Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
Premier message
Par une chaude journée de juillet 1425, Jehanne et ses amis, Hauviette, Mengette, le grand Colas, Michel Lebuin, Colin et Pierrelot, son jeune frère, étaient partis au bois chenu, garder le troupeau communal. Leur tour était de nouveau arrivé de mener les animaux pâturer les herbages. C’était une grande responsabilité la garde de tous ces animaux, vaches, moutons, chèvres et même, porcs, que les enfants laissaient patauger le long de la Meuse. En automne, ils les menaient à la glandée, dans la forêt de chênes toute proche. Comme toujours, la troupe joyeuse s’amusait et riait aux éclats. Tous ces enfants avaient grandi, Jehanne avait treize ans, .les filles s’installèrent avec leur tricot ou leur couture, tandis que les garçons taillaient des bâtons et discutaient sérieusement. La rudesse de la vie avait forgé les caractères à l’image de l’époque., anxieux, aux aguets et toujours sur la défensive. Penchées sur leur ouvrage, les filles semblaient plus calmes ! Mais il ne fallait pas s’y tromper, ces jeunes filles savaient ce qu’elles voulaient !
La conversation animée des garçons parvint aux oreilles des filles qui levèrent la tête. C’était Pierrelot, le plus jeune , qui tapait du pied en criant :
- Pourquoi que je suis toujours trop jeune pour vous suivre ? Je veux partir à la guerre, comme mon frère Jean !
Le grand Colas le consolait en lui disant :
- Bien sûr que tu viendras avec nous, mais un peu plus tard !
- C’est vrai ça ? demanda Pierrelot
- C’est toi qui décideras, quand tu auras quinze ans, comme ton frère Jean ! ajouta Michel Lebuin.
Jehanne se leva et essaya de calmer son frère :
- Pierrelot, tous les garçons ne peuvent pas partir faire la guerre, on a besoin d’hommes pour travailler dans les champs, labourer, semer, moissonner, battre les récoltes ! Qui ferait ces durs travaux ?
- Jehannette a raison ! rétorqua Mengette
Mais les garçons ne furent pas de cet avis, la discussion s’envenima . De sa grosse voix, Colin expliqua avec sérieux, en fixant Jehanne :
- Travailler les champs, élever des animaux, oui ! Mais pour cela, il faut faire la guerre pour chasser tous ces brigands qui nous saignent sans cesse !
- Ce n’est pas une vie d’être toujours sur le qui-vive ! hurla Michel Lebuin
Les cloches sonnèrent midi, tourmentée par la rude conversation des garçons, Jehanne avait oublié d’aller chercher le panier du repas, c’était son tour, elle partit aussitôt ! Elle dévala de la colline à toutes jambes et arriva au village tout essoufflée . Sa mère s’inquiéta :
- Jeannette, que se passe-t-il ? Pourquoi courir si vite à t’en rendre malade ?
- Tout va bien, mère ! Mais je suis en retard et ils ont tous faim !
Ma Jehannette était trop absorbée par son tricot, pensa Isabelle. Jehanne prit le panier et fila par le potager, pour aller plus vite !
Les cloches sonnaient la répétition de midi quand Jehanne fut clouée sur place par une lueur fulgurante et étincelante d’étoiles qui éblouissaient ses yeux figés de peur ! Des voix murmuraient :
« Jehanne, il te faut changer et accepter d’aller faire la guerre ! Dieu t’a choisie pour aider le Dauphin Charles ! Jehanne, c’est la volonté de Dieu ! Cours au secours du Dauphin et sauve le Royaume de France ! »
Jehanne reconnut sainte Marguerite, sainte Catherine et l’archange Saint Michel, elle tomba à genoux et répondit :
- Je ne peux pas ! C’est impossible ! Je ne suis qu’une fille, une paysanne !
Jehanne cacha son visage dans ses mains et se mit à trembler . Les Saints répétèrent d’une voix angoissée :
« Jehanne, il te faut changer de vie et voler au secours du Dauphin Charles, Dieu t’aidera ! »
Jehanne n’en pouvait plus, elle se courba jusqu’au sol en se tordant nerveusement les mains en répétant :
- Pardon ! Pardon ! Mais je ne peux pas ! Ce n’est pas possible !
Elle n’entendit plus rien, un grand silence l’entourait . Elle sentit le calme envahir son corps, elle se releva. Le potager avait repris son aspect de tous les jours, l’église ne portait plus d’auréole et les Saints avaient disparu ! Etourdie , Jehanne se posa des questions :
« Que m’est-il arrivé ? Suis-je malade ? Combien de temps suis-je restée agenouillée dans les légumes ?… »
Son regard rencontra le panier, elle pensa à ses amis et à leur appétit d’ogre, elle l’attrapa et fila à toute vitesse. Le comité d’accueil tempêtait :
- Enfin, te voilà ! Qu’est-ce que tu faisais ? On t’appelait de toutes nos forces ! Pourquoi ne répondais-tu pas ?
- Je suis fatiguée ! gémit Jehanne
Silencieuse et pensive, elle s’assit au pied d’un arbre et eut du mal à manger .