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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 19:37

COMMUNIQUE :

 

 

( Presse ) Le Monde - BURE

 

 

Le Monde / Hervé Kempf                 8.01.12 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/07/gaia-dans-la-piscine_1627064_3232.html

 

Gaia dans la piscine

On imagine les intenses cogitations des communicants chargés de trouver le nom. Au bout de nombreuses et épuisantes réunions... "GAIA ! - Ah oui, c'est chouette, le nom grec de la déesse Terre. - Et puis, ça sonne vraiment écolo. - Impeccable. Adopté ! - Euh... justement, ça fait un peu trop écolo, non ? Les Khmers verts vont nous tomber dessus. - Oui, mais ça sonne bien. - Hum... et si on rajoutait une lettre ? Par exemple, un Y, ça s'écrit Gaiya, c'est pas Gaia, mais ça se prononce pareil. - Ouah, top cool ! GAIYA is born !" 

Ainsi donc, les sociétés d'ingénierie Technip et Ingérop ont créé le groupement Gaiya. Qui s'est vu accorder le 4 janvier un contrat par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) afin de concevoir le Cigéo : cette autre trouvaille marketing signifie Centre industriel de stockage géologique. Il s'agit d'un site d'enfouissement pour plusieurs dizaines de milliers d'années des déchets nucléaires.

Naguère, d'autres communicants avaient trouvé une formule pour minimiser le volume de ceux-ci. Selon Anne Lauvergeon, qui ne reculait devant aucune plaisanterie, les déchets produits par 58 réacteurs pendant quarante ans tiendraient dans "une piscine olympique".

En fait, le Cigéo est censé couvrir 300 ha en surface, et plus de 1 500 ha en souterrain pour enfouir 100 000 m3 de déchets - soit le volume de près de 400 piscines olympiques. A prévoir aussi : des millions de mètres cubes de béton, une consommation d'eau de 500 m3 par jour, et... des rejets dans l'atmosphère de gaz radioactifs (tritium, carbone 14 et krypton 85).

Un détail amusant, qui colle si bien avec l'esprit de "notre démocratie", le contrat de Cigéo est conclu alors qu'un débat public doit avoir lieu en 2013 pour en discuter. Mais bon... on ne va pas prendre au sérieux l'avis des gens, quand même ! D'ailleurs, le lieu est lui aussi fixé, ce sera autour de Bure, en Lorraine, où l'Andra a déjà acheté plus de 600 hectares. Autre détail amusant : on ne sait pas combien cela coûtera. En 2005, on annonçait 15 milliards d'euros. Fin 2010, la directrice de l'Andra parlait de 25 milliards d'euros.

Ah, encore un détail pour rire, car on rit, n'est-ce pas : cette magnifique installation n'accueillera pas tous les déchets nucléaires, car il y a plein de combustibles usés du type mox qu'Areva ne retraite pas, cela coûte trop cher. Ils sont très chauds et très radioactifs. Il faudra les stocker à part. Dans une piscine ? On pourrait l'appeler Hadès.

 

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Published by fosseuchien - dans voyages en Lorraine
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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 00:06

La soumission

 

 

 

 

Jean avait rejoint l’armée française de Baudricourt, à Vaucouleurs. La famille d’Arc se remit à vivre sans Jean. De nouveaux pillages vinrent assombrir la vie des villageois. La famine menaçait sérieusement, on distribua les dernières réserves. Devant cette perspective catastrophique , quelques dignitaires de Domremy firent part à tous leurs concitoyens de leur intention . Rassemblés dans la salle communale, les villageois écoutèrent  le maire :

-         Mes amis, nous ne voulons pas voir nos enfants mourir de faim, les pillages nous ont ruinés ! Je ne vois plus qu’une solution, demander la protection du Damoiseau de Commercy ! S’ils nous protège, nous lui paierons l’impôt et nous travaillerons en paix !

-         Se soumettre au Damoiseau ! hurla Jacques d’Arc, avons-nous perdu notre dignité ?

-         Cette solution ne nous plaît pas plus qu’à toi Jacques, mais que faire d’autre ?

-         Avez-vous perdu votre courage et votre volonté ? Allez les amis, reprenez-vous !

Jacques se démenait comme un diable mais, las de résister et de se priver, le peuple de Domremy ne le suivit pas et le village tomba sous la coupe de Robert de Sarrebrück, le Damoiseau de Commercy..

Les mois qui suivirent ne furent ni plus tristes, ni plus gais. Le Damoiseau prélevait régulièrement l’impôt pour remplir ses escarcelles et non celles du Dauphin de France. Tout était rationné, mais personne ne souffrait de la faim. Malgré la misère et la crainte inspirée par le routier, la vie de tous les jours était plus calme. Jacques commençait à réviser son jugement quand, on ne sut pourquoi, le Damoiseau changea de camp et abandonna Domremy pour rejoindre les anglos-bourguignons.

 

 

Le village se sentit libéré, heureux. L’an 1425 courait, la vie reprit son rythme normal. Jehanne, Catherine, Pierre et leurs amis : Hauviette, Mengette, Colas, Michel Lebuin, gardaient le troupeau communal dans les friches du bois-chenu. Les enfants jouaient, couraient et faisaient des parties de colin-maillard . Jehanne courait de toutes ses forces et ses amis lui criaient ;

-         Jehannette, tu cours si vite, qu’on ne te voit plus !

-         Arrête Jehannette, tu vas mourir de fatigue !

Mais, Jehanne riait aux éclats ! Cette  longue fille brune,  aux longs cheveux tressés, au regard sombre et doux, aimait beaucoup la vie !

-         Jehanne, viens goûter, c’est l’heure, cria Hauviette.

-         J’y cours ! répondit Jehanne

 

 

 

Les enfants commençaient à partager leur casse-croûte quand un nuage blanc arriva au village. De loin, ils reconnurent les armures bourguignonnes ! Ils ne perdirent pas de temps et chassèrent le troupeau vers la forêt. Mais les cavaliers les prirent de vitesse et encerclèrent le troupeau. C’était Henry d’Orly, le bourguignon, en quête de ravitaillement pour sa troupe. Jehanne s’approcha de lui en lui disant :

-         Vous êtes lâche et sans courage pour vous en prendre à des enfants !

Surpris de la hardiesse de cette jeune paysanne, il arrêta son cheval, puis, du haut de sa monture, il la repoussa du pied en l’injuriant :

-         Enfant de chiens ! Fille de gueux !

