Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 15:19

L’exode à Neufchâteau

 

Par un matin de juillet 1428, un messager de Robert de Baudricourt et son escorte réveillèrent le village et annoncèrent une nouvelle effrayante :

-         Braves gens, rassemblez vos économies, votre bétail, vos hardes et sauvez-vous ! Vergy assiège Vaucouleurs ! Je ne sais si nous tiendrons, mais j’ai reçu l’ordre de vous protéger, de vous faire fuir Domremy, ordre de Messire Robert de Baudricourt, gouverneur de Vaucouleurs !

 

 

 

 

Vergy ! Ce nom fit frissonner tout le monde ! Ils connaissaient ce tyran, gouverneur de Champagne, allié des Anglos-Bourguignons. Aidés par les soldats de l’escorte du messager, la population chargea les charriots de tout ce qui était utile et rassemblèrent le troupeau communal . Tristement, sous un soleil de plomb, le village se vida et le long cortège des réfugiés partit pour Neuchâteau sous la protection d’une petite escorte .Le découragement envahissait cette population laborieuse ! Les souffrances et les privations les assaillaient sans cesse ! Tous pensaient aux garçons de Domremy partis se battre dans les rangs français ! Jean d’Arc, Collin, le petit Roux, Charlot, le fils du meunier et d’autres ! Les nouvelles étaient rares et l’inquiétude grandissait .Ils marchaient au rythme des bêtes, sans arrêt, sans repos , vers Neufchâteau !

 

                                                     Rempart de Vaucouleurs "Tour des Anglais"

 

 

Pendant ce temps, Vaucouleurs résistait. Vergy et ses hommes n’avaient pas la partie facile. Les portes de la ville étaient solidement gardées. Toute la population se battait avec les hommes de Baudricourt ! Jusqu’aux enfants qui apportaient de la boisson et des vivres aux combattants. La ville semblait brûler de toute part ! Mais à peine allumées, les incendies étaient maîtrisées !

Vergy rageait , il hurlait à ses hommes :

-         Bons à rien ! Français ou Lorrains, ce sont des chiens ! Exterminez-les !

La bataille reprit avec plus de violence, elle dura encore trois jours et trois nuits ! Vaucouleurs, la résistante, avait tenu ! Vergy abandonna la cité fortifiée mais il sema la mort et la désolation dans tous les villages . La population terrifiée fuyait dans les bois , d’autres avaient pu se réfugier dans les églises en priant Dieu que ces attaquants, sans pitié, craignent encore « la colère de Dieu ! » et ne pénètrent pas dans la maison de Dieu ! .

 

                                             Vestiges des remparts de Vaucouleurs

 

 

Les réfugiés de Domremy avaient la vie sauve, ils s’installèrent tant bien que mal,  à Neuchâteau, dans cette ville accueillante et bien défendue par l’armée. L’escorte se préparait à rejoindre Vaucouleurs quand Pierrelot, le petit frère de Jehanne, devenu un homme de quinze ans, s’adressa timidement à ses parents : 

-         Père, Mère, pardonnez-moi ! Accordez-moi votre bénédiction ! Ma décision est prise, je vais rejoindre l’armée française avec les soldats de l’escorte

Isabelle reçut un choc au cœur et crut s’effondrer ! Jacques resta figé de stupeur, son esprit chancela un instant puis, il bénit Pierrelot, qui partit pour Vaucouleurs.

.La famille d’Arc fut logée à l’auberge de la femme « La Rousse » et de Jean Waldenaire. ; Jehanne aidait les enfants et les vieillards, sa tâche était lourde car tous ces réfugiés étaient bien malheureux ! Il fallait les consoler, leur redonner du courage, soigner les blessures, porter de l’eau et Jehanne était toujours là ! Rapidement, tous ceux qui la côtoyaient se mirent à l’aimer ! Tout ce travail lui était d’un précieux  secours pour l’aider à noyer son tourment et à oublier ses voix intérieures qui ne cessaient de la harceler ! La femme « La Rousse » complimenta plusieurs fois Isabelle et Jacques :

-         Mes chers amis, votre fille est un ange ! c’est un puits de courage et elle soulage tous les maux ! De plus, elle est bien jolie !  Croyez-moi braves gens, vous possédez un trésor !

Jacques acquiesça du regard et Isabelle sourit. Jacquemin passait son temps à prendre soin des animaux.

 

                                                                  Neufchâteau

 

 

Le temps passait et Jehanne, cette grand fille brune, qui venait en aide à tous les faibles,  ne passait pas  inaperçue . Un jeune homme de Clefmont, Barthelémy , avait remarqué cette jeune fille , elle lui semblait différente des autres, dévouée, agréable et pieuse ! Il se mit à l’observer. Aucune impatience, aucune colère, n’émanaient jamais d’elle ! Plusieurs fois, Barthelémy approcha de Jehanne, liant conversation avec elle. Il lui proposa son aide, il alla puiser de l’eau, aida à tordre le linge et porta les grandes charpagnes  trop pleines ! Jehanne accepta gentiment, tous les bras étaient les bienvenus . Jacques remarqua  ce jeune homme et s’en réjouit ! Il l’invita à sa table et ils discutèrent

-         J’ai deux fils engagés dans l’armée française ! dit Jacques

-         C’est une tristesse et un honneur pour votre famille ! répondit le jeune homme

Ils parlèrent de la guerre et de toutes les misères ! Puis Jacques, qui n’avait qu’une idée en tête, marier Jehanne, parla sans détour :

-         Ma fille Jehanne n’est la promise de personne ! C’est une jeune fille à marier !

-         Votre fille est courageuse et me plaît beaucoup !

