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Causes de La campagne de Russie
En 1812, après avoir conquis presque toute l’Europe , Napoléon entreprit la conquête de la Russie de l'empereur Alexandre 1er
Au moment de la campagne, Napoléon était au sommet de son règne avec toutes les nations d’Europe continentale sous son contrôle, ou sous le contrôle de nations vaincues par son empire et évoluant sous des traités favorables à la France. Aucun pouvoir européen du continent n’osait alors s’élever contre lui.
Le traité de paix avec l’Autriche de 1809 contenait une clause annexant la Galicie au profit du Grand Duché de Varsovie. La Russie considéra cette clause comme allant à l’encontre de ses intérêts et la Pologne comme le point de départ éventuel d’une invasion de son territoire.
Les difficultés résultant du Blocus continental , la crainte d'une restauration de la Pologne à partir du grand-duché de Varsovie, l'annexion par Napoléon en 1811 de l’Oldenbourg conduisirent à l'éclatement de l'alliance franco-russe conclue à Erfurt en 1808.
Le mariage de Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche , auquel Alexandre refusa de participer, renforça aussi la défiance à l’égard de la Russie, alors qu'un peu plus tôt, un mariage, qui aurait concrétisé l'alliance franco-russe, avec la sœur d'Alexandre, la princesse Catherine, avait été envisagé.
La campagne de Russie
On ne retient que la retraite de Russie mais on oublie que cette campagne fut une suite de victoires ....
En juin 1812, la Grande Armée, forte de 691 500 hommes, la plus grande armée européenne jamais rassemblée, se dirigea vers Moscou .
A cela s'ajoutaient 80 000 Gardes nationaux. En comptant ceux-ci, l'effectif total des forces impériales françaises en Russie était d’environ 771 500 hommes. Cet énorme déploiement de troupes pénalisait grandement l'Empire, en particulier si l'on considère les 300 000 Français supplémentaires se battant dans la péninsule ibérique et les plus de 200 000 hommes en Allemagne et en Italie.
Napoléon 1er, l’Empereur des Français, commandait, directement ou par ses alliés, à quatre-vingt cinq millions cinq cent mille Européens ; ses ordres s’exécutaient dans un espace qui comprenait 19 degrés de latitude et 30 de longitude. Aucun des empereurs romains ne disposa de forces aussi importantes.
La campagne victorieuse de Napoléon 1er
Les troupes françaises arrivèrent à Vilnius. Les Russes se retirèrent en détruisant tout ; ils incendiaient les magasins, 150 000 quintaux de farine, des fourrages, des habillements
La Grande Armée ne rencontrait aucune ou peu de résistance et avançait rapidement en territoire ennemi. Les Russes n’ offraient qu’une résistance sporadique, le commandant en chef, refusait le combat, sachant qu'il ne pouvait pas battre les Français dans une bataille rangée. A plusieurs reprises, il tenta d'établir une position défensive forte, mais à chaque fois l'avance française, trop rapide pour lui permettre de finir les préparatifs, le forçait à battre en retraite.
Au début, la retraite russe ne faisait pas partie d'un plan établi pour attirer les Français dans les terres russes où l'hiver et le manque de provisions suffisantes contribueraient à les anéantir, mais plutôt de l'impossibilité pour les commandants russes de trouver une occasion de combat dans des conditions favorables, en raison de la vitesse et de la puissance de l'avance française.
Bataille de Smolensk, le 17 août 1812
Napoléon donna le signal de l’attaque. Les faubourgs, retranchés et défendus par la grosse artillerie, furent enlevés ; les remparts, ainsi que les masses postées sur la rivière, furent foudroyés. Les Russes, après des efforts désespérés de résistance, mirent le feu à la ville et l’abandonnèrent, laissant 12 000 hommes tués, blessés ou prisonniers, et 200 pièces de canon.
