Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
Par Anne ROMANOFF
NORMAL 1er
Dès le début de son règne, Normal 1er montra
qu’il voulait, en rupture avec les habitudes
prises par son prédcesseur, aller vers plus de
simplicité dans l’exercice du pouvoir.
Ainsi, le jour de son investiture, il plut à verse
mais Normal 1er se refusa à prendre un
parapluie. L’eau dégoulina sur ses lunettes
transparentes, son costume était trempé mais
Normal 1er affronta les intempries avec une
dignité qui força le respect.
C’était sa façon de faire face aux obstacles :
les ignorer, serrer les poings et attendre que l’orage passe.
Le peuple s’enthousiasma pour Normal 1er et
son style sans ostentation.
Pourquoi
prendre l’avion ?, s’indignait-il. Je voyagerai
en train comme un citoyen ordinaire.
Normal 1er serrait chaleureusement les mains
de tous les sujets du royaume, faisait des
bisous aux enfants dans les écoles et avait un
mot aimable pour chacun.
Il nomma le bourgmestre de Nantes, sieur
Ayrault, un homme calme et sérieux,
gouverneur du royaume. Sieur Ayrault de
Nantes était tellement raisonnable qu’il avait
du mal à canaliser la fougue de ses ministres.
Ainsi, le duc de Peillon annonçait
rgulièrement des mesures surprenantes sans
jamais avoir consulté au préalable le
gouverneur. La vicomtesse Duflot de Paroles
avait fait sienne cette devise :
" Toujours
insoumise, mais démise".
Quant au comte Valls d’vry,
il prenait chaque jour des
initiatives musclés que le bon peuple
appréciait, trouvant chez lui la poigne qui
faisait tant défaut à Normal 1er.
Las, les caisses de l’état étaient vides, les
fabriques fermaient les unes après les autres.
Le chevalier de Montebourg, chargé de
redresser l’activité du royaume, avait beau
tempêter, pester, s’indigner, rien n’y faisait.
Quant au vicomte Sapin de Langue de Bois, il
se plaisait répéter que Normal 1er n’était en
rien responsable de l’état de délabrement
dans lequel il avait trouvé le royaume. C’est
la marquise Chazal de la Une qui osa enfin
poser à Normal 1er une question d’une terrible
insolence :
Qu’allez-vous faire maintenant ?
Le souverain la rassura :
Ne vous inquitez pas, j’ai tout noté dans mon
agenda.
Normal 1er n’eut d’autre choix que
d’augmenter les impôts, mais dans le même
temps il engagea des milliers d’agents publics.
Ses conseillers s’inquiétèrent :
Comment
pouvez-vous réduire la dette du royaume si
vous augmentez les dépenses ? Normal 1er
éluda ; à ceux qui insistaient, il répondit :
On
verra. C’était la tactique qui avait fait son
succès, naviguer à vue au gré des
événements, courber la tête, attendre les
éclaircies et au besoin faire demi-tour devant
l’adversité.
Ainsi, en voyage aux Amériques, Normal 1er
préfra rebrousser chemin plutôt que d’aller
saluer publiquement la comtesse Ségolène du
Poitou, qu’il avait pourtant aimé pendant
plus de vingt ans.
On murmura que c’était pour éviter de
susciter le courroux de sa favorite, la belle
duchesse de Trierweiller, qui jalousait la
comtesse du Poitou au-delà du raisonnable.
Mais la principale interrogation n’était pas là :
cet homme tranquille et intelligent, n’était-il
pas trop ordinaire pour faire face à une crise
aussi extraordinaire ?