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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 15:18

        Le tombeau des souvenirs ( suite )

<< ...Les pieds en sang, entourés de bandelettes, ils étaient morts de fatigue et ils allaient rencontrer les Allemands, armés jusqu'aux dents et transportés sur des camions ! C’était incroyable ! Ce spectacle m’était insupportable ! Je ne pouvais plus les voir et les regarder sans qu’un souffle de rage monte en moi ! J’étais horrifié en pensant à ce qui les attendait !

Pauvres Tirailleurs ! Ils allaient à la mort !

Ils avançaient courageusement, en silence et sans se plaindre ! J'ai eu une petite conversation avec un sous-officier français :

- N'allez pas affronter les boches dans cet état-là ! C’est inhumain !

Le jeune sous-officier me fixa et répondit :

- On est ici pour se battre ! Les tirailleurs ne reculent jamais !

Je me demande ce qu'il me répondrait aujourd'hui ! En les quittant, j’étais à la fois révolté et tourmenté ! Enfin, dans le bois, je me suis retrouvé un peu seul. Assis au pied d’un gros chêne, je me suis endormi ! Je ne sais pas combien de temps ! Quand je me suis réveillé, il y avait des Français partout, ils faisaient le café pas très loin de moi. Je me suis levé, j'étais encore dans le cirage, j'ai bu un café et j'ai demandé :

     - Avez-vous vu des soldats belges ?

- Oui, on en a vu des habillés comme toi ! Ils sont descendus dans la forêt ! Tiens, bois encore un jus avant de filer ! Me dit en souriant le « cuistot »

- Merci, ça réchauffe !. Mais, ne fais pas trop de fumée avec ton cubilot ! Ecoute l'avion là-haut ? C'est un mouchard, vous allez vous faire repérer !

Leur Capitaine arriva en hurlant :

- Qu'est-ce que vous regardez en l'air ? Vous n'avez jamais vu un avion ? Allez, préparez-vous, on part dans trente minutes !

- Adieu les Français ! Je pars à la recherche de mes copains ! A votre place, dis-je, je filerais tout de suite ! 

 

Je suis parti d'un bon pas ! L'avion qui tournait toujours en rond n'augurait rien de bon ! Je marchais depuis environ vingt minutes quand j'entendis des avions bombarder les pauvres Français que je venais de quitter ! De loin, je voyais les avions larguer des bombes qui explosaient dans un fracas épouvantable. Des flammes embrasaient toute la forêt ! J’ai posé les mains sur mes oreilles et j’ai fermé les yeux ! Je ne voulais plus rien voir, plus rien entendre. Je me suis mis à courir, à courir jusqu’à épuisement ...>> ( à suivre )

 

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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 16:16

         Le tombeau des souvenirs (suite )

Les Français…

« Nous roulions depuis une bonne heure quand on se trouva nez à nez avec des camions français plein de ravitaillement. On stoppa. On se demandait où ils allaient !

- Alors les Français, où allez-vous ? leur demandais-je.

- Dans un bled ! Perné ou Pernie !

- Perwez ! dis-je .Ce n'est pas possible les gars, nous , on en vient, il n'y a plus de Français, nous étions les derniers Belges ! A Perwez, vous allez tomber dans les bras des boches !

Le jeune sous-officier français me regarda en riant :

- Les boches ! Tu rigoles ! Allez en route !

On essayait de convaincre les chauffeurs de chaque camion qu'ils allaient droit dans la gueule du loup, que ce serait un massacre ! Quelques chauffeurs nous firent confiance, certains faisaient demi-tour, d'autres mettaient le feu au camion ! Quel triste spectacle ! Des Français et des Belges qui se repliaient, du ravitaillement qui continuait à avancer, des camions qui brûlaient et qui coupaient la circulation ! Le pire, c'étaient les camions de munitions !

Leurs chauffeurs, c'étaient des champions ! Ils se faufilaient entre tous les obstacles ! Ils filaient près des engins en flammes ! Tout ce charivari finit par se stabiliser ! Je me suis alors approché d'un camion de munitions que j'avais vu éviter tant de dangers et là, au volant, il y avait un jeune gars, la tête sur le volant ! Je lui ai tapé sur l'épaule en essayant de le réconforter :

- Salut ! T'es un vrai champion au volant de ton engin !