-         Alors ! hurla Jacques, faîtes votre demande mon cher ami !

Le lendemain, Barthelémy enfila ses plus beaux habits et vint demander la main de Jehanne  aux parents d’Arc, qui acceptèrent avec empressement. Heureux, Jacques annonça :

-         Barthelémy, vous êtes fiancé à ma fille Jehanne ! Nous allons organiser les épousailles au plus vite !

-         Jehanne ! appela le père, voici ton futur époux !

Jehanne recula, puis calmement, répondit :

-         Non, père !

-         Et depuis quand, une fille se permet-elle de discuter l’avis de son père ?

-         Non ! répéta Jehanne, bien décidée,  je ne veux pas me marier !

-         C’est la second fois que tu refuses, cette fois je t’ordonne d’obéir !

 

 

 

Jehanne ne répondit plus et partit porter de l’aide aux enfants orphelins qui étaient logés chez les religieuses. Son frère Jacquemin vint la voir , là, elle lui dit d’une voix douce :

-         Jacquemin, tu es mon grand frère ! Gentil et compréhensif ! Pour cette nuit, rassure les parents, les religieuses me logent , il y a beaucoup trop d’enfants malades, je dois leur apporter de l’aide !

 

Repost 0
21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 14:23

Chez Robert Baudricourt

 


 

De bon matin, l’oncle Durand Laxart* attela le cheval à la charrette et il emmena Jehanne à Vaucouleurs. Il l‘accompagna au château du gouverneur Français, Robert de Baudricourt. Les soldats les annoncèrent et Baudricourt, toujours prêt à écouter les gens du peuple, les reçut rapidement.

-         Braves gens, vous êtes les bienvenus ! Parlez, je vous écoute ! dit-il

Jehanne s’avança et parla :

-         Sire, des voix du ciel me commandent d’aller en la guerre, d’enlever Orléans aux Anglais et de faire sacrer le Dauphin à Reims !

-         Et qui te parle ?

-         Sainte Catherine, sainte Marguerite et l’archange saint Michel !

Baudricourt éclata de rire en s’écriant :

-         Les Saints te parlent ! A toi, une paysanne ! Pour qui te prends-tu ? Tu crois accomplir des miracles avec ta cote de paysanne ?

-         Je mettrai habit d’homme, s’il le faut !

-         Une femme en habit d’homme ! Serais-tu devenue folle ?

-         Non, Sire ! C’est la meilleure tenue pour chevaucher ! Je dois aller à Chinon pour parler au gentil Dauphin !

-         Pour lui dire que tu vas le faire sacrer roi ! Tes voix du ciel ont perdu la raison !

Puis, s’adressant à Durand Lassart :

-         Et vous qui accompagnez cette fille , qui êtes-vous ?

-         Son cousin, Sire !

D’une voix tonitruante Baudricourt hurla :

-         Alors, ramenez cette fille chez son père pour qu’il la corrige ! S’il ne le fait pas sachez que je le ferai moi-même !

 

                                               Vestiges du château de Vaucouleurs

 

Tandis que l’oncle Durand se dirigeait vers la sortie, Jehanne s’adressa de nouveau à Baudricourt :

-         Sire, si vous voyez le Dauphin Charles, dites-lui de ne point livrer bataille, Dieu lui enverra du secours avant la mi-carême 1429

Courroucé, hors de lui,  Baudricourt s’exclama :

-         Qui es-tu donc pour oser donner des ordres au Dauphin ? Serais-tu encore plus folle que je ne le pensais ? Hors de ma vue !  Gardes ! Sortez- moi cette fille d’ici !

Bertrand de Poulengy était au fond de la salle et avait tout entendu. Il vit sortir la jeune fille entre les gardes et fut étrangement surpris par son calme et son regard doux. « Cette fille ne semble pas folle ! se dit-il » Il en fit part à son ami, Robert de Baudricourt  qui s’écroula de rire . Mais, Bertrand de Poulengy fut hanté toute la journée par ce visage serein et ce regard déterminé.

 

 

                                        Vestiges du château de Vaucouleurs

 

 

 Durand Lassart et Jehanne reprirent le chemin de Burey en Vaux . Jehanne resta encore une semaine, Blanche avait retrouvé la santé et toutes ses forces , Durand ramena la jeune fille à Domremy,..où les voix revinrent inlassablement en la suppliant :

-         Jehanne, Jehanne, il te faut changer de vie  et aller en la guerre ! Va à Chinon, voir le Dauphin Charles !

Elle ne trouvait plus le sommeil, son visage fatigué et son regard triste intriguèrent ses parents. Son père se reprit à penser à son rêve insensé où il voyait Jehanne partir avec les soldats .Chaque fois qu’une troupe passait au village, il sermonnait Jehanne :

-         Je ne veux pas te voir autour des soldats ! Reste à la maison et travaille avec ta mère !

Isabelle essayait de le modérer mais se trouvait désarmée devant la colère de Jacques. Jacquemin et Pierrelot venaient au secours de leur sœur comme ils le pouvaient .

-         Père, Jehanne est fatiguée ! Elle travaille de plus en plus ! Elle soigne les bêtes, file et coud avec notre mère !  Elle ne prend pas une minute de repos !

-         Père ! Jehanne  croit en Dieu et prie beaucoup ! Ce n’est pas une « fille » qui court derrière les soldats !

Le père reprit avec force :

-         Si cela était, je l’étranglerais de mes propres mains !


* Laxart ou Lassart

Repost 0
20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 15:15

 

Mai 1428, second message….

