Le tombeau des souvenirs ( suite )
<< .. La situation était grave, il fallait remédier à ça le plus rapidement possible ! Il y avait eu une erreur de jugement ! La deuxième compagnie de Chasseurs Ardennais et son Commandant étaient toujours prêts à colmater les brèches ! Notre commandant ne se cachait pas dans un P.C bien abrité, non, il était au milieu de ses hommes ! C'était le Commandant Pirnay
Colmater les brèches ! Ce n'était pas une partie de plaisir ! Notre progression était difficile. Il fallait atteindre la Dendre et tenir ! Les Allemands ne devaient pas traverser ce cours d'eau ! On s’ installa en face avec des objectifs précis, arroser régulièrement le long de la rivière, en enfilade Nous étions à proximité de Perwez . Je sais que les Anglais étaient à notre droite et qu'ils s’étaient repliés mais nous devions résister ! On a tout de même décroché, mais on nous a remis en position plus loin, plus à l'ouest, sans protection, c'était aller au devant de la mort ! Les cocos étaient dans un petit bois, il fallait les déloger ! Nouvel ordre aux mitrailleurs : direction le fossé, face au petit bois ! Notre protection n'était pas extraordinaire cependant, on s'y sentit mieux !.. >>
Un article de journal complète le récit :
Document reprit dans : La Belgique au combat – Mai 40- Chasseurs Ardennais.
A hauteur de Perwez, la 1ère Division de Chasseurs Ardennais est à nouveau engagée sur la Dendre le 17 mai. L'ennemi prend contact dans l'après-midi du 18 mai et se montre pressant notamment à Termonde et à Alost. Dans la nuit, les Allemands tentent le passage de la Dendre par surprise sur des canots pneumatiques. Une fois, deux fois, dix fois, le barrage de feu les refoule. A l'aube, c'est l'accalmie pour quelques heures, mais les Anglais qui sont à droite de la Division annoncent qu'ils se replient à 11 heures.... Vers 13 heures, la position n'est plus tenable, sauf s'y faire clouer. Le décrochage se paie de lourdes pertes. Et la lutte recommença sur une première position intermédiaire, à cinq km à l'ouest, sans tranchée, sans obstacle valable, sans rien qui puisse sembler une aide à l'homme. On y tient cependant jusqu'aux environs de 20 heures et, après un arrêt à hauteur de Westrem, la Division rentre dans la tête de pont de Gand vers minuit, ayant chèrement acquis le temps nécessaire à l'armée pour l'organisation et l'occupation de la nouvelle ligne de bataille. ( à suivre )