Elle esquiva le coup et répondit :

-         Mon beau seigneur, vous n’êtes qu’un voleur ! un bandit !

Il voulut bondir sur Jehanne mais son cheval se cabra et Jehanne fila, elle avait rejoint ses amis.

 

 

 

 

 

Tandis que les enfants dévalaient la côte pour prévenir leurs parents, le troupeau de Domremy avait disparu. Jehanne arriva en pleurant, elle s’était trouvée si impuissante devant ces hommes ! Le visage en sueur, elle explosa de colère devant son père qui ne put retenir un sourire ! Il calma sa bouillante fille en ces mots :

-         Tu es bien la fille de ton père, ma Jehannette ! Sois tranquille, nous allons nous occuper du troupeau !

-         Comment père ? Ils ont tout pris !

-         Aie confiance ma fille , Dieu nous aide!

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 21:51

Famille de Jehanne , la pucelle de Domremy

 

Extraits de documents

                                                             Vouthon-Haut, vue aérienne

 

Vouthon-Haut est une commune située dans le département de la Meuse (région de Lorraine). Le village de Vouthon-Haut appartient au canton de Gondrecourt-le-Château et à l'arrondissement de Commercy.. Il se situe géographiquement à une altitude de 390 mètres environ.

 

                                                            Vouthon-Bas, vue aérienne

 

 

Vouthon-Bas est une commune située dans le département de la Meuse (région de Lorraine). Le village de Vouthon-Bas appartient au canton de Gondrecourt-le-Château et à l'arrondissement de Commercy. Il se situe géographiquement à une altitude de 360 mètres environ.

 

Les deux villages se disputent  les   maisons  natales  des parents de Jehanne d’Arc

Entre les deux communes s’élève un monument à la gloire d’Isabelle Romée, mère de Jehanne.

 

 

 

                                                     Monument à la gloire de la mère de Jehanne

 

 

Les Parents de Jehanne, «  la pucelle de Domremy » ou « Pucelle d’Orléans » :

 

 

-         Jacques  1375 – 1431  venant certainement  d’Arc en Barrois

 

-         Isabelle Romée 1380 – 1459 née à Vouthon  fille de Jean, laboureur et de Catherine

 

 

La vie de Jacquemin, frère ainé de la Pucelle, reste entourée d'une certaine obscurité. La généalogie élaborée par Charles du Lys en 1610, revue et corrigée en 1612 et 1628, fit autorité pendant près de deux siècles et demi. Celui-ci affirma que Jacquemin était mort sans enfant

 

. Or, un acte découvert en 1878 par un érudit orléanais, M Boucher de Molandon, apporta la preuve contraire. Cet acte de notoriété, daté de 1502, mentionne un certain Claude du Lys, habitant Domremy, procureur fiscal de Greux et Domremy, qui se proclame comme étant petit-fils de Jacquemin par sa mère. Jacquemin eut donc au moins une fille, prénommée Jeanne, laquelle eut deux fils qui firent souche.

 
Par contre, le nom de sa femme est inconnu. ( Cependant, un acte de baptême mentionne le nom de  la mère de la fille de Jacquemin, il s’agit de Catherine Corviset


Jacquemin est mort avant 1452., certainement en 1432

 

 

*

État civil

  État civil

  • Né en mai 1402 julien - Domrémy-la-Pucelle,88630,Vosges,Lorraine,FRANCE
  • Décédé vers 1452 julien -ou 1432 à  Domrémy-la-Pucelle,88630,Vosges,Lorraine,FRANCE ,
  • Laboureur  comme son père

 

Parents

  Parents

  • Jacques d'ARC 1375-1431
  • Isabelle ROMÉE * fille de Jean , laboureur à Vouthon 1380-1459 
  • Elle était surnommée « Romée » parce qu’elle avait fait un pèlerinage à Rome

 

 

Mariage(s) et enfant(s)

  Mariage(s) et enfant(s)

  •  
    • Jeanne  1425

Frères et soeurs

  Frères et soeurs

  • Jacques ( Jacquemin ) 1402- 1432 / 1452 * et ses frères et sœurs connus
  • Catherine  1408-1428 décédée à 20 ans mariée à Jean Colin, maire de Greux
  • Jean  1410/1476
  • Pierre 1415/1466
  • Jeanne (Jehanne Sybille dite Jeanne D'Arc ) 1412-1431

 

 

 

 

 

 

 

*L’année du décès de Jacquemin est plus proche  de 1431 que de 1452 car Jacquemin assista, avec son père, au supplice du bûcher de sa jeune sœur,  Jehanne.

  Les deux hommes revinrent à Domremy, très perturbés.

Le père perdit la raison , se laissa mourir de faim et s’éteignit quelques mois après sa fille .

 

                                                                      Fontaine des  groseilliers

 

 

Jacquemin errait comme un fantôme dans Domremy , il arpentait les prairies, les forêts «  à la recherche de sa sœur » . Sa raison l’abandonna et certains écrits racontent qu’on le retrouva sans vie au pied d’un arbre, cet arbre pourrait être celui qu’on appelait « l’arbre des fées » où Jehanne venait danser et jouer avec ses amis et tous les villageois à la mi-carême.

Isabelle, la mère, tomba gravement malade. Elle était très affaiblie et attendait avec sérénité le moment où elle rejoindrait enfin ses chers enfants ( Catherine, Jehanne, Jacquemin ) et son époux. Mais, les habitants d’ Orléans s’enquirent de la famille de leur libératrice. Quand ils connurent l’état de santé de la mère de Jehanne, ils s’empressèrent de venir la chercher pour la soigner et l’aider à surmonter sa peine. Isabelle vécut donc à Orléans, très entourée. Là, elle trouva de l’aide pour réclamer une révision du procès de Jehanne. Elle ne pouvait pas admettre que sa fille soit condamnée comme « sorcière ». Grâce à sa lutte, Jehanne fut réhabilitée.

 

Les deux autres fils, Pierre et Jean,

  • Pierre : Né en 1415 julien   à Domremy
  • Décédé en 1466 julien , à l'âge de 65 ans
  • Chambellan de Charles VII, crée chevalier du « Porc-épic » par le duc d'Orléans
  • Jean : Né vers 1410 julien - Domrémy-la-Pucelle,88154,Vosges,Lorraine,FRANCE
  • Décédé  vers  1476 julien
  • Écuyer, capitaine et prévôt

Pour remercier Jehanne , la pucelle de Domremy, le Roi de France, Charles VII  l’ anoblit, elle et sa famille, leurs enfants et toute leur postérité, par lettres patentes du mois de décembre 1429, leur permit de prendre le nom de «   du Lys »

Le privilège donné aux filles d'anoblir celui qu'elles épouseraient, fut aboli par l'édit d’ Henri IV et celui de Louis XIII en 1614 , mais,.ces mesures ne furent pas applicables à la branche vivant en Lorraine, car le duché en possession d'une complète indépendance, n'était en rien soumis aux lois du Royaume de France.