 

Une joie illumina 1428, ce fut, en début d’année, le mariage de Catherine avec Jean Colin, le fils du maire de Domremy. Les jours passaient, amenant leur cortège de nouvelles plus ou moins rassurantes. Jean manquait  et l’inquiétude habitait la maison. Le père, d’apparence si solide, ne s’était pas habitué à cette absence. Ses épaules s’étaient voûtées, son front s’était barré de rides profondes et son regard, avant si gai, ne reflétait plus que de la tristesse. Ses grands éclats de rire, qui faisaient vibrer la maison, avaient disparu ! Le refus de mariage de Jehanne le tourmentait toujours. Isabelle comprenait son cher époux mais, son cœur gros de chagrin renfermait ce fleuve de larmes sans jamais déborder. Elle l’apaisait tendrement :

-         Jacques, quatre de nos enfants sont près de nous ! Ne gâchons pas leur vie avec notre chagrin ! Nous devons vivre pour eux ! Jean a choisi le métier des armes, que Dieu lui vienne en aide !

-         Oui Isabelle ! C’est bien, tu as du courage pour nous deux ! Je t’admire !

 

 

Ce matin de mai 1428, Jehanne devait s’occuper du troupeau communal avec ses amis. Comme elle le faisait souvent, elle coupa par le potager. En regardant l’église, elle fut frappée en plein visage par une lueur qui la paralysa. Elle se souvint du premier message et tomba à genoux en appuyant fortement ses mains sur ses oreilles et en fermant les yeux. Malgré cela, elle entendit les Saints . Ses bras tombèrent, ses yeux s’ouvrirent et Jehanne vit une si grande tristesse sur les visages des voix, qu’elle se prosterna en implorant leur pardon !  Elle entendit :

-         Jehanne, apprends à te gouverner, sois calme, prie et crois en Dieu ! Il t’a choisie pour sauver le royaume de France ! Tu dois aider le dauphin Charles !

-         Comment ! Mais comment ! demanda  Jehanne

-         Dieu te viendra en aide ! Jehanne va voir le dauphin Charles à Chinon et tu le feras sacrer roi à Reims !

 


Le silence tomba sur le jardin et Jehanne sursauta en entendant les appels de sa mère. Elle courut vers la maison, Isabelle la réprimanda doucement :

-         Jehannette, tes amis attendent avec le troupeau, dépêche-toi !

Elle les rejoignit en courant et se montra enjouée. Elle taquina Pierrelot qui rêvait toujours d’être soldat, pour rejoindre son frère Jean. Le temps était radieux et la journée passa vite . Le lendemain matin, un ami du cousin Durand Lassart , de Burey en Vaux, passa à Domremy. Il parla de la grande fatigue de cousine Blanche qui avait beaucoup de mal avec ses petits. Le cœur de Jehanne bondit, elle était toujours prête à rendre service ! Du regard, elle supplia son père puis, elle demanda :

-         Père, peux-tu me donner la permission d’aller aider cousine Blanche à retrouver la santé !

Jacques interrogea Isabelle du regard qui acquiesça,  puis il grommela :

-         Oui ! Blanche a besoin d’aide et toi tu as besoin de changer d’air !

Jehanne ne perdit pas de temps, elle rassembla quelques vêtements et profita de la charrette du paysan pour rejoindre Burey en Vaux .

Quand elle arriva chez ses cousins, elle fut accueillie à bras ouverts. Blanche s’exclama :

-         Ma Jehannette ! Quelle joie de te voir !

-         Blanche, je viens t’offrir mon aide ! Tu es trop fatiguée pour t’occuper seule de tes enfants !

-         Merci ma Jehannette ! Je n’osais pas te demander, mais tu es la bienvenue !

Jehanne était là depuis deux semaines , elle avait remis la maison en ordre, elle préparait les repas et soignait les petits. Cousine Blanche reprenait des forces et se remit à accomplir les tâches journalières avec Jehanne . 

 

 


 Jehanne avait une grande confiance en son cousin Durand  Lassart qu’elle appelait « oncle Durand » Elle lui raconta ce qu’elle n’osait pas dire à ses parents, le message des voix ! Elle lui expliqua calmement :

-         Oncle Durand, j’ai lutté pendant trois longues années et je n’ai pas pu les oublier ! Il y a un mois, elles sont revenues, encore plus insistantes que la première fois ! Cette fois, j’ai pris ma décision !

-         Que veux-tu faire Jehannette ? soupira Durand Lassart

-         Cher oncle, emmène-moi chez Baudricourt, le gouverneur de Vaucouleurs !

-         Es-tu bien décidée ma fille ?

-         Oui, oncle Durand !

-         Bien, nous partirons demain matin ! J’en profiterai pour aller chez le charron !

 

 

Repost 0
19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 23:39

A qui confier son secret ?  (suite )

 

 

Après avoir dormi profondément, Jehanne se réveilla  et à sept heures, elle assista à la messe du matin. Quand l’office fut terminé, elle alla demander au prêtre, Guillaume Fronte,  de l’écouter en confession. Là, avec hésitation, Jehanne lui confia son secret ! Il l’écouta avec attention et la rassura :

-         Jehanne, ton frère Jean est parti en guerre, toute la famille est inquiète ! Cette tristesse t’envahit et tu voudrais tout changer ! Tu as fait une sorte de cauchemar éveillé !

-         Non  mon père, ce n’était pas un rêve !

-         Retrouve ton calme, mon enfant ! Tu dois surmonter ce moment de détresse ! La prière t’aidera à retrouver la sérénité ! Va en paix !

Jehanne se sentit plus légère, le poids qui pesait sur son cœur semblait avoir disparu. 

 

 

 

Le temps passait, avril 1426 arriva ! Laetare Jérusalem ou mi-carême était un jour de fête !

