Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
L’exode à Neufchâteau
Par un matin de juillet 1428, un messager de Robert de Baudricourt et son escorte réveillèrent le village et annoncèrent une nouvelle effrayante :
- Braves gens, rassemblez vos économies, votre bétail, vos hardes et sauvez-vous ! Vergy assiège Vaucouleurs ! Je ne sais si nous tiendrons, mais j’ai reçu l’ordre de vous protéger, de vous faire fuir Domremy, ordre de Messire Robert de Baudricourt, gouverneur de Vaucouleurs !
Vergy ! Ce nom fit frissonner tout le monde ! Ils connaissaient ce tyran, gouverneur de Champagne, allié des Anglos-Bourguignons. Aidés par les soldats de l’escorte du messager, la population chargea les charriots de tout ce qui était utile et rassemblèrent le troupeau communal . Tristement, sous un soleil de plomb, le village se vida et le long cortège des réfugiés partit pour Neuchâteau sous la protection d’une petite escorte .Le découragement envahissait cette population laborieuse ! Les souffrances et les privations les assaillaient sans cesse ! Tous pensaient aux garçons de Domremy partis se battre dans les rangs français ! Jean d’Arc, Collin, le petit Roux, Charlot, le fils du meunier et d’autres ! Les nouvelles étaient rares et l’inquiétude grandissait .Ils marchaient au rythme des bêtes, sans arrêt, sans repos , vers Neufchâteau !
Rempart de Vaucouleurs "Tour des Anglais"
Pendant ce temps, Vaucouleurs résistait. Vergy et ses hommes n’avaient pas la partie facile. Les portes de la ville étaient solidement gardées. Toute la population se battait avec les hommes de Baudricourt ! Jusqu’aux enfants qui apportaient de la boisson et des vivres aux combattants. La ville semblait brûler de toute part ! Mais à peine allumées, les incendies étaient maîtrisées !
Vergy rageait , il hurlait à ses hommes :
- Bons à rien ! Français ou Lorrains, ce sont des chiens ! Exterminez-les !
La bataille reprit avec plus de violence, elle dura encore trois jours et trois nuits ! Vaucouleurs, la résistante, avait tenu ! Vergy abandonna la cité fortifiée mais il sema la mort et la désolation dans tous les villages . La population terrifiée fuyait dans les bois , d’autres avaient pu se réfugier dans les églises en priant Dieu que ces attaquants, sans pitié, craignent encore « la colère de Dieu ! » et ne pénètrent pas dans la maison de Dieu ! .
Vestiges des remparts de Vaucouleurs
Les réfugiés de Domremy avaient la vie sauve, ils s’installèrent tant bien que mal, à Neuchâteau, dans cette ville accueillante et bien défendue par l’armée. L’escorte se préparait à rejoindre Vaucouleurs quand Pierrelot, le petit frère de Jehanne, devenu un homme de quinze ans, s’adressa timidement à ses parents :
- Père, Mère, pardonnez-moi ! Accordez-moi votre bénédiction ! Ma décision est prise, je vais rejoindre l’armée française avec les soldats de l’escorte
Isabelle reçut un choc au cœur et crut s’effondrer ! Jacques resta figé de stupeur, son esprit chancela un instant puis, il bénit Pierrelot, qui partit pour Vaucouleurs.
.La famille d’Arc fut logée à l’auberge de la femme « La Rousse » et de Jean Waldenaire. ; Jehanne aidait les enfants et les vieillards, sa tâche était lourde car tous ces réfugiés étaient bien malheureux ! Il fallait les consoler, leur redonner du courage, soigner les blessures, porter de l’eau et Jehanne était toujours là ! Rapidement, tous ceux qui la côtoyaient se mirent à l’aimer ! Tout ce travail lui était d’un précieux secours pour l’aider à noyer son tourment et à oublier ses voix intérieures qui ne cessaient de la harceler ! La femme « La Rousse » complimenta plusieurs fois Isabelle et Jacques :
- Mes chers amis, votre fille est un ange ! c’est un puits de courage et elle soulage tous les maux ! De plus, elle est bien jolie ! Croyez-moi braves gens, vous possédez un trésor !
Jacques acquiesça du regard et Isabelle sourit. Jacquemin passait son temps à prendre soin des animaux.
Neufchâteau
Le temps passait et Jehanne, cette grand fille brune, qui venait en aide à tous les faibles, ne passait pas inaperçue . Un jeune homme de Clefmont, Barthelémy , avait remarqué cette jeune fille , elle lui semblait différente des autres, dévouée, agréable et pieuse ! Il se mit à l’observer. Aucune impatience, aucune colère, n’émanaient jamais d’elle ! Plusieurs fois, Barthelémy approcha de Jehanne, liant conversation avec elle. Il lui proposa son aide, il alla puiser de l’eau, aida à tordre le linge et porta les grandes charpagnes trop pleines ! Jehanne accepta gentiment, tous les bras étaient les bienvenus . Jacques remarqua ce jeune homme et s’en réjouit ! Il l’invita à sa table et ils discutèrent
- J’ai deux fils engagés dans l’armée française ! dit Jacques
- C’est une tristesse et un honneur pour votre famille ! répondit le jeune homme
Ils parlèrent de la guerre et de toutes les misères ! Puis Jacques, qui n’avait qu’une idée en tête, marier Jehanne, parla sans détour :
- Ma fille Jehanne n’est la promise de personne ! C’est une jeune fille à marier !
- Votre fille est courageuse et me plaît beaucoup !
- Alors ! hurla Jacques, faîtes votre demande mon cher ami !
Le lendemain, Barthelémy enfila ses plus beaux habits et vint demander la main de Jehanne aux parents d’Arc, qui acceptèrent avec empressement. Heureux, Jacques annonça :
- Barthelémy, vous êtes fiancé à ma fille Jehanne ! Nous allons organiser les épousailles au plus vite !
- Jehanne ! appela le père, voici ton futur époux !
Jehanne recula, puis calmement, répondit :
- Non, père !
- Et depuis quand, une fille se permet-elle de discuter l’avis de son père ?
- Non ! répéta Jehanne, bien décidée, je ne veux pas me marier !
- C’est la second fois que tu refuses, cette fois je t’ordonne d’obéir !
Jehanne ne répondit plus et partit porter de l’aide aux enfants orphelins qui étaient logés chez les religieuses. Son frère Jacquemin vint la voir , là, elle lui dit d’une voix douce :
- Jacquemin, tu es mon grand frère ! Gentil et compréhensif ! Pour cette nuit, rassure les parents, les religieuses me logent , il y a beaucoup trop d’enfants malades, je dois leur apporter de l’aide !