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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 23:08

 

Communiqué du lundi 30 janvier 2012
 
Vague de froid : un risque de black-out
électrique montre la faillite de l'option
"nucléaire + chauffages électriques"
 
- Cette année, l'Allemagne ne pourra plus exporter massivement de l'électricité vers la France
- Dépendance énergétique, émissions de co2 : le flop des supposées vertus du nucléaire
 
Une puissante vague de froid touche actuellement la France et devrait encore s'intensifier au cours de la semaine. A cette occasion, l'option "centrales nucléaires + chauffages électriques", imposée en France de longue date, va à nouveau démontrer son absurdité : la consommation d'électricité française va atteindre de tels sommets que le parc nucléaire, bien que gigantesque, va être totalement dépassé.
Ces derniers hivers, c'est en important massivement du courant, en particulier depuis l'Allemagne (*), que la France nucléaire a pu éviter, parfois de justesse, un black-out électrique. Défendant obstinément leur idéologie pronucléaire, les autorités françaises n'ont pas saisi ces occasions pour reconnaitre la faillite de leur stratégie.
En effet, l'option nucléaire était supposée permettre à la France de se chauffer de façon autonome sans dépendre des importations de combustible. Or, finalement, c'est bien... en important massivement que la France a alimenté, ces dernières années, des millions de chauffages électriques.
Or, suite à la catastrophe de Fukushima, l'Allemagne a pris la sage décision de fermer immédiatement ses 8 plus anciens réacteurs. En conséquence, cet hiver, l'Allemagne ne pourra plus sauver la France du black-out.   Cette situation contredit trois des principaux prétextes avancés pour "justifier" l'option nucléaire malgré sa dangerosité extrême :
 
- la supposée sécurité d'approvisionnement :
EDF déclenche en ce moment diverses procédures dans l'espoir de pouvoir passer cette vague de froid sans avoir à reconnaître l'absurdité de l'option "nucléaire + chauffages électriques". Il s'agit en particulier de la procédure dite d' "effacement" qui consiste à demander à des industriels, en échange de forts dédommagements -  de cesser leurs activités afin de réduire la consommation nationale d'électricité : un comble au pays de l'atome !
 
- la supposée indépendance énergétique :
Cet argument est déjà contredit par deux données :
a) même poussé à son maximum, le nucléaire ne couvre que 15% de la consommation finale d'énergie en France
b) 100% du combustible nucléaire, l'uranium, est importé
Mais la situation est encore plus absurde lorsque l'on constate que, l'hiver,  la France est contrainte d'importer massivement de l'électricité.
 
- la supposée réduction des émissions de co2
Depuis des années, l'hiver, EDF a recours à de nombreuses centrale électriques thermiques (gaz, charbon), fortement émettrices de co2, afin d'alimenter le parc français de chauffages électriques... qui devait théoriquement éviter de causer des émissions de co2 ! D'ailleurs, une étude du RTE et de l'Ademe (**) reconnait que le chauffage électrique est plus fortement émetteur de co2 que le chauffage au gaz !
 
Alors que la Cours des comptes doit présenter demain un rapport qui mettra probablement à mal la thèse selon laquelle l'électricité nucléaire serait peu chère, on constate l'inexistence des supposées vertus de l'énergie atomique, contestées de longue date et à juste titre par les organisations antinucléaires.
Par contre, comme démontré par exemple par les catastrophes de Tchernobyl (1986) et de Fukushima (2011), ou par la production irresponsable de déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millénaires, les ravages causé par l'industrie nucléaire sont, eux, bien réels.
 
(*) C'est ainsi que, chaque année depuis 2004, c'est bien la France qui est importatrice d'électricité depuis l'Allemagne. Cf http://observ.nucleaire.free.fr/importations-fra-all.htm
(**) http://observ.nucleaire.free.fr/CO2-Chauffage-electrique-RTE-Ademe.pdf


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Published by fosseuchien - dans voyages en Lorraine
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 21:48

 

Chinon

 

 

                                                                Château de Chinon

 

23 février 1429, les remparts de Chinon étaient en vue. La troupe accéléra le pas, ils atteignirent une porte de la ville avant la nuit. Ils trouvèrent de la place dans une auberge relais où ils prirent un bon repas et passèrent une bonne nuit tandis que leurs chevaux furent pris en charge par des palefreniers . Jehanne envoya un messager au dauphin Charles, ce fut Jean de Metz qui alla prévenir que Jehanne, la pucelle de Domremy, était arrivée.. Deux jours avant, un envoyé de Baudricourt avait annoncé l’arrivée de la pucelle au dauphin, en ces termes :
-    Sire, mon maître, Robert de Baudricourt, vous prie de bien recevoir la pucelle de Domremy,  elle est de bonne foi ! »
-    Rapporte à ton maître, le capitaine de Vaucouleurs, que je me ferai mon opinion moi-même

 

 

                                                                           Chinon

 

Quand Jean de Metz demanda audience au dauphin pour Jehanne , celui-ci s’écria :
-    Enfin, elle est dans nos murs !
-    Oui, mon roi ! répondit le chevalier, en se courbant profondément .
-    Où est cette envoyée du ciel ? questionna le dauphin
-    A la grande auberge du centre !
-    Rapporte-lui que je la ferai chercher quand il me plaira !
-    Sire, ne tardez pas trop ! confia-t-il à Charles
Le 25 février, Le dauphin Charles fit chercher Jehanne, mais l’esprit tortueux du Dauphin ne put s’empêcher d’essayer de tromper la pucelle. Il mit des vêtements simples de serviteurs et se cacha au milieu des gens de la cour tandis qu’un courtisan avait revêtu des habits de pourpre et d’or, réservés au roi et s’était installé sur le trône. Jehanne fut introduite à la tombée du jour, dans la grande salle du château. En voyant tous ces gens qui faisaient la fête alors que le pauvre peuple mourait sous  les coups des bandits, des Bourguignons et des Anglais ou succombait simplement de la faim , elle esquissa un recul, mais l’importance de sa mission lui permit de surmonter sa déception.

