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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 17:35

          Le tombeau des souvenirs  ( suite )

 Une certaine lassitude et de l'ennui émanent du texte mais, mon père ne se laisse pas envahir   par des pensées qui pourraient anéantir son énergie et son courage. Toujours actif, il marche au milieu de tous les groupes de soldats. Je l'imagine affichant un visage souriant, prêt à engager la conversation, il a écrit : .

<< Je partis donc, en quête d'amis ! Tous les visages qui s'offraient à moi m'étaient inconnus et je commençais à penser que nous étions tous éparpillés dans les différentes compagnies quand, au bout de la prairie, j'aperçus un gars,  les genoux inondés de photos, sa femme et ses gamins ! Quand je suis arrivé à sa hauteur, il se leva d'un bond et atterrit dans mes bras, c'était la cinquième fois qu'on se retrouvait, ensemble, sous l'uniforme, en 1932, 1934, 1935, 1938, 1939, c’était un vrai copain. J'étais tellement heureux de le revoir que je me suis écrié :

- Alors mon vieux Gomès ! Te voilà encore ! On ne peut vraiment pas partir l'un sans l'autre ! Qu'est-ce que c'est que toutes ces photos ? Ta femme ! Tes gosses ! D'accord, tu les aimes ! Moi aussi, j'aime ma femme,  mais aujourd'hui, range tout ça dans ton portefeuille et viens te balader avec moi, on parlera d'autres choses !

Il me regarda en souriant et rangea ses affaires en s'exclamant :

- Sacré Grand ! Tu n’as pas changé !

- Ne t'en fais pas, c’est notre lot à tous, moi aussi, j'ai tout laissé à la maison ! Mais gardons le moral, c'est la meilleure façon de s'en sortir et de revoir ceux qu'on aime !

Gomès rangea toutes ses photos et on s’est mis à marcher de long en large, à travers les groupes de soldats. La chance nous sourit, une joyeuse troupe qui semblait faire la fête, nous accueillit à bras ouverts. C'étaient des copains de la classe 1932. On fêta nos retrouvailles en mangeant la soupe ensemble. La gamelle n’était pas mauvaise et on a trinqué avec un quart de café .Notre groupe faisait pas mal de bruit et attirait ceux qui se sentaient trop seuls. Mais nous n’étions pas là pour rire et discuter, on nous le rappela rapidement. Le temps d'organiser le campement, la nuit arriva trop vite, à notre goût. >> ( à suivre )

 

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 10:53

                            Le tombeau des souvenirs  ( suite )

Un étrange sentiment s’empare de moi. La peur et l’angoisse m’étreignent mais l’envie de savoir m’invite irrésistiblement à continuer :

 

<< Je m'étais fait des copains, beaucoup étaient de la région, ils connaissaient bien le pays et ils nous montrèrent, sous les arbres, des monuments aux morts couverts de mousse !

C'est alors que le Capitaine commandant intervint :

- Reposez-vous ! Je vous interdis d'aller visiter ces tombes, c’est un ordre ! Vous n'êtes pas en villégiature !

Assis près de nos bécanes, on discutait en mangeant ce qui était le petit-déjeuner, quand un remue-ménage inattendu se fit entendre vers l'avant.

- Ah non ! m’écriais-je, on ne peut même pas bouffer tranquille !

- Qu'est-ce qu'il y a mon ami ? hurla un adjudant

- Excusez-moi mon adjudant, je crois que c'est mon instinct râleur de   presque Français  ou de Franco-belge !

Il me répondit par un rire et vint me serrer la main, à partir de ce jour, nous sommes devenus de vrais amis ! Le remue-ménage avait été provoqué par l'arrivée du major, commandant le Bataillon. Je me suis relevé, comme tout le monde, pour le saluer. Il descendit de sa voiture, s’avança vers nous, puis, d'une voix sèche et monocorde,  s'adressa au groupe en ces termes :

- Officiers, sous-officiers, hommes de troupe, je vous demande d'aller vous incliner respectueusement devant les tombes des soldats français, massacrés dans cette forêt, à la bataille de Rossignol en 1914 !