 Pour les autres branches, des lettres patentes, leur ont généralement permis de jouir du privilège de leur famille. :

de porter un titre de noblesse et le nom de « du Lys », accession à des charges importantes,  exonération d’impôts

 

Les frères de Jehanne  sont connus sous les noms de :

 

 

-Jean du Lys, Ecuyer, capitaine du Roi  Charles VII et Prévost de Vaucouleurs

 

et

Pierre du Lys, Chevalier,  chambellan du Roi Charles VII

 

 

 


 

 


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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 21:05

Les volontaires partent en guerre ...

 

Les trois garçons préparèrent leurs chevaux et les femmes leur apportèrent des musettes de provisions.  Ils passèrent leur dernière nuit à Domremy et, au petitmatin, les «repentis », le cœur un peu serré, quittèrent le pays. Les hommes les regardèrent disparaître à l’horizon. Ils étaient partis vers un nouveau destin , une nouvelle vie de violence et de guerre !

 

 

                                                                      Travaux des champs


-         Braves garçons ! gémit Jacques

C’est alors que Jean, le second fils de Jacques approcha  de son père et d’un air décidé, il annonça :

-         Père, j’ai pris la décision de rejoindre l’armée !

-         Que dis-tu là ? bégaya Jacques

-         Vous avez bien entendu père ! J’ai quinze ans, je suis un homme et je dois servir la     France  dans les armées de Lorraine ou celles de France !

-         Si c’est là ton choix mon gars, je ne peux m’y opposer !

-          Pour les travaux des champs et de la ferme, Jacquemin , mon aîné, est solide ! il sera toujours auprès de vous ! Vous ne manquerez pas de bras !

Le père Lebrun qui avait assister à la scène remarqua :

-         Jacques, tu as trois fils, tu sais qu’ils ne peuvent pas rester tous sur la ferme ! Ton Jean a raison, soldat, c’est un métier !

-         Quel fichu métier ! s’exclama Jacques , on élève pas des enfants pour les envoyer à la mort !

-         Réfléchis Jacques ! Ne crois-tu pas qu’il soit autant en danger,  ici, quand les bandes de soudards attaquent ?

 


Jacques s’assit sur un billot  en prenant sa tête entre ses mains et resta longtemps silencieux.  Jean s’assit sur le sol, en face de son père, le  regard  perdu dans le lointain et l’inconnu . Il comprenait les inquiétudes et la souffrance de son père, « ce père » qui les protègent constamment des dangers, accomplit toujours les tâches les plus difficiles, comment peut-il imaginer un de ses fils sous le feu des armes ? Le jeune homme essuya furtivement une larme qui coulait sur sa joue . Le père Lebrun lui posa une main sur une épaule en le rassurant :

-         Jean, tu as raison, sois tranquille, ton père est fier de toi ! C’est un moment difficile pour les parents, de plus, tu n’as pas choisi la facilité ! En as-tu déjà parlé à ta mère ?

-         Oh non , je ne sais pas comment lui annoncer ! Vous savez, pour elle, sa famille, c’est Dieu qui lui a donnée ! Elle est unie et inséparable !

-         Pendant que ton père est perdu dans son silence, tu devrais aller voir ta mère et tes sœurs, soit confiant !

 

 

 

Jean ne perdit pas de temps et rejoignit la maison où cuisait la soupe de fèves pour midi. . En l’apercevant, Isabelle demanda :

-         Ah mon Jean ! Tu as fini de fendre le bois et ton estomac crie famine ! C’est une bonne maladie et c’est bientôt l’heure !

-         Mère, balbutia-t-il, je voudrais vous parler !

-         Mon Dieu ! Que se passe-t-il ? Tu l’air bien sérieux ! De quelle atrocité veux-tu encore me parler ?

-         Soyez tranquille mère, aucun malheur n’est arrivé aux nôtres !

Isabelle poussa un grand soupir de soulagement puis dit :

-         Parle mon grand, je t’écoute !

-         Mère, je vais partir rejoindre l’armée pour combattre l’Anglais , le Bourguignon et les bandes de brigands qui ensanglantent notre pays ! 

-         Mon garçon, tu es bien jeune , mais je vois que ta décision est prise et que rien ne pourra la contrarier ! Mon Dieu, mon Dieu s’écria-t-elle, viens à mon aide !

A ce cri, Catherine et Jehanne accoururent et entourèrent leur mère effondrée sur le banc. Du regard, elles questionnaient Jean . Voyant sa mère pâle comme un linge Jehanne s’écria :

-         Enfin, que se passe-t-il ?

-         Je veux être soldat ! répondit Jean

-         Toi, soldat ! s’esclaffa Jehanne, ce n’est pas vrai !

-         Si Jehannette ! c’est ce que j’ai décidé

Catherine, très sensible, tomba à genoux sur le sol , aux pieds de sa mère, le visage inondé de larmes. Jean posa sa main sur la tête de sa sœur, en la rassurant :

-         Ma Catherinette, je t’en prie, sèche tes larmes ! Je serai soldat pour vous protéger et  pour aider « le gentil dauphin à devenir roi de France »

Jehanne était restée silencieuse et ne savait que dire . Jean, soldat, elle n’y avait jamais pensé ! Sa mère était prostrée, sa sœur pleurait et elle, semblait juste, étonnée !

Les douze coups de midi sonnèrent au clocher, Jacques, Jacquemin et Pierrelot arrivèrent , la famille était rassemblée, Isabelle se ressaisit et les invita tous à s’asseoir autour de la table. Puis un peu évasive, elle murmura :

-         La soupe est bien cuite ! Le pain est frais ! Jehanne, apporte les pommes !

-         Oui  mère, j’y cours !

