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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 15:27

                                                           Fascination

 

C’était l’été dernier, je m’apprêtais à sortir avec de vieux amis quand, ne pouvant l’enfiler dans la boîte aux lettres, le facteur sonna et vint apporter une grande enveloppe brune et épaisse. Elle était adressée à mon frère. Aussitôt, il se mit à lire un paquet de feuilles dactylographiées accompagnées de coupures de journaux.

Je sortais, quand Paul me dit : « Attends ! »

Et il se remit à lire lentement, avec attention, son visage se crispait, des rides barraient son  front et  tout son être  semblait  accablé et plongé dans une terrible incompréhension.

Puis il leva les yeux et posa la liasse de feuilles sur la table. Il me fixa et dit :

 « C’est une histoire incroyable qui se répète avec plus d’intensité ! Je ne t’ai jamais raconté cette singulière journée ! C’était il y a deux ans, quand j’étais en poste au Lycée du Puy en Velay, en Auvergne. Les vacances de février commençaient à peine, je me sentais seul et je préparais ma valise pour passer une semaine à Londres quand on frappa énergiquement à la porte. C’était un collègue, Alexandre dit Alex, esseulé comme moi,  qui avait décidé de faire une excursion sur les volcans. Je trouvai cette idée fantastique et, installés sur le coin de mon bureau on se mit à  préparer notre périple. On  décida de partir dans ma voiture, mieux adaptée au tout terrain, car on avait l’intention de prendre des chemins de champs utilisés  par les tracteurs.

Le lendemain matin, on était à Clermont-Ferrand, où on avait déposé nos sacs dans un petit hôtel du centre ville.

On prévint le patron qu’on ne serait peut-être pas présents la nuit prochaine, Alex lui dit qu’on partait vers le « puy de Dôme » et qu’on avait de quoi passer la nuit sous nos tentes, bien enfoncés dans nos sacs de couchage. Le brave homme répondit : « Il fait bon être jeune ! Je vous souhaite de vivre une belle aventure mais, soyez prudents ! » En riant, on s’exclama en chœur : « On ne risque pas une éruption ! » Emportés par notre enthousiasme, on partit. Je m’arrêtai à une station pour faire le plein de carburant et là, en parlant avec le gérant, on apprit que le temps allait se gâter et que la prudence était recommandée à tous les randonneurs qui prévoyaient d’aller sur les volcans, « C’est assez rare, mais ça arrive ! » ajouta l’homme « Il vaut mieux en tenir compte ! » On reprit la route, alors que je conduisais, Alex étudiait la carte et me suggéra d’aller à Orcines, d’où on aurait une route aménagée pour atteindre le sommet du volcan. Je me rangeai à son avis. Je pensais que ce serait bien d’aller dans une ferme et demander l’autorisation d’y  planter nos tentes pour une ou deux nuits. Je fis part de cette idée à Alex qui la trouva  originale. Nous rencontrâmes un couple de paysans âgés, très accueillants, qui nous offrirent leur bûcher, bien abrité du vent et de la pluie pour planter notre campement. Il était environ 10h et on ne voulait pas perdre de temps, nous partîmes donc aussitôt. On emprunta le sentier que les braves gens nous avaient indiqué. « Prenez ce chemin, vous serez  seuls, mais c’est plus pittoresque que le chemin de randonnée - Les Muletirers- ! » Puis il avait ajouté : «  Le Puy de Dôme, tout le monde y va, c’est notre volcan fétiche, il culmine à 1465 mètres au milieu du champ de volcans ! » On franchissait la barrière quand une bourrasque cassa une branche d’un gros marronnier, qu’un éclair zébra le ciel et qu’un grondement terrible déchira l’air. Le paysan, les mains en porte-voix, nous rappela : « Les garçons, ne partez pas, c’est trop dangereux ! » On revint vers lui tandis qu’une pluie mêlée de grêlons, gros comme des balles de ping-pong, se mirent à tomber en s’amoncelant contre le mur de l’étable. Sous le hangar, le bruit était assourdissant, les lauzes de l’habitation luttaient mais résistaient et le brave homme regardait ce spectacle avec anxiété. Quand l’averse cessa, après une interminable attente, il nous emmena chez lui où son épouse était effondrée et des larmes embuaient ses lunettes. Puis, la pauvre femme nous regarda  et dit : «  Ah  les enfants ! heureusement que vous n’étiez pas là-haut ! » Nous n’en n’étions pas très heureux mais, elle avait peut-être raison ! Ils nous invitèrent à partager leur repas de midi. Nous leur confiâmes notre désir de découvrir les volcans que nous ne connaissions pas. Ils se mirent à parler de leur belle région et c’était très intéressant. «  A mon avis, dit la dame, si vous désirez vous retrouver dans un monde étrange, ce serait bien que vous alliez  vers Le Cézallier » Puis s’adressant à son mari : « Qu’est-ce que tu en penses ? » Il secoua la tête et dit : « Ah ça ! tu dis vrai ! il paraît même qu’on peut y rencontrer des fantômes ! » On éclata de rire et amusé, je dis : « Enfin, nos rêves vont enfin se réaliser ! » On les quitta en les remerciant, on reprit la voiture et cette fois, des averses de pluie sans grêle reprirent de plus belle..  ( à suivre )

