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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 17:01

« Par le  traité d’Utrecht, la couronne d’Espagne passe aux Bourbons de Philippe V d’Espagne, petits-fils de Louis XIV mais la Belgique a été attribuée aux Habsbourg d’Autriche et devient Pays-Bas autrichiens »

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Published by Marie Andre
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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 16:41

( suite) Naël et Aylid se regardèrent en souriant et elle répondit :

  • Nous y penserons sérieusement les enfants ! Mais nous venons d’obtenir de nouvelles conditions du gouvernement. Les nouveaux venus reçoivent rapidement leur permis officiel d’installation et les Marranes retrouvent leur identité d’origine !
  • Tu veux dire qu’ils redeviennent de vrais Juifs, officiellement ! remarqua Nathan
  • Oui ! et nous, on peut profiter de cette nouvelle loi.

Les deux garçons se turent et la vie continua avec ses jours de bonheur et de ténèbres. La guerre de trente ans assombrissait le paysage. La guerre de Trente Ans   déchirait l’Europe depuis 1618. Les causes en étaient multiples mais son déclencheur était la révolte des sujets tchèques protestants de la maison de Habsbourg. La répression était sanglante, le désir des Habsbourg d’accroître leur hégémonie et celle de la religion catholique dans le Saint Empire semait la terreur et les massacres.  La Hollande et la Zélande qui avaient fait sécession n’étaient plus sous l’emprise des Rois Catholiques et étaient à l’abri de ce terrible conflit. Cependant, le destin sépara les deux frères. Nathan se maria avec Dalia, succéda à son père Naël et continua à faire fructifier le commerce Iserenthan tandis que Joseph, qui avait choisi de se faire baptiser, épousa Maria, la fille d’un meunier et partit s’installer près de Liège où il exploita un moulin. Ses Parents, Naël et Aylid, souffrirent beaucoup de cette séparation mais, ils l’acceptèrent en silence. La mort les prit tous les deux dans leur vieillesse, une nuit, à un mois d’intervalle.

 Sur le port, le commerce était florissant mais, aucun enfant ne vint égayer la maison tandis qu’au moulin deux garçons, Jean et Pierre  et une fille, Lucie,  remplissaient la demeure de jeux et de rire. A Amsterdam 1699, une épidémie de fièvre contagieuse emporta la fragile Dalia. Affaibli par la maladie, Nathan consulta un notaire, céda son affaire et fit un testament, léguant sa fortune à ses deux neveux. Puis, la faible lumière qui l’habitait encore, s’éteignit dansles jours qui suivirent. Un matin de 1713, Lucie, qui venait de se lever, arriva tout essoufflée au moulin en criant :

 

  • Venez, il y a des soldats  partout ! J’ai peur, j’ai très peur !
  • Calme-toi ma fille ! dit Joseph

Il ajouta :

  • Pierre va t’accompagner à la maison, reste avec ta mère et enfermez-vous !

En sortant, Pierre observa la rue et toute cette armée. Il revint sur ses pas et dit à son frère Jean :

  • Ce sont des Autrichiens !

L’explication de cette occupation arriva rapidement, des écriteaux fleurirent sur les murs de la cité, on y lisait :

« Par le  traité d’Utrecht, la couronne d’Espagne passe aux Bourbons de Philippe V d’Espagne, petits-fils de Louis XIV mais la Belgique a été attribuée aux Habsbourg d’Autriche et devient Pays-Bas autrichiens » ( à suivre)

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3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 12:50

( suite ) Naël sourit tout en expliquant :

  • La famille de  grand-mère Esther avait choisi de se faire baptiser pour protéger leurs enfants de toutes les violences !  A l’extérieur, ils étaient catholiques et chez eux, à l’abri de tous les regards, ils continuaient à pratiquer le Judaïsme en secret. Malgré cela, ils durent quitter l’Espagne pour échapper à l’Inquisition qui était soutenue par certains Juifs, soucieux de prouver leur allégeance aux Rois catholiques. Votre mère, Aylid , est baptisée, sa famille a fait le même choix que celle de Grand-mère Esther.
  • Père, es-tu baptisé ? demanda Nathan
  • Non ! Après le mariage de David et Esther, vos grands-parents, il fut décidé de baptiser les filles et d’élever les garçons dans la religion juive !
  • Nous sommes vraiment une drôle de famille ! s’exclamèrent les deux garçons en riant aux éclats.