-         Quelle énergie cette Jehannette ! remarqua Jean 

 

                                                                       Le repas

 

 

Jehanne revint rapidement et s’assit entre Jean et Catherine. Jacques , le père, se recueillit et commença le bénédicité :

-         «  Merci Seigneur pour le repas que nous allons prendre  Amen » puis il ajouta en regardant Jean : « Mon garçon, nous te donnons notre bénédiction, va rejoindre l’armée , sert le Dauphin et prends soin de toi ! »

A ces mots, le jeune homme s’agenouilla devant son père puis devant sa mère en les remerciant . Son visage était apaisé, il ressentait une joie intense, presque de l’euphorie . Le repas se termina dans la joie .

-         Quand pars-tu , mon fils ? demanda Jacques

-         Le plus tôt possible !  répondit Jean

La journée se termina dans les préparatifs, Jean ne devait manquer de rien. Jehanne astiqua les harnais, Catherine s’occupa du paquetage et la mère remplit la besace. La nuit fut courte. A l’aube, le jeune cavalier partit rejoindre l’armée française du Sir de Baudricourt, cantonnée à Vaucouleurs.

 

 

Les villageois s’étaient rassemblés sur son passage  lui criaient des messages de chance et l’assuraient de leurs prières. Certains le félicitaient pour son courage et le  remerciaient .. Jehanne courut à côté de lui jusqu’à l’entrée de Greux et là, Jean s’arrêta et lui dit :

-         Petite sœur, retourne à la maison, les parents ont besoin de toi !

Jehanne s’écria :

-         Jean, je penserai toujours à toi ! je prierai pour toi chaque jour ! Je te le promets !

Elle fit une caresse au cheval et s’enfuit à toutes jambes vers la maison, sans se retourner .

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 13:59

 

Que fait-on de ces jeunes garçons ? insista Isabelle

 

Les hommes donnèrent un avis qui ne reflétait aucune haine, aucune vengeance :

-         Faites pour le mieux, les femmes !

La grande Hauviette désinfecta les blessures et le père Lebrun cautérisa les plaies en marmonnant :

-         Vous avez de la chance les gaillards, vos membres sont entiers !

-         Merci , merci !  bégayèrent-ils

-         Ce n’est pas moi qu’il faut remercier les lascars,  mais les femmes ! Moi, j’oublie souvent ce que c’est que la charité chrétienne ! 

-         Vous auriez eu raison m’sieur , après ce qu’on a fait ! répondit le grand blond

 


.Les hommes aménagèrent un espace dans une grange où à tour de rôle, les femmes venaient soigner et nourrir les trois  blessés.

Les trois «jeunes soudards » ne savaient pas comment remercier les gens de Domremy. Ils étaient vigoureux et jeunes, ils retrouvèrent rapidement la santé A peine remis sur pied, ils aidèrent à la reconstruction des bâtiments de Greux et Domremy, détruits et brûlés par les bandits de Robert de Sarrebrück .Chaque jour, ils s’intégraient de plus en plus à la population Ils participaient, avec courage aux travaux des champs. Ils voulaient changer de vie et regrettaient amèrement les violences et les exactions commises sous les ordres du damoiseau de Commercy. Le temps s’écoulait, tout était calme quand, une nuit, les hommes de guet réveillèrent le village.

 

 

Ils criaient :

-         Vite ! Vite ! Filez vers les bois ! Une troupe de cavaliers arrive !

Les plus rapides eurent le temps de disparaître dans la forêt, les femmes, les enfants et les vieillards se réfugièrent dans l’église. La mauvaise troupe arriva en lançant des torches enflammées. Tout une rue était en flammes ! Les hommes se démenaient comme des diables pour chasser les bandits et éteindre l’incendie.

 

                                             Incendie d'un village et pillage

 

Les trois jeunes « repentis », comme tout le monde les surnommaient, apportèrent une aide précieuse aux villageois. Dans l’église, la petite Jehanne se révoltait :

-         Pourquoi prier ? Dieu nous a oublié !

-         Ma Jehannette, il faut prier ! Dieu nous viendra en aide !

-         Non ! Non ! s’écriait Jehanne, ce n’est pas juste ! Pourquoi faut-il toujours souffrir et avoir peur ?

Les prières et les chants couvraient les cris de révolte de Jehanne. Isabelle et Catherine, sa sœur, l’emmenèrent devant l’autel de la Vierge et là, elles s’agenouillèrent  . Elles venaient de commencer un « Je vous salue Marie » quand dehors, on entendit une grande clameur de joie ! Des cliquetis d’épées traversaient les murs de l’église ! Des soldats lorrains du Duc de Bar, alertés par les flammes alors qu’ils rejoignaient leur campement venaient d’ arriver., les bandits n’insistèrent pas et s’enfuirent ! Le prêtre ouvrit le portail de l’église et la population remercia les sauveurs ! Jehanne resta seule, agenouillée et recueillie devant  la vierge ! Son visage était apaisé ! Un calme inondait tout son être et contrastait avec la Jehanne

pleine de colère qu’on avait vue au début de l’attaque.

 

                                                  Eglise de Domremy

 

Au cœur de cette guerre de cent ans, où tout est violence, souffrance et mort, le peuple trouve une consolation et une protection dans la prière . La foi semble être le seul  refuge ! Jehanne grandit dans ce climat de piété. Elle vit des instants de révolte, elle pique des colères et a du mal de pardonner à  tous ces tueurs qui massacrent, violent, pillent, et torturent ! Ces deux attaques successives l’obligèrent à réfléchir. et à maîtriser ses rages et ses envies de vengeance ! Sans cesse, elle entendait sa mère répéter :

       « -Jehanne,Il faut pardonner ! Le Christ a pardonné à ses bourreaux ! »

 La vie reprit ! De nouveau, les jeunes « repentis » ne ménagèrent pas leurs forces pour déblayer et  aider à reconstruire tout ce qui avait brûlé ! Le père Lebrun les avait pris sous sa coupe , ils travaillaient comme bûcherons et apprentis charpentiers ! Jacques, le père de Jehanne , leur apprit à mener les attelages ! Le chantier de reconstruction redonna vie au village ! On entendait des chants de femmes qui filaient la laine des moutons, des cris d’enfants qui jouaient sur la place, les hommes sifflaient en travaillant et le moment des repas était joyeux !

 

                                       Calme et tranquille, la Meuse à Domremy

 

 

Le village retrouva son visage des jours de paix ! Les traces d’incendie avaient disparu ! Toutes les plaies étaient apparemment cicatrisées ! Cependant, Jacques , le père Lebrun et Colas étaient inquiets.

 A l’assemblée communale, Jacques expliqua :

-         Mes amis, les pillages et les incendies ont touché nos réserves de nourriture, sarrasin, seigle  et viande, que ce soit les volailles, les porcs, les bovins, nous allons manquer de tout !

