Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 21:46

                             Le tombeau des souvenirs    ( suite )

j'ai demandé, hésitant :

- Brigadier...Dujardin ?

- Voilà ! C’est moi ! dit-il d’une voix enjouée

C’était un jeune gars, les cheveux blonds, courts, collés par la sueur ; il faisait ce qu'il pouvait avec bonne humeur, je me suis dit :

 «Calme-toi ! Si tu as eu des déconvenues, il n'y est pour rien ! »

 Il arriva vers moi en souriant et je me suis surpris en m'entendant parler sans colère :

- Ah ! Dujardin ! C'est toi ! Il paraît que tu es l'homme qui peut me fournir mon barda !

Il sourit encore et hocha la tête en chantonnant :

- Je suis presque la providence ! Mais tu es dans les derniers, presque tout le monde est servi ! Tiens, voilà ton sac ! Mais pour la bécane, va au sous-sol, c'est le garage !

En descendant, une odeur d'huile et de peinture me monta à la tête, je me pris à parler  seul :

«  Les pauvres gars, ils ne sont pas à la noce, çà manque de ventilation ! »

C’est alors qu’une voix m’interpella :

- Eh toi, le grand ! Qu'est-ce que tu cherches ?

- Un vélo !

- Il est bientôt temps que tu arrives ! Regarde !

En effet, il ne restait que des lignes de crochets presque vides et très peu de bicyclettes.

- C'est toi le mécano ? Lui demandais-je

- Oui, et alors ?

_Tu n'aurais pas une bécane, assez correcte et qui roule, à me filer ?

- Mon pauvre vieux, je n'ai pas le temps, cherche dans le reste ! Tiens, prends le numéro 13, je crois que c'est le meilleur !

Si Camille, si superstitieuse avait entendu cela, elle m’aurait dit que le 13 portait malheur, mais je n’avais pas le choix. Tout se bousculait dans ma tête ! Après réflexion, il n’y avait qu’un choix.

J'ai donc décroché le numéro 13, il ne me fallut pas longtemps pour juger de son état ! Il avait besoin d’être regonflé mais il était solide !

- Eh, le mécano ! Je sais que tu n'as pas le temps, mais où sont les pompes ? Je ne me vois pas rouler avec des pneus à plats ! C'est plus confortable quand ils sont gonflés !

Il  fit la sourde oreille,  j'ai donc élevé la voix :

- Alors ! Tu me la prêtes ta pompe, pour regonfler mon vieux tacot ?  ( à suivre )

Repost 0
11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 16:31

                            Le tombeau des souvenirs  ( suite )

                  Mon père dessinait …

Ce récit imprègne mon esprit ! Dans le silence du grenier, mon cœur bat si fort que j’ai l’impression de l’entendre frapper ma poitrine. Mon père a raconté sa guerre, c’était son secret !  J’ai l’impression d’entendre sa voix rieuse me dire : « Surprise ! Surprise ! Qu’en penses-tu ? ». Je tourne plusieurs pages couvertes de croquis et de dessins. Ils éveillent ma curiosité, il n’y a rien d’écrit dessous et j’imagine ce qu’ils veulent me dire. Le reste de l’agenda n’est qu’une suite d’arbres magnifiques, c’est un bois et au carrefour de quatre chemins forestiers, il y a un abri camouflé sous du lierre, entouré de fougères épaisses. Machinalement, je saisis le cahier suivant qui porte le chiffre 2, entouré et souligné de plusieurs traits. 

                              Un grand titre noircit la première page :

 « Où est cet introuvable Dujardin ? »

Cette fois, je m’installe dans un fauteuil, face au soleil couchant qui habille le ciel d’un voile pourpre et je reprends ma lecture :

« Dehors, je me suis retrouvé ballotté par des vagues humaines et mécaniques. Deux milles troufions et autant de bicyclettes, des sergents, des brigadiers et encore des sergents et des brigadiers se bousculaient, une vraie fourmilière mais pas de brigadier Dujardin !  Épuisé par des recherches infructueuses, je me suis assis sur des escaliers, à l'entrée d'un bâtiment. A peine installé, un sergent chef arriva vers moi en gesticulant et en hurlant comme un veau   :

- Que faites-vous là ?