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 22:20

François de Bourbon, duc de Montpensier naquit en 1542  et décéda le 4 juin1592, à Lisieux.

Il  était prince du sang de la maison de Bourbon,  proche de la famille royale des Valois et l'un des commandants de l'armée royale pendant les guerres de religion.

François de Bourbon était le fils de Louis, duc de Montpensier et de sa première épouse, Jacqueline de Longwy.

En 1566, il épousa Renée d'Anjou, marquise de Mézières et comtesse de Saint-Fargeau, qui n'avait alors que 16 ans. En 1573, alors qu'elle a 23 ans, le couple eut un fils, Henri.Cette grossesse et cette naissance furent une épreuve difficile pour Renée. Très affaiblie, La jeune Duchesse de Montpensier sombra dans la mélancolie. Rapidement, elle souffrit de la solitude qui l'entourait, la réputation de jaloux de son époux l'avait éloignée de la société. Renée était une femme soumise mais cela ne l'empêchait pas de regretter la présence agréable des Guise et autres princes de la Cour.

Durant toute sa vie, ce prince de sang de la maison de Bourbon accumula de nombreux titres dont celui de dauphin d'Auvergne. Jusqu'à la mort de son père en 1582, on ne le mentionna que sous ce titre de « prince dauphin ». À l'âge de quarante ans, il devint lui-même duc de Montpensier. François fut également le 16e prince souverain de Dombes, duc de Châtellerault, vicomte de Brosse, baron de Beaujolais .Dans le but d’obtenir tous ces titres, il passait la majorité de son temps à accomplir toutes les missions qu’on lui demandait.

Pendant les guerres de religion, François de Montpensier se vit confier la responsabilité de plusieurs gouvernements :

  • d'abord dans le centre de la France (Anjou, Touraine, Maine, Orléans, etc.),
  •  puis celui du Dauphiné (1567)
  •  et enfin celui de Normandie (1588).
  •  Durant les campagnes militaires, il combat, avec son père, les protestants.
  •  Après la prise de Saint-Jean-d'Angély, en 1569, il est chargé de les combattre en Saintonge, mais échoue.
  •  En 1574, il est nommé gouverneur général du Languedoc et du Dauphiné, provinces qui se trouvent alors entre les mains des protestants.
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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 21:30

Qui était " La Princesse de Montpensier" ?

Renée d'Anjou qui n'a jamais été Princesse, est l'héroïne de La Princesse de Montpensier, nouvelle de Madame de Lafayette publiée en 1662.

La nouvelle est purement fictive, il n'y a jamais eu de princesse dans la famille des Montpensier mais des ducs. L'auteur a peut-être donné ce titre princier car François duc de Montpensier était prince du sang (un Bourbon). L'intrigue amoureuse entre les différents personnages est imaginaire, tout comme le nom des personnages. Cette nouvelle a inspiré un film français " La Princesse de Montpensier" sorti en 2010, réalisé par Bertrand Tavernier. Le prince de Montpensier y est interprété par Grégoire Leprince-Ringuet.

On sait cependant que très souvent, les personnages imaginaires ont été inspirés par des personnages réels, de chair et d'os !

Renée d'Anjou-Mézière, naquit le 21 octobre 1550 à Mézières-en-Brenne, elle était la fille unique de Nicolas d'Anjou, issu d'une branche bâtarde des ducs d'Anjou de la Maison de Valois

et de Gabrielle de Villebois-Mareuil,

Nicolas d'Anjou était marquis de Mézières, comte de Saint-Fargeau, seigneur de Mareuil, de Villebois, de Thin, de Tucé, de Seneché et de Saint-Maurice-sur-Laveron.