Un silence pesant s'abattit sur la troupe et tous les hommes, par petits groupes, allèrent se recueillirent dans ce triste lieu qui n'était qu'un rassemblement de fosses communes où étaient enterrés des soldats français, plus d'une dizaine par fosse ! Des frissons parcoururent mon corps, d'un bout à l'autre. Là, devant ces pierres tombales, nous avions une image de la guerre et de ses conséquences. Quelques larmes furtives, vite essuyées, se perdirent au fond de nos yeux, nous sentions que pour nous aussi, la guerre était proche. Après ce recueillement devant les tombes, chacun reprit sa bicyclette et se remit à pédaler. A 16 heures, on  a  posé le pied dans une ferme, ce fut notre premier cantonnement ! Deux cents bidasses avec leur vélo, assis dans une prairie, en attendant la soupe, ça fait du monde ! Comme j'avais du mal à rester en place, j'en ai profité pour partir à la recherche de copains que j’aurais pu  connaître au cours de mon service militaire ou pendant les périodes précédentes.>> ( à suivre )

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 15:12

                                Le tombeau des souvenirs ( suite )

<< Le capitaine commanda :

- La deuxième compagnie, à mes ordres !

Vers 2 heures du matin, tout le monde était en selle, c'était  le vrai départ sur le terrain de manœuvre  où nous attendaient, guides de destruction de ponts, gardes aux points stratégiques, travaux de campagne, marches d'entraînement, parcours du combattant, longues étapes en vélo.... A peine 24 heures après mon départ de France et bien des péripéties au sein de la caserne, j'étais déjà en campagne !

Toutes les jeunes recrues et tous les anciens, ça faisait du monde à gérer ! Finalement, mis à part le casse-croûte et la boisson qui se faisaient rares, l'ordre s'est installé progressivement ! Par la suite, les rations furent correctes ! De toutes façons, si on veut une armée qui a le moral, il faut la nourrir et l'abreuver ! On attrape les pigeons par le bec ! Les Français avaient régulièrement des rations de vin avec leur nourriture ! Quant à elle, l'armée belge buvait beaucoup de café, de l'eau et peu de pinard ! Après quelques semaines de campagne, j'étais devenu un vrai chasseur cycliste ! C'était un jour de septembre où les journées sont encore belles. À la nuit tombée, nous sommes partis ! Nous roulions sur deux files, sans éclairage, avec nos paquetages de 48 kg. Nous avons traversé une forêt que la lune éclairait d'un croissant blafard. Elle jouait à cache-cache avec les arbres qui se pressaient  le long du chemin comme une haie de soldats au garde à vous. Au lever du jour, on s'arrêta en plein bois, nous, la deuxième compagnie, 200 vélos  et 200 hommes ! Les autres avaient pris d’autres directions à la sortie d'Arlon. >>

Ce chapitre se termine par une allée d’arbres en perspective où se cachent des pierres tombales, perdues sous une végétation assez dense. ( à suivre )

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 15:41

                                Le tombeau des souvenirs ( suite )

<<- Tiens ! Attrape !

 Il me lança une pompe en ajoutant :

- Tu peux même la garder en souvenir !

Après dépoussiérage et regonflage, ma bicyclette avait plus d’allure, même si elle avait perdu son vernis et sa peinture. Ce n’était pas le dernier modèle, alors que dans la cour, tous les vélos étaient neufs ou presque neufs. Ma monture avait déjà des heures de route mais, avec le recul, je dois avouer que mon tacot  ne payait pas de mine mais  roulait bien, même très bien ! En neuf mois, je n'ai crevé qu'une seule fois et pourtant, il en a vu de toutes les couleurs, des routes, des chemins empierrés, des fossés, des champs, des forêts..... Enfin ! J'étais équipé comme les autres !