Jehanne et les jeunes filles du village confectionnèrent des guirlandes de lierre, les vieux tissus, la laine usagée, la paille furent transformés en fleurs magiques . Dès le lever du jour, elles décorèrent les branches basses du hêtre centenaire qui étendait ses longues branches comme un parapluie géant au-dessus de la fontaine des groseilliers. Les filles s’activaient à orner l’arbre des légendes, il fallait qu’il soit plus beau que l’an passé ! On l’appelait l’arbre des fées et on racontait d’innombrables fables ! Personne ne savait d’où elles venaient , mais certainement d’une époque lointaine où les génies hantaient encore les forêts de nos ancêtres ! Il y avait cependant cette épopée fantastique du seigneur de Bourlémont, blessé à la bataille de Crécy, il avait chevauché des jours et des nuits ! Son cheval le ramena vers sa terre natale et s’arrêta à la fontaine des groseilliers ! Fiévreux et fatigué, il se désaltéra, assis contre l’arbre des fées, il se laissait aller, ses forces l’abandonnaient, c’est alors qu’il entendit des voix de femmes : « Sire, réveillez-vous ! Votre épouse et vos gens vous attendent ! Courage, vous êtes chez vous ! Ce n’est pas le moment d’abandonner ! » Surpris, il reprit courage, enfourcha sa monture et fila vers le château de Bourlémont !  Cette histoire faisait rire Jehanne qui disait :

-         Notre bon sire de Bourlémont avait la fièvre et s’était endormi ! Le gémissement du vent dans les branches de notre arbre enchanté l’a réveillé et il a rejoint son château ! Ce fut une belle journée !

 


Les cloches se mirent à tinter, elles annonçaient la Messe. Les jeunes filles filèrent comme des biches et pénétrèrent dans l’église, sur la pointe des pieds. L’office débuta . En se retournant vers l’assemblée, le prêtre fut frappé par Jehanne, elle rayonnait comme transfigurée ! « En extase ! se dit-il. Est-ce possible Seigneur ? » Il termina la cérémonie et suivit ses paroissiens à l’arbre des fées. Il participa au repas qui était un grand partage. Après ce copieux festin, les flûtes et les épinettes se mirent en branle et ils dansèrent. Jehanne n’était pas la dernière, c’était plutôt la meneuse ! Ronde lorraine, soyotte, pach’pi  se succédaient ! Jehanne dansait avec le grand Michel Lebuin. Ils étaient amis depuis leur plus tendre enfance et, l’un ou l’autre, jouait souvent le rôle de confident quand des problèmes survenaient ! Jacques d’Arc aimait bien ce grand garçon brun et fort, il se disait :  « Jehanne serait heureuse avec lui ! » L’après-midi se terminait, les jeunes filles s’affairaient à remettre tout en ordre quand arriva un groupe de cavaliers français, en tête, galopait un garçon de Domremy ! C’était Jean d’Arc ! Il s’écria :

-         Alors mes sœurettes, votre frère est de retour !

Les filles hurlèrent de joie !

-         Jean ! Jean ! Quelle joie !

-         Je vais surprendre les parents, à tout à l’heure !

 

 


Jean et ses deux amis partirent au village. En les voyant, Isabelle pleura et le père resta muet . Jacquemin serra son frère dans ses bras, Pierrelot accourut en sautant de joie. Catherine et Jehanne revinrent en chantant. Les jeunes soldats racontèrent leur vie et tous les malheurs de la guerre ! Ce fut, malgré tout, une soirée merveilleuse ! Le matin arriva trop vite ! Après avoir pris un bon repas, les trois hommes rejoignirent leur casernement . De nouveau, Jehanne était torturée par ses voix ! Elle était pensive depuis le départ de Jean ! Son père le remarqua et se fit des idées ! Il dormait mal, il rêvait de Jehanne, il la voyait partir derrière les soldats, comme « une fille ». Il ne vit qu’une solution, la marier avec Michel Lebuin !

 

 

 

Dès le matin, Jacques d’Arc décida d’aller parler au père Lebuin. Quand il arriva, la famille déjeunait . La discussion fut gaie ! Tous étaient d’accord ! «  Michel et Jehanne, quel beau mariage ce sera ! » clama la mère. Le grand Michel rougit , baissa la tête et dit d’une voix timide :

-         J’y pense depuis ce printemps, mais Jehanne, que dit-elle ?

-         Elle acceptera ! les filles obéissent toujours à leur père !

-         Je sais ! répondit le jeune homme, mais Jehanne et moi sommes des amis et je ne veux pas la chagriner ! 

-         Quel étrange garçon tu fais là ! s’exclama Jacques

Et emporté par l’envie de marier sa fille, il continua :

-         Jehanne est d’accord ! Elle est timide et n’ose pas en parler !

La-dessus, Michel se sentit heureux et courut vers Jehanne qui était à la fontaine. En quelques mots, elle comprit ce qu’il voulait . Son regard s’attrista, ses bras tombèrent le long de son corps, son visage devint si pâle que Michel la retint, pensant qu’elle s’effondrait. Jehanne se reprit et parla doucement :

-         Michel, mon très cher ami, tu es le seul homme que j’aime et que j’aimerai toujours !  Je vais te prouver que j’ai confiance en toi en te faisant partager mon secret !

Ils s’éloignèrent tous les deux, personne ne sut jamais ce qu’ils se dirent mais après cette longue conversation, il ne fut plus jamais question de mariage entre Jehanne et Michel !

