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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 15:21

               Le tombeau des souvenirs  ( suite )

Le nouveau titre m’interpelle :

              L’abri Devèze

 

                     Je repars au milieu de cette foule tumultueuse de soldats, ces jeunes hommes loin de leur famille dont le futur proche est la guerre. Leur impatience et leur anxiété torturent mes pensées. Le récit de mon père s’intensifie :

 

<< Les sous-officiers appelèrent leurs hommes, puis ce fut le tour  des mitrailleurs.

Quand les sept hommes de la pièce furent nommés, on s'aperçut qu'on habitait  tous en France ou à la frontière. Pour toute la compagnie, nous étions les Français. Quelques jours plus tard, on dut prendre position à la frontière Luxembourgeoise. Nous sommes arrivés à Martelange sous une pluie battante, trempés jusqu'aux os, sans repos, il fallait relever la garde, l'ordre tomba sur nous comme une douche froide.

 Pour me donner du courage, j'ai appelé les copains :

- Allez les gars ! On y va ! à 5 kilomètres, il y a quatre gars transis, à la lisière de la forêt qui doivent attendre notre arrivée avec impatience !

                      Les quatre bicyclettes et les paquetages prirent le chemin de la forêt. Les ornières pleines d'eau ne facilitaient pas notre progression. Enfin, le petit peloton se trouva devant un abri  en béton, couvert de mousse et de lierre, c’était un abri Devèze.

 

C’étaient de petits abris en béton, appelés « abris Devèze », construits dans tout le Luxembourg belge et dans la partie sud de la province de Liège.

Chaque abri était  prévu pour une arme automatique

 (Mitrailleuse ou fusil-mitrailleur) et quatre servants, gradés compris. Il devait  pouvoir résister au feu du canon de 77 mm. Ces abris ne comportaient pas de système de ventilation, ni de cloche d’observation, ni de projecteur. Ils étaient de dimensions réduites (3,30 m x 3,25 m) et dissimulés dans des couverts naturels ou des bâtiments.

A l'intérieur régnait un air humide, un peu de paille servait de couchette, la mitrailleuse trônait au centre. Les quatre hommes relevés ne traînèrent pas, on était à peine installés qu'ils avaient déjà disparu ! Après deux longs jours passés dans ce gourbi, avec nos vêtements humides, d'autres copains vinrent prendre notre place. Le lendemain, on a dormi dans une école, sur une sorte de litière sèche, je me suis endormi sans efforts mais, le matin suivant, impossible de me relever, je souffrais des reins et  toutes mes articulations m’auraient facilement fait hurler de douleur si je n'avais pas eu la volonté de me taire et de crier à l'intérieur.

 Le verdict du médecin fut clair et net : ...>> ( à suivre )

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