Je mourais de soif et il n’y avait aucune borne fontaine ! A vingt- deux  heures, tout le monde était au lit ! La paillasse était dure, avec des creux et des bosses. Je me suis tourné et retourné dans tous les sens, à droite, à gauche,  pour faire mon trou, avant de m’endormir. Combien de temps ai-je dormi ? Une heure ou deux ! Quand le clairon sonna, c'était une sonnerie inhabituelle, ce n'était pas le réveil ! Non ! C'était l’alerte ! >>

Un bruit de moteur trouble l’atmosphère paisible et attire mon attention, je pose le cahier, c’est le moment de faire une pause.

Tout en descendant les escaliers à regret, la voix de  mon père résonne dans ma tête : « Je ne l’aurai pas écrit pour rien ! » Mon visiteur est déjà loin, il a jeté le courrier sous la porte puis est reparti avant mon arrivée.

 

Agacée par ce dérangement inutile, je reprends ma place, tout mon être revit cette préparation de guerre avec intensité et je me sens transportée par le flot mouvant de tous ces hommes et je lis :

<< Branle-bas de combat dans toutes les chambrées ! Trente-cinq minutes après, nous étions tous alignés dans la cour. Le capitaine commanda : ...>>  ( à suivre )

 

 

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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 21:46

                             Le tombeau des souvenirs    ( suite )

j'ai demandé, hésitant :

- Brigadier...Dujardin ?

- Voilà ! C’est moi ! dit-il d’une voix enjouée

C’était un jeune gars, les cheveux blonds, courts, collés par la sueur ; il faisait ce qu'il pouvait avec bonne humeur, je me suis dit :

 «Calme-toi ! Si tu as eu des déconvenues, il n'y est pour rien ! »

 Il arriva vers moi en souriant et je me suis surpris en m'entendant parler sans colère :

- Ah ! Dujardin ! C'est toi ! Il paraît que tu es l'homme qui peut me fournir mon barda !

Il sourit encore et hocha la tête en chantonnant :

- Je suis presque la providence ! Mais tu es dans les derniers, presque tout le monde est servi ! Tiens, voilà ton sac ! Mais pour la bécane, va au sous-sol, c'est le garage !

En descendant, une odeur d'huile et de peinture me monta à la tête, je me pris à parler  seul :

«  Les pauvres gars, ils ne sont pas à la noce, çà manque de ventilation ! »

C’est alors qu’une voix m’interpella :

- Eh toi, le grand ! Qu'est-ce que tu cherches ?

- Un vélo !

- Il est bientôt temps que tu arrives ! Regarde !

En effet, il ne restait que des lignes de crochets presque vides et très peu de bicyclettes.

- C'est toi le mécano ? Lui demandais-je

- Oui, et alors ?

_Tu n'aurais pas une bécane, assez correcte et qui roule, à me filer ?

- Mon pauvre vieux, je n'ai pas le temps, cherche dans le reste ! Tiens, prends le numéro 13, je crois que c'est le meilleur !

Si Camille, si superstitieuse avait entendu cela, elle m’aurait dit que le 13 portait malheur, mais je n’avais pas le choix. Tout se bousculait dans ma tête ! Après réflexion, il n’y avait qu’un choix.

J'ai donc décroché le numéro 13, il ne me fallut pas longtemps pour juger de son état ! Il avait besoin d’être regonflé mais il était solide !

- Eh, le mécano ! Je sais que tu n'as pas le temps, mais où sont les pompes ? Je ne me vois pas rouler avec des pneus à plats ! C'est plus confortable quand ils sont gonflés !