Joseph continua timidement :

  • Si je voulais être baptisé, que dirais-tu père ?
  • Je te demanderais de réfléchir et je ne m’opposerais pas à ta décision !

Aylid qui écoutait la conversation, murmura :

  • Vous êtes libres les garçons ! Chacun doit mener sa vie comme il le veut ! C’est le secret du bonheur !
  • Merci mère ! bafouilla Joseph

Il réfléchit et le regard interrogatif, il parla en fixant ses parents :

  • Nous sommes différents des autres, nous ne vivons pas comme eux et les fils d’Abel Assou disent que les femmes de notre famille sont trop libres !
  • Oui ! ajouta Nathan, c’est pour ça que nos meilleurs amis sont chrétiens !
  • On n’habite plus dans le bon quartier ! ricana Joseph

Naël et Aylid se regardèrent en souriant et elle répondit :

  • Nous y pensons sérieusement les enfants ! ( à suivre )
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 22:12

Destin brisé !

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Published by Marie Andre
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 13:49

(suite)  L’automne1540 s’apprêtait à enluminer la grande avenue bordée de chênes quand Samuel partit rejoindre sa chère épouse.

Naël était devenu un grand jeune homme aussi brun que son père, il en était la copie conforme et le secondait efficacement. Esther et sa fille aînée, Bethanie, géraient le bureau  tandis que la plus jeune, Lila la pétillante, tenait la boutique. Souvent, Naël flânait le long de la mer, il s’asseyait sur un rocher et son esprit allait vers son grand-père dont il admirait la sagesse et la tolérance, ce qui n’était pas courant dans leur communauté. Une révolte grondait, la monarchie catholique  se montrait de plus en plus intransigeante et parlait de purifier la société. C’était une nouvelle menace qui planait sur les juifs et les protestants. La famille Yserenthan était partagée entre Judaïsme et Christianisme et leur conscience était mise à mal. En parlant avec son père, Naël compris que David était aussi  tourmenté que lui. Un matin, il dit à son fils :

  • Maintenant que tu es un homme, choisis clairement ta religion  pour toi et ta future famille !
  • Oui père, c’est ce que je cherche et qui me plonge dans une grande détresse ! Qu’allons –nous devenir père ?

David l’étreignit un instant en murmurant :

  • J’ai confiance en toi, tu sauras choisir la bonne voie !

Le temps fit son œuvre, la révolte de la Hollande et de la Zélande contre la monarchie catholique finit par aboutir, une partie des provinces des Pays-Bas proclamèrent la déchéance du Roi Philippe II d’Espagne par l’acte de La Haye en 1581.  La sérénité sembla de nouveau s’installer sur les différentes communautés. Cependant, pour les Yserenthan, le danger germa le jour des obsèques d’Esther qui fut portée en terre, entourée de sa famille et de ses amis. Beaucoup n’avaient pas oubliés qu’elle était marrane, le rabbin lui refusa toute cérémonie et ce fut la même réponse de la part de l’Eglise catholique. Quelques années plus tard, ce fut le même

scénario pour l’enterrement de David. Naël et Aylid, son épouse, en furent attristés et durent expliquer la situation à leurs deux enfants, Nathan et Joseph.  Nathan, qui venait d’avoir quinze ans s’écria :

  • Pourquoi ? Les Juifs, les Catholiques et les protestants n’ont-ils pas le même Dieu ?

Naël le regarda tendrement et parla doucement, sans colère, comme l’aurait fait Samuel, son grand-père :

  • Oui Nathan, nous avons tous le même Dieu ! Continue à lire la Bible et  le nouveau Testament des Chrétiens, ces écrits te guideront tout au long de ta vie. Le problème, c’est que chaque communauté religieuse a un chef. Alors qu’ils prient tous le même Créateur, ils sont incapables de trouver un terrain d’entente !
  • Et au nom de Dieu, ils n’hésitent pas à torturer et à semer la terreur et la mort ! gémit Nathan  
  • Hélas mon grand ! Ce ne sont que des hommes !

Le petit Joseph qui écoutait attentivement demanda :

  • Pourquoi a-t-on deux religions ?
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1 mai 2016 7 01 /05 /mai /2016 14:44

(Suite) Les hommes sortirent du bureau, la mère observa leur visage. Samuel prit les mais d’Esther et déclara :

- Vous êtes la bienvenue ma fille ! Nous ne pouvons pas nous opposé au choix de notre fils !