A la suite de cette victoire, l’Empereur se mit à la poursuite des Russes, qu’il poussa jusqu’à Valutino, plateau sur lequel l’arrière-garde russe avait pris position le 19 août. Murat et Ney l’attaquèrent et la mirent en fuite après lui avoir fait éprouver de grandes pertes. Nouvelle victoire française qui donna des ailes à la grande armée.
Napoléon harangua ses troupes :
« Soldats ! voilà la bataille que vous avez tant désirée. Désormais la victoire dépend de vous ; elle nous est nécessaire, elle vous donnera l’abondance, de bons quartiers d’hiver et un prompt retour dans la patrie. Conduisez-vous comme à Austerlitz, à Friedland, et que la postérité la plus reculée cite avec orgueil votre conduite dans cette journée ; que l’on dise de vous : Il était à cette grande bataille livrée sous les murs de Moscou. »
L'Empereur Napoléon et ses Maréchaux à la bataille de la Moskowa
Les deux armées comptaient chacune de 120 à 130 000 hommes. Un coup de canon tiré par les Français donna le signal, et l’action s’engagea sur toute la ligne.
Après quatre heures de combats opiniâtres, pendant lesquels 1 200 bouches à feu tirèrent, trois redoutes furent enlevées par le prince Eugène, les maréchaux Davout et Ney. Toutes les batteries russes furent successivement assaillies et enlevées. La plus formidable de leurs redoutes fut emportée par les cuirassiers français.
Ce fut une des journées les plus sanglantes des guerres napoléoniennes. L'armée russe se retira le 8 septembre , laissant ouverte la route de Moscou, que Koutouzov ordonna d'évacuer.
L’armée française victorieuse se mit en marche, à la poursuite des Russes. Napoléon transporta son quartier général à Mojaïsk, ville située à vingt-six lieues à l'ouest de Moscou, que les Russes avaient incendiée puis abandonnée.
À partir de là, les Russes rassemblent leur armée, qui atteint son effectif maximal, soit 904 000 hommes avec peut-être 100 000 hommes au voisinage immédiat de Moscou (les survivants de l'armée détruite à Borodino, en partie renforcée). La capacité des Russes à renouveler rapidement leurs effectifs est un avantage décisif à la fin de la campagne.
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La prise de Moscou
Le 14 septembre 1812, l'Empereur fit son entrée dans Moscou avec sa garde et le premier corps. Napoléon entra dans une ville déserte, vidée de toute provision par le gouverneur, Fédor Rostopchine (père de la célèbre comtesse de Ségur) .
En se basant sur les règles classiques de la guerre lors de la prise d'une capitale (même si Saint-Pétersbourg était la capitale à cette époque), Napoléon pensait que le tsar Alexandre 1er lui offrirait sa capitulation , mais le commandement russe ne se rendit pas. Napoléon, au milieu de ses triomphes, fit proposer la paix à Alexandre : il en reçut des réponses évasives, qui, néanmoins, faisaient espérer qu’on pourrait tomber d’accord. Mais Napoléon et Alexandre ne voulaient que gagner du temps, Napoléon pour réorganiser son armée, Alexandre, parce qu’il était persuadé que les grands froids qui approchaient obligeraient les Français à évacuer l’empire. Les événements justifièrent ses prévisions.
Incendie de Moscou
Des feux démarrèrent à Moscou, et ravagèrent la ville du 2 au 6 septembre 1812. . Moscou, construite essentiellement en bois, brûla presque complètement, privant les Français d'abris dans la ville. Les incendies furent allumés par les russes. Le feu éclatait dans mille endroits à la fois. Les Français firent tous leurs efforts pour éteindre l’incendie : le ravage des flammes ne s’arrêta que dans la soirée du 6 septembre, lorsque les neuf dixièmes de la ville furent en cendres .
Napoléon a dit ensuite que s'il avait quitté Moscou deux semaines plus tôt, il aurait pu détruire l'armée de Koutouzov qui campait à proximité, à Taroutino. Même si cela n'avait pas suffi à laisser la Russie sans défense, cela l'aurait privée de sa seule armée concentrée capable d'affronter les Français.