Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
L'Alsace du 15/04/2011 à 00:00
Ce texte a finalement été présenté hier, en même temps qu’une seconde motion déposée par le groupe majoritaire du président Charles Buttner (UMP). Tout en rappelant le travail effectué par la Commission locale d’information et de surveillance (Clis), présidée par Michel Habig, cette motion insiste sur plusieurs demandes que l’Autorité de sûreté nucléaire devra prendre en compte lors de son audit. L’une porte sur « le renforcement de la digue protégeant l’îlot nucléaire, en cas de rupture de la digue du Grand Canal d’Alsace ». Par ailleurs, « le conseil général exige que soient engagées, sans délai, des négociations avec la Suisse et l’Allemagne afin de définir un calendrier d’audits des onze autres réacteurs, cinq suisses et six allemands, existants dans le Rhin supérieur ».« Contrairement à la Clis de Fessenheim qui communique régulièrement, nous n’avons pas de nouvelles des centrales suisses ou allemandes, sauf en cas de gros incidents », a souligné Charles Buttner qui a divulgué une note plutôt inquiétante sur l’état des autres centrales du Rhin supérieur, notamment les réacteurs suisses.
Lors du débat, le Colmarien Frédéric Hilbert (EELV) est monté au créneau pour s’étonner que la majorité demande un nouvel audit, après ceux qui ont été réalisés. « La catastrophe de Fukushima montre que le nucléaire n’est jamais sûr », a-t-il soutenu. Selon son collègue écologiste Henri Stoll, « la question est de savoir comment sortir du nucléaire. On n’a jamais dit qu’on veut débrancher les centrales aujourd’hui, mais dans les 20 à 25 années qui viennent ».« Qu’on commence par Fessenheim qui est la doyenne », a-t-il cependant lancé, faisant réagir Charles Buttner qui craint qu’ « on stigmatise la seule centrale de Fessenheim ». Toujours à gauche, le PS Hubert Miehé a plaidé pour « une démarche volontaire, incluant tout l’espace rhénan », tandis que le Mulhousien Pierre Freyburger a expliqué le refus d’EDF de fermer Fessenheim par « une affaire de gros sous ». « Les centrales les plus anciennes sont les plus rentables », a-t-il dénoncé.
Du côté de la majorité, le député UMP de Colmar, Éric Straumann, a indiqué qu’un rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire, daté de 2000, mentionne que « certaines fonctions de sauvegarde assurant le refroidissement du réacteur pourraient ne plus être assuréesen cas de séisme ». Il s’est dit « favorable à un débat national, et même à un référendum ».
« Évitons de faire peur aux gens, ne tombons pas dans la démagogie de nos amis strasbourgeois », a mis en garde le centriste Jean-Jacques Weber, en rappelant les besoins en courant électrique de la population et des entreprises. Le vice-président Francis Flury a relevé qu’ « aucune des deux motions ne demande la fermeture de la centrale ». « À quoi sert un arrêt de trois mois ? », a interrogé en écho le président Buttner. Désireux de trouver un consensus avec la gauche, il a proposé de « prendre en compte l’arrêt actuel de la tranche 2 pendant un an, et de demander que l’autorisation de remise en route de la tranche 1 ne soit pas délivrée avant les conclusions de l’audit de l’ASN ». Max Delmond ne pouvait que se réjouir de ces convergences… L’administration a été chargée de proposer une motion commune qui sera soumise aux élus, ce matin, lors de la commission permanente.
On sait qu’il y a de l’eau dans le gaz entre le président haut-rhinois, Charles Buttner, et ses homologues du conseil général du Bas-Rhin, Guy-Dominique Kennel, et du conseil régional Philippe Richert. Ces deux derniers souhaitent profiter de la présence au gouvernement de Richert pour avancer vers un conseil unique et organiser un référendum susceptible de montrer aux pouvoirs, actuel et futur, l’attachement des Alsaciens à une fusion des collectivités.
Or Charles Buttner et ses vice-présidents du « bureau exécutif », du moins les plus investis sur cette question comme Rémy With et Francis Flury, n’en veulent pas.. On ne connaîtra pas la position des autres élus, surtout des derniers entrés, le président du Département, ayant prévu un débat sur ce sujet à huis clos, le vendredi 6 mai. Soit la veille du débat — mais celui-là sera public — prévu par Philippe Richert à la Maison de la Région… En politique, il n’y a pas de hasard.
Ne voulant pas apparaître comme le chef des irréductibles Gaulois, Charles Buttner a voulu reprendre l’initiative hier, en s’inscrivant dans la réforme instaurant le conseiller territorial. Non sans rappeler que son assemblée a « refusé, à plusieurs reprises, de voir disparaître le Département dans une seule organisation recentralisée », il en a appelé à « expérimenter une inter-collectivité en Alsace », idée reprise, a-t-il souligné, dans l’accord signé avec ses homologues le 22 janvier.
Cette allocution n’appelait pas de réponse de l’opposition. « Votre attitude tire notre assemblée dans le ridicule. Elle est totalement ambiguë », a lâché Jo Spiegel (PS), défenseur depuis des années du conseil unique, en reprochant à Charles Butt-ner « son conservatisme et sa peur du résultat du référendum ». « On a une chance unique, mais nous préférons rester les ‘‘cantoniers’’ de la Région », s’est-il emporté. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’exécutif n’a pas apprécié sa sortie. Mais le débat était clos.
le 15/04/2011 à 00:00
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