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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 17:33

Bloavez mad.jpg

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 15:42

Le tombeau des souvenirs ( suite )

J'ai laissé mon père avec son téléphone, je reprends le cahier  et j'ouvre à la page de ma remarque qui n'est autre qu'une vieille photographie jaunie par le temps! Je l'ai trouvée au fond de la caisse et je n'ai jamais essayé de voir ce qui est encore visible, elle est blanchâtre et présente plusieurs pliures comme si elle avait été pliée en quatre ! Mon attention est attirée par une forme de visage, j'approche de la petite fenêtre illuminée de soleil, je distingue deux silhouettes de femmes, maman et sa cousine ! Toutes mes pensées vont vers elles, toutes deux me paraissent si jeunes !  L'atmosphère semble se charger d'une douceur infinie ! Alors que mon esprit voyage sur un nuage de tendresse, la réponse de mon père à son officier me fait bondir,

<<- Merde ! Merde ! M.........

Tous avaient entendu et demandèrent d'une voix blanche, presque éteinte :

- Qu'est- ce- qu'il y a ?

Je leur répondis en hurlant :

- Encore une fois, plus de permissions ! Alerte réelle ! Vous avez compris ! Alerte réelle, soyez vigilants !

On s'est mis à discuter, bien énervés ! Puis on décida de dormir encore un peu, mais le roupillon ne fut pas long ! Une heure après, le téléphone sonna de nouveau et l’officier hurla :

- Préparez le matériel de mise à feu !

Alors, je m'écriai :

- Ah dites -donc, çà va mal les gars ! Très mal ! Ce n’est pas une plaisanterie !

Personne n'avait plus envie de dormir, chacun tournait en rond,  grognait un peu et  attendait. Ce ne fut pas long, le téléphone nous sortit de notre torpeur, on se précipita sur l'appareil et on entendit :

- Amorcez la destruction !

Cela devenait plus grave, nous avions reçu une formation d’artificier, il fallait casser le carreau de l'armoire, décrocher la clef, sortir la cartouche avec la mèche, la fixer sur la charge, prendre le pli cacheté dans lequel se trouvait la marche à suivre en cas de catastrophe . A bout de nerfs, il fallait rester calme,  tout le monde écoutait, quand un copain qui était à un poste d'observation arriva en courant, annonçant que son poste venait d'être encerclé et qu'il était le seul à s'être échappé ! Il n'arrivait plus à parler tellement il avait couru, il était à bout de souffle. On le calma un peu avant de l'interroger :

  • C'étaient des boches ? Tu en es sûr ? Lui demandais-je.

Sans hésitation, il répondit :

  • Oui ! Oui ! J'en suis sûr et certain ! Ils seront bientôt ici !
  • Tu es un courageux, reste calme ! Où sont les autres ?

La voix haletante, il murmura :

  • Prisonniers ! Je crois ! Ou morts !

La situation de guerre se précisait, ce n'était plus de la rigolade ! La recommandation principale était, soyez vigilants ! C'était sérieux ! On était devant l'armoire à explosifs, prêts à casser la vitre. Un impressionnant silence s'installa, à l’écoute de tous les bruits, le moindre bruissement nous faisait sursauter ! La nuit  fit naître  l'angoisse et un grand sentiment d’insécurité. >>

                   ( à suivre )

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 22:21

            Le tombeau des souvenirs ( suite )

            Le récit continue :

<<...Alors, à quatre copains, souvent volontaires pour tuer le temps, nous avons levé la main et, c'est ainsi que nous avons pris la dernière garde à la frontière, le 9 mai 1940 à 13 h 30. Le temps resta beau toute la journée, nous étions à la lisière de la forêt, à un poste de destruction, à un carrefour, sur la route de Martelange à Bastogne, c'était le poste de Strainchamps. Le soir, j'ai dit aux copains :

- Vous pouvez roupiller, moi, je vais monter la garde et en même temps, je vais écrire à mes beaux-parents.