- Je cherche le brigadier Dujardin !

- Et c'est comme çà que vous cherchez ! Corna-t-il à mes oreilles

- Arrêtez de crier mon adjudant ! J'en ai marre ! Je suis fatigué de chercher un certain brigadier Dujardin ! Dites- moi où je peux le trouver et j'irai !

Il se radoucit, ou plutôt, il comprit que j'étais à bout de nerfs, prêt à exploser. Il me dévisagea et dit avec un accent liégeois :

- Vous êtes un rappelé ?

- Oui mon adjudant ! Je viens de France !

- Bon ! Allez au dernier bâtiment de gauche, Dujardin distribue des masques à gaz !

             Après avoir encore affronté la machine humaine, je me suis  

             retrouvé devant un jeune brigadier, bien occupé. Ne sachant pas

si j'étais enfin devant le bon , j'ai demandé, hésitant :

- Brigadier...Dujardin ?  ( à suivre )

Repost 0
9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 16:51

Le tombeau des souvenirs  ( suite )

Cette découverte inattendue me surprend puis, tout en sortant les différents fascicules, une réaction émotive incontrôlable m’envahit. Chaque titre me projette dans le passé douloureux de mes parents.

 

  Je lis « 25 août 1939 »

Dans le silence du grenier, l’émotion s’empare de moi, mes mains tremblent et j’entends la voix calme et douce de mon père qui m’invite à lire ses souvenirs les plus intimes, ceux qui l’ont marqué dans son corps et dans son âme :

 

 « Tout a commencé le 25 août 1939... J'ai reçu un ordre de rappel pour une période de huit jours. La situation était très tendue, en faisant mes adieux, j'ai dit à Camille, les huit jours seront peut-être huit semaines ou huit mois, on ne sait jamais ! La tristesse a assombri son regard, j’ai dû la rassurer :

  • Ne t'inquiète pas Camille ! Je suis né sous une bonne étoile ! Tu sais que je trouve toujours des trèfles à quatre feuilles !

Mon beau-père m'a emmené à la gare, en voiture. Lui, toujours bavard et blagueur, resta muet. Il avait vécu la guerre d'avant...Verdun, les tranchées...  l'horreur !

En sautant dans le train, je me suis retourné et il me salua, comme un soldat ! Le train s'éloigna et ma main resta longtemps figée dans un salut d'au revoir.

Moi, le belge, je partais vers l'inconnu de mon destin.

A mon arrivée à Arlon, j'ai constaté que mon régiment d'infanterie était devenu un régiment de cyclistes, nommé 1er régiment de Chasseurs Ardennais. Une impression étrange m'a tout de suite envahi, il ne s'agissait pas d'une simple période de huit jours, comme les précédentes. La cour de la caserne était pleine d'hommes et de matériel. Mon ancien régiment qui comptait mille individus en comptait maintenant deux mille cinq cents. D'un bout à l'autre de la caserne résonnaient des ordres qui s'amplifiaient jusqu'à devenir des cris. L'adrénaline montait un peu partout. Les rappelés, comme moi, cherchaient leur équipement, surtout leur fameuse bicyclette !

 En pénétrant dans la cour, je me suis retrouvé plongé au milieu d'une foule bouillonnante et nerveuse. Après avoir traversé cette mer humaine, je me suis présenté au bureau de la 2ème Compagnie.

Là, j'ai présenté mon ordre de rappel, sitôt vu, le sous-officier articula nerveusement :

- Tire- toi ! Tu n'as rien à faire ici !