 

 

                                                          Jehanne devant le dauphin

 

Le conseiller du dauphin, La Trémoille, et ses amis ricanèrent au passage de Jehanne, on entendait :
-    Quelle gourgandine ! cette femme en habit d’homme !
-    Cette ingénue perd son temps et le nôtre ! ajoutait un autre
Ils étaient tous prêts à rire quand elle se prosternerait devant « le faux roi » mais, guidée par son instinct ou ses voix ou tout simplement par la description que les chevaliers de son escorte lui en avait faite, Jehanne se dirigea directement vers le dauphin Charles et se présenta :
-    Gentil dauphin, je suis Jehanne, la pucelle de Domrémy, c’est ainsi que l’on me nomme !
Il fit mine de ne point entendre mais, sûre d’elle, Jehanne continua :
-    Le roi du ciel, mon Seigneur Dieu, m’envoie pour délivrer Orléans et vous faire sacrer roi à Reims !
Surpris, mais toujours incrédule, le dauphin demanda :
-    La pucelle de Domrémy, est-ce là ton nom ?
-    Oui, Sire ! Je suis la fille de Jacques et d’Isabelle ! Mon père est laboureur !
-    As-tu vraiment entendu des voix ?

 

     C'est dans ce Château que Jehanne rencontra le dauphin Charles

 

Agacée, Jehanne changea de sujet et s’adressa à lui en le tutoyant :
-    Je te dis de la part de Dieu que tu es vrai héritier de France, fils de roi ! Il m’a envoyée à toi pour prendre Orléans et te faire couronner roi à Reims !
Très intrigué par les affirmations de la jeune fille, il l’invita dans un petit cabinet privé pour l’entendre. Ils parlèrent et personne ne sut jamais ce qu’ils se dirent.
Dans la grande salle, le ton changea. La foule des courtisans se tut. Ils étaient étonnés de l’intérêt porter à cette pucelle. Un silence étonnant plana sur cette assemblée de viveurs !
Lorsqu’ils réapparurent, Charles était radieux , personne ne reconnaissait ce prince d’habitude si triste !

 

Jehanne fut invitée à la table du dauphin. La soirée se termina dans la joie. Elle fut logée au château et ses fidèles chevaliers refusèrent d’être éloignés d’elle. Bertrand de Poulengy demanda l’autorisation de rester au palais tant que Jehanne y serait .
-    Sire!dit-il, Jehanne nous a été confiée, permettez-nous de monter la garde devant sa porte !
Ils passèrent la nuit à veiller devant toutes les issues de la chambre de la jeune fille. Au matin, quand elle s’aperçut que ses anges gardiens n’avaient pas pris de repos pour surveiller toutes les portes, elle se fâcha et les rudoya gentiment.
Le dauphin Charles fit chercher Jehanne pour lui faire part de la suite des évènements :
-    Jehanne, tu dois aller à Poitiers où tu rencontreras des théologiens et des gens de l’université et là, tu devras leur parler de tes voix !
-    Je suis prête, gentil dauphin ! répondit -elle

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 23:32

 

En route pour Chinon

 

 

 

Dans le chapitre précédent , j’ai écrit que la date du départ était le 23 février 1429

Une plaque commémorative, sur l‘église paroissiale de Vaucouleurs , dit que Jehanne d’Arc est partie à Chinon le 23 février 1429 .

D’après différentes sources, il semble que cette date soit celle de l’arrivée à Chinon  où le dauphin Charles ne l’a reçue que le 25 février 1429.
Le voyage à cheval de Vaucouleurs à Chinon, d’après les différentes étapes connues, a duré onze jours. Le dauphin l’ayant fait attendre deux jours, plus onze jours de voyage, dans ce cas, le départ serait aux environs du dix février 1429

 

Cependant, en observant les étapes connues, on peut penser que certaines ont été effectuées en deux jours au lieu d'un !

 

Première étape : Saint-Urbain (47 km),
deuxième Clervaux (45 km),
troisième Pothières (37 km),
quatrième Auxerre (84 km), ? (Cette étape semble trop longue et a pu être faite en deux jours )
cinquième Mézilles (34 km),
sixième Coullons (60 km) ( près de Gien), ( marche forcée)
septième La Ferté Imbault (56 km),
huitième Saint-Aignan (53 km),
neuvième Sainte Catherine de Fierbois (63 km ),( marche forcée)
dixième l'Ile Bouchard (25 km)
onzième Chinon (17 km)
On sait que quand l’armée utilisait encore des chevaux, la moyenne journalière était de 40 km par jour. La date du départ pourrait être début février 1429

 

 

                                                 Vaucouleurs, la cité qui arma Jehanne

 

Ce 10 février 1429, la brume recouvrit la campagne toute la journée. Sur son cheval blanc, Jehanne traversa une dernière fois Vaucouleurs envahie par la foule. Les uns la suppliaient de prendre soin d’elle ! D’autres criaient « Va fille de Dieu ! Sauve-nous ! » Belle et droite sur sa monture, elle se frayait habilement un passage, comme un cavalier aguerri ! Combien de fois avait-elle mené les chevaux de son père à l’abreuvoir ? Jehanne avait toujours aimé courir derrière les attelages avec ses frères ! Elle connaissait bien ces animaux à la fois paisibles et fougueux ! Combien de fois sa mère lui avait crié : « Jehannette, mon Dieu ! Fais attention ! Tu grimpes sur les chevaux comme les garçons ! »  Son père riait  et l’encourageait de sa grosse voix .
Devant cette belle fille brune, aux yeux de velours, on ne pouvait retenir son admiration ! Quelque chose de mystérieux émanait de sa personne, les plus rustres des soldats la saluaient respectueusement et croyaient en sa mission.

