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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 20:20

Inquiétante journée

 

Blanche et Marie levèrent le rideau de la boutique à huit heures, comme tous les jours. Les habitués arrivèrent pour acheter leur quotidien. La vieille Anna plaisanta gentiment en feuilletant un magazine de mode , un voisin fit remarquer à Blanche qu’elle avait une petite mine et qu’elle avait dû passer une mauvaise nuit ou une trop bonne , lança le boucher en riant bruyamment. Pour quelques instants, le sourire revint illuminer les visages inquiets des deux sœurs. Elles ne pouvaient chasser de leur esprit, le visage ensanglanté  du jeune adolescent. Elles attendaient de ses nouvelles et chaque sonnerie du téléphone les faisait sursauter. La matinée s’écoulait dans une ambiance étrange où se mêlait la peur et l’espoir. Vers dix heures, une légère bruine se mit à tomber, Anna qui revenait de faire son marché passa la tête dans l’entrebâillement de la porte en criant :

  • - Les filles, le présentoir mouille !
  • - Merci Anna, répondit Marie en se précipitant à l’extérieur pour rentrer les revues exposer sur le trottoir.

En face, elle remarqua une grande limousine noire, très voyante, garée devant la vitrine du tapissier décorateur. Il n’y avait personne à l’intérieur, elle en profita pour aller relever le numéro de la plaque minéralogique. Baptiste avait l’habitude de leur dire : «  Si vous voyez un véhicule suspect, regardez bien les plaques ! »

Marie s’apprêtait à regagner la librairie quand elle vit arriver  les deux hommes qui menaçaient  et frappaient le jeune homme. Elle resta immobile et fixa son regard sur l’image des hommes qui se reflétait dans la vitrine. Ils regardaient la librairie avec insistance avant de s’installer dans leur véhicule  et s’éloignèrent lentement. Marie traversa la rue en courant et se précipita derrière le comptoir. Sa blancheur et son air stressé alarma Blanche :

  • - Que t’arrive-t-il ? demanda-t-elle, on dirait que tu as rencontré un fantôme !
  • - Crois-moi, ce n’étaient pas un fantôme mais  deux mecs bien en chair et en os !
  • - Où sont-ils ?
  • - Repartis dans leur grande voiture de bandits !
  • - Cette fois, il faut tout raconter à Baptiste ! dit Blanche

Elle décrochait le combiné quand un homme coiffé d’un bonnet rouge à pompon noir, affublé d’un long manteau gris et portant une musette en bandoulière entra dans la boutique. Il se mit à humer l’air et déclara :

- Il est bientôt midi , je crois,  et ça sent le bon frichti  ici !

Marie leva les yeux et reconnut un des deux clochards du cinéma, le plus grand, celui qui les avait poursuivies le plus longtemps . Elle explosa :

- Ah, Il ne manquait plus que celui-là !

Blanche reposa le téléphone et s’adressa à l’homme :

- Que désirez-vous Monsieur ?

- Rien, juste un peu de chaleur avant mon repas de midi !

Intriguées, Blanche et Marie se regardèrent. Marie décida d’engager la conversation :

- Où logez-vous ?

- Un peu partout, où je rouve un peu de calme !

- Aujourd'hui, que mangez-vous ?

- Un quignon de pain et un litron de rouge ! Voilà mon menu ! Chez vous, ça hume bon !

Midi sonnait à l’église voisine et Baptiste garait sa voiture le long du trottoir d’en face. Il venait déguster la tête de veau annoncée la veille. En passant le seuil de la porte, il remarqua le clochard assis sur le tabouret , près du comptoir . Il lança un coup d’œil vers l’homme et s’écria joyeusement :

- Quelle bonne odeur ! On va se régaler !

Marie, qui a le cœur sur la main,  se disait :  « Le pauvre homme ! On a bien à manger pour quatre ! » elle continua à penser à haute voix  et dit à Blanche :

- Et si on l'invitait à partager notre repas ?

Blanche haussa les épaules et Baptiste qui avait entendu acquiesça :

 - Bien sûr ! Il y a assez pour quatre !

Marie ne perdit pas une seconde et invita l’homme qui s’empressa d’accepter. Blanche se dit : « Quelle idée ! » Tout en se régalant en compagnie du clochard, Baptiste sut habilement diriger ses questions pour connaître cet homme :

- Cher ami, quel est votre métier ?

- Menuisier, mais je n'ai plus de travail !

- Où travailliez-vous ?

- A Liffol-le-Grand, la capitale du siège ! Les fauteuils, si vous voulez !

- Votre boîte a fermé ?

- Oui, faillite ! Et j'ai tout perdu ! Mon boulot, ma femme, mes enfants.!...Mais j'ai gagné la bouteille, trop de bouteille ! Maintenant, je suis clochard !

A mi-voix, Blanche demanda à Baptiste :

- Comment va le jeune homme ?

- Etat stationnaire ! répondit-il

- Sais-tu pourquoi il en est arrivé là ?

- Grâce à la collaboration des parents, on avance !

En la présence du clochard, elles ne purent se confier à Baptiste Rassasié, le clochard retrouva la rue et Baptiste reprit le chemin du commissariat. En milieu d’après-midi, il y a toujours moins de clients, c’est le moment où Marie met de l’ordre dans les rayonnages tandis que Banche passe les commandes et s’occupe du courrier dans l’arrière-boutique. La cloche de la porte tinta, Marie leva la tête et vit le grand rouquin balafré s’encadrer dans l’entrée .

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