Etonné, je l'ai regardé dans les yeux, alors il ajouta en haussant le ton :

- Tu n'as plus rien à foutre ici !   ( à suivre )

Repost 0
8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 17:45

Le tombeau des souvenirs

Depuis plusieurs années, je prévois de faire du rangement au grenier. Le temps passe et toutes sortes d’évènements me font remettre ce grand ménage à plus tard. Cette fois, c’est décidé, je me lance. Seule, je pénètre dans ce grand débarras que nous appelons souvent : «  le tombeau des souvenirs oubliés ou cachés ! »

Quatre petites fenêtres, nichées sous le toit,  diffusent une clarté qui se cogne dans une multitude d’obstacles, des vieux meubles, des piles de cartons, des étagères, des sacs  et d’anciens luminaires suspendus aux poutres. Les araignées ont tissé des toiles merveilleuses, ce capharnaüm est devenu leur royaume ! D’un pas feutré, je m’aventure dans ce monde oublié et rempli de mystères ! L’atmosphère mystérieuse m’envoûte et inconsciemment, je me dirige vers les vieux fauteuils qui me servaient de refuge à l’adolescence, chaque fois que j’éprouvais le besoin d’être seule. Doucement, je retire les draps qui leur servent de housses. Autour, s’alignent des caisses de bois et trois magnifiques malles cloutées. A l’intérieur, des piles de livres et de revues s’entassent et feraient le bonheur d’un bouquiniste. Finalement, cette partie du grenier n’est pas en désordre, il n’y a rien à jeter, il suffit de passer l’aspirateur et de répertorier les contenus de chaque coffre. La fièvre de la découverte m’enivre, tous ces romans connus et inconnus envahissent mon esprit. Un coffre métallique jaune, fermé par un cadenas, attire mon attention, je ne me souviens pas l’avoir déjà vu. Assise sur un tabouret, je cherche comment ouvrir ce nouveau venu ! Il n’y a pas de clef, il suffit de tourner les mollettes et de trouver les bons chiffres. Je m’énerve, je commence à perdre patience quand la chance me sourit ! C’est ouvert ! A mon grand étonnement, il est rempli de carnets et de cahiers d’écoliers. Timidement, j’ouvre un agenda de 1939. Sous mes yeux, s’étale l’écriture fine de mon père, c’est à la fois émouvant et merveilleux. ( à suivre )

 

Repost 0
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 13:32

L'inconnue du lac ( suite )

 Angelo avait écrit :

 « A l’intention des gendarmes : Vous me trouverez au barrage et je vous prie de  renvoyer ma dépouille dans mon pays, à Mantoue, j’ai des cousins qui s’occuperont de ce qui restera de moi ! Ici, je ne serais qu’un fardeau pour Hélène, même au cimetière, je resterais pour beaucoup, un criminel ou au mieux, un suspect ! Aidez-la à vivre ! Merci »

 Tous les évènements se succédèrent rapidement, je respectai les dernières volontés d’Angelo. J’avais trouvé la force de suivre le déroulement de l’enquête  qui mena à la conclusion de l’affaire de l’inconnue du lac. « Soyez rassurée, l’ADN permet d’affirmer que la jeune fille ne portait pas l’enfant d’Angelo, le dossier est clos ! » me dit l’inspecteur. Les diverses investigations permirent de retrouver le père de ce petit être qui ne vit jamais le jour, c’était un maçon, marié et père de famille qui avoua avoir envoyé la jeune fille désespérée vers le jeune italo- français,  qu’il avait croisé au bistrot de Turin, complètement ivre.   