 

 

                                                       Abbaye de Pothières

 

La petite troupe avait disparu à l’horizon, la route était longue . Ils chevauchaient en pays occupé d’Anglo - Bourguignons. Au détour d’un chemin, Poulengy commanda :
-    Silence ! Pieds à terre ! Derrière les taillis !
Ils s’exécutèrent sur le champ. Une patrouille ennemie était en vue, il fallut attendre. Ils marchèrent en terrain couvert, forêts, taillis, futaies ; dès que le soleil illumina trop les cavaliers, ils s’arrêtèrent dans un coin éloigné de tous les chemins et se reposèrent. Ils marchaient déjà depuis trois jours et Colet de Vienne qui s’occupait des « repas » suggéra :
-    On aura besoin de victuailles ! les amis
Le serviteur de Bertrand de Poulengy proposa :
-    Dès l’aube, on pourra faire notre numéro !
Leur numéro , c’était une idée des serviteurs. Ils se transformaient en acrobate, jongleur , musicien et, ainsi accoutrés, ils pénétraient dans les villes et en profitaient pour échanger leur talent contre quelques provisions . Les braves serviteurs s’acquittaient honorablement de leur tâche, souvent au risque de leur vie. Les monastères étaient de bons refuges, mais ils n’ étaient pas toujours accessibles. Les cavaliers affrontèrent de nombreux dangers. Rien ne leur était épargné, le froid gelait leur visage et engourdissait leurs doigts, le vent et la pluie transperçaient leurs vêtements.

 

 

 

                                                Monastère cistercien de Clairvaux

 

Jehanne ne se plaignait jamais et tenait à assurer son tour de garde. En arrivant à Sainte Catherine de Fierbois, elle paraissait si fatiguée que ses compagnons lui dire :
-    Jehanne, repose-toi, derrière cette grange, nous montons la garde !
-    Non, mes amis ! Je ne dois pas vous causer d’ennuis !
Ils arrivèrent dans un refuge des Cordeliers où ils trouvèrent le gîte et le coucher. Cela ne les dispensait pas du tour de garde. Jehanne s’endormit dans une loge et Jean de Metz ne la réveilla pas, il assura les deux tours afin de la laisser reposer. A son réveil, Jehanne en fut très fâchée :
-    Mes amis, votre gentillesse me touche ! Mais n’oubliez pas que je dois être soldat en la guerre ! Et là, personne ne m’épargnera !
-    Mais, Jehanne ! dit Poulengy, la fatigue se lit sur ton visage, tu es épuisée !
-    Ma fatigue n’est qu’apparente ! Les saintes et l’archange saint Michel me soutiennent et me donnent la force de tenir !
A compté de ce jour, ils la considérèrent comme un soldat. 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 21:51

 

Les préparatifs du départ

 

                                                   Vestiges du château de Vaucouleurs

 

Jehanne avait hâte de partir, chaque jour elle allait voir Baudricourt et le pressait :
-    Il me faut partir, Sire ! Le dauphin Charles a besoin de moi !
Il la faisait patienter :
-    Jehanne, il y a trop d’Anglos-Bourguignons dans les environs !
Mais de jour en jour, Jehanne se faisait plus pressante, elle ne pouvait plus retenir l’ardeur de ses voix qui la poussaient à agir. Elle arriva devant les gardes du capitaine qui lui permirent de franchir le portail. Elle se retrouva devant le gouverneur qui tenait conseil avec ses officiers. D’une voix forte et sans hésitation, elle s’adressa à Baudricourt en ces mots :
-    Sire, il est temps ! Je dois aller vers le Dauphin Charles !
Surpris, Bertrand de Poulengy se redressa et devant le silence du capitaine , il se tourna vers Jehanne en lui demandant :
-    Quand devons-nous partir Jehanne ?
-    Aujourd’hui plutôt que demain et demain plutôt qu’après !

 

 

                                                            Jehanne à Vaucouleurs


Cette réponse si fulgurante fit sortir Baudricourt de sa léthargie. Lentement, en pesant ses mots, il dit :
-    Tu partiras le 23 février 1429 ! Retenez cette date !
Jehanne se tut mais son sourire en disait long. D’un air narquois, Baudricourt grommela :
-    As-tu l’intention de chevaucher dans cette cote rouge de paysanne ?
La jeune fille éclata de rire et le rassura :
-    Sire, j’abandonnerai volontiers ces habits de femme et je prendrai habits d’homme !
-    Que feras-tu de tes cheveux ?
-    Je les natterai et j’attacherai mes tresses !
La ville de Vaucouleurs prit Jehanne en charge : fileuses, tisserands, couturières, cordonniers et bien d’autres,  confectionnèrent sa tenue.    
 Le 22 février 1429, elle revêtit ses vêtements, on lui emmena un magnifique cheval blanc, elle le caressa en lui parlant doucement. L’animal ne bougea pas, il ne la quittera pas de toute sa campagne !