-         On a encore des cochons gras à tuer ! s’écria Leroux

-         Combien ? demanda Colas

-         Je ne sais pas trop, mais il y en a bien cinq ou six !

-         Crois-tu que le village pourra survivre longtemps avec six cochons ! marmonna Jacques qui continua , de plus nous ne pouvons pas abattre de vaches, il faut reconstituer notre troupeau, c’est pareille pour les moutons et les porcs !

Les femmes qui participaient à cette réunion se firent entendre. Marguerite, la plus âgée du village qui était une femme sage donna son avis.

 

 

                                              Des moutons dans les prés de Meuse

 

D’une petite voix, teintée de timidité, elle expliqua :

-         Il faut garder le lait pour les enfants, les petits et les plus grands ! La jeunesse, c’est notre avenir ! Les rations de viande iront aux hommes qui travaillent dur ! Nous, les femmes, nous devrons nous contenter de choux et de racines !

-         Je suis d’accord avec toi dit Isabelle, mais nous devons bien nourrir les femmes enceintes, elles transmettent la vie et elles ont besoin de forces pour allaiter leurs petits !

Toute l’assistance approuva et les villageois organisèrent des groupes divers qui se partagèrent les tâches de « survie » : cueillette des champignons, cueillette des fruits sauvages, récolte de graminées et de racines comestibles,  .

 

                                                        Vaches s'abreuvant dans la Meuse

 

Les trois « repentis » annoncèrent qu’ils allaient rejoindre l’armée du Duc de Bar et combattre les ennemis du Dauphin Charles  .Les villageois applaudirent mais le père Lebrun dit d’une voix grave :

-         Toute la communauté villageoise a apprécié votre aide et nous ne vous chassons pas ! Vous pouvez rester aussi longtemps qu’il vous plaira !

Le plus petit, un peu rougeaud et le plus bavard répondit :

-         Nous vous remercions de votre gentillesse, nous sommes heureux de faire partie de la« famille de Domremy » Nous avons appris à respecter et à aider les autres !

-         Merci de votre pardon ! clamèrent les trois garçons

Le petit rougeaud continua :

-         La nourriture va vous manquer, tous les gros travaux sont terminés et le Dauphin de France a besoin de soldats ! Donc, nous partons , nous serons soldats et non bandits !


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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:19

 

 

                                                     INVITATION


LE VENDREDI 27 JANVIER 2012 à 19 HEURES

 

 

 

Chers Amis ,
 
L'association SORTONS DU NUCLEAIRE-MOSELLE vous présente ses meilleurs vœux pour l'année 2012 et vous invite à son

ASSEMBLEE GENERALE

LE VENDREDI 27 JANVIER 2012 à 19 HEURES

SALLE DES COQUELICOTS , 1 rue ST CLEMENT (derrière la médiathèque)

METZ PONTIFFROY




- Ordre du jour
- Nous clôturerons cette assemblée autour d'un verre de l'amitié.
. Comptons sur votre présence et votre soutien. Si vous avez un empêchement et souhaitez adhérer (10 € pour l'année), envoyer un chèque à l'ordre de "Sortir du nucléaire Moselle" à Véro Costel, 11 ruelle du Foulon, 54150 Briey

ASSEMBLEE GENERALE « SORTONS DU NUCLEAIRE – MOSELLE »

 

Metz le 27 janvier 2012

 

 

 

Ordre du jour :

 

 

 

1)      Pourquoi la création d’une association anti-nucléaire en Moselle.

2)      Présentation des statuts de l’association.

-         Buts poursuivis.

-         Membres constitutifs du bureau.

-         Adhésions.

3)      Questions financières.

-         Ressources.

4)      Adhésion au Réseau Sortir du nucléaire.

5)      C.R. d’activités 2011 (juillet à décembre).

6)      Perspectives et actions à venir.

7)      Questions diverses.

8)      Débat autour d’un verre.

 

 

 

 

                                                                                 Le Président

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 14:28

 

Prince et bandit

 

                  Après le sacre à Reims, Charles VII fit Robert de Sarrebrück, chevalier

 

 

L’horizon s’empourprait des premières lueurs du jour. En ce jour de septembre de 1419,. Greux s’éveillait. Les paysans, toujours matinaux, ouvraient  les portes des étables et faisaient boire les vaches, les moutons et les chèvres dans la Meuse. Les coqs carillonnaient leur chant strident dans les basses-cours. Cette vie paisible semblait défier la guerre. Chacun vaquait à ses occupations ordinaires quand une troupe de soudards, aventuriers ou soldats fut signalée par les hommes de guet. Les mères cachèrent les filles au fond des granges, des caves , des greniers, les jeunes hommes filèrent vers la forêt en poussant le gros du troupeau, les vieillards et les petits enfants s’enfermèrent dans l’église. Le cliquetis des armes sur les cuirasses résonna comme le glas. !

 

 

                                                          Le Damoiseau de Commercy

 

C’était le Damoiseau de Commercy, connu aussi sous le nom de Robert de Sarrebrück et ses hommes.. Ce triste prince et sa troupe  semaient la terreur sur leur passage . Il louait ses services au plus offrant , tantôt le dauphin de France, tantôt les Anglos- Bourguignons, mais toujours du côté de la meilleure solde ! Son cœur penchait vers les grosses bourses ! « Ni foi, ni lois » Ce matin- là, le bandit s’installa sur la place deGreux, entouré de ses mercenaires et se mit à hurler :

-         Allez chercher vos écus ! votre « gentil dauphin » en a besoin pour chasser l’ anglais ! Au trot !

-         Messire ! répondit le père Collin, maire du village, nous ne sommes pas riches mais vous aurez tout ce que nous pouvons donner pour aider notre « gentil Dauphin » !

-          Je n’ai pas beaucoup de patience s’écria le damoiseau de Commercy, filez chercher vos cagnottes ! Vos récoltes ont été bonnes ! vos vaches , vos moutons et vos cochons sont gras ! Vos femmes sont rondelettes, on peut aussi s’en occuper !

 

A ces mots, chacun se précipita vers sa chaumière. Les femmes restèrent  immobiles, à l’intérieur , les hommes revinrent avec leur bourse,  en priant Dieu que les gangsters n’en demandent pas plus !

