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Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?

Les poubelles radioactives ! Et le TRITIUM ...

Les risques de contamination par le TRITIUM sont sous-évalués .

De nombreuses études scientifiques récentes conduisent à réévaluer la radiotoxicité du tritium (hydrogène radioactif) qui est rejeté en grande quantité par les installations nucléaires. En Grande-Bretagne, le très officiel Advisory Group on Ionising Radiation (AGIR) vient de franchir le pas en proposant de multiplier par deux le facteur de risque pour cet élément.
D’autres études tendent à montrer que, contrairement à ce qui est admis actuellement, le tritium rejeté dans l’environnement tend à s’accumuler sous forme organique dans la chaîne alimentaire. Ainsi, des poissons plats de la baie de Cardiff sont 1000 à 10000 fois plus contaminés que l’eau de mer analysée pour le même site.

 

L' Association pour le contrôle de la Radioactivité dans l’Ouest ( ACRO ) s’est rapidement dotée de moyens de laboratoire pour contrôler les niveaux de Tritium dans l’environnement autour des sites nucléaires depuis presque 20 ans. Grâce à cette action de surveillance citoyenne, l' association a pu notamment alerter sur les fortes contaminations en Tritium qui perdurent depuis plus de 30 ans dans les nappes phréatiques situées sous le Centre de Stockage de la Manche mais aussi sur l’incapacité à gérer de telles situations compte tenu de l’extrême mobilité de ce radioélément.

Le TROU de BURE, avec ses failles, présente les mêmes risques  pour la nappe phréatique .


Cette préoccupation forte s’explique, d’une part, par le fait que l’industrie nucléaire produit des quantités très importantes de ce produit radioactif et, d’autre part, parce qu’il est entièrement libéré dans l’environnement.  L’ACRO continuera à suivre ce dossier de très près.


La solution de facilité dans la gestion d’un déchet radioactif (ici le Tritium), qui consiste à le traiter par un simple rejet banalisé dans l’environnement, est justifiée par les exploitants nucléaires qui insistent sur sa « très faible radiotoxicité ».

Des études de plus en plus nombreuses soulignent cette sous-estimation du risque.

Contrairement à son rayonnement, la plupart des molécules de tritium (HTO ou OBT) peuvent être absorbées à travers la peau, membranes ou tissus biologiques de la plupart des êtres vivants tels que les humains, les animaux, les espèces fongiques, les végétaux et autres.

Du point de vue de sa radioactivité, le tritium n'est donc dangereux que lorsqu'il est inhalé ou ingéré ou lorsqu'il a pénétré une cellule vivante.

Christian Bataille, dans son rapport[ sur la gestion des déchets nucléaires affirme cependant que le tritium « présente pour la santé humaine des dangers incontestables qu’il convient de ne jamais oublier. »

N'ayant pas d'application économique envisageable, ce tritium est considéré comme déchet. On ne connait pas aujourd'hui de moyen, à coût raisonnable, de filtrer, isoler ou stocker correctement le tritium. Cet atome étant actif et parmi les plus petits (sous forme gazeuse), il se diffuse par les porosités les plus fines, passant par exemple au travers du caoutchouc et se diffusant dans la plupart des types d'aciers. Il peut s'évaporer, se diluer dans de l'eau et pénétrer le béton s'il n'est pas protégé par une couche spéciale ! Quelle couche spéciale ? Il est presque certain que ce matériau n'est pas encore "fonctionnel" !

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