La mère serra la jeune fille dans ses bras et, de sa voix douce,  invita toute la famille à partager le repas puis, se tournant vers ses filles demanda :

-  Pouvez-vous  servir mes grandes ?

Elles ne se firent pas prier, la soirée se termina dans la bonne humeur puis, accompagné de ses sœurs, David ramena Esther chez elle.  

Eve et Myriam avaient souvent imaginé ce qui venait de se passer. Leur frère avait choisi une femme qui n’entrait pas exactement dans les traditions de leurs ancêtres mais les parents avaient accepté. Elles les savaient capables de beaucoup de tolérance mais elles n’étaient pas sûres de leur réaction si la situation se présentait d’autant plus que David les avait mis devant le fait accompli !

Tous les évènements s’accélérèrent, les parents des futurs époux se rencontrèrent et le mariage fut célébré dans l’intimité à la Synagogue du port. Les pratiques religieuses du jeune couple restèrent très discrètes et personne ne s’en mêla. Les Yserenthan  respectaient la volonté de leurs enfants et ne s’immisçaient jamais dans leur intimité. Cette famille très libérale, faisait hurler d’indignation,  les Juifs intégristes.  

Eve et Myriam quittèrent la maison pour suivre leurs époux, une nouvelle ère s’annonçait pour l’entreprise. La mère, fatiguée, quitta ce monde laissant Samuel dans une peine indéfinissable. Pour ne pas penser à sa peine, il se tua au travail,David  essaya, en vain, de le raisonner, Eve et Myriam l’invitèrent à venir chez elles pour faire connaissance de ses nouveaux petits-enfants mais, il n’arrivait pas à quitter la maison où sa chère épouse avait vécu. La naissance d’un petit Naël chez David ramena la vie dans la grande demeure. Esther montrait beaucoup d’affection à son beau-père, ce qui l’aida à reprendre goût à l’existence. Naël grandissait et  il passait beaucoup de temps avec son petit-fils, lui contant l’histoire de sa famille.  Le temps égrenait ses jours, ses mois et ses années.    ( à suivre )

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30 avril 2016 6 30 /04 /avril /2016 22:32

                                              (suite)               David

1520, la journée commençait à peine, le soleil illuminait l’horizon et tout un pan de ciel se mirait dans la mer et ondulait jusqu’à la plage. David s’activait sur le quai en sifflotant gaiement, tandis que son père vérifiait une commande destinée à un navire en partance pour l’orient. Le commerce Yserentahn était devenu un passage obligé pour remplir les cales des bateaux. Mais ce jour de printemps vit éclater une petite révolution au sein de la famille. Tout commença à l’heure du repas du soir quand David arriva, accompagné d’une jolie fille blonde. D’une voix enjouée, il dit simplement :

- Je vous présente Esther, ma très grande amie !

Surpris, le père se leva en murmurant :

  • Bonjour Mademoiselle !

La jeune fille le salua en rougissant tandis que la mère vint gentiment à son secours :

  • Asseyez-vous Esther ! C’est un joli prénom !

Puis elle ajouta :

  • Je pense que vous comprenez notre surprise ! David ne nous a jamais parlé de vous !

Et s’adressant à son fils :

  • Pourquoi cette grande discrétion et ce silence David ?

Ce fut Esther qui répondit d’une voix claire et décidée :

  • Parce que je suis juive mais je suis baptisée ! Ma famille a opté pour le marranisme !

David continua :

  • Les parents d’Esther sont toujours attachés au judaïsme !

Le père demanda :

  • Qu’en pensent la famille d’Esther ?
  • Ils apprécient beaucoup David ! assura la jeune fille

Le père passa sa main sur son front et se mit à parler calmement en regardant Esther :

  • Je n’ai rien contre vous ma fille ! Mais cette situation est inhabituelle ! La bienséance aurait voulu que je rencontre vos parents avec mon fils et qu’il demande votre main ! J’ai besoin de réfléchir.

Alors que le père et David se retiraient dans le bureau pour parler de la situation, la mère, souriante,  demanda :

- Où habitez-vous Esther ?

- A Maastricht,. Madame ! Mais je loge chez un oncle à Amsterdam !

- Comment avez-vous connu David ?

- J’ai appris la reliure dans un atelier proche de votre boutique de détail, dans La Jodenbreestraat et maintenant,  j’y travaille avec ma tante !

                             ( à suivre )

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 10:43

  ( suite ) Comment retenir  le bonheur?