 

                                                                La population s'agenouillait     

 

En parcourant les rues de la cité , on ressentait l’émoi de toute la population. La garnison était sur le pied de guerre. Des faisceaux de lances couraient le long des murs et autour de la place d’armes. Les chevaliers, Bertrand de Poulengy, Jean de Metz, Jean de Nouillonpont et Colet de Vienne arrivèrent avec leurs écuyers, ils prêtèrent serment sur l’évangile de veiller et de respecter Jehanne, la pucelle de Domremy.. Des gens s’agenouillaient sur son passage, elle les relevait en disant :
-    Seul, Dieu, mérite qu’on l’adore !
Des soldats voulaient lui faire toucher leur épée pour la rendre invincible ! Jehanne protestait :
-    Non, mes amis ! seul, le doigt de Dieu est invincible !
La nuit vint, Jehanne ne trouvait pas le sommeil. Elle pensait à sa mère, son père, son frère aîné !
 «  Dieu ! priait-elle, je ne veux pas qu’ils souffrent de mon départ ! Ils ont déjà tellement pleuré quand Jean et Pierre sont partis ! Et la mort de Catherine les a ébranlés tous les trois ! »
 Elle imaginait sa douce mère, pleurant en silence près de la cheminée et son père, qui ne pourrait pas retenir sa colère puis, il s’assoirait au bout de la table, la tête dans les mains, immobile pendant des heures, peut-être plusieurs jours, refusant toute nourriture. Et Jacquemin, son frère, tournant en rond ou marchant à travers champ, sans parler. Jehanne sentait le désespoir monté en elle, il hantait les frontières de son cœur, tiraillée entre sa famille et la volonté de ses voix qui la harcelaient :
 « Jehanne, il te faut en la guerre porter les armes et défendre le royaume de France, Dieu t’a choisie ! »
Jehanne priait et implorait :
 «Seigneur Dieu ,console mes parents et  donne leur la force de me pardonner ! »

 

 

                                                                         Jehanne et son escorte

 

23 février 1429, au petit matin, Jehanne, dans ses habits d’homme, remercia la famille Le Royer de leur hospitalité et elle partit rejoindre son escorte qui l’attendait « Place d’Armes » . Là, elle se mit en selle. Le prêtre, Jean Fournier, bénit l’escorte, Baudricourt donna ses derniers conseils :
-    Ne  chevauchez pas à découvert ! Profitez des forêts, des bosquets et de la nuit ! Reposez-vous dans les monastères et autres maisons de Dieu !

 

 

Bertrand de Poulengy prit la tête et la troupe quitta Vaucouleurs par la porte de France.

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 22:57

 

La cérémonie de purification

 

                                               Chapelle castrale et porte de France

 

Toute la population de Vaucouleurs fut appelée à participer à l’exorcisme. La soirée fut agitée, les torches illuminaient toutes les rues de la ville. Femmes, hommes, vieillards et enfants se précipitèrent vers l’église. Jehanne, vêtue d’une tunique blanche , marchait pieds nus , un Christ serré sur sa poitrine, elle suivait le prêtre et les enfants de chœur. Elle s’installa devant l’autel et l’édifice se remplit de tout une population curieuse et inquiète. Sous la pâle lueur des torches, le visage de Jehanne rayonnait et toute l’assistance se demandait pourquoi on exorcisait cette jeune fille, si calme et si posée ! D’habitude, les exorcisés présentaient des convulsions et il fallait les attacher .

 

 

                                                                Vaucouleurs ( Meuse)

 

Une vieille femme, toute courbée, qui gesticulait avec des mains noueuses comme des sarments de vigne, s’écria :
-    Cette pucelle est pure ! Elle ne connaît point le démon ! A quoi bon cette cérémonie ?
Le prêtre, Jean Fournier aspergea Jehanne d’eau bénite  et passa dans la foule qui se pressait dans l’édifice et à l’extérieur. Ce fut une cérémonie inoubliable ! A la fin, la population s’agenouillait sur son passage en la suppliant :
-    Jehanne, viens à notre secours ! Sauve-nous !
Jehanne les relevait et essayait de les dissuader, mais en vain ! Les pauvres gens voulaient la toucher  et l’imploraient :
-    Guéris mon enfant !
-    Rends-moi la vue !
-    Que nos fils reviennent vivants de la guerre !
« Mon Dieu ! priait Jehanne, que puis-je faire pour tous ces gens ? »
Elle rentra chez Le Royer, elle se recueillit tandis que sur la place, la foule dansait ! Partout , on vantait déjà les qualités de Jehanne ! De son côté, Le curé, Jean Fournier, alla trouver Robert de Baudricourt :
-    Baudricourt, Jehanne n’est pas une folle ! C’est une jeune fille intelligente et sensée ! Ses voix sont vraies ! Ecoutez-la !
-    Pourquoi pas ! Le royaume de France est en si piteux état qu’une fille peut venir à son secours !  C’est ce que vous pensez le Curé !
Jean Fournir continua :
-    Sire, ayez confiance en elle ! C’est la voix de Dieu, le ciel la guide ! Sa sincérité doit vous convaincre !
Baudricourt se gratta nerveusement le crâne et dit :
-    Vous avez gagnez,  Fournier ! Si c’est la volonté de Dieu, advienne que pourra !
Le prêtre, Jean Fournier, s’en retourna chez lui, heureux, comme il ne l’avait été depuis longtemps !  Il se mit même à fredonner un chant populaire  et s’en étonna lui-même !
Le gouverneur, Robert de Baudricourt, ne résista plus. Les habitants de Vaucouleurs se cotisèrent pour acheter un cheval et des habits à Jehanne. Le capitaine lui donna une épée et elle partit pour Chinon, avec une petite escorte, le 23 février 1429 .
 

 

                                                               Départ de Vaucouleurs

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 14:46

 

Collectif BURESTOP 55
26/01/2012
Communiqué de presse
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BURE : sonder, les sous-sols et les cerveaux,
une spécialité de l'ANDRA

L'Andra a publié aujourd'hui un sondage concernant le pseudo "laboratoire" géologique et la future poubelle nucléaire de BURE.

