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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 16:58

( Suite ) La jeune femme ferma les yeux, des larmes coulèrent sur ses joues et elle implora:

 « Mon Dieu ! Mon Dieu ! Prenez soin de mon Joseph ! »

Anna guérit et retrouva ses forces. Petit Jules alla la chercher avec le cheval et la charrette. Quand elle arriva à la maison, ses enfants lui sautèrent au cou, sa mère avait préparé une bonne soupe et cuit le pain. Malgré l’absence de Joseph, ils essayèrent de faire régner une ambiance de joie et d’espérance.  Les nouvelles de la guerre étaient rares, les semaines passaient et chacun se tuait à la tâche pour ne pas penser. Fin septembre, une grande nouvelle réconforta toute la famille :

 « L’empereur avait fait son entrée dans Moscou avec sa garde  et le premier corps ! »

Malheureusement, l’inquiétude suivit quand ils apprirent que la ville était déserte, vidée de toutes provisions par le gouverneur. Bientôt, d’autres nouvelles alarmantes arrivèrent

« Les Russes pratiquaient la guerre de la terre brûlée ». 

Leurs pensées allèrent vers tous ces hommes qui devaient être affamés. Le 18 octobre, le désespoir s’empara de la population, l’Empereur qui occupait Moscou, sans avoir reçu la capitulation d’Alexandre 1er, avait dû battre en retraite. Anna se mit à penser au retour de Joseph. Elle confia à sa mère :

 « Si l’armée bat en retraite, les soldats vont rentrer ! »

 « Peut-être ! » souffla-t-elle pensive

Puis l’hiver russe arriva, dès novembre 1812, le froid causa de nouveaux tourments à la Grande armée, les soldats et les chevaux commencèrent à mourir de froid, de faim et de fatigue. Chaque jour répandait l’horreur, les cavaliers cosaques  harcelaient sans cesse notre armée et les escarmouches  qui éclataient régulièrement fatiguaient nos pauvres troupes affamées et désemparées.

Le temps passait, l’avenir s’obscurcissait de jour en jour. 1813 s’écoula dans l’attente des hommes. Les pauvres familles ne savaient rien de leurs fils, époux et pères, elles essayaient de vivre en donnant de l’espoir aux enfants, c’était surhumain ! Anna voyait ses enfants grandir sans leur père et ne savait que répondre à leurs questions. Oncle Charles calmait leur chagrin en les emmenant relever les collets, cueillir des champignons ou des baies sauvages mais la tristesse ne quittait pas  leur joli visage.

1814, un espoir illumina tous les cœurs, un convoi de trois navires avait ramené des prisonniers de Riga au Havre. Les jours passaient et aucun garçon de la contrée n’avait rejoint sa maison. Les nuits d’Anna se peuplaient de cauchemars qui la faisaient hurler. Elle voyait son Joseph, blessé et abandonné, à demi- mort, dans la neige et la glace, baignant dans son sang. Un matin, les yeux hagards, elle bondit dans la cuisine en criant :

 « Il est mort ! Joseph est mort ! 

Sa mère protesta : « Non ! Un rêve ne veut rien dire ! » puis elle ajouta : « Tu penses tellement à lui que des tas d’idées trottent dans ta tête et tu imagines le pire ! » .( à suivre )

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