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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 14:28

 

Prince et bandit

 

                  Après le sacre à Reims, Charles VII fit Robert de Sarrebrück, chevalier

 

 

L’horizon s’empourprait des premières lueurs du jour. En ce jour de septembre de 1419,. Greux s’éveillait. Les paysans, toujours matinaux, ouvraient  les portes des étables et faisaient boire les vaches, les moutons et les chèvres dans la Meuse. Les coqs carillonnaient leur chant strident dans les basses-cours. Cette vie paisible semblait défier la guerre. Chacun vaquait à ses occupations ordinaires quand une troupe de soudards, aventuriers ou soldats fut signalée par les hommes de guet. Les mères cachèrent les filles au fond des granges, des caves , des greniers, les jeunes hommes filèrent vers la forêt en poussant le gros du troupeau, les vieillards et les petits enfants s’enfermèrent dans l’église. Le cliquetis des armes sur les cuirasses résonna comme le glas. !

 

 

                                                          Le Damoiseau de Commercy

 

C’était le Damoiseau de Commercy, connu aussi sous le nom de Robert de Sarrebrück et ses hommes.. Ce triste prince et sa troupe  semaient la terreur sur leur passage . Il louait ses services au plus offrant , tantôt le dauphin de France, tantôt les Anglos- Bourguignons, mais toujours du côté de la meilleure solde ! Son cœur penchait vers les grosses bourses ! « Ni foi, ni lois » Ce matin- là, le bandit s’installa sur la place deGreux, entouré de ses mercenaires et se mit à hurler :

-         Allez chercher vos écus ! votre « gentil dauphin » en a besoin pour chasser l’ anglais ! Au trot !

-         Messire ! répondit le père Collin, maire du village, nous ne sommes pas riches mais vous aurez tout ce que nous pouvons donner pour aider notre « gentil Dauphin » !

-          Je n’ai pas beaucoup de patience s’écria le damoiseau de Commercy, filez chercher vos cagnottes ! Vos récoltes ont été bonnes ! vos vaches , vos moutons et vos cochons sont gras ! Vos femmes sont rondelettes, on peut aussi s’en occuper !

 

A ces mots, chacun se précipita vers sa chaumière. Les femmes restèrent  immobiles, à l’intérieur , les hommes revinrent avec leur bourse,  en priant Dieu que les gangsters n’en demandent pas plus !

Le Damoiseau se frotta les mains ! Sous sa chevelure rousse et hirsute, son regard étincelait de contentement devant ce pauvre peuple laborieux qui tremblait devant lui  et obéissait à tous ses ordres,  pour protéger les femmes !  En les entendant pousser régulièrement des hurlements stridents, le grand Charles murmura :

-     C’est ça des hommes ! ça ressemble plus à  des bêtes !

-     Qu’est-ce que t’as à jacter le morveux ?  s’écria le Damoiseau , on ne discute pas       mes ordres ! Allez les gars, occupez-vous de lui !

Aussitôt, des soudards s’emparèrent du grand Charles , il l’obligèrent à entrer dans sa demeure et l’inimaginable  commença .Sous les coups, Charles gémissait, bientôt, on entendit  les hurlements de douleur de sa jeune femme qui venait se sortir de sa cachette pour aider son Charles. Des cris insoutenables  paralysaient toute la population ! C’était terrible, mais tous ces pauvres gens étaient impuissants et figés ! Il fallait rester immobile et silencieux pour protéger les autres femmes !

 

 

Le Damoiseau riait aux éclats, heureux de semer la mort , le viol et la torture . On ne saura jamais combien de temps dura cette horreur ! Quand la bande fut satisfaite, le prince bandit rappela ses « chiens » et la troupe infernale pénétra dans le village de Domremy.