Le résultat : rien de bien nouveau - et de l'argent dépensé en pure perte ?

En surface, les facteurs d'acceptablité immédiate et concrète qui pèsent :

 

- La manne financière considérable déversée depuis 18 ans à des départements peu peuplés et crédules,

- les promesses d'emplois (réels ou non),

- la politique de green-washing efficace et tellement déculpabilisante,

- les campagnes de communication globalisante et optimiste, jamais alarmante.


L'Andra et le gouvernement ont su trouver les arguments pour implanter l'idée même de la poubelle nucléaire dans la conscience des riverains, avant qu'elle ne soit effective et en service.

En souterrain:


- la peur de la dépréciation des biens immobiliers,

- les craintes liées à l'impact des contaminations radioactives,

- les doutes pour l'environnement et la santé à long terme, etc.

 

Des inquiétudes récurrentes qui s'expriment en vain depuis l'arrivée du projet mais n'ont toujours pas de réponse... Quid des 40 000 signatures d'électeurs meusiens et haut-marnais rassemblées en 2007/2008, qui demandait à leurs conseils généraux respectifs un référendum sur la question de BURE ?


Pourquoi les élus départementaux ont-ils refusé ce "test d'opinion" citoyen et légitime alors ?
Une des vraies questions non abordées, reste bien l'image de marque de la Meuse.

 

Qui, dans 20 ans, voudra habiter, investir, cultiver et vivre aux abords de deux gigantesques poubelles nucléaires, une en surface et une sous terre.

Un sondage, en avant-première du débat public à venir : un exutoire, surtout pas un dispositif décisionnel

Le collectif BURESTOP 55 met en garde les Meusiens (et leurs voisins), qui vont être appelés à "participer" à la prochaine étape du processus préparé en haut lieu qui mène droit à l'enfouissement nucléaire : le débat public de 2012/2013. Il dénonce dès maintenant ce processus appelé débat et qui n'en est pas un.


Obligatoire pour mettre l'Andra en règle avec la Convention internationale d'Aarhus*, ce débat n'a aucune vocation à agir sur les processus décisionnels. Les décisions sont (déjà) prises ailleurs et ne concernent pas les riverains. L'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux (on ajouterait même du Mox hautement toxique), n'est pas à débattre.

Contact : 06 86 74 85 11 - 06 85 50 82 77
www..burestop55.org
- - - - - - - - - - - - - - - -
*L’article 9 de la Convention d’Aarhus comprend les dispositions relatives à l’accès à la justice. En application de cet article, toute personne doit pouvoir saisir un tribunal en cas de violation des dispositions de la Convention relatives à l’accès à l’information, à la participation du public ou des dispositions du droit interne de l’environnement.
  
En France, la participation du public dans le cadre de l’élaboration de projets, plans ou programmes susceptibles d’affecter l’environnement intervient selon quatre modalités principales : le débat public (articles L .121-1 à L.121-15 et R.121-1 à R.121-16 du code de l’environnement) : la participation du public à l’élaboration des projets d’aménagement ou d’équipement ayant une incidence importante sur l’environnement ou l’aménagement du territoire peut prendre la forme d’un débat public. La Commission nationale du débat public (CNDP) est une autorité administrative indépendante chargée de veiller au respect de la participation du public au processus d’élaboration des projets d’aménagement ou d’équipement d’intérêt national relevant de catégories d’opérations dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat, dès lors qu’ils présentent de forts enjeux socio-économiques ou ont des impacts significatifs sur l’environnement ou l’aménagement du territoire. La participation du public peut prendre la forme d’un débat public portant sur l’opportunité, les objectifs et les caractéristiques principales du projet.

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 23:38

 

Jehanne doit  parler à Robert de Baudricourt

Jehanne partit avec l’oncle Durand Laxart. Blanche l’accueillit avec joie. Elle était rayonnante. Elle embrassait  Jehanne en répétant :
-    Ma Jehannette, quel bonheur ! Oh ma Jehannette !

 

 

 A Burey en Vaux, Jehanne parlait librement de ses voix , elle retrouva le sommeil et reprit rapidement des forces, mais cela ne l’empêcha pas d’entendre ses voix. Elle décida d’aller revoir Robert de Baudricourt. Elle fit part de sa décision à ses cousins :
-    Cher oncle Durand, emmène-moi à Vaucouleurs ! J’y resterai jusqu’à ce que Baudricourt me reçoive !
-    Jehanne, je ne peux te laisser seule, à Vaucouleurs !
Le brave homme hésitait d’autant plus que Blanche dit en se lamentant :
-    Jehanne, ce n’est pas prudent de laisser une jeune fille, seule, dans une ville de garnison !
-    Blanche a raison ! affirma Durand

 

 

Voyant le désarroi de Jehanne, Laxart réfléchissait, il voulait trouver une solution c’est alors qu’il pensa à son ami, le charron Le Royer et sa femme. Cette nuit-là, il en parla longtemps avec Blanche qui, finalement,  approuva l’idée de confier Jehanne à la famille Le Royer. Dès le lendemain matin, Durand attela le chariot et emmena Jehanne à Vaucouleurs. Elle logea chez Le Royer en attendant d’obtenir une audience auprès de Baudricourt. Le temps passait et Jehanne ne pouvait pas approcher le Sire de Baudricourt. En attendant, elle aidait Madame Le Royer aux tâches ménagères et prenait soin des enfants.

