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Eau potable en danger ! En France aussi...

La radioactivité de l’eau potable d’Ottawa


Contexte

L’eau potable de la Ville d’Ottawa continue de respecter et même de dépasser toutes les lignes directrices fédérales et les normes provinciales régissant les paramètres radiologiques, dont le tritium.

Au cours des derniers mois, la radioactivité de l’eau de la rivière des Outaouais et son incidence potentielle sur les approvisionnements en eau potable a considérablement retenu l’attention des médias, particulièrement les « fuites » radioactives du réacteur nucléaire de Chalk River et leur signalement par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN). La Ville d’Ottawa a reçu de nombreuses demandes du public au sujet de la sécurité de ses approvisionnements en eau potable. La présente note de service consiste en une mise à jour sur le programme de surveillance de la Ville et les résultats des tests effectués au cours des huit dernières années. Veuillez prendre note que les réserves en eau potable demeurent sûres, et que le niveau de substances radioactives se situe bien en deçà des normes établies par Santé Canada.

Sources des substances radioactives

Les radionucléides existent dans l’environnement sous forme d’éléments naturels ainsi que de produits et de sous produits de technologies nucléaires (p. ex. isotopes médicaux, énergie nucléaire). De loin, la plus grande contribution à l’exposition moyenne du public aux rayonnements est celle des éléments radioactifs de la croûte terrestre et celle des radionucléides qui proviennent de l’espace lointain. Si l’on exclut les expositions médicales, les sources naturelles constituent plus de 98 % de la dose de rayonnement moyenne reçue par les humains1.

Radionucléides dans l’eau potable

La contribution de l’eau potable à l’exposition totale aux rayonnements est normalement faible et surtout attribuable aux radionucléides naturels. Toutefois, en raison de la présence d’installations d’énergie nucléaire et d’autres industries connexes près des bassins hydrographiques, il existe également un risque de rejet de radionucléides artificiels.

Pour ce qui est du risque d’émission normale ou accidentelle par l’industrie du combustible nucléaire vers les approvisionnements en eau potable, les radionucléides artificiels les plus préoccupants sur le plan de la santé sont le tritium, le strontium 90, l’iode 131, le césium 137 et le radium 226.

 

En France, on parle"d' incidents"  sans danger pour la population !  Cependant, on sait qu'il y a des "accidents graves " qui contaminent sévèrement les eaux !

 

Au Canada, les concentrations moyennes de tritium dans les eaux de surface se situent entre 5 et 10 becquerels par litre (Bq/L), un taux qui est principalement attribuable aux essais nucléaires atmosphériques réalisés dans les années 1950 et 1960.

Le risque de rejet de tritium dans la rivière des Outaouais est lié aux opérations de l’installation nucléaire de Chalk River située en amont de la rivière, près de Deep River, en Ontario. Le tritium (3H) est un contaminant qui ne peut être supprimé pendant le traitement de l’eau potable. Pour assurer la qualité des approvisionnements en eau potable, la Ville d’Ottawa surveille donc étroitement les échantillons prélevés dans la rivière et les usines de traitement.

 

Aux abords de toutes les installations nucléaires ( centrales, dépôts de déchets, installations militaires ...) il y a des rejets de Tritium, même en France !

 

La radioactivité est la propriété qu'ont les corps radioactifs de se transformer spontanément en d'autres corps. Cette transformation s'accompagne de l'émission de rayonnements ionisants, qui peuvent infliger des lésions à la matière vivante qu'ils traversent. Elle est mesurée par l'unité Becquerel (Bq) qui correspond à 1 transformation par seconde (mesure de l'activité).

Découverte par le physicien français Henri Becquerel en 1896, la radioactivité est un phénomène naturel. Elle existe depuis l'origine des temps. L'homme a donc toujours vécu dans une atmosphère radioactive. Cinquante et un éléments chimiques, présents dans le milieu, sont naturellement radioactifs. Outre ces éléments, la radioactivité naturelle provient, en grande partie, de la présence d'un gaz radioactif, le radon.

