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La Lorraine résistante ...

 

La Mothe, une cité florissante du Duché de Lorraine

 

 

Par une charte du comte de Bar Thibaut (charte d'affranchissement du château de Saint-Hilairemont, ancien nom de La Mothe), la citadelle de la Mothe fut fondée sur un promontoire isolé de 506 mètres d'altitude, en limite du Duché de Lorraine,  qui était un État d'Empire.

Plus tard,  cette citadelle fortifiée devint la ville la plus puissante de Lorraine après Nancy, la capitale du duché. C’était un important centre commercial et militaire, la cité  compta jusqu'à quatre mille habitants et soldats.

La Place forte dominait la rivière du Mouzon de 190 mètres. Elle était longue d’environ 700 mètres, et large de 250 mètres.

Elle était puissamment fortifiée :

8 bastions reliés par une courtine haute de 20 mètres, précédée d'un large fossé taillé dans le roc et profond d’environ 2,50 m, lui-même défendu par une contrescarpe, imposant ouvrage extérieur en maçonnerie.

 

 

 

 

                                            Maquette du château de la Mothe

 

Pendant la Guerre de trente ans, le duc de Lorraine prit  parti pour son suzerain l'Empereur, contre son cousin le roi de France.

Charles IV, le Duc de Lorraine, perdit  toutes ses possessions excepté la Mothe

 

Premier siège de La Mothe :


Au commencement de ce siège, les troupes françaises n’ avaient qu’un objectif, la dévastation et le ravage de la Lorraine. Les français  allumèrent incendies sur incendies à Outremécourt,  Sauville,  Vrécourt et  Parey, où 92 maisons furent consumées dans une seule nuit. Richelieu voulait soumettre la Lorraine et pour y parvenir tout était bon. Il s'agissait d'exterminer les Lorrains si nécessaire.

 

Le 21 juin, M. de Choiseul, un combattant de la cité de La Mothe, tomba, frappé d’un éclat de boulet. On cacha sa mort à toute la ville pour ne pas la décourager . De Germainvilliers père, lui succéda. Dans la nuit du 25 au 26 juillet, le bastion Saint Nicolas sauta d’un coup de mine tiré par l’ennemi.  Le Marquis de Villeroy avait pris le commandement des forces royales le 24 juin 1634 , ce fut lui, qui réduit en quatre jours le bastion Sainte-Barbe. Dès lors, les assiégés comprirent qu’une plus longue résistance devenait impossible, ils se rendirent et obtinrent une capitulation, qui permettait à la garnison «  de sortir avec armes et bagages, tambours battants, enseignes déployées, mèches allumées pour se rendre à Jonvelle, en Franche-Comté. La cité avait résisté cent quarante et un jours et ne se rendit au cardinal de Richelieu que le 26 juillet 1634.

 

 En 1641, la cité de la Mothe fut rétrocédée au Duc de Lorraine qui s’était réconcilié avec le Roi de France.

 

                                                                     Vestiges de La Mothe

 

Deuxième siège de La Mothe :

 

La cité fut assiégée du 25 juillet au 31 août 1642 par Du Hallier, gouverneur de Nancy et fut libérée par le Duc Charles IV qui écrasa l’armée française à Liffol-le-Grand.

 

Troisième siège de la Mothe en décembre 1642 qui dura jusqu’à la mort de Louis XIII, en mai 1643

 

Quatrième siège de la Mothe :

 

Mazarin décida de poursuivre l’œuvre de Richelieu et en décembre 1643, il reprit le siège de la cité .La ville se défendit avec courage ; Toute la population était au combat. Le chanoine Héraudel était un tireur d’élite, d’un coup de mousquet, il tua Magaloti sous le bastion de Vaudémont. Pour la première fois en Europe, on utilisa des bombes. Les prodiges de valeur des assiégés durent s’incliner devant les brèches faites par les mines aux bastions et aux murailles . La défense devenant de plus en plus difficile et périlleuse. Cliquot fut obligé de demander à capituler

Le premier  juillet 1645, après deux cent cinq jours de résistance, usés par les combats et la famine, les assiégés se rendirent.

 

 

 

 

La capitulation, signée le 1° juillet 1645, permettait :

1° au gouverneur, aux officiers et soldats, des sortir de la place, avec vie et liberté associées, armes et bagages, mèches allumées, enseignes déployées, tambours battants, deux pièces de canon, et les meubles de son Altesse le Duc de Lorraine, pour être conduits en toute sûreté, aux dépens de sa Majesté très chrétienne (le roi Louis XIV) jusqu’à Longwy.

2° Aux bourgeois « de demeurer à volonté dans la ville, ou ailleurs où bon leur semblera, étant conservés en leur vie, libertés et biens, dans quelques lieux qu’ils soient, comme cy- devant… »


Contrairement à ce qui avait été convenu lors des accords de reddition, Mazarin fit démolir non seulement les fortifications, mais aussi tous les bâtiments : la ville fut entièrement rasée. La population, évaluée à 3000 personnes, fut chassée de la cité de La Mothe


Après une existence de trois cent quatre-vingt-sept ans, La Mothe n'était plus qu'une vaste ruine. Ce fut la fin de la Lorraine en tant qu' état souverain. Les ducs de Lorraine devinrent  des vassaux des Bourbons de France, jusqu'au rattachement officiel à la France  en 1766.

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