Il sursauta et murmura :

- Tu sais, la peur m’a donné des ailes !

Et moi de lui répondre :

- Mais, crois-moi, la peur peut aussi te faire mettre les jambes à ton cou et laisser tout en plan !

- Oh ! Je ne pouvais pas faire ça ! Tu te rends compte si mon bahut avait explosé au milieu de tous ces gars !

  • Oui, lui dis-je, t'es un gars bien !

Ce jeune Français, qui était-il ? Je ne lui ai même pas demandé son nom ! Lui et les autres ont risqué leur vie pour sauver les copains ! N'est-ce pas un acte d’héroïsme ?

Puis, je suis reparti à pied,… en camion.....

Au lever du jour, je me suis retrouvé dans un bois, en bordure de route, avec de nombreux soldats français et parmi eux beaucoup de Nord-Africains. C'était un régiment de tirailleurs marocains ! Ils avaient des canons sur des charrettes tirées par des bourricots !

              ( à suivre )

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24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 15:55

Ce qui reste d'une bataille où nos amis venus des USA sont morts par centaines, je n'ose pas dire par milliers ...

              Le tombeau des souvenirs ( suite )

         Abandonné

 

<<.. Au loin, on entendait toujours nos copains, la deuxième compagnie, qui se frayait un passage entre des rafales de mitraillettes. Le soleil tombait sur l'horizon et on remarqua des ombres qui se faufilaient à la lisière d'un boqueteau. Le sous-officier décida d'aller voir de plus près.

Ne nous précipitons pas ! lui dis-je. Soyons prudents, si c'étaient des boches !

On approcha le plus près possible de ces hommes de l'ombre, on se croyait invisibles quand on entendit :

- Halte ! Qui vient là !

Immédiatement, j'ai reconnu les Français ! Alors, j'ai hurlé :

- Doucement les gars ! On n'est pas des boches !

C'étaient des Français avec deux side-cars dont un, était en panne et ils essayaient de le réparer. L'un était mécano et  remit la moto en route. J'étais heureux pour eux !

- Allez les gars, ça marche ! En route ! Leur dis-je.

Ils étaient déjà quatre par moto mais je ne pus m'empêcher de leur demander :

- Où allez-vous ?

- A Carignan !

Carignan ! Au milieu de ce déchaînement de violence et de tueries, je sentis la lassitude m’envahir ! A cet instant, j’ai pensé que c’était assez, je me suis dis, c’est le moment, repars chez toi !

- A Carignan ! M’exclamai-je, c'est presque chez moi ! Vous nous emmenez ?

- Allez, montez à cheval sur les paniers ! répondit le mécano.

Nous sommes partis, nous roulions vers la France, mais j'avais pris le mauvais train, ma moto retomba en panne ! Je me suis retrouvé dans un camion militaire des Chasseurs ardennais  d'une autre compagnie qui m'emporta vers de nouveaux combats avec des copains prêts à résister alors que d'autres prenaient le large ! Le sous-officier qui avait pris l'autre moto,  termina la guerre à Montpellier !.. >>

 

Pour que mon père en arrive à vouloir se sauver, c’est que la situation était devenue insoutenable. Cependant, j’imagine la  lutte interne quand  sa conscience dut choisir entre accomplir son devoir ou fuir ! Une lueur d’espoir illumina certainement son cœur, l’espace de quelques kilomètres ! La mécanique ne résista pas et il plongea de nouveau dans la guerre. Emportée dans le récit de ces combats incessants, je m’essouffle et la fatigue s’empare de tout mon être. Cependant, les mots et les phrases défilent inlassablement dans ma tête et mon inconscient réclame la suite du film avec insistance. Je retrouve mon père dans un camion qui file vers de nouveaux affrontements ! La mort, le sang et la guerre l’attendaient sur un autre front mais, au fil de ma lecture, je sens à quel point il aime la vie !  