 

Renée, une douce jeune fille rêveuse, éprise de poésie et de musique, rencontra certainement Henri de Guise, ce beau prince fougueux et séducteur, elle en éprouva sûrement beaucoup de désirs mais la jeune fille pieuse et obéissante, épousa François de Bourbon Montpensier

Elle devint duchesse de Montpensier après son mariage en 1566 avec François de Bourbon, duc de Montpensier et dauphin d'Auvergne avec lequel elle eut un fils, Henri de Montpensier, né en 1573.  La date de sa mort est incertaine, on donne parfois pour date de sa mort l'année 1597 mais il semble qu'elle soit morte « dans la fleur de l'âge », avant 1586. Par les confidences d'une dame de compagnie de la jeune duchesse à son confesseur, Renée serait morte de chagrin, son époux la délaissant trop souvent...pour la guerre

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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 13:32

( suite  Les jours et les mois défilaient, les cœurs débordaient  de larmes, les dernières  lueurs d’espoir allaient s’éteindre, quand Fernand, le copain de Joseph, revint au village. Devant les questions d’Anna, il était désemparé, il ne pouvait lui donner aucune nouvelle réconfortante. La dernière fois qu’il avait vu son époux, il était  blessé et lui avait demandé : 

« Si tu rentres vivant, fais ce qu’il faut  pour récupérer l’argent qui me revient et donne-le à Anna ! 

Fidèlement, il accomplit ce souhait. En recevant ce pécule, Anna s’écria :

 « L’argent ! Il a encore pensé à nous ! Mais cela ne remplace pas mon Joseph ! »  

 

Comme Fernand, plusieurs milliers de prisonniers avaient regagné leur pays par mer ou par terre. Parmi eux, il y avait même quelques blessés qui avaient été soignés par la population russe.

1815, l’année du départ de Napoléon 1er, pour certains, c’était triste, pour d’autres, c’était la fin de la  boucherie ! Anna ne voulait plus penser et se donnait corps et âme aux siens. L’oncle Charles se faisait vieux et Petit Jules avait fondé une famille quant à sa mère, elle se montrait toujours aussi forte, tant physiquement que moralement.

1816, 1817, Anna avait pris le deuil et ne voulait plus le quitter. Des hommes auraient aimé lui faire la coure mais, elle les repoussait vivement :

 « Allez courir ailleurs ! Je ne suis pas une fille ! »

Puis elle murmurait : « Mes seuls amours sont Joseph et mes enfants ! Vous ne m’intéressez pas ! ».

Sa mère essayait de la raisonner, cependant, elle approuvait sa fille et disait :

« Ma pauvre grande, fais ce que ton cœur te commande ! »

Février 1818, la bise soufflait et amoncelait la neige en congères qui barraient le chemin  du village. Oncle Charles attisait le feu et une douce chaleur réchauffait la maison tandis que la grand-mère et les enfants préparaient le repas du soir. Anna fermait les portes de l’étable et de l’écurie.  Le soleil se couchait, le froid gelait les doigts et Anna s’activait à accrocher les volets de bois quand une main se posa sur son épaule et qu’une voix douce susurra :

 « Ma tendre Anna ! Je suis enfin là ! »

Elle lâcha la barre de bois et s’effondra en marmonnant :

 « Joseph ! »

Il la retint dans ses bras et la porta à l’intérieur où  il fut accueilli par un cri mêlé de doute et de joie.  Anna  n’osait pas ouvrir les yeux, elle demanda :

« Joseph est bien chez nous ou j’ai encore rêvé ? »

Il répondit en l’embrassant tendrement : 

Tu n’as pas rêvé ! »  

La vie reprit, le bonheur retrouva le chemin de leur foyer et en 1857, Napoléon III créa une décoration pour les survivants. À 68 ans, Joseph reçut « la médaille de Saint- Hélène ». Il confia à sa chère épouse : 

« C’est une reconnaissance, mais ça ne peut pas effacer notre longue séparation et toutes nos souffrances ! » ( Fin)

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 16:58

( Suite ) La jeune femme ferma les yeux, des larmes coulèrent sur ses joues et elle implora:

 « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Prenez soin de mon Joseph ! »

