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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 15:42

                Le tombeau des souvenirs    ( suite )

 Le verdict du médecin fut clair et net :

  •   -  Crise de rhumatismes articulaires, huit jours de repos !

Cet arrêt forcé m'ennuyait, le médecin répéta :

- Huit jours de repos, c'est un ordre !

Finalement, ce repos obligatoire me redonna des forces pour reprendre le rythme infernal, 48 heures de garde, une journée de repos et un jour de travaux de campagne ou marche d'entraînement. Le temps passait, la lassitude commençait à nous habiter, c'est à ce moment le plus difficile pour le moral qu'il fut question de permissions :

- Soldats, la situation actuelle nous permet de vous donner trois jours de permission par mois, sauf pour ceux qui habitent à l'étranger !

Je me suis affalé sur un tronc d'arbre mais aussitôt, j'ai rebondi comme un ressort et le franco-belge au tempérament bouillant s'est fait entendre :

- Alors quoi ? Pour nous, « les Français », pas de perm ! Vous allez apprendre à connaître les râleurs et les grognards !

Les copains étaient tous derrière moi, solidaires dans la révolte ! Nos chefs ont tout de suite compris notre colère. Ils usèrent de diplomatie pour nous rassurer et nous calmer. Les jours suivants s'écoulèrent assez sereinement. Il restait la correspondance, l'heure du courrier était toujours attendue avec un sentiment d'impatience mêlé d'angoisse. J'avais de la chance, Camille m'écrivait souvent et je répondais aussi vite. Pour quelques- uns, le désarroi les habitait, pas de nouvelles de la famille, c'était difficile à vivre ! Après quelques semaines, personne ne parlait plus de permission. Le moral était fluctuant, la nourriture de qualité moyenne, le boulot nous occupait ! A 26, 27 ans, on tient le coup ! Les chefs étaient braves et la discipline ne supportait aucun laisser-aller ! Le Capitaine Commandant PIRNEY calmait toujours les adjudants par ces mots :

- Laissez un peu de liberté à ces hommes, il est inutile de les énerver pour des broutilles !

Cet officier avait connu la Grande guerre, 1914-1918, il savait ce que c'était que de quitter les siens et sa maison pour aller faire  son devoir !

Un soir, je m'étais un peu éloigné des autres et je m'étais assis sur un muret, à côté de la cuisine et du bureau de la deuxième Compagnie, quand vint à passer un fameux sergent chef, Wagner,

faisant fonction d'adjudant. J'avais déjà remarqué que c'était un grand gueulard, il stoppa net en me voyant et demanda

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- J'attends une permission sergent-chef !

Il leva les bras au ciel et gémit :... ( à suivre )

 

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