 

 

Repost 0
18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 23:44

L’enfouissement des déchets radioactifs n’est pas une solution pour protéger les hommes, la faune et la flore

«Suite aux essais sous-terrains, il y a de nombreux trous dans la barrière de corail dût à des effondrements. L’eau qui risque de s’engouffrer peut donner naissance à un raz de marais ce qui ferait remonter le plutonium enfoui dans des puits,  clos par des couvercles de béton dont la solidité n’est pas éternelle ! »

 

Vifs débats en vue au parlement sur la rétrocession des atolls du nucléaire

 

 

PARIS, 17 janvier 2012 (AFP) - Le Sénat examine mercredi un texte porté par la gauche sur les conséquences environnementales des essais nucléaires en Polynésie, sujet encore ultrasensible dans cette collectivité d'outre-mer et qui promet des débats...

 

PARIS, 17 janvier 2012 (AFP) - Le Sénat a examiné ce mercredi un texte porté par la gauche sur les conséquences environnementales des essais nucléaires en Polynésie, sujet encore ultrasensible dans cette collectivité d'outre-mer et qui promet des débats tranchés avec la droite, notamment sur le thème du secret défense.

"C'est une loi qui montre que l'on s'occupe des Polynésiens et de leurs souffrances", a déclaré le sénateur polynésien Richard Tuheiava (app. PS), lors de la présentation mardi de sa proposition de loi.

La principale disposition est la rétrocession par l'Etat à la Polynésie, le 1er janvier 2014, des atolls de Mururoa et Fangataufa, où ont été réalisées des tirs atmosphériques et sous-terrains entre 1966 et 1995.

 



Avec comme "corollaire important que ce soit à +l'agresseur+ (L'Etat, ndlr) de poursuivre l'entretien et la surveillance des lieux", a détaillé M. Tuheiava, pour qui la rétrocession doit permettre de mener des études sur ces atolls, avec davantage de transparence.

Et l'opposition de droite a déjà déposé sept amendements de suppression des sept articles, a fait remarquer son rapporteur Roland Courteau (PS), y voyant "une obstruction inacceptable" pour empêcher d'arriver au vote.

"Le gouvernement s'y oppose, arguant de la sécurité des matières radioactives et pour éviter la diffusion d'informations confidentielles" sur la composition de la bombe atomique made in France, a-t-il ajouté.

Les débats seront suivis à la loupe en Polynésie où son président indépendantiste Oscar Temaru a appelé la population à "descendre dans la rue" si la France refusait cette rétrocession.

Le texte doit "réparer une omission législative", la loi Morin de 2010 n'abordant que l'aspect sanitaire des essais nucléaires, a souligné M. Tuheiava, lors d'une conférence de presse qui s'est ouverte par une prière d'un opposant historique aux essais en Polynésie, John Doom, un geste traditionnel dans l'archipel mais inédit au Parlement.

"Régler la question sanitaire sans régler la question environnementale est déjà étrange dans la mentalité occidentale, mais pour les autochtones, dissocier à ce point l'individu de son environnement naturel, ça ne passera jamais", a-t-il insisté.

Le texte porte aussi sur la sécurité des populations voisines "qui sont en danger, un danger avéré (radioactivité des dépôts de plutonium) et un danger prévisible, comme l'affaissement du platier de Mururoa qui pourrait en cas d'effrondrement générer un tsunami", selon M. Tuheiava, qui a insisté sur la nécessité d'un système d'alerte.

Sur les 5.048 victimes d'essais nucléaires répertoriées en Polynésie, 637 ont pu faire l'objet d'un dossier correspondant aux critères de la loi Morin et 2 personnes ont été indemnisées à ce jour par l'Etat.

Ronan Dantec (EELV) a souligné la "part symbolique très forte" que représente pour les Polynésiens la restitution des atolls, qui permettrait une "confrontation d'expertises". Ce sénateur a aussi mis l'accent sur le travail en commun avec le PS sur ce texte, sorte de "résilience politique". Une allusion à l'affaire du Rainbow Warrior, du nom du navire de Greenpeace en route pour Mururoa que le gouvernement socialiste avait fait couler en 1985 à Auckland.

Repost 0
Published by fosseuchien - dans voyages en Lorraine
commenter cet article
17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 22:04

 

La revue Journal International du Cancer vient de publier dans son numéro de janvier une étude scientifique établissant une corrélation très claire entre la fréquence des leucémies infantiles aigües et la proximité des centrales nucléaires.


Les centrales nucléaires françaises à l’origine de leucémies infantiles aigües : nos enfants nous accusent… déjà !

Notre communiqué de presse du 12/01/2012


La revue Journal International du Cancer vient de publier dans son numéro de janvier une étude scientifique établissant une corrélation très claire entre la fréquence des leucémies infantiles aigües et la proximité des centrales nucléaires .


Cette étude épidémiologique rigoureuse, menée par une équipe de l’INSERM , de l’IRSN , ainsi que le Registre National des maladies hématologiques de l’enfant de Villejuif, démontre pour la période 2002-2007 en France un doublement de la fréquence d’apparition des leucémies infantiles : l’augmentation va jusqu’à 2,2 chez les enfants de moins de 5 ans.

Elle confirme ainsi l’étude menée en Allemagne par le Registre des Cancers de Mayence en 2008 , qui avait abouti à la même conclusion. La recherche de l’INSERM, intitulée Géocap, inclut les 2 753 cas diagnostiqués dans toute la France entre 2002 et 2007 à partir d’adresses géocodées et situées autour des 19 centrales françaises.