Anna guérit et retrouva ses forces. Petit Jules alla la chercher avec le cheval et la charrette. Quand elle arriva à la maison, ses enfants lui sautèrent au cou, sa mère avait préparé une bonne soupe et cuit le pain. Malgré l’absence de Joseph, ils essayèrent de faire régner une ambiance de joie et d’espérance.  Les nouvelles de la guerre étaient rares, les semaines passaient et chacun se tuait à la tâche pour ne pas penser. Fin septembre, une grande nouvelle réconforta toute la famille :

 « L’empereur avait fait son entrée dans Moscou avec sa garde  et le premier corps ! »

Malheureusement, l’inquiétude suivit quand ils apprirent que la ville était déserte, vidée de toutes provisions par le gouverneur. Bientôt, d’autres nouvelles alarmantes arrivèrent

« Les Russes pratiquaient la guerre de la terre brûlée ». 

Leurs pensées allèrent vers tous ces hommes qui devaient être affamés. Le 18 octobre, le désespoir s’empara de la population, l’Empereur qui occupait Moscou, sans avoir reçu la capitulation d’Alexandre 1er, avait dû battre en retraite. Anna se mit à penser au retour de Joseph. Elle confia à sa mère :

 « Si l’armée bat en retraite, les soldats vont rentrer ! »

 « Peut-être ! » souffla-t-elle pensive

Puis l’hiver russe arriva, dès novembre 1812, le froid causa de nouveaux tourments à la Grande armée, les soldats et les chevaux commencèrent à mourir de froid, de faim et de fatigue. Chaque jour répandait l’horreur, les cavaliers cosaques  harcelaient sans cesse notre armée et les escarmouches  qui éclataient régulièrement fatiguaient nos pauvres troupes affamées et désemparées.

Le temps passait, l’avenir s’obscurcissait de jour en jour. 1813 s’écoula dans l’attente des hommes. Les pauvres familles ne savaient rien de leurs fils, époux et pères, elles essayaient de vivre en donnant de l’espoir aux enfants, c’était surhumain ! Anna voyait ses enfants grandir sans leur père et ne savait que répondre à leurs questions. Oncle Charles calmait leur chagrin en les emmenant relever les collets, cueillir des champignons ou des baies sauvages mais la tristesse ne quittait pas  leur joli visage.

1814, un espoir illumina tous les cœurs, un convoi de trois navires avait ramené des prisonniers de Riga au Havre. Les jours passaient et aucun garçon de la contrée n’avait rejoint sa maison. Les nuits d’Anna se peuplaient de cauchemars qui la faisaient hurler. Elle voyait son Joseph, blessé et abandonné, à demi- mort, dans la neige et la glace, baignant dans son sang. Un matin, les yeux hagards, elle bondit dans la cuisine en criant :

 « Il est mort ! Joseph est mort ! 

Sa mère protesta : « Non ! Un rêve ne veut rien dire ! » puis elle ajouta : « Tu penses tellement à lui que des tas d’idées trottent dans ta tête et tu imagines le pire ! » .( à suivre )

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 12:44

( suite) « Si je pars, il le faudra ! » Murmura Joseph. « Mais, à mon engagement, je recevrai déjà plusieurs mois de soldes pour aider ma famille à vivre ! » ajouta –t-il. Le vieil oncle vit que son neveu était désemparé et conseilla 

« C’est à toi seul de prendre cette décision ! Si tu pars, je ne te blâmerai pas ! Je serai toujours là pour aider aux tâches de la ferme, tu pourras aussi compter sur ton cousin, le petit Jules ! »

Joseph tomba dans les bras de l’oncle Charles, le visage inondé de larmes. Le plus difficile restait à faire, parler à sa chère femme. Tout s’accéléra quand il trouva Anna qui gisait près de son lit, inconsciente.

« Un nouveau malaise ! C’est grave, elle a besoin de plus de soins ! » déclara le médecin.

« Comment ? Le brave docteur ne me demande presque rien mais  je n’ai pas d’argent pour faire plus ! » pensa Joseph.

Il ne perdit pas de temps et se rendit au bureau des engagements, il signa, reçut son avance sur solde, son uniforme et tout l’équipement du soldat. Il vivait tout cela comme s’il était dans un rêve. Au moment où il sortait dans la rue, le sergent cria : 

« Iserentant, vous partez sur le champ ! »

« Sans dire adieu à ma famille ? » gémit Joseph.

