Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
Un tel nuage peut-il toucher la France ? « Si on va au bout du scénario catastrophe, il peut y avoir des retombées dans une large partie de l'hémisphère nord, y compris, dans de petites proportions, en France métropolitaine », a assuré hier la ministre de l'Écologie Nathalie Kociusko-Morizet ; comme pour montrer combien le gouvernement avait tiré les leçons de la catastrophe de Tchernobyl lors de laquelle les autorités françaises juraient que le nuage radioactif s'était arrêté à nos frontières…
Cette fois, le risque semble réellement moindre, étant donnée la distance que le vent doit parcourir entre le Japon et la France - 14 000 km contre 2 000 km entre Paris et Tchernobyl - et le fait que la concentration en particules radioactives (notamment l'iode 131 et le césium 137), diminue significativement avec la distance.
Toutefois, l'nstitut national de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a mis en place un dispositif de surveillance pour le territoire français, qui tiendra compte de « scénarios extrêmes », a déclaré mercredi le directeur général adjoint de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Les données collectées par 163 balises sont publiées en temps réel sur le site internet de l'IRSN (http://sws.irsn.fr/sws/mesure/index).
Enfin, l'Union européenne a appelé mercredi ses pays membres à effectuer des tests pour vérifier le niveau de radiation des produits alimentaires en provenance du Japon.
7 000 km au-dessus du Pacifique
L'arrivée du nuage radioactif japonais est sur toutes les lèvres, depuis le début de la semaine. Les simulations par ordinateur des experts en météorologie se sont confirmées : il a atteint la côte ouest des États-Unis après avoir survolé l'Alaska et Hawaï. Les premières particules (duxenon 133) ont été détectées hier matin (début de soirée en France) à Sacramento (Californie).
Est-ce dangereux pour la santé ? Comment se protéger ? Experts et autorités se succèdent pour donner une information aussi apaisante que possible, à coups de simulations par ordinateur et de fermes déclarations. Après une traversée de plus de 7 000 km au-dessus du Pacifique, le nuage aura perdu de sa dangerosité. Les niveaux de radiation qui subsistent seront de toute façon sans danger pour la santé, une déclaration corroborée par le président Obama lui-même, dans une intervention télévisée. N'empêche. Si la population ne cède pas à la panique, cela n'empêche pas la plupart des pharmacies d'être quand même en rupture de stocks de pastilles d'iode... et les magasins de compteurs Geiger.
« Bien sûr que je suis inquiet, explique Kreg, contrôleur aérien d'une quarantaine d'années. On nage en pleine incertitude et je suis bien convaincu qu'on ne nous dit pas tout. Je me sens surtout insuffisamment informé : on ne connaît pas le taux précis de radiation, par exemple. » La pluie annoncée entre dimanche et lundi renforce les craintes, cette fois d'une contamination potentielle et minime des sols. En attendant, certaines écoles ont préféré garder les enfants à l'intérieur, vendredi, par précaution.
Sources :
http://www.lemonde.fr/japon/infographie/2011/03/17/l-evolution-du-nuage-
radioactif_1494545_1492975.html