L’enquête est terminée et toute mon énergie m’a quittée. Mon esprit  troublé mène un combat difficile, la lutte interne est âpre. Seule sur ce quai de gare,  ma volonté de vivre ne tient plus qu’à un fil et maintenant, je crains la rechute.  ( Fin )

Repost 0
6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 16:24

L'inconnue du lac  ( suite )

Je l’ouvris et je  lus :

« Ma très chère Hélène,

Je ne peux plus vivre avec la suspicion qui pèse sur moi depuis quelques semaines. La vérité est que je connaissais très peu cette fille, je l’avais vue, un soir en Italie, à son bar. C’était en juillet, lors de mes vacances, j’étais avec des copains de ma rue que j’avais connus  vers six ou sept ans.  Elle était venue m’annoncer qu’elle était enceinte et que je devais l’épouser. Je lui répondis qu’elle avait beaucoup d’hommes dans sa vie et que ce n’était certainement pas moi, le « français d’adoption » que ses copains avaient saoulé à mort, qui pouvait être le père de cet enfant, j’étais sûr qu’il ne s’était rien passé entre nous . Quand je lui ai demandé comment elle avait eu mon nom et mon adresse, elle m’insulta, m’assura que j’allais voir de quoi elle était capable, fila avec sa voiture et c’est en marchant pour chasser cette fille de mes pensées que je t’ai vue, complètement désespérée sur le muret, prête à sauter dans le vide. Voilà toute la vérité que je n’ai pas eu le courage de  raconter à la police et maintenant, personne ne voudra penser que je suis innocent, il n’y a que toi qui puisses me croire. Pardonne–moi, je t’aime pour l’éternité.

                                                             Ton Angelo »

Je me mis à courir partout, j’appelais, je hurlais, les voisins accourus en catastrophe, appelèrent les gendarmes qui  arrivèrent très vite, Angelo était introuvable. Mes jambes ne semblaient plus me porter, j’allais m’effondrer quand le gendarme qui avait lu la lettre la retourna et me la montra.

 Angelo avait écrit :  ( à suivre )

Repost 0
5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 18:07

L'inconnue du lac  ( suite )

Je m’apprêtais à répondre quand un ami intervint : « Qu’est-ce que tu veux dire ? » « Rien ! répondit l’autre, c’était pour causer ! » « Alors, fou la paix à Hélène ! » rétorqua mon ami. Je ne parlai pas de cet incident à Angelo.

Nous étions au mois d’août et nous avions préparé notre séjour de vacances, trois semaines en Corse. Je pensais que ce dépaysement allait nous changer les idées et que notre quotidien reprendrait son cours .normal. On avait retenu un petit mobile home  et notre départ était prévu pour le huit septembre. Nous attendions ce moment avec impatience quand un appel téléphonique de notre loueur nous annonça que lors d’un orage, la foudre avait détruit plusieurs bungalows et qu’il ne pourrait nous loger qu’à compter du 16 septembre, soit une semaine plus tard.

Angelo prit cette nouvelle avec philosophie et nos employeurs, très compréhensifs, acceptèrent  de décaler nos congés d’une semaine. Pour le 14, au matin, la voiture était prête : « Départ à 6 heures ! » avait dit Angelo.

Je m’assis à la place passager et j’attendis, mon compagnon voulait vérifier les fenêtres et portes de la maison. Je regardai l’heure sur le tableau de bord, il était 6 h 15, je pensai : « On n’est pas à un quart d’heure près ! » Je me mis à lire un dépliant sur les Vosges, le temps passait et je m’inquiétai, il était 6h30, je rentrai à la maison et bien en évidence sur la table du salon, il y avait une enveloppe qui m’était adressée, c’était l’écriture d’Angelo. Je l’ouvris et je  lus : ( à suivre )

Repost 0
4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 14:34

L'inconnue du lac  ( suite )

Ce monde féerique m’envoûtait et alimentait mon imagination toujours prête à vagabonder au pays des magiciens. Angelo s’en amusait et, avec tendresse, murmurait gentiment : « Tu es une grande romantique mon Hélène ! Tu es merveilleuse, ne change rien ! » L’année nouvelle naquit joyeusement, après une nuit de réveillon et de flonflons, organisée par le club de loisirs de la ville. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas dansé avec autant d’enthousiasme ! 