Je me suis retrouvé seul et tranquille avec mon chien. Nous avions trouvé cette pauvre bête dans la nature, il nous suivait partout et c'était un bon chien de garde ! Je crois même qu'il aurait mordu si quelqu'un était venu nous surprendre. Alors que j'écrivais, le téléphone sonna, il était minuit. J'ai décroché et :

- Allo, J'écoute !

- Ici l'officier de garde ! Je vous annonce une bonne nouvelle, les permissions sont rétablies !

Aussitôt, j'ai bondi vers les copains en criant :

- Hé les copains ! Çà y est, les permissions sont rétablies !

 Tout le monde était réveillé et moi, qui attendais ma permission depuis quinze jours, je n'étais pas le moins heureux. Après cette effervescence, au bout de quelques minutes, chacun s'était rendormi, heureux, et moi, j'ai continué à écrire. Je leur racontais que nous étions dans un poste de garde, quelque part en Belgique, pas trop mal logés, avec le téléphone et un poste émetteur pour donner l'alerte en cas d'incursion de l'ennemi. A une heure du matin, alors que j'allais me faire remplacer, le téléphone sonna de nouveau. La voix était plus excitée :

- Allô ! Ici l'officier de garde ! Alerte réelle ! Redoublez de vigilance...>> ( suivre )

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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:37

                  Le tombeau des souvenirs ( suite )

<< J'étais plébiscité ! Donc, toutes les semaines, je devais signer le cahier de la cuisine et donner mon avis sur la nourriture. C'était très bien, les cuistots malpropres avaient été changés ou lavés !  Par contre, je pense que c'est vraiment ce jour-là que  j'ai perdu ou qu'on a oublié de me donner mon petit galon de brigadier. Le Commandant a toujours pensé que j'avais organisé la grève de la gamelle ! C’est vrai qu’il n’avait pas tout à fait tord !      

Malgré tous ces petits incidents, le mois de mai arriva avec le beau temps et un bon moral ! Il fallait en profiter pour s'installer convenablement ! Nous avons arrangé un parterre de fleurs près de la baraque et planté un mât en haut duquel on hissa le fanion des chasseurs mitrailleurs qui était une roue avec l'étoile des mitrailleurs et une hure de sanglier. Autour de nous, tout était lumineux et calme, le printemps chantait partout !... >>

 

Au milieu de ce fatras de livres et de feuillets, je ferme les yeux pour écouter ma mémoire ! Dans cette attente fébrile de la guerre, je ressens l'envie de vivre de tous ces jeunes hommes, le réveil de la nature leur donne l'espoir !  Avec mon père, je respire cet air de printemps et mon regard court sur cet environnement  apaisant qui règne autour du  campement. Chaque instant de vie  est à prendre à bras le corps ! " Il faut éliminer tous les éléments négatifs et ne garder que le positif ! " répétait mon père . Il a écrit :

 

<<...On respirait cet air doux et on s'émerveillait devant cet endroit magnifique qui nous permettait de vivre un moment de sérénité ! Mais hélas ! Nous étions le 9 mai 1940 et pour beaucoup d'entre nous, c'était le dernier jour de calme et de bonheur et pour tous, nous  attendrons longtemps avant de retrouver une vie paisible.

Il était 11 heures, le sergent Grégoire nous dit :

- Je n'ai pas fait de tour de garde, mais, qui est volontaire pour aller relever la garde ?... >> ( suite )

 

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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 19:25

        Le tombeau des souvenirs ( suite )

Au milieu de ce grenier, je sens monter la colère qui envahissait  mon père, il luttait contre toutes les injustices ! Ce n’était pas son genre de  rester silencieux et inactif devant ce genre d’ évènement et surtout, il ne pouvait  pas laisser punir injustement un ami...

 

               9 mai 1940 ..... Le sermon

 

<< L'après-midi, alors que tout était calme et silencieux, on entendit une voiture, le Commandant ! C'était un homme aux cheveux gris ! Entre nous, on se dit :

  Voilà le vieux grisou qui vient nous passer un savon !

 La porte s'ouvrit, il descendit calmement, s’avança vers nous et commanda :

- A l'ordre ! Repos !