Depuis les années quarante, il convient d'adjoindre à ces éléments radioactifs naturels, les 1 500 éléments artificiellement créés. Ces éléments sont, pour la plupart, le fait de travaux et d'essais militaires, de l'industrie nucléaire et des activités nucléaires diffuses, des applications médicales, regroupées sous le vocable "nucléaire diffus".
Le développement de l'utilisation de ces éléments radioactifs est également à l'origine de
déchets radioactifs.

Schématisation des sources de radioactivité

La radioactivité est donc d'origine naturelle ou artificielle :

La radioactivité naturelle est la principale source d'exposition aux rayonnements (environ 56 %) pour l'homme :

  • par l'intermédiaire d'un gaz rare, le radon (il provient essentiellement de la désintégration de l'Uranium présent dans le couche terrestre ; la nature du sol est donc un des éléments déterminants de l'exposition au radon).
  • par l'intermédiaire des minéraux terrestres (des roches comme le granit par exemple contiennent des traces d'Uranium légèrement radioactif).
  • par l'intermédiaire du rayonnement cosmique (il provient de l'espace et augmente rapidement avec l'altitude) L'exposition naturelle provient également de la radioactivité propre du corps humain (environ 8 %).
    Au travers l'alimentation ou en respirant, des éléments radioactifs qui ont été produits par les rayonnements cosmiques ou telluriques sont assimilés).

La radioactivité « non-naturelle » (environ 36 %) provient en quasi-totalité d'examens médicaux et de certaines thérapies. La contribution du non médical est principalement due aux rayons X émis par les écrans des téléviseurs ou ordinateurs, aux radiations émises par les détecteurs de fumée, les cadrans lumineux, et aux retombées du nucléaire.

Les types de rayonnement

Trois types de rayonnements existent :

  • Le rayonnement alpha, très nocif pour la santé mais peu pénétrant. Une feuille de papier suffit à l'arrêter.
  • Le rayonnement bêta, plus pénétrant que le rayonnement alpha mais moins nocif pour les organismes. Le rayonnement bêta ne parcourt que quelques mètres dans l'air et est arrêté par une feuille d'aluminium.
  • Le rayonnement gamma, peut se manifester seule ou accompagner la radioactivité alpha ou bêta. Le rayonnement gamma est le plus pénétrant des trois rayonnements. Il peut parcourir des centaines de mètres dans l'air. Une forte épaisseur de béton ou de plomb l'arrête.

La "radioactivité artificielle" est de même nature que la « radioactivité naturelle », mais les rayonnements sont produits en laboratoire ou dans des réacteurs et peuvent atteindre des intensités bien supérieures à la radioactivité naturelle.

Les effets d’exposition à la radioactivité

  • Les radiations auxquelles ont été exposés les êtres vivants provoquent des effets variés et pour certains irréversibles. En effet, toute radiation ionisante interagit sur tout tissu vivant, mais la gravité des effets dépend du type de radiations, de la dose absorbée, du taux d'absorption et de la radiosensibilité des tissus concernés. Les effets biologiques (i.e. sur toute vie) varient selon l'intensité et la nature du rayonnement et selon la durée d'exposition. Ils sont classés en :
  • effets précoces et "déterministes" dus à de très fortes doses de radiations. Ils entraînent des effets biologiques pouvant provoquer, dans les quelques heures à quelques jours qui suivent l'exposition, la mort de toute vie ou une déplétion cellulaire qui n'entraîne pas toujours la mort de l'organisme ;
  • effets différés dits "stochastiques" qui entraînent des mutations de l'ADN. Ces effets peuvent se manifester tardivement (plus de 10 ans après l'exposition) ;
  • effets génétiques également "stochastiques" qui concernent la descendance des sujets irradiés ;
  • effets Tératogènes portant atteinte à l'embryon ou au fœtus.

La Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) s'accorde à dire que toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique.

