche chuchota :

  • - Fais attention ! Ne trébuche pas !
  • - On voit bien que nos élus ne marchent pas à pied ! grogna Marie

Blanche commençait à trouver ce silence pesant et saisit le bras de Marie en disant :

  • - Il n’y a pas âmes qui vivent dans ce coin !
  • - Méfie-toi Blanche ! Scrute les recoins et détecte la plus petite ombre ! Nos ennemis se cachent là où on ne les attend pas ! De plus, nous progressons en terrain découvert !

Marie venait à peine de terminer sa phrase qu’un énorme fracas les fit sursauter.

  • - D’où vient ce fracas ? gémit Marie
  • - C’est peut-être un morceau de toiture !
  • - Ou un pan de mur ! ajouta Marie

Elles longeaient le vieil immeuble, tremblantes et effrayées . Blanche posa clairement la question :

  • - Veux-tu continuer ?
  • - Oh oui ! Notre excursion ne fait que commencer !
  • - Soyons vigilantes ! conclut Blanche

Elles avaient chacune une torche électrique et se mirent à visiter les entrées de la vieille bâtisse. Elles remarquèrent les trappes de caves et Marie fit ce constat :

  • - Il faudra aussi qu’on se faufile dans les caves !
  • - Occupons-nous déjà du rez-de-chaussée ! suggéra Blanche

Les fenêtres étaient obturées par des briques mais ça et là, des sacs de plastique remplaçaient les carreaux. Elles pouvaient deviner des lueurs de bougie dansant derrière ces vitres de fortune.

 

Repost 0
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 13:41

La délivrance

 

 Marie releva bien ses manches et s’approchait du lieu de la bataille quand un hou…hou…hou… venant de la partie non éclairée, retentit avec violence. Prise de panique, elle voulut s’enfuir mais se prit les pieds dans une ficelle qui traînait dans la poussière et s’effondra sur le sol !

De colère, elle se mit à taper du pied et à pleurer en criant de toutes ses forces ! Elle savait que personne ne pouvait l’entendre, alors elle se releva et se remit au travail ! Elle rouspétait :

« Quelle idiote je suis, ce n’était qu’un pauvre hibou !  A nous deux le robinet ! Tu tourneras ou tu casseras ! Regarde, je me cramponne et je m’arque boute et je tourne !… » Quand,  une voix venue de l’au-delà la fit sursauter :

  • - Non, mademoiselle Marie ! Vous ne tournez rien ! Attendez !

Marie sursauta, se retourna et reconnut Marc, le gentil plombier.

  • - Ah, c’est vous ! Quel soulagement de vous voir ! Atteindre cette chaudière, c’est comme si c’était un  voyage au centre de la terre !
  • - Remettez-vous Mademoiselle Marie, je vais arranger cela !

Marie mit ses mains sur ses hanches et médusée vit Marc desserrer facilement, en tournant vers la gauche, avec une grande clef, le fameux robinet ! Médusée, elle entendit ronfler la chaudière .  «  Vers la gauche se dit-elle ? Mais je vissais au lieu de dévisser !  » Elle sentit son visage rougir de honte mais elle s’écria :

  • - C’est merveilleux ! Vous arrivez à point nommé et tout se remet en route !
  • - Je suis surtout arrivé avant que vous ne cassiez ce pauvre robinet ! Calmez-vous, Mademoiselle Marie ! Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de casse !
  • - Tant mieux ! Vous avez vu que je tournais à l’envers ! Je ne suis pas fière de moi ! Par quel miracle êtes-vous venu à mon secours ?
  • - Je suis rentré pour acheter une revue quand votre sœur, trouvant que vous étiez à la cave depuis fort longtemps me parla de votre expédition au pays des chauves-souris !

Marie poussa un grand soupir et murmura :

  • - C’est bien ce que je disais, c’est un miracle !
  • - N’exagérez rien ! Allez, venez, la chaudière tourne comme une horloge, on remonte ! En plus, je dois vous féliciter, vous avez trouvé la panne !
  • - Blanche vous a parlé des chauves–souris, mais elle a oublié les araignées noires, grosses comme mon poing et le hibou ! Toutes ces bestioles me figeaient de peur et me retenaient prisonnière !
  • - Araignées grosses comme votre poing ! Mademoiselle Marie ! Seriez-vous de Marseille ? C’est comme la sardine qui a bloqué le port !
  • Ils éclatèrent de rire tous les deux, Marie avait retrouvé toute son énergie et sa joie de vivre. La remontée fut plus rapide que la descente, elle gravit les escaliers quatre à quatre, son aventure en sous-sol avait assez duré ! Marc ne voulut pas se faire payer :

  • - Ce n’est rien ! dit-il en souriant
  • Les demoiselles le remercièrent de tout cœur et Blanche lui offrit sa revue :

  • C’est la moindre des choses ! dit-elle

Marc sortit en plaisantant, les derniers clients se pressaient, il était l’heure de baisser le rideau mais les deux libraires restaient aimables et enjouées !