 Puis, ce fut le sermon.

Quel sermon ! Un Commandant pour nous parler de la bouffe, incroyable !

- Messieurs les militaires, jusqu'à aujourd'hui, vous avez accompli un bon service dans toutes les Compagnies où vous êtes allés en subsistance, je n'ai jamais eu de mauvais rapports vous concernant ! Mais aujourd'hui, je vous méprise ! ! ! Pourquoi n'avez-vous pas mangé votre nourriture ? J'espère que vous avez fait des achats ! Vous êtes riches ! De nouveau, je vous le demande :

  •    Pourquoi n'avez vous pas mangé la gamelle ?

 Aucune réponse ! Devant ce silence, il continua :

- Elle était pourtant bonne, vous aviez de la viande rôtie et de bons légumes ! Encore une fois, pourquoi n'avez-vous pas mangé ?

Personne ne bronchait, le silence complet, c’était insupportable, je me suis dit :

  Allez, dévoue-toi encore une fois ! Alors je suis intervenu :

- Vous permettez mon Commandant ?

- Ah ! Voilà un protestataire ! Qu'est-ce qui ne va pas ?

- Hier, mon Commandant, un de nos camarades qui a déclaré que notre bouffe était juste bonne pour les cochons,  a été menacé de punition sévère ! Comme nous ne voulons pas qu'un copain soit puni pour avoir dit la vérité, nous avons décidé de faire front et de ne pas prendre la gamelle, aujourd'hui ! S’il doit être puni, punissez-nous aussi ! Mon Commandant, nous sommes allés en subsistance dans d'autres compagnies et la nourriture était meilleure et surtout plus propre ! Je pense qu'à la deuxième compagnie, on a mis les gars qui ne savent rien faire aux cuisines et je crois même qu'ils ne se lavent que quand ils ont le temps ou quand il pleut !

- Très bien soldat, à compter d'aujourd'hui, vous aurez un intermédiaire de ménage, spécial pour les mitrailleurs ! Veuillez en nommer un !

           A ce moment-là, tout le peloton a crié mon nom. >>

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29 décembre 2016 4 29 /12 /décembre /2016 16:31

Le tombeau des souvenirs  ( suite )

Je me souviens du regard amusé de mon père quand il nous disait : " Quelle aubaine ! J'allais être décoré de la sardine de brigadier ! Pauvre petit poisson innocent ! ! ! disait-il malicieusement  ."

Je reprends le cours du récit :

<< Un jour, l'ami Gomès qui habitait à la frontière, est parti en permission en France, dans les Ardennes. Avant son départ, il me dit :

 - Mon vieux, j'irai rassurer ta femme !

 Et moi de lui répondre en plaisantant :

 - Mon Gomès, tu peux y aller, mais vas-y proprement....

Le fils de l'instituteur, un gamin de quatre ou cinq ans qui était là avec son père qui venait faire la causette presque tous les soirs, m'avait entendu et la première chose qu'il raconta à sa mère en rentrant fut :

- Tu sais maman, le grand soldat a dit à son copain qui doit aller dire bonjour à sa femme : vas-y, mais vas-y proprement !

En nous rapportant ce propos, l’instituteur éclata de rire.

Quelques semaines plus tard, changement de lieu, nous étions installés à Chaumont, les mitrailleurs, toujours à part.

 Avril 1940, le capitaine vint nous rendre visite alors que nous creusions  des tranchées et élevions des barbettes.

Une barbette, c’est une plate-forme un peu élevée permettant le tir de la mitrailleuse par-dessus la protection de la tranchée.

 - Faites-les bien celles-ci, car ce sont les dernières ! dit le Capitaine avant de nous quitter.

 Il sentait arriver l'orage !

Tous les gars étaient exténués, ils avaient les nerfs à fleur de peau et de surcroît, la nourriture n'était pas trop bonne et surtout, les cuistots étaient malpropres. Un soir, la bouffe était tellement moche qu'un copain, en allant chercher sa gamelle au camion s'écria :

 « C'est de la bouffe pour les cochons ! »

 et il balança sa gamelle dans le caniveau. Le sergent fourrier qui accompagnait le chauffeur lui dit :

 - Demain, vous viendrez vous expliquer au bureau !