  • Ma pauvre Myriam ! vis au jour le jour ! le moment présent est merveilleux ! que veux-tu de plus ?
  • Oui ! Tu as raison ! Je vais me marier avec l’homme que j’aime ! Ce n’est pas le cas de toutes les filles !
  • Nous avons des parents merveilleux ! ils ne choisissent pas pour nous ! Grande sœur, je vais te faire une confidence ! chantonna Eve
  • Parle ! J’ai hâte de savoir ! clama Myriam

Eve alla s’asseoir sur un rocher et invita sa sœur à venir près d’elle :

  • Approche ! c’est encore un secret et je ne voudrais pas que des oreilles étrangères entendent !
  •  Tu es bien secrète ! toi qui es toujours expansive, tu m’étonnes

Eve passa son bras autour du cou de sa sœur et commença :

  • Tu connais le pianiste, Barco ! Nous sommes très amis et il va venir voir les parents !
  • C’est un beau garçon  et un super musicien ! Je suis contente pour toi ! Les parents seront heureux de le recevoir !

Myriam resta un moment silencieuse puis, d’une voix triste, se mit à parler comme si elle se parlait à elle-même :

  • Après mon mariage, je devrai partir à Utrecht avec Salomon et toi, si tu devais quitter Amsterdam, la maison sera bien vide ! Mon cœur est déchiré ente mon bonheur et la solitude des parents ! Papa pourra toujours aller à l’entrepôt et apporter son aide ! mais maman, notre chère mère, elle sera seule !
  • Ma pauvre Myriam, j’y pense souvent ! Il faut trouver une femme à David pour qu’ils fassent des enfants qui animeront la maison !

Eve regarda le ciel en se lamentant :

  • ça ne sera pas facile ! Monsieur est difficile ! Il faut lui trouver l’oiseau rare !
  • Et pourtant, c’est un beau gars qui a beaucoup de succès auprès des femmes ! Ajouta Myriam
  • Et s’il tombait amoureux d’une fille qui n’appartient pas à notre religion ? Que diraient les parents ? susurra Eve 
  • Pour l’instant, c’est la grande interrogation ! s’exclamèrent les deux sœurs.
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 16:56

(suite) David fut inscrit à l’école du Rabin Ismaël, à la synagogue du port, c’était un brillant élève. Il s’intéressait particulièrement aux sciences mais, dès qu’il eut l’âge de prendre des responsabilités, il dut travailler avec son père qui l’encouragea en acceptant toutes les innovations  proposées par son fils. Le commerce Yserentahn devint florissant. La jovialité de la famille et la bonne réputation de la maison attiraient des acheteurs de tous genres. Myriam, toujours très effacée, était devenue une très jolie femme et, après avoir suivi un enseignement de comptabilité, ce qui était exceptionnel pour une fille, secondait intelligemment son père dans la gestion du commerce. Eve était musicienne, elle jouait de la harpe et animait toutes les cérémonies pour le plaisir des assistants. De ses doigts agiles, elle faisait naître des rêves, ouvrait d’autres horizons et transportait ses admirateurs vers des contrées lointaines et fantastiques. Son père avait aménagé une salle près de leur habitation et là, Eve enseignait la musique. Les activités des filles Yserenthan révolutionnaient la vie des femmes, un souffle de libéralisation parcourait les quartiers du port. 

La mère, Sarah,

avait des doigts de fées, elle brodait et cousait de magnifiques toilettes pour ses filles. L’âge venant, ses forces diminuaient, sa vue baissait et on l’entendait s’exclamer : 

  • « Mon Dieu ! Arrête le temps ! Il passe beaucoup trop vite ! Epargne-nous ! »

 Samuel, qui ne marchait plus aussi vite, répondait par une autre incantation :

  • « Remercie le Créateur qui nous a donné trois enfants merveilleux ! »
  • Nous avons laissé beaucoup de liberté à nos enfants ! particulièrement à nos filles ! Ce qui n’a pas toujours été vu d’un bon œil ! murmura Sarah
  • L’avis des autres n’a aucune importance ! Nous devons être fiers de ce qu’elles sont devenues ! assura Samuel
  • Et David ! Il ne vit pas en suivant les règles de notre religion ! Il prend des libertés ! Qu’en penses-tu ?
  • Ma très chère Sarah ! Nous sommes des croyants et David saura faire le bon choix !  

David était un homme énergique et travailleur. Sa longue silhouette élégante, son teint mat et ses yeux clairs attiraient les regards des femmes, d’autant plus que ce grand jeune homme avait beaucoup d’humour et d’esprit. Tous les ans, la famille se réunissait avec celle du cousin Abraham et organisait un grand repas dans l’appartement  aménagé à leur arrivée, pour fêter l’anniversaire de leur renaissance.

