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15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 14:41

Fascination ( suite )

 

On décida de faire une reconnaissance des routes et des chemins sur notre carte IGN, puis, nous  rentrâmes à l’hôtel. On se sentait vraiment frustré par le mauvais temps qui  avait contrarié notre projet. On prépara notre randonnée dans les monts du Cézallier et on se jura que le lendemain matin, rien ne pourrait nous arrêter. Au petit-déjeuner,  le patron nous dit : « Vous n’avez pas de chance, la météo sera encore plus désastreuse qu’hier ! » Alex répondit évasivement : «  C’est pour cela qu’on abandonne, on reviendra en juillet ! »

A peine dehors que le ciel s’assombrit mais notre décision était prise : « En route pour Le Cézallier ! » hurla Alex. On atteignit le petit village d'Anzat-le-Luguet , le ciel devint de plus en plus sombre mais aucune goutte de pluie ne frappa notre pare-brise .On consulta la météo, l’alerte pluie, vent et orage sur les monts d’Auvergne était maintenue mais ce danger  nous excitait et nous poussait  à continuer notre aventure. On s’engagea sur un chemin qui serpentait à travers champs, on se serait cru dans les steppes de Mongolie, plus on avançait et plus on avait l’impression de pénétrer dans l’infini, on s’enfermait dans un univers fascinant L’obscurité envahissait tout, je dus mettre les feux de croisement. En roulant vers le signal du Luguet,  qui est le point culminant du Cézallier, on se retrouva dans des vagues de collines qui ondulaient comme un océan de  verdure où frissonnaient des prairies et des forêts. De violentes rafales de vent secouaient notre véhicule, le chemin longeait un bois  de sapins qui nous abritait un peu, on n’avait pas l’intention d’arrêter, l’adrénaline nous envahissait et nous donnait des ailes. Dans ce cadre minéral, n’offrant comme aspérité que « le signal du Luguet » qui, malgré ses 1 551 mètres d’altitude, ne semblait qu’une colline de plus dans une suite sans fin de collines, on semblait égaré dans une immensité dont les contours fuyaient devant nous au rythme de notre voiture. Le dépaysement était à son comble quand une ligne brisée et lumineuse coupa le ciel en deux, un éclair gigantesque en jaillit et illumina notre paysage. C’était fantastique, un coup de tonnerre roula et s’éternisa sur le Cézallier. L’orage s’installa et tourna indéfiniment au-dessus de nos têtes.  Lentement, on continua notre progression dans une pénombre traversée de flèches fulgurantes qui flashaient  l’onde verte. Nos regards étaient rivés sur la ligne des sommets qui se découpaient sur l’horizon. La voiture roulait  lentement dans un monde fuyant et torturé par les éléments quand une lumière étincelante nous aveugla tandis qu’on était  secoué par un choc terrible. Le bruit nous avait assommés ! Quand on retrouva nos esprits, notre véhicule était immobilisé, prisonnier entre deux arbres. Nous étions sains et saufs, Alex entrouvrit sa portière et surexcité cria : «  Avec ton tracteur, quelques manœuvres suffiront et on sortira par le champ ! C’est miraculeux ! » La pluie mêlée de grêlons se remit à fouetter nos vitres. « Mais, qu’est-ce que tu attends mon vieux, démarre ! hurla-t-il » Il ne se rendait pas compte que je tournais la clef mais que le moteur restait silencieux : « Plus de batteries, mon vieux ! dis-je calmement » C’est alors qu’il entra dans une rage terrible , je ne le connaissais pas sous cet aspect et je fus très étonné de son comportement .d’autant  plus qu’il se mit à m’invectiver violemment, me traitant de tous les noms : « Espèce d’incapable avec une voiture de merde ! Pauvre mec ! Sale bouseux ! » . J’étais abasourdi, mais je repris rapidement conscience de la réalité de la situation, Alex avait subi un choc, il était complètement déstabilisé. De plus, après deux trimestres, fatigué par une classe difficile, ses nerfs avaient lâché, c’était la seule explication. Devant ce déchaînement de folie, je restai calme. La pluie de grêlons avait cessé, je sortis de la voiture et j’ouvris le capot. La foudre avait endommagé les cosses de batterie. Avec ma boîte à outils, je me mis au travail, j’aimais bricoler les moteurs mais cette fois, il s’agissait  de réussir mon bidouillage ! Enfin, tout semblait en ordre, je tournai la clef, le moteur tournait. Heureux, je m’exclamai : « Victoire ! ça tourne ! » Je donnai quelques tapes amicales sur le capot en murmurant : « Merci ma brave titine ! ». Appliqué et l’esprit entièrement mobilisé par le dépannage, j’avais complètement oublié Alex. Il n’était plus dans la voiture et je ne le voyais nulle part aux alentours. Après plusieurs manœuvres, je réussis enfin à dégager mon véhicule et je fis une centaine de mètres en scrutant la forêt qui s’étendait sur ma gauche. Je garai la voiture dans un pré, à une bonne distance des arbres, je ne voulais pas la retrouver aplatie sous un sapin, brisé par le déchaînement de la tempête.  Je partis à pied à la recherche d’Alex. Où pouvait-il s’être réfugié ? Je me sentais démuni d’imagination. Les rafales de vent redoublaient de violence, c’était maintenant un ouragan qui balayait  les travées de la forêt et fauchait des lignes d’arbres qui s’écroulaient comme des fétus de paille. Dans cet enfer grondant et meurtrier, je fouillais le sous-bois du regard, espérant découvrir mon copain, blotti contre un tronc ou terré dans une ornière. L’inquiétude me gagnait, je devais retrouver Alex au plus vite !  J’affrontais les éléments fous qui me guettaient à chaque pas.

( à suivre )

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