 Oser manifester son mécontentement, surtout devant les civils qui étaient là, c'était grave ! La punition risquait d'être sévère ! Alors, le lendemain à midi, on a tous décidé de ne pas aller chercher la gamelle à la roulante ! Le camion arriva, personne ne bougea et il repartit à la Compagnie avec la bouffe des quarante mitrailleurs ! >>

 

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28 décembre 2016 3 28 /12 /décembre /2016 16:43

         Le tombeau des souvenirs  ( suite )

 << Un jour, le lieutenant me prit à part pour me dire :

 - Soldat, vous allez être nommé brigadier, vous ne monterez plus la garde mais il y a quelques autres contraintes, vous serez responsable de cantonnement, vous répondrez au téléphone, vous ferez l'appel tous les soirs et surtout, vous n'oublierez pas de signaler les absents.

 

C'était, paraît-il, la planque ! Et comme j'étais bien avec tout le monde, les copains ne m'ont jamais occasionné d'embêtements.

Nous sommes arrivés à Wisembach par une belle journée, on nous a logés dans la salle de danse du village, rien que les mitrailleurs, le reste de la compagnie fut installé dans le « patelin » voisin. C'était calme !

Les gardes, les marches et les séances de tir se succédaient sans cesse et très vite, on n'avait pas le temps de penser et de faire autre chose. >>

               Quelques dessins  et des anecdotes agrémentent le récit suivant :

 

<< La « bouffe » n'était pas exceptionnelle, mais on s'y faisait et on l'acceptait ! Sauf un jour où on a trouvé un journal dans la purée

Je me suis approché d'un officier qui mangeait, assis contre un tronc d’arbre et j’ai engagé la conversation :

- Mon capitaine, les nouvelles sont-elles bonnes ? Lui demandais-je

- Oui soldat, comme elles peuvent l’être ! Mais pourquoi me posez-vous cette question ?

Je lui ai montré le bout de journal dans ma gamelle en lui disant :

- Parce que nous, mon Capitaine, on ne lit pas les nouvelles du journal mais on nous les donne à manger !

Le capitaine se leva et constata.

 Il était surpris et désolé à la fois :

- Soldat, je vais faire le nécessaire pour que cela n'arrive plus !

- Merci mon Capitaine ! On ne demande pas l'impossible mais que ce soit propre ! dis-je

- Croyez que j'ai très bien compris soldat!

 Après ce jour, on n'a plus trouvé le journal dans la gamelle mais il y avait des hauts et des bas !

 Dans ce patelin, dont j’ai oublié le nom, j’ai été témoin d'une histoire peu commune ! C’était presque un fait divers qui aurait pu faire la une dans la rubrique santé de la gazette.

Le patron du bistrot était un forain qui faisait les fêtes en été et tenait son petit bistrot en hiver. Le père Borio, comme il se nommait, a eu un drôle de mal pendant qu'on était là ! Une incroyable constipation qui avait commencé bien avant notre arrivée,  il est resté 32 ou 36 jours sans aller à la selle, les docteurs ne voulaient plus le soigner et c'est un curé qui lui a donné une potion à base d’huile de ricin, une vraie purge ! Le jour qu'il s'est débouché, il était tellement heureux, qu'il a annoncé la nouvelle à tout le monde ! Le pauvre bonhomme fut bien soulagé ! Nous étions en lisière de la forêt d'Anlier, une des plus grandes forêts des Ardennes belges, il y avait beaucoup de lapins de garenne et les spécialistes des collets étaient à leur affaire ! Pour les quarante hommes que nous étions, il y avait de 50 à 60 collets tendus !  Certains jours,  nos braconniers ramenaient une dizaine de lapins.