Ce fut en juillet qu’un nouvel article parut dans le journal. il titrait : « Bientôt dix ans , l’inconnue du lac   livre ses secrets… » J’achetai le quotidien, je m’assis sur un banc du square et je me mis à lire : « L’inconnue a une identité, il s’agit de Graziella Monti, serveuse de bar à Turin. L’autopsie a révélé qu’elle était enceinte de cinq semaines. » Puis suivaient une série de questions : « Son état l’avait-il poussé à quitter ce monde ? Etait -elle chez nous par hasard ou était-elle venue voir quelqu’un ? Avait-elle sauté seule ou poussée par un meurtrier ? » Je mis le journal dans le fond de mon sac, cette macabre journée du 15 septembre inonda mon esprit, je me revoyais sur le parapet, prête à sauter et, comme en rêve,  la voix d’Angelo résonnait encore à mes oreilles ! En marchant vers la maison, l’angoisse me serrait la gorge, je luttais, je retenais mes larmes, je ne voulais pas sombrer dans l’angoisse : «  J’ai eu de la chance ! me dis-je, le destin a voulu que je croise mon sauveteur ! » En rentrant, Angelo comprit que j’étais tourmentée, il me rassura et  me dit : « Parle-moi, ça te fera du bien ! » Ce que je fis et cela jusqu’à une heure avancée, je m’en excusai : « Je sais que tu te lèves de bonne heure, pardonne-moi ! » Il sourit et affirma : « On avait besoin de parler ! Hélène, je ne veux pas te voir triste et inquiète !  » J’eus du mal à trouver le sommeil, le visage de la jeune fille, publié dans le journal ne cessait de me hanter. Epuisée, je finis par m’endormir.

Les jours qui suivirent, tous les magazines à sensation publièrent des articles de plus en plus détaillés sur la vie de Graziella Monti. On pouvait même y lire des soi-disant témoignages qui parlaient de sa vie intime, parler ainsi d’une morte me fit réagir violemment : « Non, ce ne sont que des voyeurs malsains ! » m’écriais-je. Un matin, alors que je prenais mon service, un collègue m’accosta : « Ton copain est bien originaire de Lombardie, comme la fille du lac ? » « Oui ! » répondis-je  et il ajouta : « Et si la fille était venue voir ton Angelo ? Tu ne t’es jamais posé la question ? » ( à suivre)

Repost 0
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 16:12

L'inconnue du lac  ( suite )

Il était contrarié et hésitant mais je l’encourageai : « Parle, tu es près de moi pour me soutenir ! Je t’écoute ! » Il reprit : « Un plaisancier qui faisait du bateau et plongeait dans le lac a découvert un véhicule ! J’ai appelé les gendarmes et tout a été très vite ! Des plongeurs ont repéré l’épave et elle a été sortie de l’eau ! Elle porte une immatriculation italienne et à première vue, ce serait la voiture de l’inconnue du lac !  » « Et alors ? » demandais-je. « Les gendarmes vont certainement faire des recherches, c’est normal ! » J’eus la  sensation de sombrer mais la voix rassurante d’Angelo me rappela au bon sens : « Hélène, cette découverte aidera à identifier cette jeune femme mais pour toi, rien a changé ! » Ma nuit fut un peu agitée cependant, le lendemain, je me sentais prête à entendre toutes les conversations et toutes les remarques des gens qui ne manqueraient certainement pas ! Ce fut une journée harassante où les commérages envahissaient toutes les conversations. Mes collègues ne firent aucune allusion à ma tentative de suicide, ils me connaissaient et savaient que j’avais lutté pour sortir de mon désespoir. Les semaines qui suivirent, les journaux publièrent de nombreux articles qui n’étaient que des rappels de ceux qui avaient déjà parus neuf ans plus tôt. C’est seulement en septembre, alors que nous étions en vacances en Alsace qu’un article révéla les résultats de l’enquête de gendarmerie. L’identité de la jeune femme était connue mais non divulguée et on apprit qu’elle était italienne et que c’était son frère, enquêteur, qui l’avait reconnue en compulsant des dossiers de personnes non identifiées, transmis par la police française. Cette lecture m’attrista et je murmurai à l’oreille d’Angelo : « Pauvre fille ! Quelle tristesse ! » Il me prit dans ses bras et ajouta : «  Triste destin ! » La suite de notre séjour, avec la visite du Haut-Koenigsbourg , de la volerie des aigles, de Strasbourg et sa majestueuse  cathédrale, une longue croisière  sur le Rhin , Obernai, les jolies maisons à colombages et  toutes les fenêtres illuminées de géraniums lierre nous offrait un spectacle enchanteur qui occupait toutes nos pensées. Quand la fin de nos vacances arriva, on regretta cette belle région et on se promit d’y revenir, ce qui n’était pas dans nos habitudes. On retrouva notre maison et on reprit  nos occupations. L’année s’acheva  avec des fêtes de Noël et de Nouvel An, sous une neige d’une blancheur immaculée, qui transformait le moindre monticule en mausolée ou en bouquet fantastique, les bruits devenaient des murmures et les moteurs ronronnaient doucement sous une couverture ouatinée. ( à suivre )

