Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
Le modèle suédois ! ! ! Peut-on parler de modèle ?
- Voyez déjà ce qui se passe pour les malades :
SUÈDE • La défaite morale du gouvernement
Les salariés arrêtés pour longue maladie ne seront désormais plus indemnisés. Une décision
qui suscite une levée de boucliers – et cet éditorial, très critique, du quotidien de centre gauche
Aftonbladet.
04.01.2010 | Olle Svenning | Aftonbladet
SUÈDE
Le modèle social au coeur de la campagne électorale
© AFP
Parfois, on peut remarquer le moment où un gouvernement se fissure, sur le plan politique et moral.
Pour Fredrik Reinfeldt et son gouvernement [de droite, au pouvoir depuis 2006], cet “instant
magique” s’est produit le 9 décembre. Dix-sept mille malades (dans quelques années, ils seront
peut-être 50 000) ont été avisés du fait qu’ils coûtaient trop cher, et que leurs droits et allocations
devaient être réduits de façon drastique. Qu’il fallait qu’ils reviennent sur le marché du travail.
Lorsque les cancérologues ont mis en garde contre les conséquences terrifiantes que pouvait avoir
une telle décision, le gouvernement a précisé qu’il n’était sans doute pas nécessaire que les malades
atteints de métastases rejoignent l’interminable file d’attente conduisant au marché du travail. Pour
le gouvernement, une telle dérogation doit être considérée comme un geste humanitaire à l’égard de
ceux dont le corps est rongé par le cancer.
Les malades les plus affectés auraient sans doute du mal
à faire face à la concurrence sur le marché du travail : nous vivons une situation de chômage massif,
et les employeurs n’embauchent qu’en dernier recours des personnes malades ou des chômeurs de
longue durée. Et, lorsqu’ils le font, c’est généralement parce qu’ils sont payés par l’Etat pour le
faire.
Le chômage est habituellement considéré comme un mal fondamentalement social. Or, pour le
gouvernement, le problème vient des chômeurs. Le domaine social est individualisé et relève
désormais de la morale privée. Ce qui explique que les exigences à l’égard des demandeurs
d’emploi aient été renforcées.
Les allocations de chômage sont revues à la baisse, les niveaux d’indemnisation de la sécurité
sociale sont en chute libre. Les chômeurs sont tenus d’accepter les emplois qui leur sont proposés,
même si le salaire ne s’élève guère au-dessus des 1 000 euros mensuels. Dans toute l’Europe, on
parle de la “génération 1 000 euros”, c’est-à-dire des travailleurs pauvres qui vivent avec
1 000 euros par mois. La Suède en prend le chemin. Fredrik Reinfeldt le dit sans détour, tout au
moins devant les médias européens : nous voulons créer un marché du travail pour les travailleurs
non qualifiés. Et, dans certains secteurs, ils n’ont même pas besoin de savoir parler suédois, a-t-il
déclaré au quotidien français Le Monde
.
La superstructure idéologique est ici la politique de l’offre. Les citoyens doivent être à la disposition
du marché du travail – et travailler, même dans les conditions les plus misérables. Le gros problème
est qu’il n’y a pas de travail. Tout au moins pour les quelque 200 000 personnes qui sont inscrites au
chômage depuis plusieurs années. L’exclusion contre laquelle Fredrik Reinfeldt est censé lutter a
touché près d’un quart de million de personnes supplémentaires depuis le début de son mandat.
Les nombreux citoyens marginalisés ne bénéficient d’aucune formation pour accéder au marché du
travail qualifié ni d’aucune offre d’enseignement pour adultes. On les abandonne entre les mains
d’agences de placement plus ou moins privatisées qui font souvent appel aux services de formation
de charlatans (comme Aftonbladet l’a montré dans une série d’articles). Les poubelles radioactives ! Suède, est-ce un modèle ?
La politique de l’offre a fait long feu, dans la théorie comme dans la pratique, lorsqu’il est apparu
que les malades de longue durée qui avaient un emploi à temps partiel ou étaient en voie de
rétablissement devaient eux aussi prendre part à des programmes de retour à l’emploi mal ficelés
qui les conduisaient à des emplois si mal rémunérés qu’ils étaient parfois encore tributaires des
aides sociales.
L’orchestre symphonique de Helsingborg fournit un exemple de ce qui est en passe
de se généraliser. La politique du gouvernement a obligé un violoniste, presque remis de sa maladie,
à quitter l’orchestre pour intégrer un programme de réinsertion, qui le conduira peut-être au
chômage....... ! ! !