Le Damoiseau se frotta les mains ! Sous sa chevelure rousse et hirsute, son regard étincelait de contentement devant ce pauvre peuple laborieux qui tremblait devant lui  et obéissait à tous ses ordres,  pour protéger les femmes !  En les entendant pousser régulièrement des hurlements stridents, le grand Charles murmura :

-     C’est ça des hommes ! ça ressemble plus à  des bêtes !

-     Qu’est-ce que t’as à jacter le morveux ?  s’écria le Damoiseau , on ne discute pas       mes ordres ! Allez les gars, occupez-vous de lui !

Aussitôt, des soudards s’emparèrent du grand Charles , il l’obligèrent à entrer dans sa demeure et l’inimaginable  commença .Sous les coups, Charles gémissait, bientôt, on entendit  les hurlements de douleur de sa jeune femme qui venait se sortir de sa cachette pour aider son Charles. Des cris insoutenables  paralysaient toute la population ! C’était terrible, mais tous ces pauvres gens étaient impuissants et figés ! Il fallait rester immobile et silencieux pour protéger les autres femmes !

 

 

Le Damoiseau riait aux éclats, heureux de semer la mort , le viol et la torture . On ne saura jamais combien de temps dura cette horreur ! Quand la bande fut satisfaite, le prince bandit rappela ses « chiens » et la troupe infernale pénétra dans le village de Domremy.

Prévenus par le p’tit Louis, filleul d’Isabelle, tous les villageois avaient eu le temps de fuir vers la forêt avec le troupeau communal. Les jeunes femmes étaient parties avec les enfants et les jeunes hommes, il ne restait  plus que les hommes plus âgés et les vieillards . Ils attendaient les bandits avec détermination, ils portaient leurs économies et se préparaient à déposer leur argent aux pieds du tyran. dont. la troupe infernale arrivait au galop. Quand il vit ce cortège de vieux hommes, le Damoiseau se mit à rugir de rage :

-         Ah ! Il n’y a que des  vieillards dans ce maudit patelin ! Où sont les autres ?

 hurla –t-il

-         Aux champs répondirent les anciens !

-         Ah ! Racailles de paysans ! Gueux ! Vous croyez être plus malins que le damoiseau ! Vos femmes et vos bêtes  ont disparu avec les hommes ! Vous allez payer !

 

                                                                    Village en feu ! Massacre et pillage !

 

 

Il commanda à ses gangsters :

-         Allez ! Les escarcelles ne suffisent pas ! Egorgez ces momies rampantes ! Pillez et brûlez tout !

Les premiers villageois allaient tomber sous les coups des brigands quand une troupe de cavaliers surgit  sur la route de Neufchâteau. C’étaient les frères Didier et Durand de Marche, accompagnés de Thiesselin, le mari d’une marraine de Jehanne, la plus jeune fille de Jacques d’Arc et de quelques hommes, pour mieux dire, ils étaient six . Bravement, ils s’interposèrent entre les villageois et les bandits et Didier de Marche, capitaine dans l’armée du dauphin de France ordonna :

-         Robert de Sarrebrück, si tu as encore un peu d’honneur, abandonne ton butin et lève le camp immédiatement !

Sous l’effet de la surprise , les truands reculèrent , mais le Damoiseau se ravisa et répondit de sa voix tonitruante :

-         Que nenni Messire Didier de Marche ! Ce que je tiens , je le garde !

 

La violence reprit le dessus et un combat terrible s’engagea . De mémoire d’homme

, on ne se rappelait pas avoir vu six hommes se battre avec autant de courage et de force ! Le cliquetis des épées alerta les hommes réfugiés dans la forêt .

 

 

                                                               Paysans soldats au Moyen-âge

 

Armés de fourches et de gourdins ils se précipitèrent pour prêter mains fortes à leurs sauveurs. Les coups pleuvaient de partout, les soudards perdaient du terrain ! Midi sonnait à l’église et les armes cognaient toujours ! Le damoiseau et sa troupe reculaient, il écumait de rage. . Voyant ses hommes se faire tailler en pièces, il abandonna  le butin et la troupe prit le large en hurlant des menaces de mort :

-         Pauvres guenilles de  paysans ! On reviendra  et vous paierez !


Personne ne s’effraya de ces paroles ! Ils côtoyaient tous les jours la mort ! Ils vivaient dans un climat d’angoisse permanent ! C’était une vie au jour le jour ! Chacun profitait du moment présent avec enthousiasme et remerciait Dieu de lui avoir laissé la vie !

 

 

Les femmes et les enfants accoururent. Il y avait quelques blessures à soigner mais il n’y avait pas de victimes parmi les six cavaliers et les  hommes de Domremy. Ce n’était pas le cas dans le camp des bandits. Le prêtre donna une dernière bénédiction avant la mise  en terre des cinq truands, morts au combat ! Le Damoiseau avait même abandonné trois blessés., leur jeunesse apitoya les femmes ! Isabelle murmura d’une voix douce :

 

-         Ils ont l’âge de nos fils ! S’il arrivait pareille infortune à nos enfants, on aimerait savoir que quelqu’un les a soignés !

-         Isabelle a raison ! dit Marguerite en fixant les autres femmes avec insistance

Jehanne Thiesselin s’avança vers les trois hommes, les regarda et exprima sa pensée à haute voix

-         Seigneur, qu’ils sont jeunes ! On ne peut pas  abandonner ces trois gamins à la mort , ça réveillerait la colère de Dieu à notre égard !

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 19:05

 

A Domrémy

                                                       Maison natale de Jehanne d' Arc

 

A Domremy, le jeune couple s’installa dans une ferme, près de l’église  La gentillesse et le dévouement d’Isabelle impressionnèrent les femmes , la force et la bonne humeur de Jacques le rendirent très populaire. Il savait mener sa ferme et conseiller les autres, il organisa la manière de faire  les travaux des champs et de surveiller les animaux  du village, il fallait récolter suffisamment pour nourrir toute la population., il fallait aussi savoir se protéger des bandes de tueurs qui ravageaient les campagnes.

 

Le temps s’écoulait, baigné dans la crainte du lendemain, mais la vie s’organisait et continuait. Un enfant naquit , Isabelle mit au monde un garçon, appelé Jacques, comme son père et on le surnomma Jacquemin.

 

                                                         Eglise de Domremy

 

 

La vie à Domremy s’écoulait avec ses joies et ses peines .  Jacquemin vit arriver une petite sœur, Catherine, puis un frère Jean et un autre frère Pierre qu’on surnomma Pierrelot. L’an 1412 venait à peine de naître que le foyer s’agrandit d’une nouvelle petite fille que l’on baptisa Jehanne, Sybille et que nous connaissons tous sous le nom de Jehanne d’Arc.. La fillette poussa comme un champignon. Jehanne était grande pour son âge, ses longs cheveux bruns balayaient son dos et encadraient un visage d’ange. Affectueuse, sensible et intelligente, elle s’intéressait à tout. Pendant les longues veillées, elle écoutait les récits de batailles.