Il  fit la sourde oreille,  j'ai donc élevé la voix :

- Alors ! Tu me la prêtes ta pompe, pour regonfler mon vieux tacot ?  ( à suivre )

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 16:31

                            Le tombeau des souvenirs  ( suite )

                  Mon père dessinait …

Ce récit imprègne mon esprit ! Dans le silence du grenier, mon cœur bat si fort que j’ai l’impression de l’entendre frapper ma poitrine. Mon père a raconté sa guerre, c’était son secret !  J’ai l’impression d’entendre sa voix rieuse me dire : « Surprise ! Surprise ! Qu’en penses-tu ? ». Je tourne plusieurs pages couvertes de croquis et de dessins. Ils éveillent ma curiosité, il n’y a rien d’écrit dessous et j’imagine ce qu’ils veulent me dire. Le reste de l’agenda n’est qu’une suite d’arbres magnifiques, c’est un bois et au carrefour de quatre chemins forestiers, il y a un abri camouflé sous du lierre, entouré de fougères épaisses. Machinalement, je saisis le cahier suivant qui porte le chiffre 2, entouré et souligné de plusieurs traits. 

                              Un grand titre noircit la première page :

 « Où est cet introuvable Dujardin ? »

Cette fois, je m’installe dans un fauteuil, face au soleil couchant qui habille le ciel d’un voile pourpre et je reprends ma lecture :

« Dehors, je me suis retrouvé ballotté par des vagues humaines et mécaniques. Deux milles troufions et autant de bicyclettes, des sergents, des brigadiers et encore des sergents et des brigadiers se bousculaient, une vraie fourmilière mais pas de brigadier Dujardin !  Épuisé par des recherches infructueuses, je me suis assis sur des escaliers, à l'entrée d'un bâtiment. A peine installé, un sergent chef arriva vers moi en gesticulant et en hurlant comme un veau   :

- Que faites-vous là ?

- Je cherche le brigadier Dujardin !

- Et c'est comme çà que vous cherchez ! Corna-t-il à mes oreilles

- Arrêtez de crier mon adjudant ! J'en ai marre ! Je suis fatigué de chercher un certain brigadier Dujardin ! Dites- moi où je peux le trouver et j'irai !

Il se radoucit, ou plutôt, il comprit que j'étais à bout de nerfs, prêt à exploser. Il me dévisagea et dit avec un accent liégeois :

- Vous êtes un rappelé ?

- Oui mon adjudant ! Je viens de France !

- Bon ! Allez au dernier bâtiment de gauche, Dujardin distribue des masques à gaz !

             Après avoir encore affronté la machine humaine, je me suis  

             retrouvé devant un jeune brigadier, bien occupé. Ne sachant pas

si j'étais enfin devant le bon , j'ai demandé, hésitant :

- Brigadier...Dujardin ?  ( à suivre )

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 16:02

                                 Le tombeau des souvenirs ( suite )

<< ...Je me rendis compte que le bureau était rempli d’officiers, certains accompagnèrent même ma sortie de quelques noms d'oiseaux, pourquoi ? En refermant la porte, je compris mon erreur, j'étais entré au 2ème Bataillon au lieu de la 2ème Compagnie ! La foule de tous ces jeunes hommes stressés m'avait contaminé. De plus, le fait d'avoir quitté ma jeune femme et la maison m'angoissait. Je devais présenter mon ordre de rappel au bon endroit !

« Allez ! Calme-toi ! » pensais-je

 J'ai pris une longue respiration, après quelques minutes, j'ai repris mes esprits et je suis reparti à la recherche du bureau de la 2ème Compagnie. Je l'ai trouvé rapidement, au fond du même vestibule. L'accueil acide des précédents m'avait dopé et vacciné contre les compliments désagréables ! A peine ai-je frappé que la porte s’ouvre. Deux adjudants, au visage jovial, me saluèrent gentiment. En lisant mon ordre de rappel, le plus grand soupira :

- Huit jours ! C'est bien !....

L'autre continua en me tapant amicalement sur l'épaule :

- Quelles nouvelles en France ?

Moi, le francophile, sans hésiter, j'ai répondu :

- En France, ça marche ! Le moral est bon !