 

                      Maison d'Henri Le Royer ( plaque à gauche de la porte )

 

Cependant, Vaucouleurs avait tenu longtemps aux attaques des Anglos -Bourguignons de Vergy et malgré la vaillance de Robert de Baudricourt et de ses hommes, la place dut capituler fin juillet pour permettre l’approvisionnement de la cité. Ce fut une capitulation suspensive , c’est à dire que les hostilités dans la châtellenie étaient momentanément suspendues. Mais les attaques de Vergy pouvaient reprendre à tous moments. Quand Jehanne finit par se présenter, les gardes la laissèrent entrer et Baudricourt se contenta de lui dire :
-    Encore toi !
-    Oui, Sire ! Orléans est tombée aux mains des Anglais ! Je dois aller à Chinon ! Le Dauphin sera roi, malgré ses ennemis, et moi, je le conduirai à son sacre !
Toujours sceptique mais découragé par les défaites qui se succédaient, il grommela
-    Advienne que pourra !
Jehanne sortit et alla prier à l’église. La nouvelle se répandit par toute la ville. Les uns riaient, les autres croyaient en cette pucelle ! Baudricourt fit appeler le curé, l’abbé Jean Fournier .qui accourut  au château :
-    J’ai besoin de vous pour me conseiller, lui dit Baudricourt, je ne sais plus où j’en suis ! Une pucelle de Domremy, nommée Jehanne, fille de Jacques d’Arc et d’Isabelle, dit entendre les voix de Sainte Catherine, Sainte Marguerite et de l’archange Saint Michel!
-    Que lui disent- elles, ces voix ?
-    D’aller délivrer Orléans et de faire sacrer le Dauphin Charles !
-    Qu’attendez-vous de moi, Baudricourt ?
-    Je veux que vous la questionniez pour savoir si ses voix viennent du ciel ou du diable !

 

 

Labbé Jean Fournier rencontra Jehanne chez Le Royer. Elle lui parla calmement de sa mission, des voix qui se faisaient de plus en plus pressantes et qui ne lui laissaient aucun répit depuis trois ans. Le prêtre comprit que la jeune fille portait un lourd fardeau et pour la libérer et faire la preuve qu’elle entendait des voix du ciel, il lui proposa :
-    Jehanne, acceptez-vous de vous soumettre à une cérémonie de purification ?
-    Oui, mon père ! répondit Jehanne, sans hésitation

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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 21:29

 

Une nouvelle épreuve

 

                                                       Jeannette, l'épouse de "l'oncle Laxart ou Lassart"

 

Jacques d’Arc, si nerveux, retrouva son calme , se leva, salua tout le monde et suivit Jehanne. Le retour fut gai, Ils ne manquèrent pas de faire un arrêt à Burey en Vaux, chez Durand et Blanche* Laxart. Malgré sa gaieté apparente, Jehanne était fatiguée Son père remarqua ses traits tirés, son visage pâle et sa démarche lasse. Blanche s’exclama :
-    Ma Jehannette ! Viens t’asseoir près de moi !
-    Tu as peut-être besoin de changer d’air ! dit l’oncle Laxart
Jacques respira profondément et s’approchant de sa fille, la complimenta gentiment :
-    Jehannette, tu as été courageuse à Neufchâteau ! Tu t’es tuée à la tâche ! Devant l’official de Toul, tu as été exemplaire ! Ma fille, tu as besoin de repos !
Etonnée, Jehanne leva la tête et balbutia :
-    Oui père ! Mais il me faut aller aider Catherine, dont la santé décline ! 
Jacques parla d’une voix triste :
-    Oui, notre Catherine est enceinte et sa santé n’est pas brillante ! Nous sommes très inquiets ! Isabelle en a perdu le sommeil ! Espérons que sa jeunesse lui fasse vaincre son mal et que la naissance du bébé lui redonne la joie de vivre !
Des larmes jaillirent des yeux de Jehanne, Blanche lui prit les mains et la réconforta :
-    Va ma Jehannette ! Ton aide et ton sourire vont redonner la santé à notre Cathrinette ! Tu reviendras chez nous plus tard !

 

                                                          Rue de Burey en Vaux " Le petit Buré "

 

Le chariot repartit pour Domremy .Jehanne et Blanche agitèrent leur mouchoir blanc jusqu’à ce que l’attelage ait disparu !  Au village, le travail ne manquait pas . Juillet passa , août 1428 s’annonça. Jehanne passait son temps à travailler , souvent , elle courait chez sa sœur et lui apportait joie et réconfort. Avec Catherine, elle se montrait gaie et la faisait chanter ! En l’entendant, Jean, son époux s’écria :
-    Mais, tu fais des miracles Jehannette !
-    Non ! dit Jehanne, c’est Catherinette qui m’a appris à chanter ! Elle m’entraînait dans des rondes et des danses endiablées ! Te souviens-tu ?
-    Oui ! soupira Jean, elle était toujours la première !
-    L’année prochaine, elle nous conduira tous à la fête ! ajouta Jehanne d’une voix enjouée.
Les deux sœurs parlaient de leur journée, de ce qu’elle ferait le lendemain. La naissance était prévue pour octobre, les femmes préparaient des couvertures de laine et des vêtements pour le nouveau-né.

