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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 13:59

 

Que fait-on de ces jeunes garçons ? insista Isabelle

 

Les hommes donnèrent un avis qui ne reflétait aucune haine, aucune vengeance :

-         Faites pour le mieux, les femmes !

La grande Hauviette désinfecta les blessures et le père Lebrun cautérisa les plaies en marmonnant :

-         Vous avez de la chance les gaillards, vos membres sont entiers !

-         Merci , merci !  bégayèrent-ils

-         Ce n’est pas moi qu’il faut remercier les lascars,  mais les femmes ! Moi, j’oublie souvent ce que c’est que la charité chrétienne ! 

-         Vous auriez eu raison m’sieur , après ce qu’on a fait ! répondit le grand blond

 


.Les hommes aménagèrent un espace dans une grange où à tour de rôle, les femmes venaient soigner et nourrir les trois  blessés.

Les trois «jeunes soudards » ne savaient pas comment remercier les gens de Domremy. Ils étaient vigoureux et jeunes, ils retrouvèrent rapidement la santé A peine remis sur pied, ils aidèrent à la reconstruction des bâtiments de Greux et Domremy, détruits et brûlés par les bandits de Robert de Sarrebrück .Chaque jour, ils s’intégraient de plus en plus à la population Ils participaient, avec courage aux travaux des champs. Ils voulaient changer de vie et regrettaient amèrement les violences et les exactions commises sous les ordres du damoiseau de Commercy. Le temps s’écoulait, tout était calme quand, une nuit, les hommes de guet réveillèrent le village.

 

 

Ils criaient :

-         Vite ! Vite ! Filez vers les bois ! Une troupe de cavaliers arrive !

Les plus rapides eurent le temps de disparaître dans la forêt, les femmes, les enfants et les vieillards se réfugièrent dans l’église. La mauvaise troupe arriva en lançant des torches enflammées. Tout une rue était en flammes ! Les hommes se démenaient comme des diables pour chasser les bandits et éteindre l’incendie.

 

                                             Incendie d'un village et pillage

 

Les trois jeunes « repentis », comme tout le monde les surnommaient, apportèrent une aide précieuse aux villageois. Dans l’église, la petite Jehanne se révoltait :

-         Pourquoi prier ? Dieu nous a oublié !

-         Ma Jehannette, il faut prier ! Dieu nous viendra en aide !

-         Non ! Non ! s’écriait Jehanne, ce n’est pas juste ! Pourquoi faut-il toujours souffrir et avoir peur ?

Les prières et les chants couvraient les cris de révolte de Jehanne. Isabelle et Catherine, sa sœur, l’emmenèrent devant l’autel de la Vierge et là, elles s’agenouillèrent  . Elles venaient de commencer un « Je vous salue Marie » quand dehors, on entendit une grande clameur de joie ! Des cliquetis d’épées traversaient les murs de l’église ! Des soldats lorrains du Duc de Bar, alertés par les flammes alors qu’ils rejoignaient leur campement venaient d’ arriver., les bandits n’insistèrent pas et s’enfuirent ! Le prêtre ouvrit le portail de l’église et la population remercia les sauveurs ! Jehanne resta seule, agenouillée et recueillie devant  la vierge ! Son visage était apaisé ! Un calme inondait tout son être et contrastait avec la Jehanne

pleine de colère qu’on avait vue au début de l’attaque.

 

                                                  Eglise de Domremy

 

Au cœur de cette guerre de cent ans, où tout est violence, souffrance et mort, le peuple trouve une consolation et une protection dans la prière . La foi semble être le seul  refuge ! Jehanne grandit dans ce climat de piété. Elle vit des instants de révolte, elle pique des colères et a du mal de pardonner à  tous ces tueurs qui massacrent, violent, pillent, et torturent ! Ces deux attaques successives l’obligèrent à réfléchir. et à maîtriser ses rages et ses envies de vengeance ! Sans cesse, elle entendait sa mère répéter :

       « -Jehanne,Il faut pardonner ! Le Christ a pardonné à ses bourreaux ! »

 La vie reprit ! De nouveau, les jeunes « repentis » ne ménagèrent pas leurs forces pour déblayer et  aider à reconstruire tout ce qui avait brûlé ! Le père Lebrun les avait pris sous sa coupe , ils travaillaient comme bûcherons et apprentis charpentiers ! Jacques, le père de Jehanne , leur apprit à mener les attelages ! Le chantier de reconstruction redonna vie au village ! On entendait des chants de femmes qui filaient la laine des moutons, des cris d’enfants qui jouaient sur la place, les hommes sifflaient en travaillant et le moment des repas était joyeux !

 

                                       Calme et tranquille, la Meuse à Domremy

 

 

Le village retrouva son visage des jours de paix ! Les traces d’incendie avaient disparu ! Toutes les plaies étaient apparemment cicatrisées ! Cependant, Jacques , le père Lebrun et Colas étaient inquiets.

 A l’assemblée communale, Jacques expliqua :

-         Mes amis, les pillages et les incendies ont touché nos réserves de nourriture, sarrasin, seigle  et viande, que ce soit les volailles, les porcs, les bovins, nous allons manquer de tout !

-         On a encore des cochons gras à tuer ! s’écria Leroux

-         Combien ? demanda Colas

-         Je ne sais pas trop, mais il y en a bien cinq ou six !

-         Crois-tu que le village pourra survivre longtemps avec six cochons ! marmonna Jacques qui continua , de plus nous ne pouvons pas abattre de vaches, il faut reconstituer notre troupeau, c’est pareille pour les moutons et les porcs !

Les femmes qui participaient à cette réunion se firent entendre. Marguerite, la plus âgée du village qui était une femme sage donna son avis.

 

 

                                              Des moutons dans les prés de Meuse

 

D’une petite voix, teintée de timidité, elle expliqua :

-         Il faut garder le lait pour les enfants, les petits et les plus grands ! La jeunesse, c’est notre avenir ! Les rations de viande iront aux hommes qui travaillent dur ! Nous, les femmes, nous devrons nous contenter de choux et de racines !

-         Je suis d’accord avec toi dit Isabelle, mais nous devons bien nourrir les femmes enceintes, elles transmettent la vie et elles ont besoin de forces pour allaiter leurs petits !

Toute l’assistance approuva et les villageois organisèrent des groupes divers qui se partagèrent les tâches de « survie » : cueillette des champignons, cueillette des fruits sauvages, récolte de graminées et de racines comestibles,  .

 

                                                        Vaches s'abreuvant dans la Meuse

 

Les trois « repentis » annoncèrent qu’ils allaient rejoindre l’armée du Duc de Bar et combattre les ennemis du Dauphin Charles  .Les villageois applaudirent mais le père Lebrun dit d’une voix grave :

-         Toute la communauté villageoise a apprécié votre aide et nous ne vous chassons pas ! Vous pouvez rester aussi longtemps qu’il vous plaira !

Le plus petit, un peu rougeaud et le plus bavard répondit :

-         Nous vous remercions de votre gentillesse, nous sommes heureux de faire partie de la« famille de Domremy » Nous avons appris à respecter et à aider les autres !

-         Merci de votre pardon ! clamèrent les trois garçons

Le petit rougeaud continua :

-         La nourriture va vous manquer, tous les gros travaux sont terminés et le Dauphin de France a besoin de soldats ! Donc, nous partons , nous serons soldats et non bandits !


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