-     A Crécy, disait le père Collin, c’était l’enfer ! Les arbalétriers ont vu des monstres qui crachaient du feu et des centaines de boulets pleuvaient sur l’infanterie et la cavalerie en semant la mort ! C’était la fin du monde ! Je priais de toutes mes forces, implorant l’archange Saint Michel de nous prêter mains fortes ! Notre brave Duc de Lorraine Raoul chargeait  à cheval, en criant : « A moi l’enfer, le ciel vaincra ! » C’est là qu’il perdit la vie !

Un silence chargé de tristesse inondait la salle commune, des larmes roulaient sur quelques joues, les regards restaient fixes et lointains . Jehanne frémissait , son visage se crispait et elle bondissait en criant :

-         Il faut  battre le diable !

Sa mère et sa sœur, Catherine la calmaient doucement. Elles avaient tout le mal du monde à l’apaiser. Isabelle comprenait la colère de sa jeune fille ! Elle lui apprenait à prier et à pardonner, elle ne cessait de répéter :

-         Pardonne ! Pardonne toujours ! Même à tes ennemis !


Les Anglos-Bourguignons  pillèrent plusieurs fois Domremy, la vie devint difficile , la famine menaçait ! Jacques , toujours prêt à innover, rassembla les villageois de Greux et Domremy.


-     Mes amis, leur dit-il, le temps est venu d’unir nos forces et nos prières ! Ensemble, nous  travaillerons mieux et  plus ! Nos terres doivent nourrir nos enfants et nos épouses ! Le Sire de Bourlémont loue ses terres du Château de l’Isle, allons le voir et ensemble, louons ces terres !

-     Les terres du Château de l’Isle aux bœufs ! s’exclamèrent certains, c’est beaucoup trop ! Tu n’y penses pas , nous ne pourrons jamais payer les loyers ! C’est impossible !


 

Soutenu par ses amis, Jacques ne se découragea pas. Après bien des discours, il réussit à persuader et à convaincre tout le monde . Ensemble, Ils louèrent les terres de l’Isle aux bœufs. Le travail ne manquait pas . Les hommes, les femmes et les enfants unirent  leurs forces . Les travaux des champs, les soins aux animaux, les potagers demandaient beaucoup de bras . Le fruit de leur  labeur permit de nourrir toute la population,  ce qui attisa la convoitise des brigands et des villages alentour !


Des nouvelles alarmantes vinrent de nouveau hanter les veillées. Le Duc Jean de Bauffremont et Messire Edouard III, duc de Bar  avaient été tué à Azincourt en combattant dans les rangs français.

Les années se succédaient, toutes plus tristes les unes que les autres. La guerre était au menu de chaque jour. Tout en gardant le troupeau communal, les garçons fabriquaient des armes et on vit bientôt des bandes de gamins, armés jusqu’aux dents : frondes, lance-pierres, arcs et flèches, épées de bois, gourdins, nerfs de bœufs foisonnaient.

;Ces jeunes défendaient leurs animaux et se battaient comme des soldats contre les garçons des villages voisins Chaque soir, ils revenaient  les genoux et les visages en sang, les vêtements en loques. Les sermons des parents n’y faisaient rien.


Jean et Pierre ne rêvaient que de batailles et de vengeance.

Isabelle priait avec ses filles, Catherine et Jehanne, et demandait grâce pour ses fils.

 

 

 

 

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 14:14

Les Parents de Jehanne, «  la pucelle de Domremy » ou « Pucelle d’Orléans » :

 

 

-         Jacques  1375 – 1431  venant certainement  d’Arc en Barrois

 

-         Isabelle Romée 1380 – 1459 née à Vouthon  fille de Jean, laboureur et de Catherine

 

                                                           Eglise de Vouthon- haut

 

 

Mariage des parents de Jehanne, 

 

 

Juin 1400, à Vouthon, petit village lorrain, Isabelle Romée fille de Jean, le laboureur, et de Catherine, préparait activement son mariage avec Jacques, un grand gaillard, laboureur, venant du village d’ Arc (ou Ars) en Barrois .

 

 

 

 

La guerre de cent ans grondait depuis 1337, les villages n’étaient pas épargnés par les Anglo-bouguignons et les brigands à la solde de seigneurs gangsters comme le « damoiseau de Commercy , Robert de Sarrebruck et d’autres… » , la vie était rude , les attaques imprévisibles et ce jour de fête était un rayon de soleil au milieu de l’enfer… Ce jour tant attendu arriva enfin !

L’église avait revêtu ses ornements de fête, des fleurs embaumaient, des cierges scintillaient comme des étoiles, les bancs étaient remplis et chacun  avait mis son habit propre, celui qu’on sort si rarement, si bien  que le jour où on l’enfile, on se demande si on pourra encore le boutonner !

Seuls, au centre du chœur, face au maître autel, les futurs mariés étaient silencieux et recueillis. Isabelle était grande et mince dans sa robe noire, avec son bouquet de lys blancs on aurait dit une madone !

Jacques, c’était un grand jeune homme, au regard doux et rieur. Le prêtre , un homme âgé, leur donna le sacrement de mariage

Toute l’assemblée chanta et la cérémonie se termina dans une liesse générale. La gaieté se lisait sur tous les visages, Jacques parlait doucement , Isabelle souriait, tous deux  faisaient un grand pas dans l’inconnu de cette époque tourmentée.

-         A quoi bon penser au lendemain  dit Jacques

Isabelle resplendissait de bonheur aux côtés de son grand Jacques, son visage doux, éclairé  de grands yeux bruns, s’assombrissait dès qu’un homme parlait de bataille.

 

 

 

                                                 Vouthon- bas


Le cortège qui  s’étirait comme un  long ruban à travers le village  s’arrêta devant une maison de paysan, décorée de branchages , les battants de la porte de grange , largement ouverts laissaient voir une longue table ! Les convives étaient nombreux, les parents d’Isabelle avaient invité tous les cousins et amis pour les épousailles de leur fille !


