Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
Fascination
C’était l’été dernier, je m’apprêtais à sortir avec de vieux amis quand, ne pouvant l’enfiler dans la boîte aux lettres, le facteur sonna et vint apporter une grande enveloppe brune et épaisse. Elle était adressée à mon frère. Aussitôt, il se mit à lire un paquet de feuilles dactylographiées accompagnées de coupures de journaux.
Je sortais, quand Paul me dit : « Attends ! »
Et il se remit à lire lentement, avec attention, son visage se crispait, des rides barraient son front et tout son être semblait accablé et plongé dans une terrible incompréhension.
Puis il leva les yeux et posa la liasse de feuilles sur la table. Il me fixa et dit :
« C’est une histoire incroyable qui se répète avec plus d’intensité ! Je ne t’ai jamais raconté cette singulière journée ! C’était il y a deux ans, quand j’étais en poste au Lycée du Puy en Velay, en Auvergne. Les vacances de février commençaient à peine, je me sentais seul et je préparais ma valise pour passer une semaine à Londres quand on frappa énergiquement à la porte. C’était un collègue, Alexandre dit Alex, esseulé comme moi, qui avait décidé de faire une excursion sur les volcans. Je trouvai cette idée fantastique et, installés sur le coin de mon bureau on se mit à préparer notre périple. On décida de partir dans ma voiture, mieux adaptée au tout terrain, car on avait l’intention de prendre des chemins de champs utilisés par les tracteurs.
Le lendemain matin, on était à Clermont-Ferrand, où on avait déposé nos sacs dans un petit hôtel du centre ville.
On prévint le patron qu’on ne serait peut-être pas présents la nuit prochaine, Alex lui dit qu’on partait vers le « puy de Dôme » et qu’on avait de quoi passer la nuit sous nos tentes, bien enfoncés dans nos sacs de couchage. Le brave homme répondit : « Il fait bon être jeune ! Je vous souhaite de vivre une belle aventure mais, soyez prudents ! » En riant, on s’exclama en chœur : « On ne risque pas une éruption ! » Emportés par notre enthousiasme, on partit. Je m’arrêtai à une station pour faire le plein de carburant et là, en parlant avec le gérant, on apprit que le temps allait se gâter et que la prudence était recommandée à tous les randonneurs qui prévoyaient d’aller sur les volcans, « C’est assez rare, mais ça arrive ! » ajouta l’homme « Il vaut mieux en tenir compte ! » On reprit la route, alors que je conduisais, Alex étudiait la carte et me suggéra d’aller à Orcines, d’où on aurait une route aménagée pour atteindre le sommet du volcan. Je me rangeai à son avis. Je pensais que ce serait bien d’aller dans une ferme et demander l’autorisation d’y planter nos tentes pour une ou deux nuits. Je fis part de cette idée à Alex qui la trouva originale. Nous rencontrâmes un couple de paysans âgés, très accueillants, qui nous offrirent leur bûcher, bien abrité du vent et de la pluie pour planter notre campement. Il était environ 10h et on ne voulait pas perdre de temps, nous partîmes donc aussitôt. On emprunta le sentier que les braves gens nous avaient indiqué. « Prenez ce chemin, vous serez seuls, mais c’est plus pittoresque que le chemin de randonnée - Les Muletirers- ! » Puis il avait ajouté : « Le Puy de Dôme, tout le monde y va, c’est notre volcan fétiche, il culmine à 1465 mètres au milieu du champ de volcans ! » On franchissait la barrière quand une bourrasque cassa une branche d’un gros marronnier, qu’un éclair zébra le ciel et qu’un grondement terrible déchira l’air. Le paysan, les mains en porte-voix, nous rappela : « Les garçons, ne partez pas, c’est trop dangereux ! » On revint vers lui tandis qu’une pluie mêlée de grêlons, gros comme des balles de ping-pong, se mirent à tomber en s’amoncelant contre le mur de l’étable. Sous le hangar, le bruit était assourdissant, les lauzes de l’habitation luttaient mais résistaient et le brave homme regardait ce spectacle avec anxiété. Quand l’averse cessa, après une interminable attente, il nous emmena chez lui où son épouse était effondrée et des larmes embuaient ses lunettes. Puis, la pauvre femme nous regarda et dit : « Ah les enfants ! heureusement que vous n’étiez pas là-haut ! » Nous n’en n’étions pas très heureux mais, elle avait peut-être raison ! Ils nous invitèrent à partager leur repas de midi. Nous leur confiâmes notre désir de découvrir les volcans que nous ne connaissions pas. Ils se mirent à parler de leur belle région et c’était très intéressant. « A mon avis, dit la dame, si vous désirez vous retrouver dans un monde étrange, ce serait bien que vous alliez vers Le Cézallier » Puis s’adressant à son mari : « Qu’est-ce que tu en penses ? » Il secoua la tête et dit : « Ah ça ! tu dis vrai ! il paraît même qu’on peut y rencontrer des fantômes ! » On éclata de rire et amusé, je dis : « Enfin, nos rêves vont enfin se réaliser ! » On les quitta en les remerciant, on reprit la voiture et cette fois, des averses de pluie sans grêle reprirent de plus belle.. ( à suivre )