«Soldat, c’est un ordre ! » hurla le chef.

Petit Jules qui l’avait accompagné était horrifié. Joseph lui confia l’argent en chuchotant :

 « C’est pour soigner Anna ! Embrasse-la et demande-lui pardon pour moi ! Ainsi qu’à mes enfants ! »

La tristesse ravageait son visage.  Petit Jules le rassura. :

 « Part tranquille ! On fera tout pour faire soigner Anna ! » . Il lui tapa sur l’épaule et ajouta : « Va et reviens-nous en entier ! »

Les nouveaux enrôlés suivirent un entraînement intensif avant de partir vers la grande Russie.  Les 450 000 hommes de la Grande armée franchirent le fleuve Niémen au mois de juin 1812 et marchèrent sur Moscou. La grande aventure avait commencé pour Joseph.

A la fermette, la mère d’Anna, l’oncle Charles et Petit Jules se débattaient avec les problèmes de tous les jours. Anna était à la Maison Dieu où des religieuses prenaient soin d’elle. Au bout de quelques semaines, il fallut lui parler du départ de Joseph. Sa mère hésitait, elle raconta toutes les circonstances qui avaient entraîné ce départ à une sœur infirmière. Celle-ci profita d’un léger mieux d’Anna et, de sa voix douce lui demanda :

 « Qui paie vos soins ? On a la consigne de tout faire pour vous remettre sur pied ! » Anna ne comprit pas tout de suite la situation, puis elle murmura 

« En effet, qui paie tous ces remèdes ? ».

 « Je le sais moi ! dit la religieuse, c’est Joseph,votre époux ! il s’est enrôlé pour vous faire soigner ! Il vous aime Anna ! » ( à suivre)

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 20:13

( suite ) « Si je pars, il le faudra ! » Murmura Joseph. « Mais, à mon engagement, je recevrai déjà plusieurs mois de soldes pour aider ma famille à vivre ! » ajouta –t-il. Le vieil oncle vit que son neveu était désemparé et conseilla : « C’est à toi seul de prendre cette décision ! Si tu pars, je ne te blâmerai pas ! Je serai toujours là pour aider aux tâches de la ferme, tu pourras aussi compter sur ton cousin, le petit Jules ! » Joseph tomba dans les bras de l’oncle Charles, le visage inondé de larmes. Le plus difficile restait à faire, parler à sa chère femme. Tout s’accéléra quand il trouva Anna qui gisait près de son lit, inconsciente. « Un nouveau malaise ! C’est grave, elle a besoin de plus de soins ! » déclara le médecin. « Comment ? Le brave docteur ne me demande presque rien mais  je n’ai pas d’argent pour faire plus ! » pensa Joseph. Il ne perdit pas de temps et se rendit au bureau des engagements, il signa, reçut son avance sur solde, son uniforme et tout l’équipement du soldat. Il vivait tout cela comme s’il était dans un rêve. Au moment où il sortait dans la rue, le sergent cria : « Iserentant, vous partez sur le champ ! » « Sans dire adieu à ma famille ? » gémit Joseph. «Soldat, c’est un ordre ! » hurla le chef. Petit Jules qui l’avait accompagné était horrifié. Joseph lui confia l’argent en chuchotant : « C’est pour soigner Anna ! Embrasse-la et demande-lui pardon pour moi ! Ainsi qu’à mes enfants ! » La tristesse ravageait son visage.  Petit Jules le rassura. : « Part tranquille ! On fera tout pour faire soigner Anna ! » . Il lui tapa sur l’épaule et ajouta : « Va et reviens-nous en entier ! »

Les nouveaux enrôlés suivirent un entraînement intensif avant de partir vers la grande Russie.  Les 450 000 hommes de la Grande armée franchirent le fleuve Niémen au mois de juin 1812 et marchèrent sur Moscou. La grande aventure avait commencé pour Joseph.