 

 

                                                  Toilette d'un bébé au moyen-âge

 

Les jours s’écoulaient et Jehanne ne trouvait plus le sommeil. Ses voix la harcelaient : « Va, fille de Dieu ! Va aider le dauphin Charles ! Tu dois sauver le royaume de France … » Jehanne luttait contre ses voix, ses pensées allaient vers sa sœur ! Pour le moment, c’était sa principale préoccupation, la santé de Catherine !
Septembre 1428, Catherine était de plus en plus faible. Jehanne et Isabelle se relayaient à son chevet. Jacques et Jacquemin osaient à peine entrer dans la chambre, ils ne voulaient pas montrer leurs yeux embués de larmes !
Octobre s’installa, Catherine enfanta dans de grandes souffrances d’un petit garçon qui ne vécut que quelques heures mais qui fut baptisé « Jean » comme son père et trois jours plus tard, elle s’éteignit doucement, en serrant les mains de Jehanne  et de Jean dont le chagrin fit peine à voir. .Jehanne resta muette, le visage figé. Une révolte interne animait son cœur, elle se parlait à elle -même en s’adressant à Dieu : « Seigneur Dieu ! J’ai tellement prié ! Pourquoi n’avoir pas écouté mes prières ! Catherine devait vivre ! C’est injuste ! »

 

                                                          Funérailles au Moyen-âge

 

Sa révolte contenue explosa après les funérailles. Sa mère, Isabelle, la consola . Elle lui proposa de profiter de la charrette de l’oncle Laxart  et de partir à Burey en Vaux.
-    Blanche a besoin de ton réconfort ! Sois forte ma fille ! lui murmura-t-elle

*Blanche s'appelait Jeannette, Blanche était son surnom

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 18:11

 

Devant l'Official  de Toul 

 

 

                                                                       Cathédrale de Toul

 

Jehanne et son père pénétrèrent dans le tribunal et s’installèrent . Jehanne et Barthelémy, le plaignant, furent placés face à leurs juges, Frédérique de Maldemaire, vicaire général, doyen de la Collégiale Saint Gengoult et Monsieur Henri de Vaucouleurs, gardien des Cordeliers.
Jehanne et Barthelémy jurèrent sur la Sainte Bible de ne dire que la vérité ! Le procès commença . Monsieur Henri de Vaucouleurs se tourna vers le jeune homme et questionna :
-    Barthelémy de Clefmont, que reprochez-vous à cette jeune fille, que lui reprochez-vous ?
-    Qu’elle devint mon épouse comme elle l’a promis ! répondit-il
Puis, il continua à parler, sans répondre aux questions de Monsieur Henri de Vaucouleurs et coupant la parole au magistrat :
-    Cette fille , Jehanne d’Arc, m’a trompé ! Elle avait promis d’être mienne ! Son père en a fait ma fiancée !

 

                                          Plaque rappelant le procès de Jehanne à Toul

 

Monsieur de Maldemaire usa d’autorité pour le faire taire, mais il demanda avec force et rage :
-    Est-ce normal qu’une fille désobéisse ainsi à son père ? Elle m’a ridiculisé devant ma famille et mes amis !
Monsieur Henri de Vaucouleurs se tourna vers Jehanne en demandant :
-    Jehanne, fille de Jacques d’Arc, ici présent, As-tu désobéi à ton père en refusant Barthelémy pour époux ?
-    Oui Monsieur !
-    Pourquoi Jehanne ?
D’une voix douce et calme, elle répondit :
-    Monsieur, depuis trois années déjà, j’ai offert ma vie à Dieu ! J’ai promis de rester vierge et de me consacrer à mon prochain !
Elle expliqua comment ce jeune homme l’avait aidée pendant leur séjour à Neufchâteau :
-    Il allait au puits et portait les seaux d’eau aux réfugiés ! Il secondait mon frère Jacquemin  au bois et aux soins à donner au bétail ! Il semblait bon et charitable, il aidait les personnes âgés et, à aucun moment, il ne fut question de mariage !
Rouge de colère, perdant tout contrôle, Barthelémy insulta Jehanne qui resta déterminée et sûre d’elle. Impressionnés, les deux juges virent que la bonne foi de Jehanne était évidente. Après délibération , Monsieur  Frédérique de Maldemaire prononça le verdict :
-    Jehanne est honnête , elle désire se consacrer à Dieu ! Elle est acquittée !
S’adressant  à Barthelémy, il dit :
-    Quant à toi Barthelémy, tu es condammné à verser des dommages et intérêts pour avoir traîné injustement, cette jeune fille devant les tribunaux !
-    Messieurs, l’acquittement me suffit ! dit Jehanne .

 

 

      Rue Gouvion Saint Cyr ( rue de l'auberge où logèrent Jacques d'Arc et sa fille )

 

Le père grommela et raccompagna sa fille à l’auberge. Là, il s’assit à table, se tint la tête entre les mains et parut réfléchir longuement . Une foule de questions se pressait dans sa pauvre tête :
« Quelle est cette idée de rester vierge ? Jamais Jehanne n’a parlé de cela à la maison ! Même pas à sa mère ! Non ! Non se dit-il, elle ment ! Elle refuse le mariage pour devenir une fille à soldats ! Non ! Non ! »
 Ces deux mots lui échappèrent , il n’avait pas pu taire sa révolte et les voisins de table s’approchèrent :
-    La révolte gronde en vous , mon pauvre ami ! dit un vieil homme à demi-chauve
-    Soulagez-vous ! parlez-nous de vos tracas ! Vous vous sentirez plus léger ! ajouta un autre
Une femme à cheveux gris cachés sous une coiffe et les yeux boursouflés par le chagrin l’encouragea d’une voix gémissante :
-    Mon pauvre homme, le malheur est partout ! Si vous saviez ! Parlez, vider votre cœur ! ça fait du bien !
Jacques sortit de son état de rêve et, gauchement, ne sachant comment raconter tous ses tourments, se mit à parler lentement, comme s’il cherchait ses mots. S’assurant que les autres étaient intéressés, il raconta :
-    Dans un rêve, j’ai vu ma fille partir derrière les soldats ! comme « une fille » ! Maintenant, elle refuse tous les prétendants, elle veut rester vierge pour se consacrer à Dieu ! Ce n’est pas vrai ! Je ne peux pas y croire !
-    Pourquoi ne pas la croire ? questionna la vieille femme
-    Ah, brave femme ! Mon rêve me torture ! Si je savais que la chose advînt, je vous dirais : noyez-la ou je la noierai moi-même !
Nerveusement, il se passait les mains dans les cheveux et tournait sans cesse son gobelet ! Les gens le regardaient avec compassion et se taisaient .  C’est alors que Jehanne pénétra dans la grande salle mal éclairée de l’auberge. Elle était si belle et souriante que le silence se fit. Tout le monde se tourna vers elle, ils étaient admiratifs devant cette jeune fille resplendissante. Elle s’approcha de son père, posa ses mains sur ses épaules et doucement, chuchota à son oreille :
« Père, il est temps de reprendre la route ! »