A la chambre à fours, les femmes s’affairaient autour des rôtis de porc, de gibier et de volailles …. Ils mangèrent et burent du vin d’Amanty  . La nuit était tombée, la fête battait son plein et continuait au son des flûtes et des épinettes.. Les danseurs tournoyaient et sautaient, essayant de prendre en un jour , tout le bonheur d’une année ! Les flammes des torches dansaient au souffle léger de la brise, le ciel étoilé tapissait l’univers  et jamais la douceur de vivre  n’avait été aussi grande !

 

 

Assis sur la margelle du puits,  près d’Isabelle, Jacques devisait  avec ses amis quand, tout à coup, on entendit un galop de chevaux , le silence tomba comme un couperet. Jacques se leva  et marcha lentement vers la place du village, d’où venait le bruit ! Les autres, apeurés, restèrent immobiles et sans voix . Jacques avait disparu dans le virage, l’attente était interminable, Isabelle se précipita  pour rejoindre son jeune époux. . Elle arriva, tout essoufflée  et hurla de joie en entendant Jacques qui criait :

-         Des Lorrains ! Des hommes de Messire Jean de Bauffremont…

A ce nom, une rumeur joyeuse monta et tous les villageois accoururent ! Au milieu de cette foule , les chevaux se cabraient , les trois cavaliers posèrent pieds sur leur terre natale. Ils venaient de France et tout le monde les pressait de questions . Les trois cavaliers n’avaient pas le temps de répondre . Sigismont de Gondrecourt se remit en selle et s’adressa  aux villageois en ces termes :

Mes amis, il faut fuir , les  anglos- bourguignons  des écuyers  Jean et Milet d’Autrey ont pillé et brûlé Taillancourt et Amanty, ils seront bientôt là !

En un éclair, toute l’horreur de la guerre inonda les visages. Les jeunes gens et les hommes filèrent vers la forêt en poussant un  troupeau devant eux, les femmes, les vieillards et les enfants se précipitèrent  dans l’église et refermèrent les grandes portes.  La maison de Dieu était un refuge, tous à genoux, ils priaient et chantaient.

Dehors, tout était en feu ! Après des heures de pillage, la mauvaise troupe quitta enfin Vouthon ! –

La maison de Dieu leur avait servi de rempart ! Heureusement, ces brigands craignaient encore « la colère de Dieu » et n’osaient pas attaquer une église .

Le vieux prêtre se releva de son prie-dieu et en regardant tous ces gens apeurés dit :

-         Mes amis, ne perdons pas courage, relevons la tête ! Il est temps d’aller au devant des hommes !

A ces mots, les femmes et les enfants se précipitèrent dehors, le spectacle du désastre les laissa, un instant, désarmés et découragés .

Isabelle s’écria :

-         Venez les enfants, allons prévenir les hommes  et nous les aiderons à rassembler le troupeau !

 

Les journées qui suivirent furent laborieuses, les tâches étaient lourdes : déblayer, nettoyer, reconstruire, rendre les maisons habitables,,  tous les bras étaient utilisés, les plus jeunes gardaient le troupeau communal. Isabelle et Jacques restèrent  quelques semaines à Vouthon , leur aide fut très appréciée par tous . La vie reprit son cours, calme et tranquille.  Isabelle et Jacques partirent à Domremy, petit village, niché dans les méandres de la Meuse,  accompagnés  d’une troupe joyeuse de jeunes gens qui les aidèrent à emménager dans leur nouvelle demeure.

                                                  Rue principale de Domremy


Les biens que possédaient Jacques d'Arc et Isabelle à Domremy représentaient environ 20 ha, dont 12 en terres et 4 en bois dont le Bois Chenu

Jacques était « laboureur », donc,  un paysan assez aisé.

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:42

 

L'acte majeur du roi Henri IV  fut l' institution de la coexistence religieuse entre catholiques et protestants .

Il imposa la paix en France après 36 ans de guerre civile.

 

 

                               Henri IV signe l'édit de Nantes

 

L'édit de Nantes, signé le 13 avril 1598,  réalisa  la pacification religieuse du royaume, accordant de vastes privilèges aux protestants, et mit un terme aux guerres de religion.

 

.L'édit de Nantes  institua l'égalité civile entre catholiques et protestants, il fixa les conditions de coexistence entre catholiques et protestants, mais la pratique du culte protestant resta  limitée.

 

 En 1610, la France demeurait encore la France du Moyen Âge, divisée en divers particularismes : politiques, juridiques et linguistiques.

 

 

 

                                                                  Port Henri IV ( Grasset )


 Dans cette France de 1610, il y avait aussi des forces nouvelles . L'économie fut  profondément transformée  à cause de l'arrivée  des métaux précieux venus du Nouveau Monde, ce  qui  engendra la hausse des prix, l'essor du grand commerce, la constitution d'un capitalisme et une certaine mutation des richesses et des propriétés.

 

 

                                      Henri IV et Sully sont les amis des paysans

 

Le pays était  administré par Sully,  un financier habile, qui  paya  les dettes de l’État, estimées en 1596 à plus de 200 millions de livres.  Il rétablit  l'équilibre entre les recettes et les dépenses . Dès lors, il put  se consacrer aux travaux publics et aux progrès de l'économie, particulièrement à l'essor de l'agriculture et de l'activité portuaire ainsi qu'aux débuts de l'industrie, couronnés par un fort renouveau démographique, sans oublier un rôle moteur dans l'établissement de la « Nouvelle France » au Canada.  En 1610, la France était peuplée d'environ 15 millions d'habitants.

 

 

                                             Henri IV passe ses troupes en revue

 

En 1610 Henri IV, disposait d’une armée entièrement réorganisée par Sully Il  décida de lancer la guerre contre les Habsbourg dont les armées occupaient Clèves et Juliers depuis le début de l’année.

 

                                                       Assassinat d'Henri IV

 

Le roi s’apprêtait  à rejoindre son armée quand il fut  assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique, le 14 mai 1610, rue de la Ferronnerie à Paris.

 

Dès 1611, la régente du jeune roi Louis XIII,  Marie de Médicis, fit voler le trésor royal en éclats . 

Après l’assassinat d’Henri IV, Sully fut  nommé membre du Conseil de régence, il  prépara le budget de 1611. En  désaccord avec la régente, Marie de Médicis, il démissionna en 1611 de sa charge de surintendant des Finances et en 1616, il abandonna toutes ses fonctions. Il se retira  loin de la cour et se consacra  à la rédaction de ses mémoires. En 1634, agé de 74 ans, Sully reçut  le bâton de maréchal de France des mains du cardinal de Richelieu.

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