Repost 0
27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 10:44

Une expédition inattendue

 

Elles gardèrent l’étrange histoire  du vieil illuminé pour elles . Baptiste sortit en s’adressant à Blanche :

  • - Je file, je suis de service jusqu’à la fin de la semaine ! A demain !
  • - Oui ! Répondit-elle. Demain, on te fera manger de la tête de veau ravigote ! Si toutefois tu daignes partager notre repas !

Certains clients présents salivèrent en entendant le menu ! D’autres grimacèrent ! Blanche et Marie continuèrent à s’activer avec énergie jusqu’au soir !  Dix-sept heures, Blanche n’a pas très chaud et tâte le radiateur :

  • - Il est gelé ! s’exclama-t-elle
  • - De quoi parles-tu ? demanda Marie
  • - Du chauffage !
  • - En effet , tout est froid ! constata Marie.
  • - Il faut descendre à la cave ! gémit Blanche
  • - Ne t’en fais pas , j’y vais ! assura Marie
  • Elle appuya sur l’interrupteur et commença à descendre le grand escalier de pierre. Elles allaient rarement à la cave et les araignées avaient eu le temps de tisser de jolies toiles . Marie se trouva bientôt couverte de toiles d’araignées . Elle poussait de petits cris d’oiseaux chaque fois qu’elle les sentait se coller sur son visage ! Elle se disait :

    «  Si on ne veut pas geler,  il faut bien aller contrôler la chaudière ! »

    Cette descente devint un véritable calvaire, surtout quand une énorme araignée noire se montra dans un virage. 

     Marie essaya de la chasser en tapant dans ses mains, mais la bête ne bougea pas d’un pouce ! Marie se mit à l’invectiver :

    « Alors la  toute noire, veux-tu me prendre dans tes filets et me manger ? Je suis trop grosse pour toi ! >> Pour se donner du courage, elle se mit à crier de toutes ses forces :

  • « Tu peux me regarder avec tes petits yeux de sanguinaire ! Tu ne me fais pas peur ! Sale bête ! Toi et tes congénères vous avez colonisé la cave mais, moi, la petite bonne femme qui est devant toi, je vais reprendre mon territoire ! »

    Marie reprit sa respiration et franchit le passage critique en fermant les yeux et sans respirer ! Ouf ! Mais elle n’avait pas fini de faire des rencontres extraordinaires ! Elle atteignit enfin la dernière marche et au moment où elle posait le pied sur le sol poudreux , une envolée de bestioles passa au ras de sa tête ! Ses cheveux se dressèrent et elle hurla de terreur. Des profondeurs de la cave, personne ne l’entendit. Marie comprit vite qu’elle se trouvait face à une colonie de chauves-souris et qu’il lui fallait encore traverser la cave pour atteindre la chaudière . Comme elle en a l’habitude, Marie se mit à se parler à haute voix pour affronter le danger  :

    «  Alors les chauves-souris, à nous ! Que me voulez-vous ? Emmêler ma tignasse ? Allez-y ! Je vous attends ! Il n’y a même pas un bâton dans cette foutue cave ! N’ayez pas peur, je ne suis pas dangereuse ! Gentilles petites bêtes ! Venez ! Venez ! »

     Tout en discutant, elle se retrouva enfin près de la chaudière tant désirée ! Aussitôt, elle remarqua un voyant rouge !

 « Qu’est-ce que c’est que ce truc là ! cria-t-elle . La machine à gaz s’est mise en sécurité !  Pourquoi ? »

 Marie attrapa la notice de fonctionnement qui était posée sur une grosse malle,  se mit à feuilleter le manuel et s’arrêta sur un schéma . Les chauves-souris s’étaient calmées, les araignées se terraient dans leur trou et Marie se concentrait sur son sujet, il fallait comprendre ! Elle se stimulait sans cesse : 

« Allez Marie, concentre-toi ! Marc, notre chauffagiste sympa, m’a bien expliquer comment ça marche ! Allez Marie, fouille dans ta mémoire ! Cherche ! Le niveau d’eau dans le circuit ! Oui, c’est ça ! Il suffit d’ouvrir le robinet et de faire couler l’eau ! »

Elle se précipita sur le robinet, mais il était serré… serré …comme pas possible ! Elle se mit à gémir et à implorer tous les saints du ciel et de la terre  :

« Mon Dieu ! Aidez-moi ! Donnez-moi des idées ! Ah, ce robinet qui résiste ! Tu m’as déclaré la guerre ! On va voir lequel de nous deux gagnera ! Je vais relever les manches  et tu vas souffrir robinet de malheur ! A nous deux ! »

Repost 0

Présentation

  • : Les poubelles radioactives
  • Les poubelles radioactives
  • : Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
  • Contact

Recherche

Liens