Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
La voiture roulait lentement dans un monde fuyant et torturé par les éléments quand une lumière étincelante nous aveugla tandis qu’on était secoué par un choc terrible. Le bruit nous avait assommés ! Quand on retrouva nos esprits, notre véhicule était immobilisé, prisonnier entre deux arbres. Nous étions sains et saufs, Alex entrouvrit sa portière et surexcité cria : « Avec ton tracteur, quelques manœuvres suffiront et on sortira par le champ ! C’est miraculeux ! » La pluie mêlée de grêlons se remit à fouetter nos vitres. « Mais, qu’est-ce que tu attends mon vieux, démarre ! hurla-t-il » Il ne se rendait pas compte que je tournais la clef mais que le moteur restait silencieux : « Plus de batteries, mon vieux ! dis-je calmement » C’est alors qu’il entra dans une rage terrible , je ne le connaissais pas sous cet aspect et je fus très étonné de son comportement .d’autant plus qu’il se mit à m’invectiver violemment, me traitant de tous les noms : « Espèce d’incapable avec une voiture de merde ! Pauvre mec ! Sale bouseux ! » . J’étais abasourdi, mais je repris rapidement conscience de la réalité de la situation, Alex avait subi un choc, il était complètement déstabilisé. De plus, après deux trimestres, fatigué par une classe difficile, ses nerfs avaient lâché, c’était la seule explication. Devant ce déchaînement de folie, je restai calme. La pluie de grêlons avait cessé, je sortis de la voiture et j’ouvris le capot. La foudre avait endommagé les cosses de batterie. Avec ma boîte à outils, je me mis au travail, j’aimais bricoler les moteurs mais cette fois, il s’agissait de réussir mon bidouillage ! Enfin, tout semblait en ordre, je tournai la clef, le moteur tournait. Heureux, je m’exclamai : « Victoire ! ça tourne ! » Je donnai quelques tapes amicales sur le capot en murmurant : « Merci ma brave titine ! ». Appliqué et l’esprit entièrement mobilisé par le dépannage, j’avais complètement oublié Alex. Il n’était plus dans la voiture et je ne le voyais nulle part aux alentours. Après plusieurs manœuvres, je réussis enfin à dégager mon véhicule et je fis une centaine de mètres en scrutant la forêt qui s’étendait sur ma gauche. Je garai la voiture dans un pré, à une bonne distance des arbres, je ne voulais pas la retrouver aplatie sous un sapin, brisé par le déchaînement de la tempête. Je partis à pied à la recherche d’Alex. Où pouvait-il s’être réfugié ? Je me sentais démuni d’imagination. Les rafales de vent redoublaient de violence, c’était maintenant un ouragan qui balayait les travées de la forêt et fauchait des lignes d’arbres qui s’écroulaient comme des fétus de paille. Dans cet enfer grondant et meurtrier, je fouillais le sous-bois du regard, espérant découvrir mon copain, blotti contre un tronc ou terré dans une ornière. L’inquiétude me gagnait, je devais retrouver Alex au plus vite ! J’affrontais les éléments fous qui me guettaient à chaque pas. ( à suivre )