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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 21:17

Georges Jacques DANTON

 

 

Danton naquit à Arcis-sur-Aube en 1759, décéda à Paris en 1794, issu d’une famille de la petite bourgeoisie, petit-fils d’huissier et fils d’avocat, ce fut très naturellement qu’il s’orienta vers le droit.


Sa mère resta veuve avec six enfants dès 1762 . Georges Jacques Danton fut mis en nourrice dans une ferme où il fit une chute qui lui écrasa le nez et lui déforma les lèvres.


Après de médiocres études au petit séminaire de Troyes, puis chez les Oratoriens de Troyes, il refusa de devenir  ecclésiastique.

Danton partit pour Paris, travailla dans un cabinet d’avocat.  Il passa six mois à la faculté de Reims où il acheta une licence en droit, comme c’était  possible de le faire à la fin de l’Ancien Régime.

Inscrit au barreau de Paris, il ne plaida guère, préférant fréquenter les cafés où il se fit de nombreux amis. Son mariage avec la fille d’un riche cafetier parisien lui permit d’obtenir la charge d’avocat au Conseil du roi en 1787.

 

 



Il ne joua aucun rôle dominant avant le 10 août 1792 bien qu’en 1789, il participa aux réunions du district des Cordeliers, avec Desmoulins et Marat . Devenu président des Cordeliers, il gagna sans cesse en popularité, grâce à ses qualités d’orateur.

Lors de la crise de Varennes en juin 1791, il soutint habilement l’idée d’une régence assurée par Philippe d’Orléans. Aux Jacobins, Danton demanda le remplacement de Louis XVI, alors que les Cordeliers exigeaient l’abdication du roi. Après la fusillade du Champ –de -Mars, le 17 juillet 1791, contre les manifestants républicains, Danton se réfugia quelque temps en Angleterre.


A son retour en novembre 1791, il fut élu substitut du procureur de la Commune de Paris avec l’aide de la cour, qui pratiqua la politique du pire. Danton favorisa les révolutionnaires parisiens, le 10 août 1792. L’Assemblée législative le nomma ministre de la Justice, c’était un prodigieux talent oratoire et un tempérament impétueux.

 



Il incarna la « Patrie en danger » dans les heures tragiques de l’invasion  d’août 1792. Le 2 septembre 1792, il s'efforça de fédérer contre l'ennemi toutes les énergies de la nation :


 « pour vaincre, dit-il,  il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! ».


Il fut élu député de Paris le 5 septembre, juste derrière Robespierre  Danton a bien mérité de la patrie en danger. Audace, bien sûr, mais aussi sang-froid et habileté manœuvrière : ce fut par ses agents doubles qu’il ralentit le déclenchement d’une première rébellion vendéenne, et par ses émissaires qu’il acheva  de démoraliser le haut état-major prussien après Valmy.

Danton  souhaitait sauver Louis XVI. Il croyait que c’était une des conditions de la paix. Robespierre a écrit en mars 1794 :


 « Il voulait qu’on se contentât de le bannir. La force de l’opinion détermina la sienne. »


Théodore de Lameth, venu de Londres pour tenter de sauver le roi, raconta dans ses Mémoires que Danton lui avait promis de l’aider :


 « Je ferai avec prudence mais hardiesse tout ce que je pourrai. Je m’exposerai si je vois une chance de succès, mais si je perds toute espérance, je vous le déclare, ne voulant pas faire tomber ma tête avec la sienne, je serai parmi ceux qui le condamneront. »


 Ajoutant cependant sans illusion :


 « Peut-on sauver un roi mis en jugement ? Il est mort quand il paraît devant ses juges. »


 Pour sauver le roi, il fallait des fonds. Talon, député à la Constituante qui  contribua à mettre sur pied aux Tuileries, en 1791 et 1792, un réseau de distribution de pots-de-vin aux révolutionnaires les plus influents, fut interrogé en 1803 par la police de Bonaparte, il déclara avoir proposé, de la part de Danton, à William Pitt et au roi de Prusse :

 

 « de faire sauver, par un décret de déportation, la totalité de la famille royale»

 

 et ajouta :

 

 « Il me fut démontré, n'ayant pu avoir aucune réponse, que les puissances étrangères se refusaient aux sacrifices pécuniaires demandés par Danton ».

 

Le banquier Le Couteulx versa deux millions à José Ocariz, qui représentait l’Espagne à Paris pour acheter des voix durant le procès du roi. Dans ses mémoires , René Choudieu admit, mais sans donner de nom, l'existence d'une telle corruption. Georges Lefebvre conclut :

 

 « J’admets qu’on laisse en suspens la question de savoir si Danton entendait ou non garder pour lui une portion des millions qu’il demandait, mais qu’il les ait sollicités, je ne parviens pas à en douter. »

 

 De retour à Paris, les 16 et 18 janvier, Danton vota la mort du roi et rejeta  le sursis.


Il quitta son ministère pour exercer à la Convention son mandat de député de Paris où il  s’opposa à Robespierre non pas pour des convictions, mais pour un style qu’ils ne partageaient pas.

Robespierre tenta de maintenir l’équilibre politique de son gouvernement en  écartant les plus radicaux et les modérés. A cause des mesures prises par Robespierre, Danton se retrouva presque sans amis. De plus, il fut compromis par l’association de son nom à celui du député Fabre d’Églantine dans l’affaire de la liquidation de la Compagnie des Indes, scandale politico- financier qui éclata en novembre 1793, certains Montagnards,

 ( députés de l’ Assemblée législative de 1791 les plus à gauche), confondaient l'intérêt général avec leur intérêt particulier.


Le 30 mars 1794, Danton fut arrêté avec Desmoulins et Fabre d’Églantine, sous le prétexte d’être un ennemi de la République. Il fut jugé par le tribunal révolutionnaire à partir d’un acte d’accusation préparé par Saint-Just. Il se défendit avec des éclats de voix si éloquents qu’il fallut extorquer à la Convention un décret, assez immonde, pour clore les débats hors de sa présence.

 Danton fut condamné à mort et guillotiné le 5 avril 1794 en compagnie de Camille Desmoulins.

 


 

                                                                          Exécution de Danton



Ses derniers mots lancés au bourreau sont restés célèbres :


 « N’oublie pas surtout, n’oublie pas de montrer ma tête au peuple : elle en vaut la peine. »

 

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