Prévenus par le p’tit Louis, filleul d’Isabelle, tous les villageois avaient eu le temps de fuir vers la forêt avec le troupeau communal. Les jeunes femmes étaient parties avec les enfants et les jeunes hommes, il ne restait  plus que les hommes plus âgés et les vieillards . Ils attendaient les bandits avec détermination, ils portaient leurs économies et se préparaient à déposer leur argent aux pieds du tyran. dont. la troupe infernale arrivait au galop. Quand il vit ce cortège de vieux hommes, le Damoiseau se mit à rugir de rage :

-         Ah ! Il n’y a que des  vieillards dans ce maudit patelin ! Où sont les autres ?

 hurla –t-il

-         Aux champs répondirent les anciens !

-         Ah ! Racailles de paysans ! Gueux ! Vous croyez être plus malins que le damoiseau ! Vos femmes et vos bêtes  ont disparu avec les hommes ! Vous allez payer !

 

                                                                    Village en feu ! Massacre et pillage !

 

 

Il commanda à ses gangsters :

-         Allez ! Les escarcelles ne suffisent pas ! Egorgez ces momies rampantes ! Pillez et brûlez tout !

Les premiers villageois allaient tomber sous les coups des brigands quand une troupe de cavaliers surgit  sur la route de Neufchâteau. C’étaient les frères Didier et Durand de Marche, accompagnés de Thiesselin, le mari d’une marraine de Jehanne, la plus jeune fille de Jacques d’Arc et de quelques hommes, pour mieux dire, ils étaient six . Bravement, ils s’interposèrent entre les villageois et les bandits et Didier de Marche, capitaine dans l’armée du dauphin de France ordonna :

-         Robert de Sarrebrück, si tu as encore un peu d’honneur, abandonne ton butin et lève le camp immédiatement !

Sous l’effet de la surprise , les truands reculèrent , mais le Damoiseau se ravisa et répondit de sa voix tonitruante :

-         Que nenni Messire Didier de Marche ! Ce que je tiens , je le garde !

 

La violence reprit le dessus et un combat terrible s’engagea . De mémoire d’homme

, on ne se rappelait pas avoir vu six hommes se battre avec autant de courage et de force ! Le cliquetis des épées alerta les hommes réfugiés dans la forêt .

 

 

                                                               Paysans soldats au Moyen-âge

 

Armés de fourches et de gourdins ils se précipitèrent pour prêter mains fortes à leurs sauveurs. Les coups pleuvaient de partout, les soudards perdaient du terrain ! Midi sonnait à l’église et les armes cognaient toujours ! Le damoiseau et sa troupe reculaient, il écumait de rage. . Voyant ses hommes se faire tailler en pièces, il abandonna  le butin et la troupe prit le large en hurlant des menaces de mort :

-         Pauvres guenilles de  paysans ! On reviendra  et vous paierez !


Personne ne s’effraya de ces paroles ! Ils côtoyaient tous les jours la mort ! Ils vivaient dans un climat d’angoisse permanent ! C’était une vie au jour le jour ! Chacun profitait du moment présent avec enthousiasme et remerciait Dieu de lui avoir laissé la vie !

 

 

Les femmes et les enfants accoururent. Il y avait quelques blessures à soigner mais il n’y avait pas de victimes parmi les six cavaliers et les  hommes de Domremy. Ce n’était pas le cas dans le camp des bandits. Le prêtre donna une dernière bénédiction avant la mise  en terre des cinq truands, morts au combat ! Le Damoiseau avait même abandonné trois blessés., leur jeunesse apitoya les femmes ! Isabelle murmura d’une voix douce :

 

-         Ils ont l’âge de nos fils ! S’il arrivait pareille infortune à nos enfants, on aimerait savoir que quelqu’un les a soignés !

-         Isabelle a raison ! dit Marguerite en fixant les autres femmes avec insistance

Jehanne Thiesselin s’avança vers les trois hommes, les regarda et exprima sa pensée à haute voix

-         Seigneur, qu’ils sont jeunes ! On ne peut pas  abandonner ces trois gamins à la mort , ça réveillerait la colère de Dieu à notre égard !

 

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