Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
L'émission :
" Pièces à conviction", présentée par Elise Lucet, mercredi 11 février 2009 à 20h35 sur FR3 est à suivre avec attention.
La France contaminée.... C'est une réalité qui est connue depuis longtemps .
Qu'a-t-on fait ou que fait-on pour remédier à cette pollution dangereuse ?
En 1992, Jacqueline Denis-Lempereur dans "Science et Vie" n° 899 du mois d'août écrivait :
Le limousin radioactif
Lorsque la très faible proportion d'uranium qu'on extrait des mines s'en va vers les centrales, la gangue radioactive reste sur place, la plupart du temps à ciel ouvert. Et puisqu'elle s'y trouve déjà, on a eu moins de scrupules à y ajouter d'autres déchets, quelquefois beaucoup plus dangereux encore, provenant de lieux où ils auraient été trop visibles.....
Ci-après, plusieurs extraits qui décrivent une situation apocalyptique :
L'exploitation actuelle et celle qui a précédé sont responsables d'une quantité gigantesque de déchets: plus de 300 millions de tonnes, dont certains causent de réels problèmes biologiques. Il y a d'abord les "stériles", ces roches extraites qui, contenant trop peu d'uranium, ne sont pas traitées et finissent souvent par former des petites collines rocheuses, sortes de terrils des régions uranifères......
La quantité cumulée des stériles de mines d'uranium en France se situerait autour de 270 millions de tonnes ! ( quel est le tonnage de 2009 ? )
Or, ils ne sont pas totalement "stériles", car ils contiennent toujours de l'uranium ainsi que d'autres corps radioactifs. Bien sûr, le minerai lui-même était aussi radioactif, et il élevait dans les régions alentour la radioactivité à un niveau parfois double de celui de la région parisienne.
Mais ce minerai formait un bloc compact sous terre, alors qu'une fois extrait il est plus facilement lessivé par les eaux de pluie. D'autre part, ces stockages en plein air engendrent nécessairement des poussières radioactives, qui s'envolent sur la région.
Sans parler du radon, ce gaz radioactif, lui aussi, qui s'échappe beaucoup plus facilement de ce labyrinthe de pierrailles que de la roche mère où il doit, pour remonter à l'air libre, trouver des failles, des fissures ou des roches poreuses.
La radioactivité de ces stériles n'empêche d'ailleurs pas que l'on autorise des sociétés de travaux publics à les utiliser pour construire des ponts, des routes...
Les préfets de Vendée et de Haute-Vienne ont ainsi accordé plusieurs autorisations. En bénéficient notamment la société Jean Lefebvre, sur la commune de Compreignac, et la SCREG-Ouest, sur la commune de Saint-Sylvestre, en Haute-Vienne. Mais il y en a bien d'autres!
Encore une fois, comment comparer un minerai en bloc compact sous la terre et ce même minerai réduit en poudre et répandu à la surface du sol ?
On n'obtient pas le même breuvage en faisant infuser des grains de café ou du café moulu !
Le vent emporte et dissémine les fines poussières à des kilomètres à la ronde, et les pluies se chargent de particules.
La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) a d'ailleurs révisé à la baisse les normes qu'elle avait précédemment édictées: elles sont passées de 5 millisieverts par an (le sievert remplace le rem. 1 sievert = 100 rems) pour la population à seulement 2 millisieverts. Ces chiffres n'ayant valeur que de recommandations, la France a d'ailleurs préféré s'en tenir aux bonnes vieilles normes ! Pour donner un ordre d'idée, la radioactivité naturelle en France (aussi nocive que l'artificielle) inflige en moyenne 1 millisievert par an.
La CIPR estime que 10 millisieverts reçus par un million de personnes généreront 500 décès par cancer ;
pour l'Académie des sciences américaine, cette dose entraînerait 800 morts par cancer ;
pour la Fondation américano-japonaise pour la recherche sur les effets des rayonnements: 1740 morts;
et pour l'équipe de chercheurs américains dirigée par le Dr Mancuso, de l'université de Pittsburgh : 6 000. morts .....
Nous avons demandé à la CRII-RAD de mesurer le taux de radon à proximité d'une bouche d'aération de la mine désaffectée des Vieilles Sagnes, sur la commune de Saint-Sylvestre. Une précédente mesure effectuée dans cet orifice, en février 92, à un mètre de profondeur, avait révélé des taux de radon dans l'air faramineux : plus d'un million de becquerels par m3 d'air ! A un mètre du sol et à une distance de 10 m de la bouche d'aération, on trouve encore 8 308 Bq/ m3 ; à 15 m : 1420 Bq/m3 et à 30 m : 721 Bq/m3. Voilà ce que respirent les enfants qui viennent jouer dans ces lieux, dont la plupart n'étaient pas même clôturés il y a trois mois de cela.....
Les habitants de Bessines, excédés de voir dégouliner des boues rosâtres dans les rues de leur ville, ont demandé à la CRIIRAD, un laboratoire indépendant, de mesurer le taux de radioactivité de ces boues et des mousses qui poussaient sur le mur bordant la route empruntée par les camions. ....
Réponse de la CRIIRAD: plus de 100 000 becquerels par kg de matières sèches pour les boues dont plus de 25 000 becquerels imputables au seul radium 226, et plus de 30 000 pour les mousses. .....
Avant 1987, ces boues étaient envoyées plus près encore de l'usine SIMO, dans l'ancienne mine du Brugeaud et dans le bassin de Lavaugrasse, transformé aujourd'hui en vaste lac de plusieurs hectares où il ne ferait pas bon se baigner, sous peine de profiter des ... 141000 milliards de becquerels de radium 226 qu'il renferme, ce que les canards semblent ignorer ! ......
A une quarantaine de kilomètres de là, à Jouac, une autre usine de traitement est exploitée par Total compagnie minière, une filiale du groupe Total. Le minerai est actuellement extrait d'une mine souterraine, mais celles à ciel ouvert qui ne sont plus exploitées servent de dépôts pour les boues résiduelles. Impossible pour les
L'enquête , " Pièces à conviction" du 11 février, nous donnera l'état de la situation actuelle de la contamination de la France par la radioactivité.
riverains de soupçonner ce qui se passe derrière les immenses tas de stériles qui ceinturent le site. Que l'on imagine un lac de boues gigantesque s'étendant sur des dizaines d'hectares, où l'on ne voit guère que des arbres morts et des bidons vides . Dans l'ancienne mine de Margnac, au sud de Bessines, c'est la Cogema qui se débarrasse de ses détritus ! ......