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 18:59

L’odieux stratagème …


A l’auberge de « La Rousse », Jacques d’Arc ne tenait pas en place. De sa voix forte il criait à qui voulait l’entendre :
-    Où est ma fille Jehanne ? L’avez-vous vue ? Cette fille est une ingrate ! Elle n’obéit pas à son père !
D’une voix douce, Isabelle le rassurait :
-    Jehanne va revenir ! Elle est sûrement occupée à faire le bien !
-    Elle est peut-être partie derrière les troupes de soldats ! hurlait-il
Jacquemin arriva et calma son père en le rassurant sur Jehanne et sur ses intentions pour la nuit..

 

 

                                                        Eglise Saint Nicolas à Neufchâteau (Vosges)

 

Mais ce père, dont les refus de mariage de Jehanne mettaient en colère resta soupçonneux ! Il en devenait fou de rage ! Dans sa douleur, il alla voir Barthelémy et lui conseilla un odieux stratagème :
-    Barthelémy, tu as le droit d’intimider ma fille, par des menaces ! Je te l’avais promise ! Elle est ta fiancée !
Le lendemain, le jeune homme rencontra Jehanne et l’accosta en ces mots :
-    Jehanne, tu es ma promise ! Tu dois m’épouser !
-    Non, Barthelémy ! Je ne t’ai rien promis !
-    C’est ton père qui a arrangé nos épousailles !
-    Je te prie de me pardonner si j’ai pu te laisser croire que j’étais d’accord ! J’ai simplement accepté ton aide pour tous ces pauvres gens , je t’en remercie !

 

 

                                                         Eglise saint Christophe à Neufchâteau

 

Le séjour à Neufchâteau devint interminable pour Jehanne ! Le désaccord qui régnait entre elle et ses parents, à propos de son mariage, lui brisait le cœur ! Sa sœur Catherine, mariée en début d’année était enceinte et souffrait de sa grossesse. Jehanne passait beaucoup de temps avec elle. Jacquemin, le frère aîné, accomplissait les tâches difficiles, porter l’eau, soigner les animaux , aller au bois pour alimenter les cheminées, il fallait préparer les repas !
Le retour à Domremy fut houleux entre Jehanne et son père ! A peine arrivé au village, un messager venu de Toul se présenta avec une convocation, commandant à Jehanne de comparaître devant « l’official » de Toul pour rupture de fiançailles , le plaignant étant Barthelémy de Clefmont. Tandis que la population s’affairait à relever les ruines laissées par les troupes de Vergy, Jacques d’Arc emmena sa fille à Toul. Le soleil se levait à peine, le chariot roulait à vive allure sur les chemins défoncés et Jacques rudoyait sévèrement sa fille. Elle restait silencieuse et calme ! En arrivant aux Quatre-Vaux, le père se sentit désarmé devant une telle gentillesse ! La honte et le remords commençaient à l’envahir. Il était sur le point d’avouer qu’il était la cause de cette convocation devant le tribunal ! A ce moment-là arriva une troupe de soldats français qui s’écrièrent :

« Eh papa ! Quel joli brin de fille tu transportes là ! Laisse-nous la ici, on saura quoi en faire ! »

 

 

 

                                                                Porte de France à Toul

 

 Jacques fouetta son cheval de plus belle et l’attelage arriva à Toul au trot. La ville, toujours bruyante, livra passage aux voyageurs. Les rues étaient encombrées de poules et de cochons qui fouillaient dans les caniveaux. Sur la place du marché, une foule bigarrée de jongleurs, de funambules, d’acrobates, de musiciens, de montreurs d’ours et de troubadours retenait l’attention des petits et des grands .Les étals offraient au regard des visiteurs, des bibelots de bois, de cuir, des bijoux, des breloques, des images saintes et même des reliques … Pendant que le père menait son attelage à l’hôtellerie « Fleur du Lys », rue Gouvion Saint Cyr, Jehanne flâna le long des boutiques, elle écouta les complaintes d’un conteur qui traitait la reine Isabeau de Bavière de sorcière et plaignait le Dauphin Charles d’être né d’une mère impie et d’un père fou ! Elle marchait, pensive, quand une bohémienne l’accosta et la retint par le bras en lui disant :
 « Ma mignonne, toutes ces histoires de troubadours ne doivent pas attrister tes beaux yeux ! Une femme a perdu le Royaume de France, mais une pucelle le sauvera ! »
Jehanne tressaillit, se retourna, mais la bohémienne avait disparu dans la foule ! Elle pressa le pas et rejoignit son père à l’auberge. Ils prirent le repas du soir et passèrent la nuit. Dès sept heures, ils étaient sur pieds, ils avalèrent du pain trempé dans du lait  et filèrent vers la cathédrale, siège de l’appareil judiciaire.

 

 

 

 

 

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