Durant des années, le Réseau Sortir du nucléaire a vu l’IRSN travailler au démontage de toutes les études épidémiologiques montrant un impact des installations nucléaires sur la santé : - démontage de l’Étude de JF Viel montrant un excès de leucémies et de cancers infantiles autour de La Hague , - démontage de l’étude faisant la démonstration d’excès de leucémies infantiles autour des centrales allemandes . Le Réseau “Sortir du nucléaire“ tient donc, une fois n’est pas coutume, à féliciter l’IRSN pour sa participation à cette étude épidémiologique.

Même en situation non accidentelle, la preuve est encore apportée que la technologie nucléaire n’appartient plus à un monde civilisé.

PDF - 932.2 ko
International Journal of Cancer
PDF - 307.2 ko
Etude en français
PDF - 223.2 ko
Etude allemande 2007
Repost 0
Published by fosseuchien - dans voyages en Lorraine
commenter cet article
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 23:55

Si vous ne visualisez pas correctement ce message cliquez ici pour le voir en ligne

Janvier 2012
Lettre d'information du Réseau Sortir du nucléaire

Bonjour,

Nous profitons de cette première lettre d’info de 2012 pour vous souhaiter une excellente nouvelle année. Souhaitons ensemble qu’elle sera l’occasion d’avancées décisives vers la fin du... monde nucléaire !

Étude officielle

Plus de leucémies infantiles près des centrales nucléaires !

Il existe une corrélation très claire entre la fréquence des leucémies infantiles aigües et la proximité des centrales nucléaires. C’est ce qu’établit une étude scientifique (à laquelle sont parties prenantes l’INSERM et l’IRSN) publiée il y a quelques jours dans le Journal International du Cancer.

Faites connaître la chaîne humaine du 11 mars !

Le 11 mars, nous formerons une grande chaîne humaine entre Lyon et Avignon, pour exiger la sortie du nucléaire. Parlez-en autour de vous, diffusez l’info à tous vos contacts, commandez des tracts, des autocollants et des affiches (c’est gratuit !)… C’est vous qui ferez de cette chaîne une réussite.

60 vidéos en ligne : à vous de voter !

Ouaw ! La créativité est au rendez-vous : pas moins d’une soixantaine de vidéos d’une grande diversité sont en lice pour le concours "Changeons d’ère, sortons du nucléaire". Il y a de quoi s’en mettre plein les yeux ! Maintenant, la balle est dans votre camp : votez dès maintenant pour désigner les 8 vidéos lauréates !

Stress-tests nucléaires : l’ASN recommande le chapelet et la pioche

"Tout va bien… mais on a quand même du pain sur la planche et on va aussi croiser les doigts, au cas-où." C’est en substance le résumé du rapport de l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur les "Évaluations complémentaires de sûreté" – autrement dit, les stress-tests effectués sur les réacteurs français par leurs exploitants.

Vous aussi, rejoignez un groupe antinucléaire près de chez vous !

Parmi les nombreuses associations membres du Réseau, 102 groupes consacrent spécifiquement leur activité à la lutte antinucléaire tout au long de l’année. Il y en a peut-être un près de chez vous... Agir localement, collectivement, pour la sortie du nucléaire : pourquoi pas vous ?


Indépendants de l’État à 100 %, nous sommes dépendants de vous.
Soutenez notre action, faites un don ! http://www.sortirdunucleaire.org/don

Chacun-e peut s’abonner pour recevoir nos infos :
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/rezo-info.html

Vous utilisez Facebook ? Comme plus de 13 500 internautes, suivez nos infos sur notre page :
http://www.facebook.com/pages/Reseau-Sortir-du-nucleaire/110825562273368

Nous vous remercions chaleureusement pour votre engagement à nos côtés !

L’équipe bénévole et salariée du Réseau "Sortir du nucléaire"

Repost 0
Published by fosseuchien - dans voyages en Lorraine
commenter cet article
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 23:19

 

Le secret

 

 

Jehanne resta silencieuse, perdue dans ses pensées ! Ses amis ne la reconnaissait plus. La grande Hauviette se mit à la questionner :

-         Jehanne, qu ‘est-ce que tu as ?

-         Eh ben, tu pourrais répondre au moins ! clama Mengette

Colas s’approcha et calmement demanda :

-         Jehanne, as-tu appris de mauvaises nouvelles au village ?

-         Non ! murmura Jehanne

 

 

 

 

Les yeux plein de larmes, elle ne parlait plus ! Pierrelot qui adorait sa sœur en fut chagrin ! Il mit ses bras autour du cou de Jehanne et lui murmura à l’oreille :

-         Ne t’en fais pas ma Jehannette, je n’irai pas faire la guerre !

Jehanne sourit tendrement et déposa un gros baiser sur le front rieur, garni de boucles brunes. Heureux, Pierrelot pensa avoir consolé sa sœur , elle se remit à parler et à rire mais les aînés sentirent que Jehanne était inquiète et leur cachait quelque chose .La journée s’acheva et le groupe regagna le village avec le troupeau communal. Cette chaude journée était pesante, ils avaient le cœur lourd ! Seule , Jehanne  en connaissait la cause ! C’était  un secret difficile à partager !

 « A qui parler ? se demandait –elle »

Toute la famille d’Arc se retrouva autour de la table de bois dur. Catherine et sa mère, Isabelle, s’affairaient devant la cheminée. Les poêles chantaient , les omelettes doraient et le pain humait bon ! Jehanne contempla cette scène familière et  réconfortante ! A l’extérieur, tout était calme, mais à l’intérieur, son esprit explosait ! Elle ne pensait qu’à son secret, il fallait qu’elle en parle à quelqu’un ! Elle eut une idée :

-         Mère, je crois que je n’ai pas assez jeûné et j’ai offensé Dieu ! A la première heure, j’irai accuser ma faute au père Guillaume Fronte !