A la fermette, la mère d’Anna, l’oncle Charles et Petit Jules se débattaient avec les problèmes de tous les jours. Anna était à la Maison Dieu où des religieuses prenaient soin d’elle. Au bout de quelques semaines, il fallut lui parler du départ de Joseph. Sa mère hésitait, elle raconta toutes les circonstances qui avaient entraîné ce départ à une sœur infirmière. Celle-ci profita d’un léger mieux d’Anna et, de sa voix douce lui demanda : « Qui paie vos soins ? On a la consigne de tout faire pour vous remettre sur pied ! » Anna ne comprit pas tout de suite la situation, puis elle murmura : « En effet, qui paie tous ces remèdes ? ». « Je le sais moi ! dit la religieuse, c’est Joseph,votre époux ! il s’est enrôlé pour vous faire soigner ! Il vous aime Anna ! » ( à suivre )

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 20:25

( Suite ) Les guerres napoléoniennes embrasaient l’Europe, des hommes mouraient au combat mais les victoires euphorisaient la troupe qui repartait en campagne vers d’autres horizons. Malheureusement, on oubliait la population laborieuse  qui souffrait de la faim et des frimas de l’hiver. Après le passage des armées, les terres cultivées étaient ravagées et incultes.

1812 pointait son nez, Joseph et Anna trimaient nuit et jour pour nourrir leurs deux enfants. En ce mois de mars 1812, l’herbe se faisait rare et les réserves de foin étaient épuisées. Joseph faisait paître ses trois vaches le long des chemins tandis qu’Anna prenait soin de sa famille, du jardin et de la basse-cour. Ils n’étaient pas riches mais, leurs enfants mangeaient  à leur faim. Cette année 1812 ne s’annonçait pas sous les meilleurs hospices, gelées et sécheresses retardaient la végétation. Fatiguée par sa dernière grossesse, Anna fit un malaise, sa mère lui vint en aide mais, Joseph ne supportait plus de voir sa tendre et courageuse épouse souffrir de privations et s’user au travail.

Napoléon 1er continuait ses guerres de conquête, il avait jeté son dévolu sur l’empire Russe  d’Alexandre 1er. Joseph était un homme jeune, de toute la force de ses vingt trois ans, il cultivait, débroussaillait, trayait les vaches et faisait tous les travaux possibles pour soulager Anna. Cependant, en allant au bourg, il avait rencontré des soldats de la Grande armée et avait discuté avec les volontaires. Parmi eux, il y avait Fernand, un copain d’enfance, qui comprit que son ami Joseph vivait dans la misère. Il lui dit :

 « Fais comme moi, engage-toi ! Tu seras nourri, habillé et tu auras une bonne solde qui mettra du beurre dans les épinards ! Pense à Anna et à tes gosses ! »

Il rentra à la maison, décidé à parler à Anna mais il ne put dire un mot. Tourmenté, il ne trouva pas le sommeil et passa une partie de la nuit à fendre du bois. Epuisée, sa pauvre épouse ne s’en rendit même pas compte. Seule, sa mère l’entendit. La brave femme comprenait son gendre, elle savait que c’était un bon garçon qui souffrait et aurait voulu offrir une meilleure vie à la mère de ses enfants. Après plusieurs jours d’incertitude, il finit par en parler à son oncle. Celui-ci resta pensif puis se mit à extérioriser ses pensées :

 « Mon garçon, c’est un cas de conscience grave ! Laisser ta famille pour courir les armes à la main ! Te sens-tu capable d’annoncer ça à Anna ? » (suite )

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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 22:51

(suite)  Jean et Jeanne avaient enterré Hubert, leur fils unique. Le cercueil fut porté par son cousin Charles, le fils de Pierre et Marie, et par ses meilleurs amis.  La cérémonie avait rassemblé tous les habitants du village et des alentours. Une tristesse indéfinissable régnait sur cette assemblée silencieuse. La jeune épouse de Charles suivait difficilement le cortège, sa grossesse tirait à sa fin et elle dut s’asseoir sur une pierre tombale. Une vieille femme s’approcha d’elle en clamant :

  • Un homme part, un autre vient le remplacer, c’est la vie ma fille !
  • Vous êtes sûre que c’est un garçon ? interrogea timidement, la jeune femme

La vieille s’éloigna en ricanant : qui sait ? Peut-être oui ! Peut-être non ! Le soir même, un adorable petit Joseph venait illuminer les cœurs de toute la famille.