 

( à suivre )

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 17:18

                 Le tombeau des souvenirs (suite )

                 Traître ou pas !

<< ..Après une progression de dix à quinze minutes, ce fut  la panique.  Nous quittions les Allemands qui étaient derrière nous, les Français étaient partis devant nous et soudain la tête de leur colonne fut mitraillée par les boches ! Des ennemis derrière ! Des ennemis devant ! Ça allait mal !

 Les premiers moments de surprise passés, on entendit le sergent chef, celui qui avait si bien chanté "Minuit Chrétien" à Noël, crier :

- Remuez-vous les gars ! Les volontaires, en avant !

Les copains sont partis en avant de la colonne et nous, on déménagea les gars qui tiraient sur nous ! La lutte fut âpre ! De part et d'autre, on ne se faisait pas de cadeaux ! C'est dans cet enfer de feu et de sang que ce trop brave Sergent chef a été tué ! La mort a fauché ce héros dans son plus bel âge !

Ce souvenir restera à jamais gravé dans mon esprit et dans mon cœur,

Enfin, la route était libre ! On avait réussi à dégager le coin ! C'est à ce moment que je perdis ma deuxième bécane ! Dans la fièvre du départ, une certaine bousculade s'en suit ! Un sergent trop pressé a écrasé ma bicyclette et la sienne en reculant un camion ! En rage, j'ai attrapé les deux vélos et je les ai balancés dans le fossé tout en appelant le sous-officier :

- Amène-toi, on y va à pied !

On marchait dans les prés et les champs en longeant la route à une bonne distance ! Avec prudence, l'arme à la main, il n'était pas exclu que ceux qui nous avaient tirés dessus ne soient pas planqués dans les fourrés ou derrière les haies ! Nous progressions assez rapidement quand, au détour d'un bosquet on se trouva face à un gars qui arrivait vers nous ! On attendit, immobiles dans les broussailles, que l'homme arrive à notre hauteur pour l'arrêter :

- Haut les mains ! Cria le sous-officier.

L'homme stoppa net.

- D'où viens-tu ? Lui demandais-je.

Il bafouilla des mots incohérents :

- Che...che...

Il était jeune, à peine vingt ans et semblait tellement horrifié de nous voir ! Était-il Allemand ? Ou Flamand ? Il filait du côté des Allemands ! Faisait-il partie de la cinquième colonne ? Nous le tenions en respect avec nos pétards, prêts à tirer ! Comme je l'ai déjà dit, il était très jeune, il avait une peur terrible ! J'ai alors fixé le sous-officier en disant :

 - Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On le laisse aller ?

 Le sous-officier restait là, hébété ! Muet !

 Alors, j'ai hurlé au jeune gars :

- Fou le camp et ne te retourne pas !

 Il fila sans demander son reste ! Il a eu de la chance ! Il faut dire que ce n'est pas chose facile de tuer un homme ! Surtout que dans ce cas là, ça aurait été une exécution ! D'autre part, on ne voulait pas tuer un innocent ! Ce jeune gars, à peine sorti de l’adolescence, était-il vraiment innocent ?.. >> ( à suivre )

 

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 15:40

         Le tombeau des souvenirs ( suite )

<< ..Il faisait nuit, on n'y voyait vraiment pas grand chose ! Il fallait avancer doucement, traverser des clôtures de parcs, sans bruit, on rampait, on marchait à quatre pattes ! De temps en temps, un coup de feu déchirait le silence pesant et lugubre ! On se suivait, l'un derrière l'autre, le sergent avait une mitraillette, les deux copains portaient des fusils et moi, mon pétard, prêt à faire feu. Tout à coup, notre progression fut stoppée par un coup de feu, tiré dans notre direction ; J'ai senti comme un souffle prêt de l'oreille ce qui m'a fait plonger dans l'herbe ! Aussitôt, un copain  arriva vers moi :

- Alors grand, t'es touché ?

- Non mon vieux, pas encore !

La marche reprit ou plutôt on s'aplatit davantage contre terre pour éviter tous les obstacles, filer comme des serpents et atteindre notre but !