  • On parle aussi de contamination radioactive si l'on respire ou l'on avale un produit radioactif. La contamination peut se propager par exemple dans la chaîne alimentaire.
    Lors d'accidents, des rejets dans l'atmosphère ou des rejets liquides contenant des substances radioactives peuvent donc exposer les populations directement ou par le biais de la contamination de l'environnement (faune et flore, eau).

Les observatoires de la radioactivité

Depuis fin février 2002, l'Office de Protection contre les Rayonnements Ionisants (OPRI) et l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN) qui effectuaient régulièrement des mesures de la radioactivité ambiante sont réunis au sein de l'Institut de radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN).

L'IRSN possède plusieurs réseaux d'études et de surveillance de la radioactivité dans l'environnement qui analysent soit en temps réel, soit en temps différé plusieurs paramètres comme l'air, les poussières atmosphériques, l'eau des rivières ainsi que la faune et la flore.

Le Réseau OPERA - Observatoire permanent de la radioactivité

Son rôle principal est d'observer la radioactivité d'origine naturelle et artificielle présente dans l'environnement.

Au sein de ces 34 stations, ce réseau dispose de 4 types d'observatoires de la radioactivité ambiante : atmosphérique, marin, terrestre et fluvial.

Une station de l'observatoire marin est implantée à La Rochelle depuis le 1er mars 1994. Cette station de La Rochelle enregistre également les traces dues à la production, dans le passé, d'éléments radioactifs artificiels comme les essais nucléaires et l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ainsi, les mollusques filtreurs (tels que les moules) et les algues contiennent du potassium 40 naturel (40K) et du Césium 137 d'origine artificielle (137Cs).

Le Réseau Téléray - Réseau national d'alerte

C'est un réseau d'alerte exclusivement consacré à la protection sanitaire des populations.
Il effectue des mesures permanentes du rayonnement gamma dans l'air ambiant.

Ce réseau d'alarme est constitué de 180 stations de mesure de l'air, dont 5 en Poitou-Charentes : Angoulême (16), Bressuire (79), La Rochelle (17), Poitiers (86) et Civaux (86). Les mesures s'expriment en nanoGray par heure (nGy/h) et dépendent de l'environnement des stations de mesure (les matériaux des bâtiments, les roches, la météo, l'activité nucléaire...) (IRSN, 2003).

La valeur d'alarme, concernant le débit de dose engendré par le rayonnement gamma en France, a été fixée par l'IRSN à 350 nGy/h. Cette valeur correspond à trois fois la valeur moyenne du débit de dose ambiant national.
Les Deux-Sèvres (Bressuire) détient la dose de rayonnement ambiant la plus élevée de la région. Néanmoins la valeur maximale de débit de dose ambiant, atteinte par le tracé de ce département, reste inférieure à 350 nGy/h.

Le Réseau EAU - Surveillance de la radioactivité dans l'eau, les boues et les sédiments

Il surveille la radioactivité des différents types d'eau (nappe phréatique, pluie, rivière, mer...), des boues et des sédiments.
Dans la région les points de prélèvement se situent à Bonneuil, Lussac-Les-Chateaux et au
CNPE de Civaux (86) ; à La Rochelle (17) ; à St Laurent de Ceris (16). Il n'y a pas de surveillance en Deux-Sèvres.
Les résultats et leurs commentaires sont accessibles sur des cartes interactives :

http://eau.irsn.org/cartes.php

Le Réseau Téléhydro – Mesure en continu de la radioactivité des eaux usées traitées dans les stations d'épuration

Il permet l'étude des conséquences des pratiques de médecine nucléaires, des laboratoires de recherche ou des industries par la mesure des eaux usées à l'entrée des stations d'épuration des grandes agglomérations.
Une station est implantée à Poitiers :

http://www.sfrp.asso.fr/Montpellier...

A ces activités de surveillances, qualifiées de « Surveillance globale du territoire », s'ajoutent les réseaux de surveillance réglementaire autour des sites nucléaires de toute nature

 

ATTENTION : Les organismes de contrôle doivent être indépendants !

 

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