-         Tu as jeûné autant que nous tous ! Le père Guillaume Fronte devrait bien en entendre d’autres avant toi ! grommela son père

Il regarda sa fille et remarqua :

-         Quel est cet air triste ? De quoi te sens-tu coupable ?

Pierrelot continua :

-         Depuis midi, Jehannette ne cause plus  et ses yeux ont envie de pleurer !

Jehanne se ressaisit :

-         C’est la pensée de la guerre ! Les garçons en parlent sans cesse !  

 

                                                      La salle commune

 

La veillée se passa dans la joie. Jacques et Jacquemin  réparaient des harnais, Isabelle et Catherine filaient, Jehanne et Pierrelot jouaient aux osselets. D’habitude, ils parlaient de Jean, ils imaginaient sa vie de soldat mais ce soir là, personne ne dit rien ! Quand le sommeil se pencha sur la famille , chacun partit se coucher. Pour Jehanne, la journée avait été moralement, rude.

 

 

                                                       Chambre des filles

 

Catherine essaya de questionner sa jeune sœur sur les causes de son chagrin, mais les réponses disparurent dans les rêves de Jehanne et Catherine dut s’endormir sans savoir !

 

Repost 0
14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:03

Premier message

 

 

 

Par une chaude journée de juillet 1425, Jehanne et ses amis, Hauviette, Mengette, le grand Colas, Michel Lebuin, Colin et Pierrelot, son jeune frère, étaient partis au bois chenu, garder le troupeau communal. Leur tour était de nouveau arrivé de mener les animaux pâturer les herbages. C’était une grande responsabilité la garde de tous ces animaux, vaches, moutons, chèvres et même, porcs, que les enfants laissaient patauger le long de la Meuse. En automne, ils les menaient à la glandée, dans la forêt de chênes toute proche. Comme toujours, la troupe joyeuse s’amusait et riait aux éclats. Tous ces enfants avaient grandi, Jehanne avait treize ans, .les filles s’installèrent avec leur tricot ou leur couture, tandis que les garçons taillaient des bâtons et discutaient sérieusement. La rudesse de la vie avait forgé les caractères à l’image de l’époque., anxieux, aux aguets et toujours sur la défensive. Penchées sur leur ouvrage, les filles semblaient plus calmes ! Mais il ne fallait pas s’y tromper, ces jeunes filles savaient ce qu’elles voulaient ! 

 

 

 

 

La conversation animée des garçons parvint aux oreilles des filles qui levèrent la tête. C’était  Pierrelot, le plus jeune ,  qui tapait du pied en criant :

-         Pourquoi que je suis toujours trop jeune pour vous suivre ? Je veux partir à la guerre, comme mon frère Jean !

Le grand Colas le consolait en lui disant :

-         Bien sûr que tu viendras avec nous, mais un peu plus tard !

-         C’est vrai ça ? demanda Pierrelot

-         C’est toi qui décideras, quand tu auras quinze ans, comme ton frère Jean ! ajouta Michel Lebuin.

Jehanne se leva  et essaya de calmer son frère :

-         Pierrelot, tous les garçons ne peuvent pas partir faire la guerre, on a besoin d’hommes pour travailler dans les champs, labourer, semer, moissonner, battre les récoltes ! Qui ferait ces durs travaux ?

-         Jehannette a raison ! rétorqua Mengette

Mais les garçons ne furent  pas de cet avis, la discussion s’envenima . De sa grosse voix, Colin expliqua avec sérieux, en fixant Jehanne :

-         Travailler les champs, élever des animaux, oui ! Mais pour cela, il faut faire la guerre pour chasser tous ces brigands qui nous saignent sans cesse !

-         Ce n’est pas une vie d’être toujours sur le qui-vive ! hurla Michel Lebuin

Les cloches sonnèrent midi, tourmentée par la rude conversation des garçons, Jehanne avait oublié d’aller chercher le panier du repas, c’était son tour, elle partit aussitôt ! Elle dévala de la colline à toutes jambes et arriva au village tout essoufflée . Sa mère s’inquiéta :

-         Jeannette, que se passe-t-il ? Pourquoi courir si vite à t’en rendre malade ?

-         Tout va bien, mère ! Mais je suis en retard et ils ont tous faim !

Ma Jehannette était trop absorbée par son tricot, pensa Isabelle. Jehanne prit le panier et fila par le potager, pour aller plus vite !

 

 

Les cloches sonnaient la répétition de midi quand Jehanne fut clouée sur place par une lueur fulgurante et étincelante d’étoiles qui éblouissaient  ses yeux figés de peur ! Des voix murmuraient :

« Jehanne, il te faut changer et accepter d’aller faire la guerre ! Dieu t’a choisie pour aider le Dauphin Charles !   Jehanne, c’est la volonté de Dieu ! Cours au secours du Dauphin et sauve le Royaume de France ! »

Jehanne reconnut sainte Marguerite, sainte Catherine et l’archange Saint Michel, elle tomba à genoux et répondit :

-         Je ne peux pas ! C’est impossible ! Je ne suis qu’une fille, une paysanne !

Jehanne cacha son visage dans ses mains et se mit à trembler . Les Saints répétèrent d’une voix angoissée :

« Jehanne, il te faut changer de vie et voler au secours du Dauphin Charles, Dieu t’aidera ! »

Jehanne n’en pouvait plus, elle se courba jusqu’au sol en se tordant nerveusement les mains en répétant :

-         Pardon ! Pardon ! Mais je ne peux pas ! Ce n’est pas possible !

