Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
Mesures effectuées par la CRIIRAD
La pollution a été beaucoup plus importante que ce que l' IRSN nous a dit ......
Le chapitre complet, avec l'analyse critique du travail effectué par l'expert de l'Etat (IRSN), sera mis en ligne d'ici quelques jours et vous pourrez alors retrouver l'ensemble des informations et des photos. Nous avons préféré vous l'envoyer sans tarder car les dernières analyses confirment qu'il n'y a plus aucune précaution à prendre avec les produits sensibles comme le lait ou les fromages frais de brebis (y compris pour les mamans qui allaitent leur bébé ou les femmes enceintes).
Nous avons mis en ligne le chapitre sur la pluie : vous le trouverez à l'adresse http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/france/progression_masse_air.html
Chercher le lien : "CONTAMINATION DE L'EAU DE PLUIE" vous y trouverez le bilan de nos résultats et l'analyse critique du travail de l'expert public (nous dénonçons surtout l'absence de stratégie de prélèvement permettant d'identifier les secteurs géographiques les plus contaminés afin de cibler ensuite sur ces régions les contrôles alimentaires. C'est la seule façon de garantir la protection de l'ensemble de la population). Certes l'impact des rejets de Fukushima Daiichi sur la France n'a pas provoqué de problèmes de santé publique mais un nouvel accident peut survenir à tout moment. Il est indispensable que l'Etat garantisse que les contrôles officiels sont corrects et assurent la protection de l'ensemble de la population quels que soient le lieu de résidence, l'alimentation ou l'âge des personnes.
Nous avons adressé aux autorités une demande d'enquête sur les nombreux dysfonctionnements relevés dans le travail de son expert. Nous avons ciblé le premier courrier sur le problème du début de la contamination. Nous ne pouvons pas encore tout vous expliquer mais sachez que cela devrait contraindre l'IRSN à reconnaitre 1/ soit que la contamination est arrivée sur la France plus tôt qu'il ne l'a dit ; 2/ soit à reconnaitre que les chiffres qu'il a publiés sous-évaluaient la réalité de la contamination. Il lui faudra choisir l’option la moins pénalisante. C'est vraiment déplorable d'en être encore là 25 ans après Tchernobyl. Quoiqu'il en soit, il n'est pas question pour nous d'attendre encore des années que l'Etat améliore sa méthode de surveillance de la radioactivité de l'environnement. Nous préparons une liste de garanties indispensables dont nous demanderons l'adoption aux autorités.
Voici pour finir des nouvelles de l'équipe CRIIRAD qui est actuellement sur le terrain, au Japon.
Nous avons préféré rester discrets afin d'éviter que les autorités (françaises ou japonaises) nous mettent des battons dans les roues (matériel de mesure égaré pendant le transport ou problème de douane comme nous en avions eus au Niger). Bruno Chareyron (ingénieur responsable de notre laboratoire) et Christian Courbon (notre grand baroudeur, spécialiste des missions de terrain) sont arrivés à l'aéroport de Tokyo mardi matin. Mardi et mercredi ils ont effectué des contrôles dans la préfecture d'Ibaraki, entre Tokyo et la préfecture de Fukushima. Le contact avec les agriculteurs a été très émouvant, très éprouvant : c'est très dur de montrer à une personne qui vit du travail de sa terre, qui a choisi de produire en bio, que la contamination est partout présente. Depuis ce matin ils sont dans la préfecture de Fukushima Daiichi. Le camps de base est à une soixantaine de kms de la centrale de Fukushilma Daiichi et nous assurons une veille de la météo et de tous les incidents qui sont rapportés afin de les alerter immédiatement en cas de problème. La directrice s'est mise à l'heure du Japon pour assurer au mieux le suivi. Aujourd'hui les contrôles effectués dans une école les ont vraiment ébranlés : trouver de la contamination partout et des points chauds sous une balançoire, c'est vraiment difficile à vivre quand on sait ce que cela implique. Il y a aussi beaucoup de fatigue, de tension et de pression car l'attente des populations et des associations est énorme et dépasse totalement nos capacités d'action.
Merci à chacun de vous en tout cas de nous permettre d'apporter notre contribution.
De notre part et de celle de tous les partenaires avec qui nous travaillons sur place
Très cordialement
Pour la CRIIRAD
Le secrétaire de l’association
Alain Rey Galiay