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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 21:05

Les volontaires partent en guerre ...

 

Les trois garçons préparèrent leurs chevaux et les femmes leur apportèrent des musettes de provisions.  Ils passèrent leur dernière nuit à Domremy et, au petitmatin, les «repentis », le cœur un peu serré, quittèrent le pays. Les hommes les regardèrent disparaître à l’horizon. Ils étaient partis vers un nouveau destin , une nouvelle vie de violence et de guerre !

 

 

                                                                      Travaux des champs


-         Braves garçons ! gémit Jacques

C’est alors que Jean, le second fils de Jacques approcha  de son père et d’un air décidé, il annonça :

-         Père, j’ai pris la décision de rejoindre l’armée !

-         Que dis-tu là ? bégaya Jacques

-         Vous avez bien entendu père ! J’ai quinze ans, je suis un homme et je dois servir la     France  dans les armées de Lorraine ou celles de France !

-         Si c’est là ton choix mon gars, je ne peux m’y opposer !

-          Pour les travaux des champs et de la ferme, Jacquemin , mon aîné, est solide ! il sera toujours auprès de vous ! Vous ne manquerez pas de bras !

Le père Lebrun qui avait assister à la scène remarqua :

-         Jacques, tu as trois fils, tu sais qu’ils ne peuvent pas rester tous sur la ferme ! Ton Jean a raison, soldat, c’est un métier !

-         Quel fichu métier ! s’exclama Jacques , on élève pas des enfants pour les envoyer à la mort !

-         Réfléchis Jacques ! Ne crois-tu pas qu’il soit autant en danger,  ici, quand les bandes de soudards attaquent ?

 


Jacques s’assit sur un billot  en prenant sa tête entre ses mains et resta longtemps silencieux.  Jean s’assit sur le sol, en face de son père, le  regard  perdu dans le lointain et l’inconnu . Il comprenait les inquiétudes et la souffrance de son père, « ce père » qui les protègent constamment des dangers, accomplit toujours les tâches les plus difficiles, comment peut-il imaginer un de ses fils sous le feu des armes ? Le jeune homme essuya furtivement une larme qui coulait sur sa joue . Le père Lebrun lui posa une main sur une épaule en le rassurant :

-         Jean, tu as raison, sois tranquille, ton père est fier de toi ! C’est un moment difficile pour les parents, de plus, tu n’as pas choisi la facilité ! En as-tu déjà parlé à ta mère ?

-         Oh non , je ne sais pas comment lui annoncer ! Vous savez, pour elle, sa famille, c’est Dieu qui lui a donnée ! Elle est unie et inséparable !

-         Pendant que ton père est perdu dans son silence, tu devrais aller voir ta mère et tes sœurs, soit confiant !

 

 

 

Jean ne perdit pas de temps et rejoignit la maison où cuisait la soupe de fèves pour midi. . En l’apercevant, Isabelle demanda :

-         Ah mon Jean ! Tu as fini de fendre le bois et ton estomac crie famine ! C’est une bonne maladie et c’est bientôt l’heure !

-         Mère, balbutia-t-il, je voudrais vous parler !

-         Mon Dieu ! Que se passe-t-il ? Tu l’air bien sérieux ! De quelle atrocité veux-tu encore me parler ?

-         Soyez tranquille mère, aucun malheur n’est arrivé aux nôtres !

Isabelle poussa un grand soupir de soulagement puis dit :

-         Parle mon grand, je t’écoute !

-         Mère, je vais partir rejoindre l’armée pour combattre l’Anglais , le Bourguignon et les bandes de brigands qui ensanglantent notre pays ! 

-         Mon garçon, tu es bien jeune , mais je vois que ta décision est prise et que rien ne pourra la contrarier ! Mon Dieu, mon Dieu s’écria-t-elle, viens à mon aide !

A ce cri, Catherine et Jehanne accoururent et entourèrent leur mère effondrée sur le banc. Du regard, elles questionnaient Jean . Voyant sa mère pâle comme un linge Jehanne s’écria :

-         Enfin, que se passe-t-il ?

-         Je veux être soldat ! répondit Jean

-         Toi, soldat ! s’esclaffa Jehanne, ce n’est pas vrai !

-         Si Jehannette ! c’est ce que j’ai décidé

Catherine, très sensible, tomba à genoux sur le sol , aux pieds de sa mère, le visage inondé de larmes. Jean posa sa main sur la tête de sa sœur, en la rassurant :

-         Ma Catherinette, je t’en prie, sèche tes larmes ! Je serai soldat pour vous protéger et  pour aider « le gentil dauphin à devenir roi de France »

Jehanne était restée silencieuse et ne savait que dire . Jean, soldat, elle n’y avait jamais pensé ! Sa mère était prostrée, sa sœur pleurait et elle, semblait juste, étonnée !

Les douze coups de midi sonnèrent au clocher, Jacques, Jacquemin et Pierrelot arrivèrent , la famille était rassemblée, Isabelle se ressaisit et les invita tous à s’asseoir autour de la table. Puis un peu évasive, elle murmura :

-         La soupe est bien cuite ! Le pain est frais ! Jehanne, apporte les pommes !

-         Oui  mère, j’y cours !

-         Quelle énergie cette Jehannette ! remarqua Jean 

 

                                                                       Le repas

 

 

Jehanne revint rapidement et s’assit entre Jean et Catherine. Jacques , le père, se recueillit et commença le bénédicité :

-         «  Merci Seigneur pour le repas que nous allons prendre  Amen » puis il ajouta en regardant Jean : « Mon garçon, nous te donnons notre bénédiction, va rejoindre l’armée , sert le Dauphin et prends soin de toi ! »

A ces mots, le jeune homme s’agenouilla devant son père puis devant sa mère en les remerciant . Son visage était apaisé, il ressentait une joie intense, presque de l’euphorie . Le repas se termina dans la joie .

-         Quand pars-tu , mon fils ? demanda Jacques

-         Le plus tôt possible !  répondit Jean

La journée se termina dans les préparatifs, Jean ne devait manquer de rien. Jehanne astiqua les harnais, Catherine s’occupa du paquetage et la mère remplit la besace. La nuit fut courte. A l’aube, le jeune cavalier partit rejoindre l’armée française du Sir de Baudricourt, cantonnée à Vaucouleurs.

 

 

Les villageois s’étaient rassemblés sur son passage  lui criaient des messages de chance et l’assuraient de leurs prières. Certains le félicitaient pour son courage et le  remerciaient .. Jehanne courut à côté de lui jusqu’à l’entrée de Greux et là, Jean s’arrêta et lui dit :

-         Petite sœur, retourne à la maison, les parents ont besoin de toi !

Jehanne s’écria :

-         Jean, je penserai toujours à toi ! je prierai pour toi chaque jour ! Je te le promets !

Elle fit une caresse au cheval et s’enfuit à toutes jambes vers la maison, sans se retourner .

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