Enfin, nous sommes arrivés à la fameuse barrière anti-char, nous l’avons suivie quelques mètres et tout de suite on a constaté son mauvais état, elle était complètement désarticulée ! Il fallait retourner vers les copains ! C'était aussi dangereux ! Il suffisait d'un trouillard pour tirer bêtement sur nous ! On avait à peine rendu compte de nos observations au Commandant qu'un motard se pointa avec ordre de repli à zéro heure ! :

- Rassemblement ! Repli ! Dépêchez-vous, il est zéro heure cinq ! Nous avons cinq minutes de retard ! En route et en silence !

Notre situation était très délicate, dans ma tête, des tas d’hypothèses se bousculaient, je pensais :

« Nos officiers  savent-ils où nous devons aller ? Le Commandant est toujours au milieu de nous ! Il n'y a pas à hésiter, on le suit ! >>

( à suivre)

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 19:21

              Le tombeau des souvenirs ( suite )

        La barrière anti-chars.

<< Que va-t-on faire pour rétablir la situation ? Nous dévouer, oui, mais pour quoi faire ? Rapidement, les ordres ont suivi :

- Les mitrailleurs, en position dans le fossé, direction le petit bois, tenez-vous prêts à tirer ! Le reste de la compagnie, suivez-moi, il faut déloger l’ennemi qui se terre dans le petit bois !

Je me suis aplati dans le fossé, à côté de la mitrailleuse et j'ai assisté à une vraie bataille, en spectateur ! Les copains sont partis en rampant, par bonds, comme en manœuvre ! Ça tiraillait dans tous les sens ! Au bout d'une heure d'un combat âpre et sans concession, on entendit des cris, c'étaient les Allemands qui, se voyant pris, criaient : " Camarades ! Camarades ! " Mais les Chasseurs qui avaient vu leurs copains tomber sous les feux allemands, dans les mêmes conditions, ne s'arrêtèrent pas ! Malgré les lois de la guerre et le sifflet du commandant, ils ont nettoyé le petit bois ! Puis ils sont revenus ! Le Commandant les a sermonnés avec vigueur mais ........On ne conditionne pas des hommes à avancer coûte que coûte sans risque de débordements de haine ! Les gars du 3ème chasseur reprirent leur place et on  continua notre route.

On a roulé longtemps, vers le sud, pour être en position sur le bord d'une route.  La première pièce, mon groupe, nous devions, à la nuit tombante, afin de ne pas être vus par l'ennemi, nous poster par la fenêtre d'un grenier à foin !  Des Français étaient devant nous et allaient se replier. Nous devions rester pendant qu'ils partaient ! En attendant, je suis allé voir les Français, surtout leur roulante ! Ça sentait bon ! Le cuistot était sympa ! Il nous donna ce qu'il put ! Un bon café et quelques bricoles pour couper la faim ! Il hésita quelque peu avant d'exprimer ses angoisses :

- Ici, les gars, c'est l'enfer !

- On s'en rend compte ! Ne crains rien, on est aguerri ! On a déjà dégusté !

Il continua :

- Alors, c'est vous qui venez relever les copains ? Ils sont dans une mauvaise position ! Hier, on n'a pas pu les ravitailler !

En revenant vers notre position, alors que la nuit s'était bien installée, on entendit un bruit sourd !

 On a tout de suite compris, c'était sûrement les Français qui décrochaient ! Ils tenaient depuis  deux jours, ils étaient à bout !

 Le commandant ordonna :

- Prenez quelques hommes et allez en patrouille, en avant des lignes, jusqu'à la barrière anti-chars qui est devant nous ! Vous devez voir son état et il serait bon qu'elle ne soit pas trop détériorée !

Tout en répondant « oui » au commandant, il se frotta le front et s’adressa à nous, ses copains de la première section :

- Avec moi, s'il vous plaît!

Ce "s'il vous plaît "sonna comme une supplication ou une excuse ! Car il savait que nous étions déjà sur les genoux, comme lui, mais nous l’avons suivi  immédiatement.