Sauf qu’intérieurement, je me disais que je serais bien mieux chez moi, à la ferme, où le travail ne manquait pas ! Je sentais que ce séjour durerait plus de huit jours et ce pressentiment  alimentait ma nervosité !

Je pensais à Camille, qui devrait faire face à tous les travaux , même si elle était aidée par un jeune Italien, Gino, sur qui on pouvait compter ainsi que sur la présence de son oncle Pol et de sa sœur, elle était seule à décider, à assumer les tâches journalières tandis que moi, je pensais que je faisais le guignol ! Il faut dire que je devais prendre sur moi pour ne pas envoyer un direct à tous ceux qui m’emmerdaient ! Et il y en avait un paquet !                         

Le jeune sous-officier haussa les épaules et marmonna entre ses dents en se parlant à lui-même " c'est comme en Belgique, on se persuade que tout va bien, c'est la méthode Coué ", puis, il se tourna vers moi et s'exprima à voix lasse :

- Allez mon ami ! Retrouvez le brigadier Dujardin, il vous aidera à compléter votre équipement !

- Ah oui ! Ma fameuse bicyclette !

- Bien deviné !   s’exclamèrent- ils en chœur,  accompagné d’un bon rire contagieux, ce qui me permit de  sourire malgré tous les soucis qui obscurcissaient mon esprit et me tracassaient. Ils m’encouragèrent par une tape amicale sur l’épaule. » ( à suivre )

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Published by fosseuchien
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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 16:51

Le tombeau des souvenirs  ( suite )

Cette découverte inattendue me surprend puis, tout en sortant les différents fascicules, une réaction émotive incontrôlable m’envahit. Chaque titre me projette dans le passé douloureux de mes parents.

 

  Je lis « 25 août 1939 »

Dans le silence du grenier, l’émotion s’empare de moi, mes mains tremblent et j’entends la voix calme et douce de mon père qui m’invite à lire ses souvenirs les plus intimes, ceux qui l’ont marqué dans son corps et dans son âme :

 

 « Tout a commencé le 25 août 1939... J'ai reçu un ordre de rappel pour une période de huit jours. La situation était très tendue, en faisant mes adieux, j'ai dit à Camille, les huit jours seront peut-être huit semaines ou huit mois, on ne sait jamais ! La tristesse a assombri son regard, j’ai dû la rassurer :

  • Ne t'inquiète pas Camille ! Je suis né sous une bonne étoile ! Tu sais que je trouve toujours des trèfles à quatre feuilles !

Mon beau-père m'a emmené à la gare, en voiture. Lui, toujours bavard et blagueur, resta muet. Il avait vécu la guerre d'avant...Verdun, les tranchées...  l'horreur !

En sautant dans le train, je me suis retourné et il me salua, comme un soldat ! Le train s'éloigna et ma main resta longtemps figée dans un salut d'au revoir.

Moi, le belge, je partais vers l'inconnu de mon destin.

A mon arrivée à Arlon, j'ai constaté que mon régiment d'infanterie était devenu un régiment de cyclistes, nommé 1er régiment de Chasseurs Ardennais. Une impression étrange m'a tout de suite envahi, il ne s'agissait pas d'une simple période de huit jours, comme les précédentes. La cour de la caserne était pleine d'hommes et de matériel. Mon ancien régiment qui comptait mille individus en comptait maintenant deux mille cinq cents. D'un bout à l'autre de la caserne résonnaient des ordres qui s'amplifiaient jusqu'à devenir des cris. L'adrénaline montait un peu partout. Les rappelés, comme moi, cherchaient leur équipement, surtout leur fameuse bicyclette !

 En pénétrant dans la cour, je me suis retrouvé plongé au milieu d'une foule bouillonnante et nerveuse. Après avoir traversé cette mer humaine, je me suis présenté au bureau de la 2ème Compagnie.