Après cinq ans de dur labeur, ils emménagèrent dans une belle et grande maison, sur les rives du Damrak, à proximité de l’embouchure de la rivière Amstel. Matin et soir, ils ne se lassaient pas de s’extasier devant les levers et les couchers de soleil. La lune  illuminait les nuits de son disque d’argent et ses rayons blafards sautaient de vague en vague avant de s’évanouir sur la plage. Souvent, Eve et Myriam flânaient le long de la plage et se souvenaient de leur vie qui avait débuté dans l’insouciance pour plonger dans un monde de ténèbres et de haine. Le bonheur qui s’était installé doucement chez eux les enchantait. Cependant, Myriam, pensive, murmura :

  • Eve ! Ce bonheur m’effraie ! J’ai toujours peur qu’il ne s’échappe ! Comment le retenir ?
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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 17:07

                                             ( Suite )       Amsterdam.

 

La ville  et le port grouillaient de monde et faisaient peur à la timide Myriam, la petite Eve écarquillait ses yeux devant ce monde nouveau, tandis que David, l’intrépide, se risquait dans le flot mouvant des passants. Le soleil se couchait sur une mer agitée de longues vagues écumeuses, qui terminaient leur course en répandant leur bave sur une plage de sable gris .Le rayonnement rougeâtre tombait en gerbes de feu sur l’horizon, des cormorans suivaient les navires et  piquaient régulièrement pour repêcher les déchets largués par dessus bord. Un vent agréable et doux soufflait vers la côte et caressait doucement les visages tandis que les enfants découvraient leur nouvel univers et que l’installation se faisait rapidement  avec l’aide du cousin Abraham .Malgré le bruit et l’agitation qui régnaient dans le port, David respirait le calme et la sérénité. L’anxiété et la peur qui l’habitaient avaient disparu. Après quelques semaines, l’entrepôt était rempli de toutes les marchandises utiles aux navires marchands et le commerce reprit progressivement. L’habitation n’était pas aussi agréable qu’en Espagne et quand les enfants s’en plaignaient, Sarah et Samuel les rassuraient :

  •         Un peu de patience, les enfants ! C’est provisoire !

-          Mais, on n’aura jamais plus d’oliviers ! gémissait Eve

  -        Non, mais il y a d’autres arbres et des tas de choses différentes ! répondait Sarah

  -         Ici, les catholiques ne nous embêtent pas ! Ils sont en minorité et les Pays-Bas ne sont pas des amis de l’Espagne ! assurait Samuel

-           Je n’arrive pas à retenir notre nouveau nom ! se plaignait  Myriam

-           Après tous les nouveaux documents remplis par différents contrôleurs, Eisenzahn s’est transformé en Yserentahn ! Retenez- le bien ! dit le père, c’est notre identité ! YSERENTAHN !

Les Juifs occupaient des quartiers réservés, ils portaient des vêtements distinctifs mais, ils n’étaient pas les cibles à abattre, au contraire, ils étaient appréciés pour leur savoir et leur habilité à commercer.       

La vie trouva enfin sa place dans cette famille déracinée en quête d’un droit d’exister et de rire. Un matin, David vit entrer un grand navire dans le port, c’était l’ Eisenzahn ! Samuel se précipita vers le quai de déchargement et ce fut une grande joie de retrouver le commandant, cet homme qui les avait protégés de tous les dangers. Les deux hommes tombèrent dans les bras l’un de l’autre, l’émotion fut à son comble quand David et la petite Eve arrivèrent en courant. La fillette sauta au cou de l’officier en répétant :

  • Enfin ! je vous retrouve ! Je vous ai cherché pour vous dire merci et encore merci !

Emu, le commandant reposa l’enfant sur le sol et reprenant son air sévère dit :

  • Petite jeune fille, ne vous aventurez jamais seule sur le port ! c’est un ordre ! votre père vous parlera de tous les dangers qui rôdent par ici !

Eve scruta le regard de son père et bougonna :

  • Je n’ai jamais le droit de me promener seule ! Alors, je suis bien obligée d’obéir !
  • Je n’ai pas voulu vous effrayer Eve ! dit le marin d’une voix douce qui surprit la fillette,
  •  c’est pour votre sécurité ! Ajouta-t-il   ( à suivre )
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