Il s'adressa alors  au commandant :

- Voilà mon Commandant !

Le Commandant eut un rictus étonné et grommela :

- Comment, trois hommes ! C’est tout ce que vous emmenez ?

- C'est assez mon Commandant !

- Alors, partez ... et bonne patrouille !.. >> ( à suivre )

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 18:26

        Le tombeau des souvenirs ( suite )

<< .. La situation était grave, il fallait remédier à ça le plus rapidement possible ! Il y  avait eu une erreur de jugement ! La deuxième compagnie de Chasseurs Ardennais et son Commandant étaient toujours prêts à colmater les brèches ! Notre commandant ne se cachait pas dans un P.C bien abrité, non, il était au milieu de ses hommes ! C'était le Commandant Pirnay

                                                                              

Colmater les brèches ! Ce n'était pas une partie de plaisir ! Notre progression était difficile. Il fallait atteindre la Dendre et tenir ! Les Allemands ne devaient pas traverser  ce cours d'eau ! On s’  installa en face avec des objectifs précis, arroser régulièrement le long de la rivière, en enfilade  Nous étions à proximité de Perwez . Je sais que les Anglais étaient à notre droite et qu'ils s’étaient repliés mais nous devions résister ! On a tout de même décroché, mais on nous a remis en position plus loin, plus à l'ouest, sans protection, c'était aller au devant de la mort !  Les cocos étaient dans un petit bois, il fallait les déloger ! Nouvel ordre aux mitrailleurs : direction le fossé, face au petit bois ! Notre protection n'était pas extraordinaire cependant, on s'y sentit mieux !.. >>

 

Un article de journal complète le récit :

Document reprit dans : La Belgique au combat – Mai 40- Chasseurs Ardennais.

A hauteur de Perwez, la 1ère Division de Chasseurs Ardennais est à nouveau engagée sur la Dendre le 17 mai. L'ennemi prend contact dans l'après-midi du 18 mai et se montre pressant notamment à Termonde et à Alost. Dans la nuit, les Allemands tentent le passage de la Dendre par surprise sur des canots pneumatiques. Une fois, deux fois, dix fois, le barrage de feu les refoule. A l'aube, c'est l'accalmie pour quelques heures, mais les Anglais qui sont à droite de la Division annoncent qu'ils se replient à 11 heures.... Vers  13 heures, la position n'est plus tenable, sauf s'y faire clouer. Le décrochage se paie de lourdes pertes. Et la lutte recommença sur une première position intermédiaire, à cinq km à l'ouest, sans tranchée, sans obstacle valable, sans  rien qui puisse sembler une aide à l'homme. On y tient cependant jusqu'aux environs de 20 heures et, après un arrêt à hauteur de Westrem, la Division rentre dans la tête de pont de Gand vers minuit, ayant chèrement acquis le temps nécessaire à l'armée pour l'organisation et l'occupation de la nouvelle ligne de bataille.  ( à suivre )   

 

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17 janvier 2017 2 17 /01 /janvier /2017 17:10

               Le tombeau des souvenirs ( suite )

   Colmater les brèches ...

<<..Nous étions à peine sortis par un bout de la ville que les Allemands arrivaient par l'autre bout ! Ils avaient traversé le canal  pour contourner la ville. La bagarre éclata entre nos 47 antichars, nos automitrailleuses qui étaient en arrière-garde et les Allemands ! Pendant ce temps, on emballa  les mitrailleuses  et on fila sur nos vélos, c’était puéril, mais j’étais content d’avoir   récupéré un vélo ! En temps de paix, le règlement pour les cyclistes était le suivant :

Transporter 48 kilos en cinquante minutes et dix minutes de repos ! Mais ce jour-là, malgré nos ventres creux et une grande fatigue, la vitesse horaire n'avait pas été respectée, le record était pulvérisé !  Au bout d'une dizaine de kilomètres, à un carrefour, un officier supérieur réglait la circulation ! En nous voyant arriver,  il commanda :

  - Les Chasseurs Ardennais, par ici ! Les autres cyclistes,     continuez !

