Le 18 septembre 2010, un rassemblement transfrontalier réunira Allemands, Français et Luxembourgeois sur le Pont de Schengen (Perl), pour demander la fermeture de la centrale nucléaire de Cattenom et la sortie du nucléaire. Des personnalités des trois pays rappelleront les risques croissants que Cattenom fait peser sur l'environnement et la démocratie, tandis qu'un Touareg évoquera la face cachée de l'uranium. Aux côtés des organisations allemandes et luxembourgeoises, le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle à une forte présence.
Ce printemps, le Réseau "Sortir du nucléaire" a alerté sur plusieurs incidents inquiétants survenus à la centrale de Cattenom : déformation de barres de combustible, fuite d'hydrogène, inondations dans la salle des machines... Cette série noire est la conséquence de la course à la productivité imposée par EDF : introduction de combustibles plus irradiés, qui usent plus vite les équipements (et génèrent plus de rejets radioactifs dans l'environnement), accélération de la cadence pour les sous-traitants, qui disposent de toujours moins de temps pour effectuer les opérations de maintenance... Ces derniers sont d'ailleurs en grève depuis plusieurs mois pour dénoncer le mépris dont ils font l'objet.
Dans une lettre ouverte à l'Autorité de Sûreté Nucléaire, envoyée en avril dernier et signée par trois autres associations, le Réseau "Sortir du nucléaire" a dénoncé
un manque flagrant de transparence : ces incidents inquiétants n'ont pas été publiés sur le site web de l'ASN. La censure semble également prévaloir sur place : les journaux locaux, qui relaient largement la communication promotionnelle de Cattenom, restent muets. Est-il normal que les problèmes d'un site nucléaire français ne soient connus que par les médias allemands et luxembourgeois ? Les centrales françaises ayant été construites en série, on peut malheureusement en conclure que des avaries similaires se produisent ailleurs en France et restent inconnues.
Si un problème survenait à Cattenom, c'est toute une Eurorégion densément peuplée (et déjà menacée par un projet de poubelle nucléaire à Bure) qui serait touchée. Le Luxembourg voisin, qui n'a jamais souhaité s'engager dans le nucléaire, n'a pas à faire les frais de la politique énergétique française.. Tout comme les Allemands, majoritairement opposés au recours à l'atome et déjà confrontés à une décision antidémocratique de prolongation de la durée de vie de leurs centrales.
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