 

 

 

 

 

Elle n’entendit plus rien, un grand silence l’entourait . Elle sentit le calme envahir son corps, elle se releva. Le potager avait repris son aspect de tous les jours, l’église ne portait plus d’auréole et les Saints avaient disparu ! Etourdie , Jehanne se posa des questions :

« Que m’est-il arrivé ? Suis-je malade ? Combien de temps suis-je restée agenouillée dans les légumes ?… »

Son regard rencontra le panier, elle pensa à ses amis et à leur appétit d’ogre, elle l’attrapa et fila à toute vitesse. Le comité d’accueil tempêtait :

-         Enfin, te voilà ! Qu’est-ce que tu faisais ? On t’appelait de toutes nos forces ! Pourquoi ne répondais-tu pas ?

-         Je suis fatiguée ! gémit Jehanne

Silencieuse et pensive, elle s’assit au pied d’un arbre et eut du mal à  manger .

 

 

 

Repost 0
13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 00:59

 

 Madame Jehanne de Bourlémont

 

 

 

 

Au milieu de la tourmente, le seul refuge était la prière. Après une nuit de recueillement, Jacques d’Arc avait retrouvé sa sérénité et sa volonté. Il alla chez ses amis et leur fit partager ses idées sur la manière de retrouver le troupeau communal. Jacques parlait et les hommes l’écoutaient. Calmement, il expliqua :

-         Mes amis, Henri d’Orly est l’ami d’Antoine de Vaudémont, le cousin de Jehanne de Bourlémont ! Elle a toujours été bonne pour nous !

-         Que veux-tu faire Jacques ? interrogea le père Colin

-         Pour sauver nos familles, nos enfants, je veux devenir humble pour être capable d’aller supplier Jehanne de Bourlémont d’intervenir en notre faveur ! Je devine vos pensées, vous vous dites que ce n’est pas dans nos habitudes de supplier ! Mais cette fois, oublions notre fierté et allons à Bourlémont !

Un silence pesant inonda le groupe de paysans. Jacques prit la tête et ils partirent vers Bourlémont. Ils atteignirent les premiers remparts à l’heure où le soleil indiquait midi. Le groupe pénétra dans la cour d’honneur, les gardes n’opposèrent aucune résistance devant ces hommes si dignes, dans leurs vêtements propres et rapiécés.

 

 

                                                                    Château de Bourlémont

 

Inquiète, Madame de Bourlémont les reçut sans attendre . La bonne dame aimait tendrement les habitants de Domremy, ce pauvre village, si souvent la proie des brigands. Jacques parla avec calme :

-         Madame, Henri d’Orly a emmené tout le troupeau de Domremy , nos greniers sont presque vides, nous n’avons plus de quoi nourrir nos familles !

Jehanne de Bourlémont  écoutait, son regard s’assombrissait, la tristesse montait en elle. D’une voix douce, elle promit d’intervenir auprès de son cousin Antoine de Vaudémont puis elle ajouta :

-         Je sais qu’il a pris le parti des Bourguignons mais, je sais aussi que sa bonté n’acceptera pas que le fléau de la famine accable un village lorrain, par sa faute ! 

Elle fit préparer sa voiture sur le champ et partit

Confiants, les paysans de Domremy regagnèrent leur village.

 

 

 

                                                           Chapelle de Bermont

 

 

Le samedi qui suivit, Jehanne, sa sœur Catherine, leur mère Isabelle et leurs amies, Hauviette et Mengette allèrent fleurir la chapelle  de Notre Dame de Bermont. Les bouquets de marguerites et de feuillage resplendissaient au soleil printanier. Après une fervente prière, les enfants jouèrent à la cachette et chantèrent. Isabelle les rassembla et la joyeuse troupe reprit le chemin de Domremy .En approchant du village, un mauvais pressentiment les prit. Des colonnes de fumée montaient ça et là .Elles se mirent à courir à toutes jambes. Les rues étaient désertes, des granges brûlaient, les hommes faisaient la chaîne avec des seaux pour éteindre le feu et protéger les maisons, les femmes prêtèrent leurs bras. Henri d’Olry était revenu avec ses hommes pour vider les greniers, les granges et les poulaillers .Les enfants et les vieillards s’enfermèrent dans l’église. Là, le prêtre, Guillaume Fronte, les fit prier. Jehanne s’agenouilla, des larmes inondaient son visage, la lueur des cierges dansait sur ses joues. Elle resta ainsi, devant la vierge, jusqu’au soir . Ce fut sa mère, Isabelle, qui vint la tirer de sa méditation. La soirée fut triste. La nuit vint, mais dormir était impossible !

 

 

                                                        Maison des parents de Jehanne d'Arc

 

 

Le lendemain, c’était dimanche ! Les enfants s’étaient endormis difficilement et ce matin-là, ils sommeillaient encore quand les cloches se mirent à carillonner comme un jour de fête ! Réveillés en sursaut, ils se précipitèrent à la porte et ils n’en crurent pas leurs yeux, le troupeau communal était revenu ! Ils frottèrent leurs yeux bouffis pour mieux voir, maintenant, ils étaient sûrs, leurs animaux étaient bien là , avec des charrettes de foin et de paille ! Madame Jehanne de Bourlémont parlait avec les habitants qui arrivaient de partout pour la remercier. Sa simplicité était troublée par tant de reconnaissance ! Son seul bonheur, c’était de voir la joie de toute cette population laborieuse et le sourire des enfants !

 

                                                   Eglise de Domremy

 

Elle assista à la messe dominicale avant de repartir, ce fut une journée inoubliable ! On parla longtemps de cet incroyable « miracle » 

  

 

Repost 0

Présentation

  • : Les poubelles radioactives
  • Les poubelles radioactives
  • : Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
  • Contact

Recherche

Liens