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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 13:32

( suite  Les jours et les mois défilaient, les cœurs débordaient  de larmes, les dernières  lueurs d’espoir allaient s’éteindre, quand Fernand, le copain de Joseph, revint au village. Devant les questions d’Anna, il était désemparé, il ne pouvait lui donner aucune nouvelle réconfortante. La dernière fois qu’il avait vu son époux, il était  blessé et lui avait demandé : 

« Si tu rentres vivant, fais ce qu’il faut  pour récupérer l’argent qui me revient et donne-le à Anna ! 

Fidèlement, il accomplit ce souhait. En recevant ce pécule, Anna s’écria :

 « L’argent ! Il a encore pensé à nous ! Mais cela ne remplace pas mon Joseph ! »  

 

Comme Fernand, plusieurs milliers de prisonniers avaient regagné leur pays par mer ou par terre. Parmi eux, il y avait même quelques blessés qui avaient été soignés par la population russe.

1815, l’année du départ de Napoléon 1er, pour certains, c’était triste, pour d’autres, c’était la fin de la  boucherie ! Anna ne voulait plus penser et se donnait corps et âme aux siens. L’oncle Charles se faisait vieux et Petit Jules avait fondé une famille quant à sa mère, elle se montrait toujours aussi forte, tant physiquement que moralement.

1816, 1817, Anna avait pris le deuil et ne voulait plus le quitter. Des hommes auraient aimé lui faire la coure mais, elle les repoussait vivement :

 « Allez courir ailleurs ! Je ne suis pas une fille ! »

Puis elle murmurait : « Mes seuls amours sont Joseph et mes enfants ! Vous ne m’intéressez pas ! ».

Sa mère essayait de la raisonner, cependant, elle approuvait sa fille et disait :

« Ma pauvre grande, fais ce que ton cœur te commande ! »

Février 1818, la bise soufflait et amoncelait la neige en congères qui barraient le chemin  du village. Oncle Charles attisait le feu et une douce chaleur réchauffait la maison tandis que la grand-mère et les enfants préparaient le repas du soir. Anna fermait les portes de l’étable et de l’écurie.  Le soleil se couchait, le froid gelait les doigts et Anna s’activait à accrocher les volets de bois quand une main se posa sur son épaule et qu’une voix douce susurra :

 « Ma tendre Anna ! Je suis enfin là ! »

Elle lâcha la barre de bois et s’effondra en marmonnant :

 « Joseph ! »

Il la retint dans ses bras et la porta à l’intérieur où  il fut accueilli par un cri mêlé de doute et de joie.  Anna  n’osait pas ouvrir les yeux, elle demanda :

« Joseph est bien chez nous ou j’ai encore rêvé ? »

Il répondit en l’embrassant tendrement : 

Tu n’as pas rêvé ! »  

La vie reprit, le bonheur retrouva le chemin de leur foyer et en 1857, Napoléon III créa une décoration pour les survivants. À 68 ans, Joseph reçut « la médaille de Saint- Hélène ». Il confia à sa chère épouse : 

« C’est une reconnaissance, mais ça ne peut pas effacer notre longue séparation et toutes nos souffrances ! » ( Fin)

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