Le père Borio nous a prêté une grosse cocotte et le copain charcutier, s'est déguisé en cuisinier, on a bien cassé  la croûte ! ( à suivre )

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 16:42

        Le tombeau des souvenirs ( suite )

Fatiguée par toutes les péripéties vécues par mon père, je ferme les yeux. Cette période de sa vie, il l’a vécue à cent à l’heure, Rien ne l’arrêtait ! Mentalement et physiquement, ses ressources semblaient inépuisables. Les mois défilent sur le papier et je me retrouve à fêter Noël 1939.

 

<< Noël 1939 ! Nous étions en repos dans des baraquements à courants d'air ! Il faisait de -15° à -20° et c'était Noël ! On installa un magnifique sapin à la place de mon lit, on fit un bon vin chaud, servi à gogo ! Mais aucun n’exagéra. A minuit, nous étions tous à la messe de minuit. Nous avions deux curés brancardiers, l'un célébra la messe, l'autre fit le sermon et un jeune élève officier chanta « Minuit Chrétien » comme je ne l'avais jamais entendu, tellement il avait une belle voix.  L'assemblée n'était constituée que de soldats, l'église était fermée aux civils.

Cette Fête de Noël  fut la plus belle et surtout la plus émouvante que j'ai connue ! Avec le recul et le temps, c'est encore davantage, le mot n'existe pas ! En y pensant, je suis toujours aussi ému. Le prêtre qui célébrait la messe est le seul rescapé du trio ! Celui qui a fait le sermon et celui qui a chanté sont tombés comme des braves au début de la guerre !

Nous étions installés dans la forêt.  On était de garde à une issue du campement. Notre baraque avait été construite à un mètre du sol, c'était dur comme une tôle ! Nous avions baptisé notre cabane :

 « La Villa des Privés d'Amour ! »

 La reine Elisabeth, mère de Léopold III, nous a rendu visite. En lisant l’inscription, elle a eu un petit sourire et nous a encouragés à continuer notre mission  en gardant  le moral et la même discipline, elle nous  félicita.

 Nous avons changé trois fois de cantonnement : Martelange, Wisembach et Chaumont, mais les gardes étaient partout aussi nombreuses et toujours à la frontière ! On a été trois ou quatre fois en alerte sur le terrain, jour et nuit, plus question de permissions ! De plus, j'ai été « nommé F.F, c'est à dire faisant fonction »,

Quelquefois, je remplaçais un chef de pièce, en général, un caporal ! Mais pendant une nuit d'alerte, j'ai remplacé un sous-officier d'élite, soit un sergent ou un adjudant, j'étais responsable de deux mitrailleuses et de deux fusils-mitrailleurs, ce n'était pas très régulier.  Le lendemain,  tout le monde avait repris son poste. >> ( à suivre )

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 17:30

         Le tombeau des souvenirs   ( suite )

Je vois mon père, confiant et d'une volonté inébranlable ! Je sens son regard qui traduit ses pensées, ne comprenant pas l'impuissance des quelques officiers et sous-officiers devant ces mitrailleuses silencieuses ! Sans hésiter, il rechercha la cause de ces échecs., il écrit :

<< La mitrailleuse brillait de propreté ! J'ai commencé par manœuvrer la culasse, à bien huiler tout le mécanisme, comme il faut ! Mais la machine ne marchait pas ! Impossible de tirer ! Je voulais trouver la panne ! J'étais à genoux, les mains bien grasses, quand mon regard se posa sur le ressort de rappel de la culasse. Presque triomphant, je m'écriai :

  • Mais quel est l'imbécile qui a réglé ce ressort ?

Un copain se pencha vers moi en chuchotant :

  • Un adjudant !

Je hurlai encore plus fort :

  • Un adjudant ! Quel con celui-là !

Cette fois ce fut le lieutenant qui ordonna :

- Soldat, n’insistez pas, cette pièce ne fonctionne pas ! Aujourd'hui, on prend la deuxième, celle de secours !

Moi, le rebelle, j'avais suivi la formation de mitrailleur et j'étais sûr de moi ! Je me permis de répondre au lieutenant :

  • Vous permettez mon lieutenant ? Cette mitrailleuse a été mal réglée ! Le ressort de rappel de culasse est à 45 et il doit, au maximum, être à 20 !
  • En êtes-vous sûr ?
  • Oui, mon Lieutenant !
  • Alors, faîtes le nécessaire !