Encore une fois, nous allions jouer aux boucliers pour permettre aux autres de se replier ! Alors que nous roulions vers notre future position, le commandant nous arrêta et nous rassembla rapidement pendant que des soldats belges à la débandade traversaient la route en rouspétant ! Je voulais savoir ce qu'ils avaient, je me suis approché d'eux en demandant :

 - Hé les gars, de quel régiment êtes-vous ?

 - Troisième régiment  de Chasseurs Ardennais !

 -Comment ! M'exclamais-je, des Chasseurs Ardennais qui se sauvent, c'est plutôt rare !    

 Ils me répondirent d'une seule voix :

 - Oui, mais on en a  marre ! On est bombardé par les Belges !

Une grande discussion s'engagea entre les officiers des Chasseurs  et les officiers observateurs. Un capitaine s’avança vers nous et nous parla sans détour :

- C’est le bordel ! Il faut rétablir la situation !

 Mais notre état physique n'était pas brillant, les officiers en étaient conscients. Seules, la volonté et notre jeunesse nous maintenaient et nous donnaient la force de continuer, pourtant, rien n'allait ! Sans cesse, il fallait changer de position ! Se déplacer le plus rapidement possible, en silence ! Aller à la rescousse ! On était toujours le renfort des autres ! Personne ne se plaignait mais, on sentait la fatigue s'accumuler ! On ne savait plus ce que c'était qu'un vrai repos ! Finalement, si on avait besoin de nous pour rétablir la situation, il fallait y aller ! ..>> ( à suivre )         

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 17:28
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Published by marie-therese andre
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 17:06

        Le tombeau des souvenirs ( suite )

<<..Au bout de quelques secondes, je relevai la tête, l'alerte était passée pour quelques minutes car les tirs reprenaient toutes les dix minutes.  Quand les obus s’écrasaient sur la rue pavée, l'explosion était sèche et tout tremblait, quand ils tombaient dans l'eau, on avait droit à d'énormes jets d'eau ! Ils firent des victimes mais nous avons eu de la chance, les obus ont épargné notre maison !

Nos sacs de sable et le plafond étaient criblés d'éclats qui s'introduisaient par la fenêtre à demie obturée ! Tant que le jour éclairait ce champ de bataille, je tirais sur tout ce que je voyais au loin ! Quand la nuit vint, un silence lugubre s'abattit sur nous, seul, le bruit des patrouilles qui passaient dans la rue, résonnait ! Etaient-ils  Belges ou  Allemands ? Je me sentais beaucoup plus mal à l'aise que pendant le combat ! Un stress intérieur montait en moi et m’oppressait ! Reprends-toi, pensais-je ! A la lueur du ciel, Je m’aperçus que les copains n’étaient pas mieux que moi, les visages blafards, les lèvres serrées et la respiration courte ! A voix basse, j’ai murmuré :

- Il faut respirer à fond les gars !

- T’as raison grand ! répondit le sergent

Après plusieurs bouffées d’air aspirées et expirées, le calme revint dans le groupe.

Vers trois heures du matin, arriva l'ordre de sortir de batterie

- En silence et en vitesse ! Au trot les gars ! commanda le  sergent .

On ne traîna pas, la peur nous prenait aux tripes ! Personne ne peut juger du comportement des autres quand ils sont en situation de grand danger. Ce jour-là, c’était très difficile,  j’ai vu des gars craquer, pleurer, hurler de peur quand d’autres tombaient à genoux en marmonnant des prières ou appeler de toutes leurs forces, « maman » ! Quand les nerfs lâchent, c’est extrêmement douloureux ! ..>>

 

Ces dernières phrases m’invitent à revivre dans les pensées de mon père. Malgré moi, je partage l’angoisse qui l’habitait, je sens son regard clair, rempli de tristesse et j’entends sa voix douce et calme m’expliquer qu’ il n’y a pas de honte à avoir peur ! Machinalement, je consulte les petits carnets, il y en a une dizaine, agrémentés de caricatures, chacun décrit un ami, un officier, un ennemi ou un lieu. 

 

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