Repost 0
2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 18:22

L'inconnue du lac  ( suite )

Chaque voyage était préparé activement et avec beaucoup de soin, c’était toujours une aventure, car nous n’allions jamais au même endroit. Je vivais un rêve éveillé. Angelo lisait les guides touristiques et se documentait, il était curieux et s’intéressait à tout, il connaissait alors tout des lieux enchantés que nous visitions, c’était un guide merveilleux. Aucun nuage ne venait ternir notre bonheur ! C’était un compagnon très attentif et prévenant qui m’aidait autant physiquement que moralement. Il était fort et équilibré alors que j’étais encore trop émotive et assez fragile.

Les années passaient et j’étais heureuse de vivre. Avec le soutien d’Angelo, je m’épanouissais dans mon travail,  les responsabilités ne m’effrayaient plus, j’étais capable de parler sereinement  de ce qui avait provoqué mon désespoir et de tous les évènements de ce funèbre 15 septembre.

C’était en juin, la chaleur poussait les passants à flâner et à prendre un verre aux terrasses des bars. Il était 19 heures et je marchais, sans me presser, vers le grand square ombragé de platanes où je devais retrouver Angelo, car nous avions décidé de prendre notre repas dans un petit restaurant italien. Je m’assis sur un banc, face à un massif de fleurs magnifiques où toutes les teintes de rose émerveillaient les regards. La beauté de ce spectacle occupait mon esprit et alimentait mes rêves quand mon téléphone me rappela dans le monde réel. C’était Angelo, il semblait contrarié : « Ma petite Hélène, je suis retenu au barrage, je ne sais pas pour combien de temps ! » « Ne t’inquiète pas ! dis-je, ce n’est que partie remise ! » Je rentrai à la maison où la douceur de la soirée m’invita à me prélasser sur la balancelle. Angelo rentra vers 21heures, j’avais préparé un petit repas et en voyant la table, il s’exclama en m’embrassant : « ce petit festin de fête me redonne le moral ! » Je lui lançai un regard interrogatif, il comprit que j’attendais des explications, il me rassura : « Profitons déjà de toutes ces bonnes choses et je te raconterai après ! » Comme d’habitude, il me demanda si ma journée avait été bonne et comme tous les soirs, je lui racontai les bons et les mauvais moments. Avec quelques conseils, il m’aida à solutionner un ennui survenu lors d’une livraison puis, il m’entraîna vers le canapé et assis près de moi, il se mit à parler : « Maintenant, c’est à moi ! Mon retard est dû à un évènement imprévisible, je voulais éviter de parler de cela pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs, mais il le faut, tu l’aurais appris par les journaux ! » ( à suivre )

Repost 0

Présentation

  • : Les poubelles radioactives
  • Les poubelles radioactives
  • : Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
  • Contact

Recherche

Liens