  • C’est un cadeau du ciel ! s’exclama Marie, sa grand-mère
  • Oui ! Mais dans quel monde ce petit homme va-t-il vivre ? 1789, est-ce une bonne année pour naître ? se lamenta Pierre

Quelques mois plus tard, Jean et Jeanne, ravagés par le chagrin, quittaient cette terre pour rejoindre leur cher fils dans l’éternité. La guerre et les révoltes  se succédaient, le pauvre peuple souffrait. En 1792, la principauté de Liège et les Pays-Bas autrichiens furent envahis par la République française. la Paix ne s’installa pas pour autant car, en 1793, l’Autriche était de nouveau maître des lieux.  En 1794, tout bascula de nouveau, ils furent annexés par la France et lorsque Napoléon s'empara du pouvoir, la Belgique fut intégrée dans l'empire français. Tout fut bousculé, avec la domination française, la révolution industrielle arriva en Belgique, la Wallonie devint une des régions les plus industrialisée d'Europe.

Le moulin Iserenthan  fut exproprié pour laisser place à une usine. L’état civil français remit tous ses dossiers à jour et l’orthographe du nom de famille devint :

" Isérentant , sous prétexte de le franciser."

Le petit Joseph grandit dans l’incertitude du lendemain.  La Flandre ne se développa pas et resta agricole. L'usage du néerlandais y était sévèrement réprimé par l'Empire, cette répression n’épargnait personne et les Iserentant qui avaient longtemps vécus à Amsterdam avaient l’habitude de parler néerlandais entre eux, ils durent abandonner l’utilisation de cette langue pour épargner leur vie.

Plus de moulin, pas de compensations financières, la famille regroupa tous ses efforts pour exploiter la ferme. La vie n’était plus aussi facile, il fallait partager les tâches et tout le monde y participait. Les récoltes et les animaux fournissaient la nourriture nécessaire mais hélas, les passages de soldats détérioraient les cultures sans compter les fournitures obligatoires pour nourrir les troupes.

La vie devenait de plus en plus difficile .( suite )

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 20:51

( Suite) La fortune de l’oncle Nathan permit à Jean de développer le moulin et l’installation de Pierre sur une ferme quant à Lucie, elle épousa un homme de loi. La vie s’écoulait tant bien que mal sous la domination autrichienne qui ne supportait aucune entorse aux règlements établis par le pouvoir. Avec le temps, les impôts devinrent de plus en plus lourds et les saisies de biens se multipliaient. Les garçons fondèrent leur famille et après la mort des parents, ils groupèrent leurs efforts pour exploiter le moulin et la ferme. En 1789, les réformes politiques et religieuses provoquèrent la révolution brabançonne. Le fils de Jean, Hubert, ne supportait plus le pouvoir trop autoritaire des autrichiens et  il prit une décision qui plongea ses parents dans la peine :

  • Père, j’ai décidé d’aller combattre l’autrichien ! Nous ne pouvons plus vivre sous la botte de ce dominateur malfaisant !
  • Réfléchis encore une nuit ! lui conseilla son oncle Pierre
  • Il y a des jours et des nuits que je pèse le pour et le contre ! ma décision est prise !

Le lendemain, Hubert partit rejoindre les rangs des patriotes belges et combattit à Turnhout du 24 au 27 octobre 1789 mais, au cours des derniers violents combats urbains, Hubert fut blessé mortellement. En apprenant la nouvelle,Jean, son père, tomba à genoux en s’écriant :

  • Mon brave fils, tu n’auras pas connu la joie de la liberté !
  • Nous n’avions qu’un enfant et ce maudit pays nous l’a pris ! gémit la mère

Cette Belgique libre ne dura qu’une année, car en octobre 1790, les troupes autrichiennes y rétablirent leur autorité. Jean en perdit la raison, sans cesse il répétait en errant au milieu des prés :

  • Mon enfant est mort pour rien ! pour rien, vous avez bien entendu ? pour rien !

Son frère Pierre allait le rechercher et affectueusement, le ramenait à la maison en lui murmurant à l’oreille :

  • Rentre à la maison, ton épouse a besoin de toi et prends un peu de repos !
  • ( à suivre)
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Présentation

  • : Les poubelles radioactives
  • Les poubelles radioactives
  • : Enterrer ? Enfouir ? Ne serait-ce pas oublier ? Comment traiter les déchets radioactifs ? L'enfouissement des déchets radioactifs dans les conditions actuelles est-il acceptable ? A-t-on préparé le démantèlement des centrales nucléaires ? Les recherches scientifiques permettent-elles, actuellement, le traitement de tous ces déchets pour les rendre inoffensifs ? Sommes-nous assez informés des dangers de toutes ces poubelles nucléaires ?
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