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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 21:52

Fascination (suite )

 

Des éclairs géants embrasaient le ciel, les roulements du tonnerre s’intensifiaient jusqu’à l’explosion et  la foudre fusillait un géant qui se fendait sous mes yeux dans une gerbe de feu. Animé par la volonté de retrouver mon ami, je n’éprouvais aucune peur et je m’enfonçais dans cet univers apocalyptique, inconscient du danger que je côtoyais à chaque instant. La forêt pleurait et gémissait dans un vacarme assourdissant, des branches se brisaient et se fracassaient  dans les grands bras de leurs amis qui résistaient contre les démons sortis de l’enfer ! Malgré moi, je continuais à marcher dans ce qui s’était transformé en labyrinthe ! Je contournais les obstacles qui jonchaient le sol et j’évitais les projectiles qui tombaient du ciel, ma progression devenait titanesque ! J’étais animé par l’amitié qui me liait à Alex mais le temps passait et la nuit arrivait. Cependant, je ne pouvais pas reculer, la sagesse aurait voulu que j’appelle à l’aide mais je n’eus même pas l’idée de téléphoner, les décharges magnétiques qui explosaient comme des bombes faisaient monter en moi le désir inexplicable d’atteindre le sommet du volcan. Tout se mélangeait dans ma tête, mes yeux semblaient voir et confondre, le réel et l’imaginaire. Je me voyais comme entouré d’un halot lumineux qui m’attirait irrésistiblement. L’orage tournait en rond  et revenait sans cesse au-dessus de ma tête. Ma conscience me répétait que je devais trouver un abri, que je courais à ma perte en continuant à affronter les intempéries qui avaient pris des proportions incroyables et inhumaines. Il me sembla même entendre Alex me crier : « Tu n’es qu’un fou imprudent ! Arrête, je suis là ! » Ahuri, je stoppai net, je regardai autour de moi et j’écoutai. Je ne vis rien que des amas d’arbres entremêlés et je n’entendis que les hurlements de la tempête et les grondements du ciel. Je m’assis sur un tronc, le visage dans les mains afin de me calmer. Je me dis : « Paul, tu perds la tête, ton esprit est dérangé, tu as des hallucinations et tu entends des voix, tu frises la folie, tu ne peux plus continuer ! » Je voulais rassembler mes esprits et réfléchir mais, cet environnement tourmenté me plongeait dans un monde parallèle qui m’envoûtait et me happait  comme une ventouse, j’étais prisonnier de cette atmosphère électrique et mystérieuse. Je me répétais sans cesse : « Tu es là pour retrouver Alex ! » mais,  en réalité, je crois que je l’avais oublié et que je voulais avant tout, assouvir ma soif d’aventure en commettant toutes les imprudences possibles, comme risquer de prendre la foudre ou  terminer coincer ou tuer sous un arbre. Avec l’obscurité, le vent s’était légèrement apaisé mais le ciel n’avait pas retrouvé la paix. Des archers continuaient à décocher des flèches enflammées qui frappaient les cimes et s’engouffraient dans le sommet du volcan comme des coulées de laves tombées du ciel. Ce spectacle de feu et de flammes embrasait l’horizon, les ombres dansaient et se contorsionnaient comme des sorcières menaçantes et décharnées .Tout à coup, je me sentis déstabilisé, le halot lumineux avait disparu et subitement, le silence s’installa, le vent avait chassé les nuages et le firmament scintillait d’étoiles. La lune brillait  et répandait sa  lumière blafarde sur ce nouveau monde, jailli du déchaînement des éléments et des sauts d’humeur du climat.  Je m’apprêtais à reprendre mes recherches quand j’entendis un bruit d’eau, ce n’était pas un clapotis mais le grondement d’un flot tumultueux  et vrombissant qui approchait de moi, je n’eus que le temps de courir pour m’écarter de ce qui restait du chemin, quand je vis un torrent d’eau boueuse dévaler entre les cadavres de l’espèce végétal qui jonchaient le sol. J’essayais de me frayer un passage pour m’éloigner de ce nouveau danger engendrer par les pluies et la grêle, quand je glissai sur un tapis de boue, ma course folle s’arrêta sur un monticule de pierre. Je dus me cramponner à un petit  arbuste pour ne pas rouler au bas de la pente. Ma situation était critique et je retrouvai mes facultés mentales pour réfléchir et faire les bons gestes qui pourraient m’aider à sortir de cet endroit sans me rompre les os  et Alex,  pensai-je « Qu’est-il devenu au milieu de cette tourmente ? » Accroupi sur mon rocher, immobile, je pensais, j’imaginais le moyen de bouger sans rouler comme un misérable caillou, c’est à ce moment que mon arbuste à demi sec, céda sous la pression de mon poids. Je perdis l’équilibre et je me mis en boule pour finir ma course au bas du talus, dans un tapis de ronces et de pierrailles. Sous le choc, je restai  assommé, incapable de bouger,  paralysé par la douleur. Le ciel s’était assombri, je n’y voyais rien, j’étais  mort de fatigue mais je n’arrivais pas à fermer l’œil. Le jour se leva et je constatai que j’étais dans un fossé profond, le long d’un chemin et qu’il me faudrait  l’usage de toutes mes forces pour en sortir.  ( à suivre )

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