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Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?

Le Cerf-volant... (22)

Marie tremblait en saisissant la feuille. Elle se mit à lire lentement :

-« Un duplicata de livret de famille a été délivré à Monsieur Pierre LELIVRE le 15 octobre 1981, en remplacement d’un livret de famille déclaré perdu » Mais, 15 octobre 1981 ! s’écria Marie, c’est ma date de naissance !

- Oui ! s’exclama Blanche . Papa n’ a pas trouvé le livret de famille quand tu es née, il l’a déclaré perdu et la mairie lui en a délivré un autre ! C’est ça la vérité ! Et au grenier, tu as retrouvé le livret perdu où tu n’existes pas puisque tu n’étais pas née !

D’un bond, Marie se leva et bondit dans les bras de Blanche.

- Enfin, c’est la bonne explication ! admit Marie. Je suis impardonnable ! Si j’avais lu tout le certificat d’adoption, j’aurais compris qu’il s’agissait de notre grand-mère ! Et je n’aurais pas fait autant de mal !

Baptiste la rassura  :

- C’est vrai, on a vécu un mauvais moment ! Ensemble, on arrivera à oublier cette terrible semaine !

Blanche la serra contre elle en murmurant :

- L’important, c’est que tu sois là ! D’habitude, c’est toi qui me console et qui trouve les mots pour tout expliquer !

- Aujourd’hui, c’est toi qui vient à mon secours ! Mais je compte tellement  sur toi, tu es toujours là quand j’ai besoin de toi ! gémit Marie

Marie s’installa dans la voiture, le visage enfoui dans ses mains et pleura toutes les larmes de son corps !

Le voyage de retour fut paisible et presque silencieux ! Chacun avait besoin de trouver le repos de l’esprit ! Tous les trois, ils avaient vécu une épreuve difficile ! La nuit était tombée quand la voiture s’immobilisa devant la librairie . Les yeux rougis, Marie en descendit la dernière et se précipita dans sa chambre où Blanche l’a rejoignit. Baptiste s’éclipsa discrètement afin de ne pas déranger l’intimité des deux sœurs

Le dimanche passa comme dans un rêve pour Marie !  Le retour à la réalité n’était pas facile ! Elle n’avait quitté la maison que deux semaines mais un gouffre s’était creusé dans son esprit ! Elle se sentait coupable de tout ce désordre et surtout du chagrin de Blanche ! Baptiste avait dû user de toute son efficacité pour la soutenir et lui donner le courage de ne pas sombrer dans le désespoir. Les jours qui suivirent furent tristes . Marie restait des heures, immobile, perdue dans ses regrets et sans appétit. Le sommeil l’avait abandonné malgré la grande fatigue qui l’habitait. Cette culpabilité qui l’étreignait ne la quittait pas, elle sombrait dans la dépression !

 Blanche et Baptiste le comprirent très vite et agirent rapidement en l’obligeant à consulter un psychologue. Monsieur Quentin venait régulièrement au magasin pour aider Blanche à déballer les revues et ranger les emballages. Il espérait revoir le sourire de Marie et plaisanter avec elle , comme il en avait pris l’habitude ! Un jour, il arriva, heureux d’annoncer une bonne nouvelle, il s’adressa à Marie, assise dans son fauteuil, réfugiée dans l’arrière- boutique :

- Mademoiselle Marie, je suis embauché dans une entreprise qui aménage les combles, c’est formidable et c’est grâce à vous  !

La vraie Marie aurait sauté de joie, mais là, elle le regarda tristement, en susurrant :

- Oui , c’est bien !…

Le pauvre homme sortit en essuyant furtivement une larme. Blanche prit sur elle pour ne pas pleurer devant les clients qui s’agglutinaient devant le comptoir. L’épouse d’un collègue de Baptiste qui avait aidé Blanche pendant l’absence de Marie continuait de venir tous les jours, à mi-temps ! Les jours passaient et rien ne changeait !  Monsieur Quentin continua à offrir son aide, matin et soir, avant et après son travail. Il était très apprécié autant par son efficacité que par sa discrétion.

 

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