Là, j'ai présenté mon ordre de rappel, sitôt vu, le sous-officier articula nerveusement :

- Tire- toi ! Tu n'as rien à faire ici !

Etonné, je l'ai regardé dans les yeux, alors il ajouta en haussant le ton :

- Tu n'as plus rien à foutre ici !   ( à suivre )

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 17:45

Le tombeau des souvenirs

Depuis plusieurs années, je prévois de faire du rangement au grenier. Le temps passe et toutes sortes d’évènements me font remettre ce grand ménage à plus tard. Cette fois, c’est décidé, je me lance. Seule, je pénètre dans ce grand débarras que nous appelons souvent : «  le tombeau des souvenirs oubliés ou cachés ! »

Quatre petites fenêtres, nichées sous le toit,  diffusent une clarté qui se cogne dans une multitude d’obstacles, des vieux meubles, des piles de cartons, des étagères, des sacs  et d’anciens luminaires suspendus aux poutres. Les araignées ont tissé des toiles merveilleuses, ce capharnaüm est devenu leur royaume ! D’un pas feutré, je m’aventure dans ce monde oublié et rempli de mystères ! L’atmosphère mystérieuse m’envoûte et inconsciemment, je me dirige vers les vieux fauteuils qui me servaient de refuge à l’adolescence, chaque fois que j’éprouvais le besoin d’être seule. Doucement, je retire les draps qui leur servent de housses. Autour, s’alignent des caisses de bois et trois magnifiques malles cloutées. A l’intérieur, des piles de livres et de revues s’entassent et feraient le bonheur d’un bouquiniste. Finalement, cette partie du grenier n’est pas en désordre, il n’y a rien à jeter, il suffit de passer l’aspirateur et de répertorier les contenus de chaque coffre. La fièvre de la découverte m’enivre, tous ces romans connus et inconnus envahissent mon esprit. Un coffre métallique jaune, fermé par un cadenas, attire mon attention, je ne me souviens pas l’avoir déjà vu. Assise sur un tabouret, je cherche comment ouvrir ce nouveau venu ! Il n’y a pas de clef, il suffit de tourner les mollettes et de trouver les bons chiffres. Je m’énerve, je commence à perdre patience quand la chance me sourit ! C’est ouvert ! A mon grand étonnement, il est rempli de carnets et de cahiers d’écoliers. Timidement, j’ouvre un agenda de 1939. Sous mes yeux, s’étale l’écriture fine de mon père, c’est à la fois émouvant et merveilleux. ( à suivre )

 

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 13:32

L'inconnue du lac ( suite )

 Angelo avait écrit :

 « A l’intention des gendarmes : Vous me trouverez au barrage et je vous prie de  renvoyer ma dépouille dans mon pays, à Mantoue, j’ai des cousins qui s’occuperont de ce qui restera de moi ! Ici, je ne serais qu’un fardeau pour Hélène, même au cimetière, je resterais pour beaucoup, un criminel ou au mieux, un suspect ! Aidez-la à vivre ! Merci »

 Tous les évènements se succédèrent rapidement, je respectai les dernières volontés d’Angelo. J’avais trouvé la force de suivre le déroulement de l’enquête  qui mena à la conclusion de l’affaire de l’inconnue du lac. « Soyez rassurée, l’ADN permet d’affirmer que la jeune fille ne portait pas l’enfant d’Angelo, le dossier est clos ! » me dit l’inspecteur. Les diverses investigations permirent de retrouver le père de ce petit être qui ne vit jamais le jour, c’était un maçon, marié et père de famille qui avoua avoir envoyé la jeune fille désespérée vers le jeune italo- français,  qu’il avait croisé au bistrot de Turin, complètement ivre.   

L’enquête est terminée et toute mon énergie m’a quittée. Mon esprit  troublé mène un combat difficile, la lutte interne est âpre. Seule sur ce quai de gare,  ma volonté de vivre ne tient plus qu’à un fil et maintenant, je crains la rechute.  ( Fin )

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