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8 janvier 2017 7 08 /01 /janvier /2017 15:05

Le tombeau des souvenirs ( suite )

  Un avion passe le mur du son et me sort un instant  de ce récit qui défile dans ma tête comme un film d’horreur, rapidement, je repars vivre ce cauchemar qui n’est pas une fiction

<<... Comme tous les Chasseurs Ardennais, régiments de garde frontières, nous avions l'instruction complète du combattant et en plus, celle d'artificier, ce qui nous permettait de faire sauter tout ce qu'il y avait à détruire. En nous repliant, nous ne laissions aucun pont, aucun passage forcé, c'étaient les ordres pour freiner l'avance de l'ennemi !

Comme nous n'étions pas dans notre Compagnie, nous devions donc nous débrouiller pour la retrouver, ce qui n'était pas facile, car les militaires, Chasseurs Ardennais, très disciplinés et obéissants avaient l'ordre de ne renseigner personne sur leur unité, ni sur les autres .

D'ailleurs, on nous avait enlevé tous les insignes et numéros permettant d'identifier notre unité, il ne nous restait que la hure de sanglier ! Après une journée de recherche, enfin, on a retrouvé les copains qui nous croyaient perdus, sachant que nous étions avec la cinquième Compagnie du Capitaine Bricart qui avait eu beaucoup de pertes à Bodange. En voyant le Commandant, je lui ai dit :

- Mon Commandant, ce n'était pas encore pour cette fois ! Ce n'était pas notre heure !

Le clairon sonna le rassemblement au pas de gymnastique, c'est alors  que j'aie assisté à un accident et que j'aie vraiment compris que c'était la guerre, malgré ce que j'avais vécu au front, le premier jour ! En allant vite, un camion recula pour faire un demi-tour et écrasa un copain sous nos yeux. Voir un ami mourir dans un accident stupide me toucha profondément. Le Commandant ordonna :

- Deux hommes avec une bêche s'il vous plaît ! Creusez une fosse ! Là, sur le bord de la route, enroulez votre camarade dans sa toile de tente, faites vite !

Quinze minutes plus tard, nous sommes partis, laissant le copain sous un petit monticule de terre sur lequel on avait posé son casque. Chaque fois que nous nous déplacions, c'était toujours pour nous mettre en position pour arrêter l'ennemi.

On circulait de nuit, la roulante ne suivait pas, elle se faisait mitrailler, on ne mangeait plus, on ne dormait plus ! Dans les déplacements, j'ai vu des copains s'endormir sur leur vélo et se ''casser '' la figure dans le fossé ou sur la route. Nous avons passé
la Meuse à Namur, nous étions bombardés, notre camions de munitions qui transportait les obus du 47 antichars prit feu, le chauffeur, courageux, n'hésita pas à prendre le volant pour sortir le camion de l'agglomération, à toute vitesse, pour éviter une catastrophe.  Sans dormir et sans manger, nous allions à la ''rescousse'', vers le nord. Après bien des détours, nous étions à Termonde ( Dendermonde )....>> ( à suivre )

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