Sitôt dit, sitôt fait ! Une demi -heure plus tard, nous étions sur le champ de tir improvisé avec une cible en carton à l'effigie d'Hitler

Le lieutenant Kiffer qui commandait le tir de toutes les compagnies du secteur  passa derrière moi en me demandant :

  • ça va marcher mon ami?
  • Oui, mon lieutenant !

Alors, il ordonna :

  •  A mon commandement ! En batterie ! Chargez ! Pointez l'objectif ! Feu !!! 

Au moment de tirer, mon sang bouillait, mon cœur s'accélérait et la mitrailleuse tournait comme une horloge, tir réussi !!! Alors que beaucoup d'autres pièces s'enrayaient ou n'envoyaient que des petits pifs ! pafs ! Poufs ! Mon lieutenant sautait de joie en me tapant sur l'épaule et en hurlant sur tous ceux qui n'arrivaient pas à régler leur machine !

 Très excité, il s'adressa à moi :

  • Bon sang ! Quel est votre secret ?
  • Mon secret Lieutenant ? C'est simple ! Huiler fortement le ressort de rappel de culasse et le régler entre 18 et 20, c'est tout et Ça doit marcher !
  • Deux jours plus tard, toutes les mitrailleuses fonctionnaient, elles  étaient prêtes à recevoir l'ennemi qui n'arriva que huit mois plus tard ! >>  ( à suivre )
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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:37

Le tombeau des souvenirs  ( suite )

<< Le temps ne passait pas trop vite, mais trois mois s'étaient de nouveau écoulés.

  Tout arrive à qui sait attendre, me dit un sergent.

Le moment de poser ma deuxième permission de neuf jours était venu ! Nous étions en subsistance dans une autre compagnie. Les sous-officiers du bureau firent des difficultés à me donner ma permission, il fallut aller chercher le capitaine, qui  dut élever la voix pour qu'ils obéissent à ses instructions. Il fallait toujours se démener comme des diables !

  • Mais ce n'était pas fini, il fallait encore aller chercher le passeport à Namur ! C’était le parcours du combattant ! cette fois, j'ai voyagé en train et en stop, ça ne s'est pas mal passé ! cette deuxième permission passa encore plus rapidement que la précédente. La joie de se retrouver chez soi, avec ceux qu'on aime, c’est merveilleux ! Puis ce fut de nouveau la tristesse du départ ! Ah, le départ ! Camille, malgré sa force de caractère, supportait mal ce moment d’adieux ! Pour s’en excuser, elle disait :
  • Tu sais, pendant une semaine, je me suis laissée vivre et je vais devoir franchir le mur de la tranquillité et retomber dans la réalité des responsabilités !

En revenant au cantonnement, je me demandais ce que j'allais trouver. La première fois, c’était mon retard et le Lieutenant Kiffer et cette fois, que me réservait-on ?

A mon arrivée, les copains me firent un compte-rendu assez noir de la situation !

  • Ecoute Grand ! Tout va mal !
  • Vous broyez du noir les gars ! Qu'est-ce qui se passe ?
  • Pendant ton absence, ils nous ont emmené au tir pour rôder les mitrailleuses et, comme beaucoup d’autres, la nôtre est restée muette ! Rien ! Pas moyen de la faire fonctionner !

Je compris immédiatement leur inquiétude ! C'est alors que le sergent arriva et commanda :

  • Au tir, les gars !

Je me précipitai sur ma mitrailleuse, le sergent m’arrêta :

  • Qu'est-ce que vous faîtes mon ami ?
  • Je vais chercher ma mitrailleuse !
  • Inutile, elle ne fonctionne pas ! Aujourd'hui, on prend l'autre !
  • Non sergent, on prend la mienne ! Elle va fonctionner, il le faut ! Vous allez voir !

Le sergent eut un rictus septique et marmonna :

  • Bon !  Allez-y ! On verra  ! Vous avez intérêt à la faire fonctionner >>
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